mardi 3 décembre 2024

JE M'INTERROGE...


Je m'interroge. Jusqu'à quand va-t-on fermer les yeux sur les changements profonds à l'oeuvre dans notre société ? Les fake news, les intox et la réinformation, propagées par l'extrême droite, et une partie de la droite dite républicaine, infusent toutes les couches de la société civile, pervertissant des secteurs dont le bon fonctionnement est indispensable au vivre ensemble. La moindre annonce du gouvernement soulève une tempête, la montagne accouchant la majorite du temps d'une souris. La moindre phrase lâchée par des fonctionnaires qui se sentent de moins en moins tenus par le devoir de réserve fait les beaux jours des réseaux sociaux, commentée et déformée à l'infini. La moindre analyse, le plus petit commentaire, émis par des politiques en mal de popularité, sont sujets à d'interminables polémiques, décortiquées par des politologues et autres spécialistes du sujet sur les plateaux de télévision. Des plus nuls aux plus sérieux. Le sujet de la semaine est passé au tamis jusqu'à l'écoeurement. A l'Assemblée Nationale, c'est la foire d'empoigne ! Les noms d'oiseaux fusent. En écoutant les débats, dont la virulence n'a souvent d'égale que la mauvaise foi, on se croirait revenus au bon vieux temps de la IIIème République. Et je me dis qu'avant de jeter aux orties notre Vème République, peut-être faudrait-il simplement l'amender. En changer quelques règles, dans un souci de clarté et d'apaisement. Certes, elle n'est pas parfaite ! Mais ce n'est certainement pas en envisageant d'e faire entrer dans l'hémicycle, par le biais de la proportionnelle, un nombre plus important de députés d'extrême droite, dont on sait qu'ils n'ont rien de républicain, qu'on va améliorer les choses.

Alors je m'interroge. Quid des bonnes résolutions annoncées par les uns et les autres pour le droit des femmes ? Pour la protection des victimes d'incestes, et de violences sexistes et sexuelles ? Pour améliorer la vie de celles et ceux, de plus en plus nombreux, qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté ? Toutes ces personnes en grande difficulté sociale qui se font mettre le grapin dessus par le RN qui se prétend le parti du peuple, et prône une politique illibérale au service des grandes entreprises et des plus riches qui nous mènerait droit dans le mur. Un parti qui n'a de populaire que sa faconde, et sa vision simpliste de notre économie. Pour pallier ce réel danger, nos élites ne devraient-elles pas se remettre en question ? Faire leur examen de conscience, rabattre leur caquet, et se reconnecter au terrain qu'elles ont déserté depuis longtemps ? Et borner soigneusement celui-ci pour en limiter l'accès à l'extrême droite. Se tenir debout, sans craindre de perdre quelques voix qui ne leur sont de toutes manières pas acquises. En se souciant réellement des gens, pas de leur siège. Que celui-ci soit à l'Assemblée Nationale, ou dans l'un ou l'autre des divers conseils de la nation. Parce que le peuple en question, celui qui fait les frais de leurs reculs et de leurs hésitations, voire de leurs compromissions, en a marre de donner sa voix à celles et ceux qui, de toutes manières vont les jeter par-dessus les haies du front républicain, comme une fille légère son bonnet !

Je vis depuis dix ans à Beaucaire, dans le Gard. Une ville de 16000 habitants tombée aux mains du Front National en 2014. Et qui a récidivé en 2020. En reconduisant Julien Sanchez, maire Rassemblement National devenu cet été député européen sur la liste menée par Jordan Bardella, les beaucairois ont fait le choix de valider une série de politiques discriminatoires, et d'atteintes à la laïcité, qui sont le lot de toutes les villes gérées par le parti à la flamme et ses coreligionnaires. J'ai vu la ville, et le département, céder le terrain pouce par pouce. Faire tomber les digues. Une épidémie qui s'étend aux départements voisins des Bouches du Rhône et du Vaucluse. Et les partis de gauche, majoritairement, délaisser le terrain pour lutter sur le papier. Mais pas en actes. Plus en actes. LFI, dont je ne partage ni les outrances, ni la plupart des positions politiques, est à ce jour le seul mouvement politique qui est présent sur le terrain. Quid des autres ? Même le Parti Communiste, qui a toujours combattu pied à pied l'extrême droite, se fait timide, et s'est replié comme les autres sur le confort du "oui, mais..." Comme Les Écologistes, qui sont très loin, dans le Gard, d'avoir la niaque et la fermeté des positions de Marine Tondelier. C'est simple, on ne les voit jamais. Et je ne m'étendrais pas sur le Parti Socialiste, qui est pitoyable d'attentisme consensuel. N'a-t-on jamais dit à tous ces gens-là, que se gargariser de mots n'a jamais fait progresser la lutte antifasciste ? Ils ne luttent pas. Ne savent plus ce que signifie lutter. Ils attendent la chute de leurs prétendus amis, et parfoks l'encouragent en leur faisant un croche-pied. Ils guettent avec acharnement le moindre faux pas, pour s'emparer de la plus petite parcelle de pouvoir. Et remisent au rang des perturbateurs les antiracistes et les antifascistes.

L'année dernière, nous avions fait venir dans notre ville Dominique Sopo, président de SOS Racisme, pour une conférence sur le thème "Antiracisme et Engagement Politique". Aucun politique de la gauche locale, n'était présent. Parce qu'ils ne se sentent pas concernés ? Plutôt parce qu'ils n'ont pas compris qu'antiracisme et engagement politique sont, au contraire de ce qu'ils pensent, intimement liés. Que l'antiracisme et l'humanisme amendent les choix politiques, et font progresser notre société. Qu'il est important que les politiques soient au contact des antiracistes et des antifascistes, dont les luttes sont vitales pour l'égalite et la fraternité. Et qu'il n'y a aucune contradiction entre les engagements politiques, antiracistes et antifascistes. 

Nous l'avons hélas constaté le samedi 23 novembre, lorsque Jordan Bardella est venu à Beaucaire pour inaugurer la permanence du député européen Julien Sanchez, maire de la ville d'avril 2014 à juillet 2024, en présence de l'habituelle brochette de députés RN du Gard, et de ceux des Bouches du Rhône venus en voisins. Nous étions une cinquantaine. Mais très peu de militants de gauche beaucairois et de Terre d'Argence étaient présents. Majoritairement LFI, comme l'unique élu d'opposition municipale de gauche, qui les a sollicités. Aucun communiste. Aucun socialiste. Aucun écologiste. Ils sont tous restés bien au chaud chez eux. Enfin, pardon... Un autre était là ! Qui s'est tenu soigneusement à l'écart de notre manifestation. Par crainte probablement de se commettre avec des antifascistes qui dénoncent les élus du RN pour ce qu'ils sont : des fascistes. Et ne se privent pas de le clamer haut et fort. Il est certain que les ambitions politiques, lorsqu'elles dégoulinent de consensualité, ne sont pas compatibles avec nos luttes. Il fallait tout de même le voir pour le croire. Eh bien, nous l'avons vu ! Les élus et sympathisants RN aussi. Le verdict se fera dans les urnes, en 2026. Dont acte.

Si l'on ajoute à ça qu'un commerçant, beaucairois pur jus, s'est compromis en accueillant la dédicace du livre (?) de Jordan Bardella, on comprendra jusqu'où s'étend l'influence pernicieuse du RN. Lequel n'est pas regardant et racole large. En l'occurence au sein d'une famille prétendument communiste. Ce qui a donné lieu à une file d'attente impressionnante d'environ 1500 excités du bocal, qui brandissaient des drapeaux tricolores, et dont certains ont grimpé sur des locaux techniques pour les agiter, sans que le patron des lieux y trouve à redire. Patron dont les parents se sont offert un selfie tous sourires avec Jordan Bardella. Belle prise pour le RN local... On a finalement la notoriété qu'on mérite.

Alors je m'interroge. On fait quoi ? On suit le mouvement pour se faire bien voir, et on pense en bleu, blanc, rouge ? On baisse les bras et on lâche l'affaire ? Ou on relève la tête, et on se bat ? Sans rien céder à l'extrême droite. Vous, je ne sais pas. Mais moi, tant que je le pourrais, je me tiendrais debout face aux fascistes. La tête haute. Et même si c'est parfois une position inconfortable. Vous qui me lisez et qui hésitez encore, vous devriez essayer. Au pire, vous ne risquez qu'un torticolis. Et de vous abîmer les cordes vocales en scandant « Siamo tutti antifascisti ! » ✊

mardi 15 octobre 2024

AU RN NATURE = DANGER

Si j’en crois la rumeur, toi non plus tu n’aimerais pas les arbres. Et tu t’apprêterais à en laisser abattre deux autres, deux arbres remarquables qui sont sur le site du projet Sud Canal. Dis-moi que c’est faux, s’il-te-plaît ! Que radio Beaucaire s’est emballée ! Que la rumeur a enflé sur les trottoirs pour rien. Parce que franchement, ce serait une erreur notable en tout début de mandat. C’est en tous cas mon sentiment. Mais bien sûr, je peux me tromper...

Si l’on détaille le fameux projet que ton prédécesseur nous vend avec acharnement depuis près de six ans (à la louche, hein !) les arbres en question sont bien là, inclus sur les plans. Tout comme l’étaient d’ailleurs ceux du Bar Le Camargue dans le projet de la Base Nautique. Et on a vu le résultat ! On vous apprend quoi au Rassemblement National ? Nature = Danger ? T’as peur que des antifas se planquent derrière les troncs pour te faire la peau ? Mais on est à Beaucaire, mon pauvre, pas au Far-West ! Ici t’as rien à craindre. D’ailleurs, en règle générale, en France, les gens de ton espèce peuvent dormir tranquilles. Ce sont les gentils qui se prennent des balles et des coups de couteau, pas les fachos. Les bons que l’on égorge au nom d’Allah, pas les bas du front. Si le français de base était un va-t-en guerre, ça se saurait...Et je ne te parle même pas des beaucairois, hein ? Dix ans qu’ils sont plongés dans une étrange léthargie. Dix ans qu’ils avalent des couleuvres, et qu’ils en redemandent, comme s’ils suçaient des piroulis ! Alors c’est pas demain la veille qu’ils vont s’enchaîner aux arbres menacés. Encore moins se planquer derrière avec un fusil. Ben non, mon gars, ils attendent juste que tu merdes, ce que tu sembles bien décidé à faire. Après, ils viendront larmoyer... Mais pas trop fort ! Faudrait pas qu’ils noient dans leurs larmes, les électeurs potentiels qu’ils n’ont pas.

Moi par contre, j’suis pas d’ici ! Et si j’ai passé l’âge de te rentrer dedans, physiquement s’entend, je n’ai perdu ni ma verve, ni ma plume. Et j’espère qu’on te l’a appris pendant ton formatage au parti, les écrits restent. Et parfois, ils peuvent même te péter à la gueule. De mettre dans la merde. Et carrément t’embarrasser en mettant des mots sur tes actes. Parfois... Méfi ! Alors ? Tronçonneuse ou pas tronçonneuse ? C’est toi qui vois. A tes risque et périls ! Moi j’vais aller faire la sieste au pied d’un arbre, tant qu’il en reste encore. En gardant un oeil ouvert, braqué sur la mairie. J’te vois, mon gars, j’te vois...

Info dernière : il ne reste qu’un arbre 😱🌳😢

©️ Françoise Dupré

mercredi 25 septembre 2024

SAUVE QUI PEUT !

On en parle de la dérive extrême droitière du gouvernement Barnier ? Attendre 100 jours pour ça, c’est un peu beaucoup fort de café ! Belle brochette de réacs en tous genres qu’il nous a choisi Papy Michel, non ? Et le Président de la République qui dit Amen aux politiques englués dans les relents fétides de la Manif Pour Tous de triste mémoire... On aura vraiment eu droit à la totale depuis la dissolution. Je vous le dis, tout ça pue grave !

Toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés pour faire la campagne expresse des législatives, qui ont donné corps au Nouveau Front Populaire qui est parvenu à émerger rapidement malgré les dissensions de la gauche, qui ont sué sang et eau pour faire barrage au Rassemblement National, se sont échinés en pure perte. Jusqu’à en perdre le sommeil pour beaucoup d’entre nous qui angoissaient à l’idée de vivre sous le joug des frontistes. Je l’avoue, je fais partie de celles et ceux qui ont laissé le bénéfice du doute à Emmanuel Macron, pensant sincèrement qu’il respecterait le verdict des urnes. J’ai eu sacrément tort ! Et je suis tiraillée entre ma conviction que le Nouveau Front Populaire peut, et doit, perdurer, et celle que le comportement de certains élus risque de nous envoyer droit dans le mur. D’ailleurs, au vu de mon putain de mal de crâne depuis le 7 juillet, on a déjà joyeusement tapé dedans ! Non ? Ben si...

Quoiqu’il en soit, je ne m’attendais certes pas à me réveiller un beau matin de septembre dans une France offerte sur un plateau au Rassemblement National et ses satellites, par celui qui est censé être le garant de nos institutions. J’ai mal à ma France, et je crains de ne pouvoir guérir de cette maladie là. Voir jubiler la blonde, ses petites mains pernicieuses, et son pantin aux dents qui rayent le parquet, avec le crâne du niçois par là-dessus, et Les Républicains qui jubilent d’être récompensés de s’être plantés à l’exam, passez-moi l’expression mais ça me troue le cul ! Entendre à longueur de plateaux de télévision Yoann Gillet et ses petits camarades pontifier, donner des leçons de morale et de démocratie - ces gens-là osent tout - voire même menacer les membres du gouvernement comme l’a fait Laure Lavalette qui s’est fendue d’un tweet gratiné : «Il semblerait que certains n’aient pas encore totalement compris dans quel nouveau monde nous vivons. Nous allons vous l’enseigner.» (sic) Tout ça me rend malade. Bienvenue dans le nouveau monde à la sauce facho ! Une resucée de l’ancien monde, dans lequel quelqu’un de complètement frappé leur a donné les rênes. Le pire, n’est jamais très loin de la peur…

Et que dire des droit des femmes, qui sont les grandes oubliées de ce gouvernement ? Exit le ministère dédié. Avec des LGBTphobes, et des opposants déclarés à l’avortement, au mariage pour tous, à la PMA, et à l’interdiction des thérapies de conversion, on est en droit de craindre un recul de toutes les avancées progressistes chèrement acquises. Et je ne vous parle pas de nos libertés, hein ? Ou de l’égalité. Encore moins de la laïcité. Tout cela risque d’être revu et corrigé à la sauce bas du front par les identitaires nationalistes, souverainistes, et autres nostalgiques coincés du cul, qui peuplent désormais les bancs de l’Assemblée Nationale. Et qui ont pris leurs aises au sein de nos institutions. Des gens merveilleux donc, et qui ne sont pas tous au Rassemblement National, tant s’en faut. Je vous le dis, on n’a pas le cul sorti des ronces ! 

La prochaine échéance électorale sera celle des municipales, dans moins de deux ans - pour ma part je ne crois pas à une seconde dissolution - qui risque fort de repeindre en cinquante nuances de brun la carte de nos villes et villages. Du brun pâle des timorés et autres consensuels, au caramel de ceux qui n’osent pas dire leur nom, jusqu’au brun foncé de ceux qui revendiquent d’être ce qu’ils sont. Ici, à Beaucaire, on est dans le brun qui s’assume, et qui dégouline allègrement sur tout ce qu’il touche. Teintant mine de rien de brun pâle ceux qui n’ont pas pris un parapluie. Et qui pervertit beaucoup trop de citoyen.ne.s qui ne se méfient pas assez. Voire pas du tout ! Pour celles et ceux qui entendent s’y coller, va falloir sortir les rames, et arrêter de se la raconter. Mais ça par contre, moi je vous le dis, ce n’est pas gagné.

mardi 17 septembre 2024

LA RENTRÉE DES FAFS !

On fait le point pour cette rentrée ? L’été touche à sa fin, et la situation locale impose a minima une réflexion. 

Beaucaire donc ! Et là, très clairement, on touche le fond. Notre nouveau maire joue sur du velours. Devant lui, aucun obstacle. Rien ni personne pour l’arrêter. Le poulain de Julien Sanchez met allègrement ses pas dans les siens, et confirme ma première impression. A savoir que, s’il a une personnalité et une volonté qui lui sont propres, ce n’est pas lui qui tire les ficelles. En témoigne le fait que lors de son premier conseil municipal, il ait sans cesse quêté du regard l’approbation de son mentor quand il prenait la parole. On peut certes comprendre qu’il soit un peu paumé, surtout en chargeant l’ordre du jour de 51 délibérations, mais bon, ça ne fait pas sérieux... On nous a vendu un produit formaté, prêt à l’emploi, on se retrouve avec un pantin dont les huiles du Rassemblement National gardois, et sans doute quelques autres, tirent joyeusement les ficelles pour le faire danser !

Et puisque l’on parle du parti à la flamme, apprenez que celui-ci a fait sa rentrée politique gardoise au Casino Municipal de Beaucaire ce 8 septembre. En toute discrétion, et sans que les oppositions municipales ou la gauche gardoise ne prennent la peine de perturber l’événement. Un gentil apéro-meeting animé de drapeaux tricolores, pendant lequel Julien Sanchez et Yoann Gillet ont joué en alternance les animateurs, et mené la danse. Avec l’assistance de notre nouveau maire, évidemment ! A peine rentrée d’une réunion de famille qui ne m’a hélas pas permis de réagir sur place, je note que, tout comme l’année dernière avec l’université d’été du parti qui se tenait à Beaucaire, aucune des personnalités gardoises prétendant lutter contre l’extrême-droite ne s’est manifestée. Un fait acté, qui se reproduit en toute occasion, et qui contribue dangereusement à la normalisation de ce parti qui n’a absolument rien de républicain. 

Un facho reste un facho, qu’on se le dise ! Qu’il soit raciste ou affirme ne pas l’être, à partir du moment où il défend un programme xénophobe et discriminatoire qui érige la préférence nationale en dogme, il entre dans le cadre des antirépublicains. Et celles et ceux qui laissent faire parce que, tout de même, il ne faudrait pas risquer de perdre des voix hypothétiques aux prochaines élections, sont tout aussi à blâmer qu’eux. Et plus encore ! Parce que ces gens là creusent leur propre tombe (et accessoirement la nôtre !) avec une constance que l’on pourrait trouver admirable, si elle n’était pas si ridicule... Tout cela dans l’illusion bien ancrée d’obtenir des voix que, de toutes façons, ils ne récupéreront jamais. Au détriment de la lutte antifasciste. Mais bon, les antifas, ils nous emmerdent hein ? Avec leur morale exigeante et leur obsession de l’extrême-droite, ils nous gonflent ! Être droit dans ses bottes, au bout d’un moment ça fatigue... Mieux vaut plier les genoux, et peut-être obtenir quelques miettes du gâteau.

Bon, et toi Nelson Chaudon ? Tu vas te conformer à la décision du Conseil d’Etat et remettre les menus de substitution dans nos cantines scolaires, ou tu vas mettre tes pas dans ceux de ton prédécesseur ? Je te rappelle que cela fait six ans, depuis la rentrée scolaire de janvier 2018, que les enfants de tes amis musulmans sont discriminés par une décision de la majorité municipale. Tes amis, tu sais ? Ceux avec lesquels tu as fait ta scolarité, et tapé dans un ballon pendant ton enfance et ton adolescence. Ceux qui te filent gentiment des pastèques, et autres fruits et légumes sur le marché. Ceux que tu croises tous les jours dans Beaucaire et dont, pour certains, tu connais les enfants. Tu vas vraiment les regarder en face, et leur balancer ton grand sourire en leur disant que non, désolé, mais tu maintiens le porc chaque lundi pour le bien des enfants ? Et que finalement, ils n’ont qu’à garder leurs gosses chez eux. Parce que, hein ? Tout ça c’est politique, il faut qu’ils comprennent... Et tu crois que ces beaucairois vont voter pour toi en 2026, juste parce que tu es «gentil» et beaucairois ?! Compte sur moi pour leur ouvrir les yeux sur le mépris que tu affiches déjà à leur égard.

Et puisque Julien Sanchez a été bombardé directeur de campagne des municipales sur l’ensemble du territoire, je vois d’ici le tableau. Les poncifs, les mensonges, les promesses emballées dans du papier cadeau, et sa binette sur les affiches... Cela étant, je me réjouis d’avoir en face de moi un adversaire à la hauteur et, qui sait, de peut-être lui faire mordre la poussière. On peut encore rêver, hein ? Je vais en profiter tant que ton parti n’est pas au pouvoir. T’endors pas sur tes lauriers, s’il-te-plaît, je n’en ai pas fini avec toi. Moi aussi je fais ma rentrée, et j’ai des tas de grains à moudre...

mercredi 28 août 2024

DES CHATONS DANS LA VILLE

Il y a plusieurs fléaux à Beaucaire. La reproduction exponentielle des chats en est un, et de taille ! Le mot, dans ce cas précis, est à entendre dans le sens  d'une calamité, quand d'autres se rangent d'évidence dans la case des nuisibles. Par exemple, les rats et les cafards qui pullulent dans Beaucaire. Et revient sur toutes les lèvres LA question : mais que fait la mairie ? La réponse tient en un mot : RIEN.

Je vous explique le schmilblick : la Fondation Clara stérilise et identifie les chats errants de nos rues, lorsque les villes de la Terre d'Argence ont signé une convention commune avec la CCBTA. Et Beaucaire, à ce jour, n'a pas officiellement signé ladite convention. Depuis 2023, le fichu papier attend le bon vouloir du maire de Beaucaire. Julien Sanchez devait, semble-t-il, la signer en septembre 2023, et l’aurait finalement fait avant les dernières élections. La convention serait en souffrance sur son bureau. Bureau qui, depuis le 29 juillet dernier, est celui de Nelson Chaudon. Lequel aurait laissé la convention en l'état, et se plaît à rejeter la faute sur... La CCBTA ! C'est l'histoire infernale de l’ouroboros, le serpent qui se mord la queue. Pourquoi cette inertie me direz-vous ? Cela, personne n'en sait rien. On n'ose croire que le nouveau maire ne se soucie pas plus du sort des chats errants de sa ville, que ne le faisait son prédécesseur. Lequel clamait partout qu’il adorait les animaux. On ne saurait non plus penser qu'il ne juge pas la situation suffisamment préoccupante pour la traiter, sinon en priorité, du moins dans des délais raisonnables. Et non, monsieur le maire, un an ou deux de réflexion, voire plus ! n'entrent pas dans cette catégorie. Il ne va pas falloir nous la faire à l’envers comme pour les travaux menés par votre mentor, hein ? Parce que là, vous risquez fort de nous énerver !

Alors quoi ? On attend, et on nourrit les chatons qui prolifèrent dans nos quartiers ? Ce qui, en toute logique, relèverait de la responsabilite de la ville, puisqu'elle est en majeure partie responsable de leur présence. Non ? Ben oui. Nous toutes et tous qui aimons les chats, les nourrissons, les abreuvons, et veillons sur eux, nous en recueillons parfois, et nous nous attristons quand l'un d'eux se fait taper par une voiture, ou se fait tuer par un chien qui n'est pas tenu en laisse. Tiens ! Ça aussi c'est un problème dans notre ville. Faudrait peut-être le traiter aussi, hein ? Tout cela, ce sont des soucis en plus pour des personnes qui en ont déjà bien assez. Et qui assument de surcroît une dépense qui s'alourdit au rythme de l'inflation.

Nous vous adressons donc une supplique, monsieur le maire. Par pitié, officialisez la signature de cette convention dans les plus brefs délais. Et permettez à la Fondation Clara de mener une campagne de stérilisation dans nos rues. Nous, on continuera à s'occuper des chats errants, et si rien n'est fait, promis, on vous amènera les chatons à la mairie. Pour vous tenir compagnie. Et pour remplacer le lapin.

jeudi 22 août 2024

GOODBYE MARILOU

Il y a des personnes qui croisent votre route, et qui laissent dans votre vie une empreinte indélébile. Ainsi en est-il de Marilou, personnage inimitable, propulsée dans nos vies comme un cadeau, et trop tôt reprise. Une personnalité complexe, originale, joyeuse, agaçante, et follement attachante. Il était impossible de rencontrer Marilou sans avoir envie de mieux la connaître. Tout de suite, on voulait creuser au-delà des apparences, découvrir qui elle était vraiment. Il était impensable de ne pas l'aimer, et je crois bien n'avoir jamais connu personne qui ne l'aimait pas. Elle était maligne, entêtée, généreuse, curieuse, drôle, étonnée de tout, et capable d'autodérision, une qualité rare. Et de toutes les qualités qu'elle avait, je retiendrai, comme je le pense vous tous, son immense gentillesse, et son très grand coeur. Elle montrait un grand intérêt pour tout ce qui l'entourait, pour la vie, pour l'actualité, pour la politique, et elle avait de vrais coups de coeur pour des personnalités publiques qu'elle admirait. J'aimais ses emballements affectifs pour celles et ceux qui croisaient son chemin, que ce soit pour une heure, pour quelques jours, ou pour des années, et son attention aux autres. Elle était touchante, énervante, marrante, hyper bavarde, toujours en retard, à jamais décalée entre le jour et la nuit, et bourrée de petites manies qui faisaient son charme, et qui nous amusaient. Une personnalité rare, incontournable, vers laquelle on revenait toujours quoi qu'il se soit passé. Il était impossible de rester fâché.e avec Marilou. Les plus gros clashs n'entamaient pas l'affection ou l'amitié qu'elle vous portait. Sa lumière intérieure nous éclairait tous, et brillait dans ses yeux noirs malicieux. Elle était incapable de la moindre méchanceté ou de la plus petite rancune, elle aimait tout le monde ! Elle était désarmée face à des actes, des propos, qui la blessaient. Elle ne comprenait pas le mal...

Je regrette profondément de ne pas avoir connu Marilou plus tôt, et de ne pas avoir eu plus de temps à partager avec elle. J'avais trouvé en elle la plus adorable des voisines, et il n'y a d'ailleurs pas une personne de notre immeuble, ou du voisinage immédiat, qui ne l'aimait pas. Le quartier, comme nous tous, est orphelin... Beaucaire perd la plus aimée, et la plus originale, de ses figures locales. Mes pensées attristées vont à sa famille qu'elle aimait tant, à tous ses proches, à toutes celles et tous ceux qui l'ont connue et aimée. Moi je perds une personne chère à mon coeur, un rayon de soleil, une part de joie que rien ni personne ne pourra remplacer. Elle va terriblement me manquer. Le bruit aisément reconnaissable de son trousseau de clés, qui résonnait dans l'escalier de l'immeuble quand elle ouvrait ou fermait sa porte, va me manquer ! Sa voix, qui appelait Félix matin et soir pour lui donner à manger, va me manquer. Son rire me manque déjà…

Marilou, tu aimais lire mes billets de blog, et tu me posais mille questions pour en comprendre le pourquoi du comment ! Tu m'avais fait promettre de t'en écrire un quand tu nous quitterais, aujourd'hui j'honore ma promesse. Et je te sens perchée sur mon épaule, pour le lire au fur et à mesure que je l'écris. J'espère qu'il te plaît ? Sinon tu me le dis, et je le referais. Je finirai en te disant ce que tu nous disais tout le temps : "Tu es belle, je t'aime..." Goodbye Marilou.

PS : Je vais prendre soin de Félix, ne t'inquiètes pas...

mercredi 14 août 2024

T'ES EN RÔDAGE ?

J'veux pas faire ma grognon, mais bon t'es maire depuis tout juste deux semaines, et tu merdes déjà ! C'est mignon de jouter sur le canal et de faire le plongeon avec ton porte le député au son de La Marseillaise, mais quand la fête est finie faut remballer le matos, hein ? Et j'parle pas du tien. Si tu veux garder ton tee-shirt des Estivales, la lance et l’écu, fais-toi plaisir ! Nous, on n'en a rien à battre... Non, moi j'te parle de celui de la ville.

Depuis vendredi soir, personne en mairie, pas plus toi que les autres, n'a jugé bon de faire enlever les gradins rétractables qui sont pile en face de la terrasse du Nord au Sud, ni la remorque plateforme qui est devant le Crédit Agricole. Pas sympa pour les restaurants du canal ! Ça gâche la vue, d'où que l'on se tienn

Alors dis-moi, qu'est-ce qui se passe ? T'as mis les ateliers municipaux en congés annuels ? T'as envoyé ce cher Sterligov se dorer le cul sur une plage ? Remarque, pour le coup, ça leur ferait des vacances aux employés municipaux…

Franchement, monsieur le nouveau maire, ça ne fait pas sérieux ! Ça ne suffit pas d'avoir l'air cool et sympa, faut aussi nous prouver que tu peux être fiable. Du genre, tu gères nickel les tracas du quotidien de notre ville, et nous on te dit bravo, et merci. Ou pas. Mais j'crois que t'as vu la Vierge en enfilant l'écharpe, hein ? Tu t'es dit comme ça "Bon ! Maintenant j'suis calife à la place du calife, j'vais faire c’que j’veux !" Ben non mon gars. Va falloir te rappeler que t'es pas en vacances à Beaucaire aux frais de la princesse, même si c’est Les Estivales, et que tu dois bosser un minimum. Moi j'dis ca, j'dis rien... M'enfin soyons clairs, c'est fini de jouer.

Je te l'ai dit, je t'ai à l'oeil et tu ne vas pas me la faire à l'envers ! Ce qui ne m'empêchera pas de garder en ligne de mire tes deux mentors pour m'assurer qu'ils ne merdent pas trop, l'un au Parlement Européen, l'autre à l'Assemblée Nationale. T'inquiètes, j'peux le faire ! J'suis une femme, et nous on est polyvalentes et multitâches. Donc, méfi ! comme on dit dans ton bled. Allez, courage ! Ce n'est que le début, t'es encore en rodage, non ? On parlera des autres trucs qui fâchent un peu plus tard. Le temps que tu t’y attelles un peu plus sérieusement. Genre pour de vrai, pas que pour la photo. Tu vas t'y faire, et nous aussi. Ou pas.