J’ai loupé le conseil municipal d’installation du nouveau maire dans sa mandature. Et comme bien entendu l’opposition ne communique toujours pas sur les conseils municipaux, je suis allée à la pêche aux infos pour voir un peu à quelle sauce nous allons être mangés pour les sept ans à venir. Parce que les gens, si vous ne le saviez pas encore, apprenez que les délégations sont importantes. Non seulement dans le choix de leur destination, mais dans celui des conseillers municipaux auxquels elles sont attribuées. Nelson Chaudon a semble-t-il blindé son conseil municipal, dans les bons comme les mauvais côtés. Ça suinte l’idéologie nationaliste, et l’arrogance identitaire ! Il fallait s’y attendre.
Sans surprise, la 1ère adjointe Marie-France Perignon et le 4ème adjoint Alberto Camaïone, conservent leurs anciennes délégations. La première aux affaires scolaires, le second au commerce, à l’artisanat et au développement économique. La première n’a pas brillé pendant le précédent mandat, et le mauvais fonctionnement des écoles en témoigne : pénurie de matériels basiques (cahiers, crayons, stylos, feuilles, papier toilette, savon etc.), retards de commandes et de livraisons, chauffages en panne, gestion discriminatoire de la cantine etc. Le deuxième, malgré un investissement réel pour améliorer le paysage économique de la ville, échoue à y parvenir. Les commerces sitôt ouverts, ferment les uns après les autres. La gestion discriminatoire de l’attribution des locaux, initiée par Julien Sanchez et perpétuée par Nelson Chaudon, nuit à l’expansion commerciale de notre ville. Mais la mairie s’entête. Si l’on ajoute à ça que les commerces qui sont sélectionnés ne collent pas franchement, voire pas du tout à la réalité des besoins des beaucairois, on n’est pas sortis de l’auberge. On s’en doutait, la délégation de la politique sportive et des associations idoines, échoue au 2ème adjoint, Alain Germain. On connaît désormais les raisons de son engagement, qui a surpris de nombreux beaucairois. Dans le même ordre d’idée, nous avons la délégation des affaires taurines et des estivales confiée à Thierry Peyret. Il n’aura pas mordu à l’hameçon lancé par le maire pour rien ! Nous souhaitons bon courage à une nouvelle venue, Marie-Hélène Filhol-Fériaud, avocate de son état, qui hérite de la délégation aux marchés publics et aux affaires juridiques. Elle va avoir du pain sur la planche avec ce dernier point ! Les 5ème et 6ème adjoints, Martine Hours et André Cambi-Gourjon, vont eux se débattre respectivement avec la délégation à la solidarité, aux affaires sociales et aux associations, et celle à l’urbanisme, au cadastre et au jumelage. Étant donné qu’on n’a plus qu’un seul comité de jumelage à Beaucaire, l’inscrire dans une délégation pour faire plaisir à son président est un peu too much... Pour la première, on a envie de dire «Quelle solidarité ?» C’est une notion totalement abstraite pour la ville de Beaucaire. Et on ne parlera pas des affaires sociales, hein ? Dans les mots «affaires» et «social» ils ne comprennent que le premier. Le deuxième leur file des boutons ! Il reste les associations, me direz-vous. Alors oui, mais uniquement celles qui rentrent dans le cadre étroit fixé par la municipalité. Le message, c’est en gros «Tu veux de la thune ? Tu marches droit et tu fermes ta gueule !»
Je vous ai gardé les meilleurs pour la fin. Enfin, quand je dis meilleurs... La culture va une fois de plus se fracasser sur Mireille Fougasse, 7ème adjointe, élément inamovible des municipalités beaucairoises depuis 2008. Qui s’acharne à faire de l’inculture son terrain de jeu favori, et va donc récidiver pour ce quatrième mandat. Pourquoi, comment, a-t-elle été un jour propulsée à cette responsabilité qui lui échappe complètement ? C’est un mystère. D’un maire jeune et beaucairois, on aurait pu s’attendre à du renouvellement dans ce domaine, mais il faut croire que le niveau au ras des pâquerettes de la vie culturelle (?) de Beaucaire lui convient. On a également une déléguée aux associations culturelles, Véronique Lautier. Une beaucairoise dont on est en droit de se demander, au vu de son parcours, ce qu’elle connaît aux associations d’une part, à la culture d’autre part. Blandine Asencio, personne charmante dont on se demande ce qu’elle est venue faire dans cette galère, est déléguée au développement du sport libre. Il y aurait donc un sport qui ne le serait pas ? La notion est floue, et ressemble fort à une carotte... Pour ce qui est de Lou Segura, présidente de La Jeunesse Beaucairoise qui s’est distinguée avec son association en alignant les apéros pendant les dernières estivales, la voici bombardée évidemment à la jeunesse. Une manière comme une autre d'inculquer les bons réflexes identitaires aux jeunes beaucairois et beaucairoises qui ne les auraient pas acquis d’instinct ! De préférence en levant le coude, et en portant la casquette et le tee-shirt de l’association. Ya pas de petit bénef ! La cerise sur le gâteau, c’est le frère du maire himself, Timothé Chaudon qui sera délégué à la communication. La bonne blague ! C’est gros comme une maison de filer la com à son petit frère, histoire de ne pas dévier de l’idéologie frontiste et de ficeler tout ça en famille. On n’est jamais si bien servi que par soi-même, et se servir au RN on sait le faire, pas vrai ? Certes ! Mais on l’est mieux encore par ses proches, quand cela flatte leurs ambitions politiques. Et le petit dernier n’en manque pas... Alors quid de l’intérêt de la ville et de ses habitants ? Ben y’en a pas. Exit. Dans la municipalité Chaudon, très clairement, on la jouera identitaire et perso.
Ce billet est long. Une fois de plus. Mais les délégations, et les conseillers municipaux auxquels elles sont attribuées, interrogent. Je ne pouvais pas faire l'impasse à ce sujet. Si vous prenez la peine de le lire en entier, vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas.






