mercredi 26 juillet 2023

LA P'TITE NOUILLE

Jean Dubuffet « Pisser at the wall » 1945

LA P'TITE NOUILLE Toi t'as passé deux jours sympas en Avignon, t'as pris le pouls du Festival et tu t'es plongée avec délices dans la foule qui arpente la ville. T'as collecté des flyers comme chaque fois, par plaisir et aussi par solidarité avec les comédiens qui tractent pendant des heures dans des costumes improbables en plein cagnard. T'as revu des amies, tu t'es fait de nouveaux potes et tu t'es délectée d'échanges fructueux avec des personnes qui sont sur la même longueur d'onde que toi. Tu as profité de ta famille qui t'as bichonnée, t'as câliné les chats et la tortue, et là t'es un peu crevée parce que faut bien dire que tu ne rajeunis pas, hein ?! Mais tout va bien. Tu as pris un bain de civilisation et tu es contente de rentrer chez toi, de retrouver tes chats, le calme de ta cour et ta routine beaucairoise.

Tu descends du train d'un pas alerte, la gare est toujours en travaux mais tu t'en fous, ça n'altère pas ta bonne humeur. En passant sous la gare désaffectée tu te trouves nez à nez avec une voiture de la Police Municipale qui te fait manger un nuage de poussière, mais bon faut bien qu'elle puisse traverser pas vrai ? Tu te demandes quand même pourquoi elle fait demi tour, mais tu continues ton chemin sous la voûte. Et là... Tu tombes sur un agent visiblement déposé là par ladite voiture, en train de se soulager à la vue de tous et surtout à la tienne, la zigounette à l'air et pas gêné pour un sou ! Il te regarde et il ne s'excuse pas, n'essaie même pas de se dissimuler. C'est sûr qu'il n'y a pas grand-chose à voir, vraiment pas de quoi en faire un fromage, mais tout de même ! Toi tu ne dis rien, tu ne veux pas ajouter de la hargne à la gêne et tu penses que peut-être il s'excusera après... Et pendant que tu contines ton chemin le mec pisse tranquille, puis il monte dans la voiture qui te dépasse en te faisant à nouveau manger un nuage de poussière. Sans un mot.

Bon c'est clair qu'à ton àge ce n'est pas la vue d'une p'tite nouille qui va te faire flipper, t'en as vues d'autres, hein ?! Ben oui. Mais bon, tu mémorises quand même la tronche qui va avec la nouille et tu te promets in petto que si tu vois le gars s'en prendre à des types qui pissent dans la rue pour leur gueuler dessus ou les verbaliser (oui je sais, on peut rêver !) tu te rappelleras à son bon souvenir et tu lui colleras la honte de sa vie devant tout le monde. Cela avec d'autant plus de plaisir que cet agent s'est déjà distingué par des propos et comportements inappropriés. Heureusement que ses collègues, eux, savent en grande majorité se tenir. Parce que pour ma part je n'ai aucune envie, ni vous non plus j'en suis certaine, de voir la zigounette des tous les mâles de la PM. Ni celle des autres mecs de la ville d'ailleurs !

Donc voilà ! D'une ville à l'autre on change d'ambiance, et ce n'est pas flatteur pour Beaucaire oû ces incivilités sont hélas récurrentes et rarement réprimées. Pour ne pas dire jamais ! Mais que fait la municipalité pour enrayer ces comportements me direz-vous ? Hé bien notre majorité municipale soi-disant si attachée à ramener ordre et décence dans nos rues ne fait rien. Tout comme elle laisse certains boire, hurler et mal se comporter envers les femmes, elle laisse pisser. Alors pourquoi un agent de la PM se gênerait-il ? A Rome fait comme les romains nous dit le dicton. Ici à Beaucaire, on pisse.

vendredi 14 juillet 2023

LE CŒUR DE BEAUCAIRE

Parfois je me demande si tu gardes les yeux ouverts quand tu te balades dans notre ville, ou si tu les fermes pour ne pas te prendre la triste réalité dans les mirettes ! Beaucaire, ville d'art et d'histoire, a-t-elle méritée d'étre à ce point sale, mal entretenue et défigurée par tes choix hasardeux ? Choix qui t'incombe autant, et même plus, qu'à tes adjoints puisque tu décides de tout et qu'ils ne sont là que pour la figuration. Nous n'applaudirons pas le résultat.

J'en veux pour exemple majeur la place Vieille. Cette très belle place  est le coeur de Beaucaire. Ses vénérables platanes offrent une ombre bienvenue et font l'admiration de tous, beaucairois comme visiteurs. D'ailleurs je crains presque d'attirer ton attention sur eux, connaissant ton intérêt discutable pour nos arbres... Tu ne vas pas les couper ceux-là, hein ?! Parce que ce serait le coup de grâce ! La place Vieille est un lieu d'exception, paisible, harmonieux, où règne une véritable atmosphère de village et la douceur de vivre que nous envient celles et ceux qui séjournent dans notre région. Elle donne à découvrir des trésors patrimoniaux remarquables, et bien sûr il y a le Drac qui veille jalousement. Enfin, qui veille... Encore faudrait-il pour ça qu'il ait une vue d'ensemble sur la place ! Parce que à cause de toi, depuis 2015 chaque été, la vue est irrémédiablement gâchée par la monstrueuse estrade que tu y fais dresser début mai et que tu abandonnes là jusqu'a fin septembre. Pourquoi ? Ben juste pour quelques petits groupes musicaux qui n'en demandent pas tant et dont certains préfèrent d'ailleurs se produire à ras du sol pour être plus proches des spectateurs. Cette année exit le bal traditionnel du 14 juillet ! Ce n’est pas comme si les commerces avaient besoin de travailler, pas vrai ? Et comment te dire que tous les beaucairois ne seront pas au pectable équestre ? Tu t’en fous, toi tu y seras. Donc il ne se passe rien sur cette estrade immonde… Ah oui ! J'allais oublier ton incontournable discours du 14 juillet et la remise des médailles de la ville. Pardon ! C'est tellement lourd et grandiloquent que les gens censés n'y viennent plus, seuls tes fans assurent la claque, sagement alignés et la bave aux lèvres, le doigt sur la couture du pantalon. D'ailleurs ce soir on pouvait constater que ton fan club s'était réduit comme peau de chagrin... 

Bref ! Les visiteurs qui arrivent sur la place Vieille, s'y attardent en terrasse et souhaitent prendre quelques photos, en sont pour leurs frais. L'estrade est là qui les bousille d'emblée. Lorsqu'ils demandent où est le Drac, ils le découvrent coincé entre l'estrade, encore elle ! et les arcades classées. Pendant qu'ils savourent un café, un verre ou un bon repas, le bruit des enfants qui jouent sur l'estrade, toujours elle ! dérange la tranquillité des lieux. On ne peut pas en vouloir à des enfants d'y grimper pour s'amuser, pas vrai ? Ben non ! Par contre on peut éviter de leur fournir un terrain de jeux moche, bruyant et qui plus est dangereux ! Oui, dangereux. Le jour où il y en aura un qui s'éclatera la tronche au bas de l'estrade et que ses parents porteront plainte contre la ville, tu auras l'air de quoi ?! J'ai bien ma p'tite idée mais je te laisse le soin de répondre à ça. 

Voilà pour la saison estivale. Mais le reste de l'année, rien ! Nothing, nada, que dalle ! S'il n'y avait pas les commerçants qui s'attachent à la faire vivre au fil des saisons, la place Vieille serait comme le reste de Beaucaire : morte. Alors bien sûr nous avons tous conscience que les petites villes s'endorment doucement sitôt l'été terminé, elles se mettent en mode ralenti et cocoon, un peu comme nous. Et oui, tu nous as concocté quelques dates festives pour réveiller un peu la ville au long de l'année, ce que nous apprécions. Ou pas. Parce que le Salon de l'Agriculture et du Terroir, la Journée Italienne, la Foire de l'Ascension et celle de Rentrée en septembre, le Salon des Métiers d'Arts, le Marché de Noël... Aucune de ces festivités n'essaime sur la place Vieille. Tout est concentré sur la place de mairie et le Champ de Foire. Cette année encore tu innoves avec des encierros place de la mairie, c'est sympa, mais toujours rien dans le coeur de Beaucaire. Rien non plus, jamais, rue Nationale. Et on ne reparlera pas des Beaux Quais, hein ?!

Les beaucairois se souviennent d'un temps où le centre ancien pulsait au rythme des Fêtes de la Madeleine et des taureaux, où la Grand Rue vivait toute l'année, avec des braderies, le marché et des commerces adaptés à leurs besoins. Un temps où le défilé d'ouverture des fêtes était si long et si beau qu'il mettait plus de deux heures à tourner dans la ville avant d'arriver aux Arènes, pendant que tous courraient à travers la ville pour le suivre, le revoir encore et encore, et se régaler ! Tu as endormi Beaucaire. Tu as perverti son âme avec ta vision manichéenne de traditions que tu ne mets en avant que pour servir tes intérêts et sur lesquelles tu rognes en pleurnichant toute l'année. Mais mon gars souviens-toi que tu as aussi été élu pour servir les intérêts des beaucairois ! Le coeur de notre ville, celui que tu dédaignes et défigures avec une constance remarquable, ne bat pas pour toi. Il bat pour nous, les beaucairois. Toi tu n'aimes même pas suffisamment notre ville pour y vivre.

samedi 8 juillet 2023

RIP LES BEAUX QUAIS

Pitoyable ! Il n'y a vraiment pas d'autre mot pour qualifier le spectacle affligeant de la mise à mort des Beaux Quais ! Ci-devant rebaptisées Vendredis de Beaucaire en 2018 pour soi-disant leur redonner un second souffle, nos festivités hebdomadaires sont devenues au fil des années une tradition incontournable prisée des beaucairois comme des touristes. Les beaucairois attendent chaque année avec impatience que débutent ces soirées naguère très animées pour (se) balader sur le canal en savourant un chichi ou une glace et chercher d'étal en étal l'objet artisanal qui les fera craquer, le jouet à petit prix qui fera plaisir aux enfants ou le petit cadeau idéal à offrir à un.e proche. Passer d'une ambiance musicale à une autre au fil des restaurants du canal, dîner en terrasse ou boire un verre entre amis ou en famille, papoter, faire quelques pas de danse, rire au spectacle toujours réjouissant des badauds, croiser de vieilles connaissances qu'on ne voit que l'été, s'amuser et se détendre en gardant un oeil sur les enfants en liberté, c'était tout le charme des Beaux Quais. 

Et hier soir patatras ! Tout cela s'est effondré. Adieu nos Beaux Quais et nos sorties du vendredi, ne reste qu'un misérable marché banal d'une vingtaine de stands sans aucun produit artisanal, sans rien d'original, sorte de malfaçon en modèle réduit très bas de gamme de notre marché bi-hebdomadaire. Sans intérêt. Exit le marché provençal tant vanté par la municipalité depuis 2014 ! Exit la petite brocante sympathique du cours Gambetta ! Exit les stands de créations artisanales ! Ne reste qu'un ersatz indigeste de ce qu'il était. Un os jeté à la populace. Bien sûr nous l'avons vu décliner depuis que Julien Sanchez et sa majorité y ont apposé leur patte identitaire, virant des forains qui venaient chaque année et qui n'avaient pas l'heur de leur convenir, en acceptant d'autres souvent sans grand intérêt ni grande qualité. Malgré cela les Beaux Quais demeuraient un rendez-vous festif et une vraie soirée de détente. 

Il semble cette fois que l'objectif de la municipalité soit désormais d'ôter à une certaine population beaucairoise dite "populaire" toute envie d'investir le canal, ne lui offrant pas d'autre choix que celui d'assister debout aux spectacles de la place de la mairie, si bien sûr elle ne se fait pas virer par la sécurité comme les trois années précédentes. Ce qui laisse à celles et ceux qui dînent en terrasse ou y boivent un verre tout le loisir de savourer leur soirée sans être "dérangés" par la plèbe. Des Vendredis de Beaucaire sélectifs, donc, et des choix clairement discriminatoires. Beaucaire change, et si le changement est certes naturel il est parfois nettement moins acceptables que d'autres. Voire pas du tout ! De nos Beaux Quais tant appréciés il ne reste que peau de chagrin, et aux beaucairois leurs yeux pour pleurer #RIP 😭😡

lundi 3 juillet 2023

LE CURSEUR

Aujourd'hui à midi, à l'appel de l'Association des Maires de France, des rassemblements se sont tenus dans toutes les villes de France pour marquer la solidarité des français avec leurs maires suite aux attaques de mairies ou de domiciles des maires lors des émeutes. Ma réaction a été immédiate et sans appel : je n'irai pas. J'ai bien conscience que beaucoup seront choqués par ce choix et en déduiront que je me désolidarise des maires visés par les émeutiers. Il n'en est rien.

En toute conscience je ne saurais par ma présence cautionner un soutien plein et entier au maire de Beaucaire, par exemple ou à tout élu d'extrême droite ou de la droite dure dont les propos ouvertement racistes et discriminatoires envers la jeunesse en colère des quartiers populaires sont autant d'incitations quasi quotidiennes à la haine. Je ne saurais pas plus demeurer immobile et confite en dévotion pendant que Julien Sanchez et ses congénères déroulent à l'envie la longue liste de leurs récriminations et autres jugements péremptoires sur cette même jeunesse, la prétendue démission de leurs parents, les dangers de l'immigration en provenance d'Afrique (comprenez musulmane) et les atteintes à une identité nationale fantasmée. Je ne saurais encore moins l'entendre vanter les mérites d'une police que l'on sait gangrénée par le racisme, la haine et le rejet, et dont trop de membres se prennent au mieux pour des cow-boys, au pire pour des justiciers. Police dont je précise que je la sais nécessaire et que je la respecte dans sa globalité, mais qui s'est hélas focalisée ces dernières années sur ses missions régaliennes au détriment de son rôle de protection des citoyens. Et pour finir je ne saurais absolument pas écouter le maire RN de Beaucaire désigner ces jeunes en colère à la vindicte populaire et en faire les boucs émissaires des revendications populistes et identitaires de son parti.

Alors bien sûr ça va jaser dans les chaumières beaucairoises, mais je n'en ai cure. Être en adéquation avec ses valeurs et ses combats c’est aussi, c'est surtout ! savoir faire la part des choses et ne pas s'associer à n'importe quoi et/ou n'importe qui sous prétexte de solidarité. Solidaire avec celles et ceux qui souffrent ou qui sont discriminés je le suis, mais je ne le serai jamais avec l'extrême droite, la droite dure qui s'aligne sur son idéologie, et tous les populismes quels qu'ils soient qui se nourrissent des colères et frustrations de ce peuple qu'ils prétendent représenter et dont ils sont si éloignés. Ces gens-là ne me représentent pas. Je ne juge pas celles et ceux qui ont participé à ces rassemblements, et notamment ici, à Beaucaire. Il leur appartient de pousser le curseur de leur compromission comme cela leur convient. Le mien, n'en déplaise à ceux qui me jugent en permanence, restera à zéro.

vendredi 30 juin 2023

UN MORT DE TROP

Un jeune homme de 17 ans est mort 🙏 Un de plus. Un de trop. Nahel n’était certes pas un ange, il était, selon la formule consacrée, connu des services de police. Mais personne, adulte ou mineur, ne mérite de mourir pour un refus d’obtempérer. Cela étant, sa mort a été celle de trop ! Elle a fait sauter le bouchon de la colère des banlieues et des quartiers populaires dont les populations sont abandonnées depuis 40 ans par l’État. Les violences qui ont suivi la marche blanche et perdurent chaque nuit sont certes regrettables, les exactions sont inacceptables, mais ne nous voilons pas la face : elles sont hélas une réponse à la mesure de l’immense colère d’une population dénigrée en permanence. 

Les manquements déplorables de nos institutions, la dégradation d’un habitat social sans âme dans lequel les habitants sont parqués par troupeaux, en fonction de leurs origines, la disparition des services de proximité, les injustices, les discriminations, les persécutions de toutes sortes, s’accumulent depuis des années. Et rien ne change. Rien ne bouge. Les acteurs sociaux alertent à ce sujet depuis les années 80, en pure perte ! Les politiques mises en œuvre sont belles sur le papier, elles se sont succédées avec des noms ronflants et des promesses alléchantes, à chaque fois on y a cru… Mais la réalité est toute autre. Les budgets, les subventions, les moyens humains se sont réduits au fil des années à peau de chagrin ! Et quand l’État démissionne, qu’il ne joue plus son rôle émancipateur et protecteur, les enfants de la République deviennent des sous citoyens. Sans perspectives d’avenir, sachant d’expérience que la promesse républicaine ne sera pas tenue, sans cesse désignés coupables de tout et de rien, ils ne voient pas d’issue, ils sont à bout de colère. Alors ils se révoltent. Et cela fait des dégâts, des blessés, des morts… 

Ces quartiers, cette population qui sont livrés à eux-mêmes, ont bien conscience qu’on ne parle d’eux que pour alimenter les propagandes électorales populistes, et que la majorité des responsables politiques n’ont rien à cirer de leur devenir. Pourquoi s’embêter à leur en construire un dès lors qu’on les considère comme perdus, sortis de la République ?! C’est un peu l’histoire du chien qui se mord la queue : pourquoi agir puisqu’il va se mordre tout seul ? Alors on ne propose plus de solutions, on n’œuvre plus dans le dialogue et la confiance, on juge, on tranche, on condamne. Dès l’enfance cette jeunesse que l’on craint est mise au ban de la société. Et nous serions civilisés alors que nous ne prenons pas soin des nôtres ?! Stop ! Il serait temps que les uns et les autres prennent leurs responsabilités et assument leurs devoirs envers celles et ceux qui les ont élus. Si rien n’est fait le pire est à craindre, l’extrême droite rôde en se frottant les mains ! Celles et ceux qui ne font rien, celles et ceux qui enfoncent le clou à grands renforts de déclarations indignées surjouées, sont les mêmes qui sacrifient cette jeunesse au nom d’une identité et d’une sécurité fantasmées. Cadeau de bienvenue de celles et ceux qui lui déroulent le tapis rouge, y compris lorsqu’ils et elles prétendent n’en faire. Et ça pue bien plus que les incendies de nos banlieues ! 

Face à quarante ans de foutage de gueule permanent, des révoltes à la révolution il n’y a qu’un pas… à République, nous-mêmes, le franchirons-nous ? C’est le moment d’y réfléchir sans filtres et en toute conscience. Pas de paix sans justice ✊ #justicepournahel

mercredi 14 juin 2023

COPINAGE ET CONSÉQUENCES

Il y a des commerçants qui bossent dur et qui galèrent en restant dans les clous, respectueux des lois comme de leurs fournisseurs et de leur clientèle. Et il y a les autres, celles et ceux qui se croient tout permis, qui s'arrogent tous les droits, qui ne respectent rien ni personne. Ces commerçants là n'ont que deux objectifs : se bâtir un nom et imposer leur façon de faire. Non pas qu'ils soient plus compétents que les autres, mais ils, elles, entendent gérer les autres commerces en lieu et place des commerçants eux-mêmes. Elles et eux, savent mieux que les autres ce qui fait marcher un commerce, ce qu'il faut faire et ne pas faire, ce qu'il faut vendre et ne pas vendre, ce qu'il... Stop ! Ces personnes qui pensent avoir la science infuse s'enivrent d'une réputation créée de toutes pièces et du petit pouvoir qu'elles croient, à tort, détenir sur les autres du fait d'une position sociale fantasmée. Or notre ville est un village où les cancaneries vont bon train, et où les rumeurs se répandent plus vite que la vitesse de la lumière et font plus de dégâts qu'un incendie dans nos campagnes. Et c'est peu dire... Si le cadre patrimonial de Beaucaire se prête à tous les projets, ce sont le niveau de vie de ses habitants et la fréquentation touristique de la ville qui ne suivent pas. Pour autant, pour se faire une place au soleil ici, nul besoin d'écrabouiller les autres et de leur nuire. Mais certains s'y emploient avec une énergie qu'ils devraient plutôt mettre  à balayer devant leur pas de porte.

Je te donne un exemple : toi tu bosses, tu flippes quand ton chiffre d'affaires fait la gueule, tu ne dors plus quand tes ventes peinent à décoller, et dans le pire des cas tu finis par mettre la clé sous la porte, la mort dans l'âme. Nos dix doigts ne suffisent hélas plus à compter le nombre de commerces qui ont baissé définitivement le rideau depuis ton arrivée dans nos murs, ne fais pas comme si tu ne le savais pas, hein ? Bref ! Pendant ce temps l'autre là, à côté, se pavane avec de grands airs genre roi ou reine du quartier, voire même de la ville, se permet de te dire comment tu dois gérer ton commerce et te pose des interdits en avançant l'argument fallacieux de la concurrence. Sauf que l'autre là, à côté, n'a pas un bail qui l'autorise à vendre ce que toi tu vends, et se permet malgré cela de vendre lesdits produits, d'en afficher les prix sans aucune discrétion et d'en faire la pub sur les réseaux sociaux. Tout cela publiquement, en balançant leçons de morale  et rumeurs mensongères sur ses soi-disant concurrents en prime pour faire fuir la clientèle. Ou y'a d'la gêne y'a pas de plaisir, pas vrai ? Sauf qu'à trop tirer sur la corde on finit par mettre la puce à l'oreillle de ceux qui n'aiment pas ces vilains procédés et qui fourrent leur nez partout. Genre, moi. Et j'te le dis, l'autre là, à côté, ne semble pas vouloir débourser un centime pour se mettre en conformité avec la loi en étendant son bail et/ou en changeant son statut. En se disant probablement que, ma foi, étant proche de notre premier édile (oui, oui, de toi !) il n'y a rien à craindre de ce côté, que personne n'ira farfouiller. C'est oublier un peu trop vite que moi j'adore mettre les mains dans la merde pour en sortir des pépites.

C'est vrai qu'au vu de cette totale impunité affichée avec arrogance (et bêtise, hein, faut bien le dire !) on peut se poser la question : soit t'es au courant et tu fermes les yeux, soit tu ne l'es pas et certains pensent pouvoir se passer de ta bénédiction. Parce qu'on imagine aisément que tu n'as pas que ça à faire et que tu t'es logiquement reposé sur les personnes en charge des commerces de la ville pour gérer tout ça. Mais bon... Là mon gars faudrait voir à réagir et à contrôler tout ce merdier, hein ? Ça ne fait franchement pas sérieux cette permissivité ! Passe encore pour le copinage, c'est hélas le point commun de toutes les municipalités de France et de Navarre, toutes tailles et tendances confondues. Chez nous on copine, on trinque, on s'fait une bouffe, on s'refile les bons tuyaux et on adore ca ! C'est très franchouillard mais c'est ainsi et cela ne changera jamais. Sauf que là ça craint un max mon gars, j'dirais même que ça pue... Parce que cet exemple est loin d'être le seul, alors si tu ne fais rien je sens arriver les révélations croustillantes à une presse toujours friande de scandales, après la machine judiciaire se mettra en marche, tu va faire la tournée des médias et tu vas encore dire que c'est de ma faute ! D'ailleurs j'te vois d'ici aller pleurnicher chez Hanouna avec les intéressés en disant du mal de la méchante opposante qui te persécute depuis neuf ans... Alors qu'en fait je suis plutôt sympa avec toi, je te mets en garde contre tes propres démons avant que le ciel ne te tombe sur la tête. Au fait elle te plaît la référence au chef du village gaulois ? Tu te souviens en 2018, le porc dans les cantines, les sangliers servis pendant les banquets, notre héritage franchouille, toussa... Pardon je m'égare... Revenons à nos commerces qui auraient besoin d'un bon dépoussiérage administratif.

Sois cool, steuplaît ! Fouille dans la paperasse, et quand tu en auras le coeur net remets de l'ordre dans ce merdier. Moi j'dis ca pour toi hein ? Bon d'accord, un peu pour moi aussi je le reconnais. Suis fatiguée, je n'ai pas envie de batailler pendant quatre ans pour ce genre de conneries tellement faciles à éviter pour quelqu'un d'aussi pointilleux et prudent que tu l'es d'ordinaire. Et je n'ai pas non plus envie de me mettre à dos les commercants qui contreviennent aux règles en vigueur. J'les aime bien, tous, j'suis contente quand leurs affaires tournent bien. Mais l'épanouissement d'une ville passe par la gestion saine de ses commerces, et là franchement ta vitrine du RN elle a quelques pètes au casque, va lui falloir un sacré rafraîchissement... Donc on est d'accord ? Tu vas prendre les choses en main ? J'ai d'autres chats à fouetter en ce moment, mais s'il le faut je ferais ce que j'ai à faire. Parce que tu vois moi, l'arrogance des uns et l'impunité des autres, ca me fout les boules. Mais genre, vraiment ! Et tu m'connais, quand j'ai les boules j'deviens méchante. Pas juste un brin, non, carrément. Et je m'en tape des pots cassés et des egos froissés. A bon entendeur...

dimanche 11 juin 2023

VIVRE ENSEMBLE


Ce qui est compliqué lorsque l'on vit dans une ville gérée par le Front/Rassemblement National c'est de savoir mesure garder. Quelle que soit la force de notre engagement dans la lutte contre l'extrême droite, que nous soyons militants ou pas, citoyens lambdas, opposants actifs ou simples spectateurs conscients des enjeux, il n'est pas possible de mettre une partie des habitants de notre ville au ban de notre concept de société fréquentable. Ces personnes nous les connaissons, nous les fréquentons de manière plus ou moins régulière, nous les croisons au hasard des évènements associatifs ou sportifs, sur le marché ou aux terrasses de café, nous les avons parfois admis dans le cercle de nos amis réels ou virtuels, nous échangeons avec eux sur les fils de discussion des groupes Facebook de notre ville... Celles et ceux qui sont nés ou ont grandi dans nos villes sont allés dans les mêmes ėcoles, ont fait du sport ensembles, ont ri, bu et dansé dans les mêmes bodegas, participé aux mêmes festivités. Ils et elles sont attachés aux mêmes traditions locales et partagent un même amour de leur territoire. Il est donc impossible, compte tenu de ces paramètres, de tirer un trait du jour au lendemain sur une partie de la population sous prétexte qu'elle a voté FN/RN, qu’elle a sa carte du parti ou qu’elle est simplement sympathisante. Hormis lorsque l'on a affaire à des bas du front qui sont parfois de vrais caricatures d'eux-mêmes, on ne peut donc pas se couper des autres. Et on ne le doit pas. 

Loin de moi l'idée saugrenue que l'on pourrait convaincre ces personnes de changer d'avis, mais on peut à tout le moins échanger des points de vue sans rendre un pouce de terrain à des idées, des concepts, des propos qui nous rebutent. Sans plier l'échine. Ce qui permet, en restant fermement ancré sur ses positions, de peut-être donner à  l'autre à réfléchir. Ou pas. L'essentiel résidant dans le fait de pouvoir se côtoyer le plus sereinement possible. Parce qu'il est important de ne jamais oublier qu'en dépit de nos différences nous partageons à priori un même amour de notre ville. Il ne s'agit pas de débattre du bien-fondé de telle proposition ou prise de position du RN, au risque de se faire manipuler et d'en perdre notre latin ! Une fois pour toutes qu'il soit clair qu'on ne débat pas avec l'extrême droite, on la combat. Non, il est ici question de vivre en société, de manière aussi raisonnable que possible, sans pour autant s'aveugler sur la réalité d'une idéologie qui représente tout ce que nous abhorons. Dans les grandes villes il est facile de se couper de cette population dont les choix nous heurtent. Pas dans nos villes dont la vie, les moeurs, le rythme et les relations sociales sont demeurés ceux des villages qu'elles ne sont plus. Nous y vivons, pour certains d'entre nous nous y militons et/ou nous opposons à la municipalité quand ses actes, propos ou décisions sont clairement discriminatoires, en contradiction avec les valeurs républicaines, ou vont à l'encontre des lois en vigueur dans notre pays. Bref ! Nous en sommes, au même titre que tous les autres, un rouage quotidien. Il est de notre responsabilité, chacun à notre manière, d'être le grain de sable qui grippera la machine infernale du fascisme jusqu'à lui causer des dégâts irréparables. Alors prendre des gants oui, parfois, mais en tout état de cause toujours dire ce que l'on a à dire et faire ce que l'on doit faire. Sans états d'âme. Parce qu'il importe avant toute chose de demeurer droit dans ses bottes et de ne jamais prêter le dos à la moindre compromission. Faire société donc, mais sans se compromettre, sans se laisser pervertir, et sans jamais fléchir. 

Cela peut sembler d'une folle exigence, mais pour qui aime suffisamment ses semblables cela n'a rien d'insurmontable. C'est même finalement assez facile, non pas de leur pardonner de ne pas être ce que nous voudrions qu'ils soient, mais de les accepter tels qu'ils sont. Etre capables de les écouter sans les juger, de parfois comprendre leurs motivations, et dans tous les cas pouvoir échanger avec eux sans acrimonie et surtout sans haine. Parce que s'opposer ce n'est pas haïr. Nous nous opposons à des idées et nous combattons une idéologie, cela ne signifie pas qu'il nous faut entrer en conflit avec nos proches, nos amis, nos voisins, nos commerçants, nos élus ou les employés municipaux de notre ville. Nous pouvons ne pas être d'accord et nous opposer, nous affronter dans des joutes verbales, des échanges de courriels ou de courriers, voire mêmes devant les tribunaux, mais on ne fait pas société en se déchirant. S'engager dans une veille citoyenne ou en politique ne signifie pas, ne devrait jamais signifier, entrer en guerre avec le reste du monde. Encore moins avec l'autre, celui ou celle que nous croisons tous les jours. Faire de la politique c'est organiser une vie sociale au sein d'une communauté, parmi des personnes qui ont choisi de vivre ensemble. Ensemble, pas simplement côte à côte. Comme seule peut le permettre une société évoluée, moderne et démocratique. Alors restons vigilants mais demeurons civilisés.