Je n’arrive pas à savoir si tu es arrogant, ou simplement imbu de ta personne. Au fond le résultat est le même ! Tu te crois tout puissant, et la joyeuse servilité de beaucoup de tes administrés te conforte dans ce sentiment. C’est sidérant de voir par exemple des beaucairois d’origine maghrébine, nés ici, se précipiter vers toi avec des étoiles dans les yeux. Vous êtes allés à l’école ensemble. Avez joué au foot ensemble. Couru après les mêmes taureaux dans les abrivados. Forcément, cela a forgé un lien amical très fort. Du moins de leur côté ! Parce que du tien... Le bruit court que tu aurais imposé à certains de t’appeler «Monsieur Chaudon» ou «Monsieur le Maire», en lieu et place du «Nelson» auquel tu les avais habitués. Il se dit également que cela te fait bien marrer de les voir si heureux que tu sois élu, alors que tu ne feras rien pour eux. Ainsi, les directives de tes adjoints sont claires : on n’accorde rien aux «arabes». Pas de locaux commerciaux. Pas de permis de construire. Pas de rendez-vous en tête à tête. Pas le plus petit coup de pouce de la mairie. Tu ne remettras pas les menus de substitution dans les cantines, et tu as été très clair à ce sujet dès que tu as remplacé Julien Sanchez. Tu n’en as rien à cirer des gosses de tes anciens camarades de classe ! Si ces personnes ont encore l’illusion que tu roules pour eux, ils en seront pour leurs frais.
Partant de ce constat, où en est-on ? Le triptyque «Où suis-je ? Que fais-je ? Dans quel état j’erre ?» résume plutôt bien la situation. Nous n’en sommes nulle part. Tu ne fais rien. Et Beaucaire continue de se désagréger sans que cela t’émeuve une seule seconde. Mais comme il faut bien entretenir la légende du bon maire soucieux du bien-être de ses administrés, tu as étoffé ton programme en allant joyeusement piquer des idées dans ceux de tes deux opposants. Tu as ainsi annoncé la création d’une école de raseteurs, un projet porté par la liste Unis Pour Beaucaire. Et annoncé la réfection de la place Georges Clémenceau, point majeur de la liste Beaucaire, l’Esprit Libre. Sont pas si nuls tes opposants, hein ? Sinon tu ne leur aurais pas volé leurs idées. On imagine aisément que tu ne t’arrêteras pas là ! Mais s’il est clair que tes groupies gobent tout sans vérifier, je te certifie que ce n’est pas mon cas. Je déplore que les deux listes d’opposition n’aient pas réagi à tes procédés bien peu honorables. Mais s’opposer frontalement génère des complications, et une atmosphère, qu’ils ne sont clairement pas prêts à gérer. Moi je te le dis : les méthodes de voyous de ton parti ont déteint sur ta soi-disant belle éducation beaucairoise, axée sur «de belles valeurs» selon tes propres mots. Le vol des idées, jusqu’à preuve du contraire, n’a jamais été défini comme une valeur. C’est une atteinte à la propriété intellectuelle pure et simple.
Alors j’attends. Je sais que tu ne vas pas tarder à merder. Les élus d’extrême droite merdent toujours. C’est dans leur ADN. Comme le racisme, les discriminations, l’espionnage de leurs administrés sur les réseaux sociaux, les menaces qui s’ensuivent, la dévalorisation du travail des journalistes locaux et nationaux, les crachats sur le drapeau européen alors qu’ils encaissent tranquillement subventions et rémunérations, le mépris des lois en vigueur, les propos sexistes envers les femmes, et les liens avec les mouvances identitaires locales et nationales. Oui, oui ! Ne t’imagines pas que je ne suis pas au courant de tes faits et gestes, tu commettrais une grossière erreur. Moi, que tu sois un beaucairois pur jus ne m’émeut pas. Pour le dire crûment, je n’en ai rien à foutre ! Et pour l’instant, rien ne permet de penser que tu vas agir pour Beaucaire, et non pas uniquement pour ton parti politique. Tu prends même carrément le chemin inverse. Méfi ! La route du pouvoir est pavée d’ornières. Et tes petits camarades fachos ne sont pas des tendres. Moi non plus.