Que s'est-il passé en vingt ans dans notre pays ? Depuis l'épisode fondateur de nouveaux rapports de force entre le monde étudiant et le gouvernement, les mobilisations estudiantines et particulièrement lycéennes, se sont multipliées. Manifestations, rassemblements et blocages des établissements d’enseignement sont les moyens d'expression d'une jeunesse qui ne vote pas encore. Une jeunesse dont l’État et de nombreux citoyens minimisent les capacités de réflexion, et l’investissement réel sur l’avenir. Concernés au premier chef par les évolutions de notre société, celles et ceux qui construiront la France de demain demandent peu de choses. Être respectés, considérés et entendus. Leurs revendications sont légitimes. Basiques et très terre à terre pour certaines. Signaler l’état déplorable de certains lycées, les fuites d’eau, les rats, les peintures écaillées, le manque de mobilier scolaire, les défauts de matériel scolaire, de papier toilette et de savon, tout cela c’est factuel. Vouloir étudier dans de bonnes conditions est un droit qui devrait leur être immédiatement accordé. Demander une refondation de Parcours Sup l’est également. L’avenir de nos enfants et petits-enfants en dépend. Un peu moins de moyens pour la répression et un peu plus pour les établissements scolaires ? Un choix que les gouvernements successifs semblent incapables de faire. Suppléer au manque criant et récurrent d’enseignants et de personnels scolaires ? Une volonté sur le papier qui ne se concrétise pas dans les actes. L’enseignement public qui faisait jadis à juste titre la fierté de notre pays, est en déliquescence. La faute n’en incombe pas aux équipes pédagogiques, ni à une prétendue paresse ou un désintérêt des étudiants, mais aux gouvernements successifs qui ont plombé l’enseignement depuis une soixantaine d’années. Une estimation à la louche qui semble vraisemblable pour celles et ceux qui ont de la mémoire. Depuis les acquis de Mai 68, des mesures aberrantes ont été prises régulièrement, qui ont contribué à fragiliser le socle éducatif de notre pays. Chaque fois, les lycéens sont montés au créneau pour demander à être entendus. Il y a vingt ans, ils mettaient déjà le feu aux poubelles, aux pneus et aux carcasses de bagnoles. Ils balançaient des pavés et des mortiers. A cette époque, il y avait une répression relativement proportionnée face à des mineurs. Aujourd’hui, ces jeunes se font gazer, étrangler, tabasser, menotter, enfermer et traiter comme des terroristes en puissance par les CRS ! Au mépris le plus élémentaire de leurs droits. Cerise sur le gâteau, le ministre de l’Intérieur menace de faire payer les dégâts à leurs parents. Histoire de bien leur faire passer l’envie de manifester de nouveau. On entre dans une surenchère autoritaire très dommageable pour notre démocratie, et les adultes au cerveau bouffé par la propagande de la droite et de l’extrême droite applaudissent ! Pauvre France…
A celles et ceux qui rejettent la responsabilité des blocages sur LFI, rappelons qu’il y a vingt ans, LFI n’existait pas. Tous les leaders de gauche ont appelé au calme et condamné les violences imputables aux lycéens. Lesquels sont infiltrés par des individus animés de diverses intentions qui récupèrent le mouvement. Certains pour lui donner plus de force, d’autres pour le pourrir. Des groupes de fachos armés de matraques se sont attaqués à des lycéens, et bizarrement là personne n’a rien dit. Les forces de l’ordre n’ont pas bougé. Cela n’a pas fait la Une des médias. Non, c’est plus facile de parler en boucle de LFI sans prendre la peine d’écouter ce que les jeunes manifestants ont à dire. Est-il vraiment adulte et responsable de la part des médias comme des politiques de rejeter la faute sur une «extrême gauche» honnie, que tous et toutes présentent comme l’ennemi numéro 1 au mépris de la réalité des faits ? On est face à l’odieuse récupération politique d’un mouvement spontané et légitime qui interpelle. Mais que ne ferait-on pas en période électorale pour faire monter la sauce et récolter des voix ! Rappelons aux fâcheux qui s'émeuvent que des lycéens militent à gauche et soient pour certains, ô drame ! antifascistes, qu'ils devraient bien plus s'en inquiéter quand d'autres se réclament de l'extrême droite. Une jeunesse réactionnaire, gangrénée par la haine et le racisme ne manifeste pas pour l'avenir, mais pour un retour dans le passé. Elle n'a pas l'ouverture d'esprit et la réflexion nécessaires pour se mobiliser. et améliorer notre société. A celles et ceux qui les approuvent, citons Hamlet "Il y a quelques chose de pourri au royaume" quand se mobiliser pour ses libertés et ses droits devient condamnable aux yeux de la société.
Alors interrogeons-nous. Allons-nous laisser cette jeunesse être maltraitée par les forces de l’ordre, et par un État qui s’épanouit dans l’autoritarisme et la répression policière ? On assiste à de graves atteintes de leurs libertés individuelles et de leurs droits fondamentaux. Ce sont des choix qui déshonorent la République bien plus que ne le feront jamais quelques pavés, mortiers et feux de poubelles. Une jeunesse politisée est une jeunesse saine. Celle qui bâtira la France de demain. Force, courage et soutien à la jeunesse libre de France !
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