samedi 19 novembre 2022

BOYCOTT ? OUI MAIS…

Je me suis jointe aux signataires de l’appel au boycott de la Coupe du Monde de Football au Qatar lancé par un collectif gardois, parce qu’il était initié sur la défense de valeurs dans lesquelles je me reconnais. Mais cette démarche qui, je le précise, n’est en aucun cas politique, mérite quelques éclaircissements sur mes motivations et mes positions.

Passionnée d’histoire et de politique, je m’intéresse beaucoup aux pays du Moyen-Orient. J’en apprécie les coutumes, la culture et la gastronomie. J’en respecte également la religion et certaines traditions. J’en connais peu ou prou l’histoire, la structure politique, le fonctionnement économique et bien évidemment les atteintes aux droits de l’homme et les discriminations qui y sont pratiquées. Militante antiraciste et antifasciste, profondément humaniste et très attachée aux libertés individuelles, je suis choquée par l’homophobie affichée des qatariens comme par les terribles conditions de vie des populations qui sont employées localement. C’est un pays jeune, fondé en 1878, et une monarchie absolue. Ce qui entraîne un mode de gouvernance à l’opposé de celui de notre République. J’ai moi-même vécu plus de vingt ans au Maroc, je suis rompue aux us et coutumes des pays musulmans et je connais les contraintes de ce type de monarchie pour ses citoyens comme ses résidents. Et je pars du principe que si l’on n’est pas prêt à respecter les lois d’un pays il ne faut tout simplement pas y séjourner. On peut bien entendu dénoncer ce qui s’y passe, mais bien à l’abri de nos démocraties on ne peut pas faire preuve d’ingérence sans risquer de remettre en cause la souveraineté d’un État. Seuls les citoyens du pays le peuvent. Il nous appartient de les motiver et de les soutenir sans outrepasser nos droits et sans les mettre en danger. Attention à ne pas toujours intellectualiser nos combats, sur le terrain la réalité est toute autre. Et les conséquences bien pires ! En ce sens je comprends et respecte la décision d’Hugo Lloris, capitaine de l’équipe de France, de ne pas porter le brassard One Love pendant les matchs. Tout comme les artistes, les sportifs n’ont aucune obligation de militantisme. Laissons-les faire leurs choix sans attendre d’eux plus qu’ils ne peuvent ou veulent donner. Ils sont là pour gagner, pas pour porter nos revendications quand bien même celles-ci sont légitimes. 

Oui, le sport a toujours été politique. Quand le Président de la République déclare qu’il ne faut pas politiser le sport il agit dans une logique d’apaisement, et ainsi qu’il l’a très justement rappelé il fallait y réfléchir au moment de l’attribution. Cela étant les historiens et les analystes du monde sportif sont là pour nous rappeler que l’histoire est pleine d’exemples des nombreuses dissensions politiques et propagandes liées aux grands événements sportifs et infirmant ce propos ⤵️

- JO de Berlin, Melbourne, Mexico, Munich, Montréal, Moscou, Los Angeles, Séoul, Atlanta, Pékin (1936, 1956, 1968, 1972, 1976, 1980, 1984, 1988, 1996, 2008)

- JO d’Hiver (1948, 1952, 1962, 1968, 1980) 

- Coupes du Monde de Football d’Italie, de France, de Suisse, du Chili, du Mexique, d’Argentine, des USA, d’Afrique du Sud (1934, 1938, 1954, 1962, 1986, 1978, 1998, 2010)

Le sport a de tout temps et dans toutes les civilisations été utilisé comme un outil politique. Il est de notoriété publique qu’en 2010 l’attribution de la Coupe du Monde au Qatar s’est faite sur la base de magouilles et de marchandages éhontés en totale contradiction avec les valeurs du sport.  Ce n’est certainement pas la première fois, à nous de faire en sorte que ce soit la dernière ! Bien sûr il aurait fallu réagir à ce moment précis et ne pas attendre cette année pour lancer un vibrant appel au boycott. Mais sans doute étions-nous moins conscients de l’urgence climatique et moins prompts à nous offusquer des atteintes aux droits humains de ce petit pays.  Il faut avoir conscience du fait que dans les critères d’attribution des compétitions sportives n’entrent pas en ligne le mode de gouvernance, les crises climatiques ou l’universalité des droits. Non, ce sont les équipements sportifs, la capacité d’accueil, les moyens de transport et tout le paquetage joliment emballé qui sont pris en compte. Cela et les “cadeaux” de toutes sortes qui l’accompagnent, y compris l’aura  sportive ou culturelle des ambassadeurs choisis par les pays candidats pour appuyer leur dossier. Bref ! Beaucoup de tintouin et d’argent dépensé par les pays candidats pour grimper sur le podium. Le sport et l’argent ne font pas bon ménage, le premier pervertit le second depuis trop longtemps. Alors est-il trop tard pour revenir à des valeurs humanistes essentielles ? Je suis persuadée que le boycott de ces événements peut permettre à plus ou moins brève échéance une évolution dans ce sens. Mais l’attribution des JO d’Hiver à l’Arabie Saoudite n’en prend pas le chemin…

Quant au Qatar, un point sur la carte guère plus grand que le département de la Gironde mais qui a candidaté justement pour accroître son rayonnement et peser dans la balance géopolitique internationale, il est en passe de réussir son pari. Avec quelques couacs bien entendu, mais qui peut-être induiront un changement de mentalité de son peuple un jour prochain. Beaucoup de gens qui ne savaient rien du Qatar le situent aujourd’hui sur la carte, mais nombreux sont ceux qui s’arrêtent encore à ce que les médias en disent et ne s’intéressent ni à son histoire ni à sa culture. Et ils l’oublieront sitôt la Coupe du Monde terminée. Alors que justement il ne faudra rien lâcher sur les sujets qui fâchent.

Chacun fera ses choix en son âme et conscience. Il serait hors de propos de jeter l’opprobre sur celles et ceux qui décideront d’organiser des événements publics ou privés autour de la compétition. Les droits de diffusion des matchs sont d’ores et déjà vendus et le tiroir caisse de la FIFA déborde ! Cela ne changera rien. Dans ces conditions, exiger par exemple des restaurateurs qu’ils se privent des bénéfices qu’ils peuvent obtenir sur la base d’un seul engagement moral c’est méconnaître sciemment les difficultés rencontrées par les professionnels du secteur. On peut évidemment espérer cet engagement des amateurs de football, mais chacun fera ce qu’il veut en son âme et conscience. N’oublions pas que pour être politique le foot n’en demeure pas moins un divertissement populaire, et la Coupe du Monde en est le point d’orgue. 

Pour ma part je ne porte aucun jugement sur les fans qui ne se priveront pas de regarder  les matchs. Je n’en regarderai pas un seul, mais je n’y aurai aucun mérite.  Je n’aime pas le football.

mercredi 16 novembre 2022

UN P’TIT TOUR EN BARQUE ?


Tu veux vraiment faire une balade sur le Rhône avec moi ? Écoute suis flattée, je crois bien que j’vais rougir… Ou pas. Mais faut quand même que tu saches qu’il n’est pas question que je rame ! J’rame assez comme ça sur la terre ferme à Beaucaire, j’vais pas me torturer à le faire sur la flotte. Non, non ! Même pas pour tes beaux yeux. Puis imagine nous tous les deux seuls sur une barcasse, on va discuter comme d’hab et bien sûr on va parler de politique, aborder les sujets qui fâchent. T’as beau être agréable, t’es un brin énervant et moi j’suis soupe au lait, alors un p’tit coup de sang et hop ! tu risquerais de passer par-dessus bord. J’me retrouverais encore au tribunal, mais cette fois menottes aux poignets. Ouais, ouais… Ça te fait marrer, tu jubiles à évoquer ce tableau, hein ? Tu te vois déjà pondre un communiqué assassin pas vrai ? Moi j’les entends d’ici les brèves de comptoir. Du genre “Mais qu’est-ce qu’ils faisaient dans cette embarcation tous les deux ? Une balade amicale ? Il l’a eue à l’usure ? J’croyais qu’elle aimait pas le maire ?” Non mon gars, c’est bien trop risqué ! Une balade virtuelle ce serait déjà tendancieux, alors in real life… Puis bon on est en novembre hein ? L’eau est froide. Ça peut à la rigueur calmer tes ardeurs, mais les miennes n’en ont pas besoin et j’pourrais choper un rhume… Bref ! A mon âge franchement ce ne serait pas sérieux de jouer avec ma santé. Je sais que j’te manquerais trop si je disparaissais du paysage beaucairois. Non ? Ben oui. 

Cela dit merci pour les compliments, ça fait toujours plaisir d’être estimée à sa juste valeur par son adversaire. Mais bon on ne va non plus s’rouler des pelles… Façon de parler, bien sûr ! J’crois qu’on est tous les deux clairs à ce sujet, t’en as aucune envie et moi non plus. Nous deux c’est une question d’affinités et de respect mutuel. Ou pas. Mais on s’en tape ! Bon pour la balade l’idée est sympa, merci à Sacha Virga de se soucier de nos vies sociales. Enfin surtout de la mienne ! Mais on va lui dire non. Ou alors on embarque les élus RN du Gard, si on coule ce sera au moins une bonne chose de faite. Bah oui ils vont brailler, mais la tête sous l’eau on ne les entendra plus. Mets tes brassards et t’en fais pas pour moi, j’sais nager, ça ira.

mercredi 9 novembre 2022

FÉLICITATIONS ! OU PAS…

Il paraîtrait que les félicitations sont de rigueur ? T’as remporté la médaille du bon militant accroché à son parti comme une moule à un rocher. Toutes ces années de bons et loyaux services ça paie finalement, pas vrai ? Bon tu l’auras bien attendue cette reconnaissance, 22 ans tout de même ! Mais quand on aime on ne compte pas…

Cela dit ça devrait compenser pour la prochaine récompense qui devrait plomber l’ambiance poudre aux yeux de ta vitrine beaucairoise. Ah t’es pas au courant ? Hier soir sur France 2 Christophe Béchu (Ministre de la transition écologique et de la Cohésion des territoires de France) a fait une annonce qui devrait tirer des larmes aux beaucairois attachés à leur ville. Je t’explique : il va mettre en place un système de récompense évolutive inspirée de « Ville Fleurie » avec un, deux, trois ou quatre arbres en fonction de l’attachement qu’on porte à leur préservation. J’te vois d’ici te triturer les méninges « Hein ? Keskiladit l’autre macroniste ? Attachement ? Meuh non, à Beaucaire on s’attache pas aux arbres, on a mieux à faire… » Ouais ! Genre refaire la base nautique pour s’la péter auprès du Comité des Jeux Olympiques et construire un Palais des Congrès pour accueillir les meetings de la blonde et de son grand perroquet. Du coup m’en veux pas mais direct j’ai pensé « Putain ! A Beaucaire on aura un arbre barré d’une croix rouge sur notre panneau ! » Ben oui je sais, ça la fout mal, mais au vu du nombre d’arbres que t’as abattus depuis ton accession au trône, pardon ! au fauteuil de maire, c’est clair qu’on va pas déboucher le champagne ! On en est à combien déjà ? A la louche j’dirais une quarantaine… Au rythme où tu les abats on n’est plus à un arbre près. Si encore tu les avais remplacés…

Ben fait pas la gueule ! C’est pas de ma faute si t’es un stakhanoviste de la tronçonneuse, hein ?! C’est sûr que la préservation de la nature c’est pas plus ton credo que celui de ton parti, mais là t’as carrément merdé mon gars. Va pas nous faire le coup du mal aimé, ça ne marche plus. Tiens ! Prends un mouchoir et arrête de pleurnicher. T’es un grand garçon responsable, non ? T’as fait des choix, maintenant faut assumer.

samedi 22 octobre 2022

LES IDENTITAIRES ET BEAUCAIRE


Donc toi tu remets ça avec les identitaires ! En fait le processus pour être récurrent n’en est pas moins d’une simplicité confondante. Suivez le guide : tu les embauches, tu leur files des responsabilités et un salaire de cadre alors qu’ils n’ont aucune qualification pour les postes en question, ils s’illustrent dans de tristes activités illégales et racistes, ils sont condamnés en correctionnelle et font appel, tu les maintiens à leurs postes et tu les soutiens. La sécurité de l’emploi version RN. J’ai tout bon ? Non ? Comment dis-tu ? Leur condamnation est sans valeur parce qu’ils font appel ?! Sans blagues ! Tes potes et toi vous avez une drôle de conception de la justice… 

Je t’explique ! Tu es prompt à qualifier notre système judiciaire de laxiste quand il s’agit des autres, pour peu qu’ils soient d’origine étrangère (maghrébine ou subsaharienne c’est le must !) tu nous pètes un câble sur les réseaux sociaux et dans tous les médias. Mais bizarrement quand il s’agit de tes potes, et particulièrement ceux qui sévissent en mairie - comme Damien Rieu/Lefèvre pendant ses deux années à la communication de notre ville et Peter Sterligov, le p’tit dernier - là tu leur trouves toutes les excuses du monde et la justice devient un système qui s’acharne sur de pauvres patriotes innocents. Sauf qu’innocents ils ne le sont pas plus qu’ils ne sont patriotes. Ben non, hein ! Être patriote ce n’est pas se dresser en permanence contre ceux qui n’ont pas l’heur de coller à tes critères obsolètes en hurlant au loup. C’est avoir l’amour de ta patrie chevillé au corps et accueillir celles et ceux qui veulent y vivre à nos côtés. Mais ça te passe loin au-dessus de la tête ça, pas vrai ? J’crois bien que t’es une cause perdue…

En attendant c’est notre ville qui souffre de ton entêtement à embaucher des identitaires, à les laisser faire la roue pour les uns et pourrir la vie des agents municipaux pour l’autre. Tu sais celui qui traîne son crâne rasé dans nos rues et nos ateliers ! Hormis son attitude déplorable quelles sont ses compétences ? Proches de zéro, non ? Moi j’sais pas, mais tu devrais lui faire suivre quelques formations si t tiens à le garder à son poste. Des trucs du genre management des personnels, respect des personnes, aptitudes techniques de base, comment gérer une installation événementielle, l’entretien du matériel etc… C’est toi qui vois, hein ? Mais bon pour l’instant tu merdes complet à ce niveau. Comme sur plein d’autres d’ailleurs ! On en reparlera, promis.


lundi 19 septembre 2022

LES GRANDES ESPÉRANCES


Alors c’était bien ton p’tit week-end ? T’as fait des ronds de jambes à la blonde, trinqué avec tes potes, passé la pommade au grand perroquet, et raconté à tout le monde quel maire exceptionnel tu es ?! Et bien sûr t’as grimpé sur la scène pour captiver ton auditoire avec ton baratin truffé de mensonges et d’à peu près, tout gonflé d’autosatisfaction et rougissant avec une fausse modestie sous les applaudissements de tes petits camarades. Facile, hein ? Deux, trois phrases bien dans l’air du temps, semées de quelques références nostalgiques, des émotions surjouées teintées d’une saine colère, et hop ! Emballé c’est pesé ! Tu t’es sans aucun doute au passage décerné la médaille du maire parfait, dévoué à sa ville et proche de ses administrés, de l’homme providentiel qui a sauvé Beaucaire… Après tout tu aurais tort de t’en priver, on n’est jamais si bien servi que par soi-même. Et cela fait un bail que tu l’as compris, pas vrai ? Et pourtant…

Quand tes « amis » et collègues te marchent dessus pour bâtir leur propre carrière, toi tu leur tiens le crachoir et tu les accompagnes aussi loin qu’ils peuvent aller, sans sourciller, tu vas même jusqu’à coller ta binette sur leurs affiches électorales et leur organiser meetings et rencontres avec leurs électeurs. Et pendant tout ce temps tu souris… Dis donc tu dois avoir sacrément mal aux muscles du visage ! Tu bois la coupe jusqu’à la lie, sans grimacer, tu leur sers de faire-valoir et tu leur mets le pied à l’étrier, avec probablement la satisfaction du devoir accompli. Sans jamais dévier d’un pouce de la trajectoire que tu t’es fixée. Mais ton but semble s’éloigner au fil des années, non ? Tu as une conception bien archaïque de la politique, voire même étrange.

En somme toi t’as une âme de martyr. Bizarre… Peut-on réellement concilier ambitions politiques et ce qui pourrait s’apparenter à un effacement au sein de son propre parti ?! J’en doute. Et si tu es honnête tu t’interroges aussi sur l’opportunité de ton comportement. A-t-on jamais vu une personnalité politique sacrifier ses ambitions à celles des autres et en tirer profit ? Ben non. Alors t’attends quoi au juste ? L’illumination ? Parce que je te le dis, c’est pas comme ça que tu vas finir ministre de l’Intérieur. Ton but affiché si ma mémoire ne me fait pas défaut. Ça manque de niaque tout ça ! Depuis que tu es maire de Beaucaire tu te ramollis mon gars ! Enfin moi j’dis ça pour toi, hein ? Tu vois j’me soucie de toi et de ton avenir. Non, parce que soyons sérieux, si vraiment tu veux t’emparer de ce portefeuille pour fermer nos frontières, faire la chasse aux immigrés, museler les islamo-gauchistes, censurer à tout va, et au passage offrir une virginité à tous tes potes activistes identitaires fichés S, t’as pas vraiment le choix : faut quitter Beaucaire. Laisser la mairie à un.e beaucairois.e qui n’attend que ça, et reprendre en main les rênes de ta vie pour te focaliser sur ton objectif.

Bref ! Si tu veux caracoler en tête de la colonne des élus va falloir nous abandonner sans un regard en arrière. Je sais, ça va te briser le cœur ! Le mien ça ira, t’inquiètes pas. Et même tu vois j’te porterai tes valises et je t’aiderai pour la cage du lapin. Je t’accompagnerai jusqu’aux limites de notre belle Terre d’Argence, histoire de m’assurer que tu auras bien pris le large. À pied, à dos d’âne, en train, en bagnole, en char à voile, je m’en fous du moment que tu te barres ! Ne me remercie pas, tout le plaisir sera pour moi.

mardi 16 août 2022

RENCONTRE AVEC UN LÉZARD


Il y a des rencontres qui vous mettent du baume au cœur. Pile poil au moment où vous en aviez besoin. Comme ça, sans prévenir. Vous croisez un drôle d’animal, mi-homme mi-lézard, et hop ! Vous voilà attablée en terrasse à passer en revue l’actualité beaucairoise. Vous rompez derechef avec vos habitudes de solitaire. Exit la lecture du quotidien local, ne reste que le café que vous buvez machinalement, sans y penser. Bizarre ? Peut-être, mais une pointe de bizarrerie met du sel dans nos vies.

Bizarre tout d’abord de discuter avec ce lézard-là, curieux animal doté d’esprit et de parole. Mais à sa décharge celui-ci a beaucoup voyagé et regarde la vie au travers d’un prisme multicolore, toujours curieux d’en découvrir plus, d’en apprendre plus. Pour ensuite répercuter tous ces acquis auprès d’esprits ouverts, par exemple, pour les éprouver au sein de ses réflexions aussi. Et par ricochet les enrichir, nous enrichir. Bizarre peut-être de mettre la bestiole au courant des derniers potins de la politique locale. Ou pas. Parce qu’il s’y intéresse sincèrement et que vous êtes définitivement sur la même longueur d’onde. Bizarre sans doute de partager avec ledit lézard le même socle de valeurs morales et républicaines, en ayant à chaque échange la joie de constater qu’il ne varie pas d’un iota. Ni dans ses analyses, ni dans ses positions, ni dans ses propositions toujours constructives.

Bref ! Dans cette ville où parler de politique relève définitivement de la dernière des grossièretés, cela fait un bien fou d’échanger avec ce drôle d’animal à deux pattes qui sait tenir sa tête haute et penser par lui-même. Et qui pose sur l’avenir de sa ville, notre ville, un regard sans illusions, distancié et extrêmement lucide. Sans pathos. Sans pleurnicheries. D’ailleurs le lézard pleure t’il ? Probablement, mais il ne refuse jamais le combat.

Un animal le lézard ? Oui, mais pas n’importe lequel. Celui-ci est d’une espèce en voie de disparition, à protéger mais surtout à écouter. Parle-moi encore lézard ! Promets-moi de ne jamais rompre le dialogue ! Ils sont si rares ici à se faire entendre, et plus rares encore à penser l’avenir. Avenir qu’on ne saurait bâtir avec les indécis, les timorés et les silencieux qui peuplent cette ville. Si toutefois ils se réveillent un jour… Le lézard, lui, ne dort jamais tout à fait. Toujours sur le qui-vive. Et dans une ville endormie c’est un sacré atout !

mercredi 3 août 2022

PANEM ET CIRCENSES : DU PAIN ET DES JEUX


T’es content ? Tu t’es bien éclaté ? T’as transpiré dans les abrivados, généreusement arrosé ta performance au Chalet des Sports, et même osé le déguisement encore plus débile cette année que les précédentes avec ta team à la langue et aux oreilles pendantes ! Remarque ça leur va comme un gant de se travestir en clebs, ça colle à leur comportement habituel de groupies énamourées et aux ordres, le petit doigt sur la couture du pantalon. Ouaf ! Je sais, j’suis méchante. Mais ta team Ouaf Ouaf réveille en moi la vigie citoyenne qui pose sur tes manœuvres politiciennes et sur le microcosme dans lequel tu évolues un regard aigüe et sans filtres. Désolée si ma plume est quelque peu acerbe, je ne sais pas faire autrement. Et je n’en ai pas envie. 

Tu m’connais, pas vrai ? Je suis polie, je te respecte en tant que personne, et je n’ai rien contre une bonne discussion avec toi. Mais franchement, tu ne crois pas que tu as passé l’âge des gamineries en bodegas ?! Tu penses vraiment que les beaucairois t’ont élu pour ça ?! « Panem et circenses » on connaît le principe et on sait que ça marche à tous les coups. Mais tu ne crois pas que tu vaux mieux que ça ?! Quand tu pourrais donner la pleine mesure de tes capacités, tu choisis de te mettre au niveau de tes électeurs pour ramer avec eux. Et toi et moi savons que leur niveau n’est pas topissime… Si tu continues sur ta lancée tu resteras dans les mémoires comme « le maire qui faisait la fête » et non comme le bâtisseur d’un projet ambitieux pour dynamiser et embellir notre ville. Laquelle aurait bien besoin d’un relooking et d’un décrassage à tous les niveaux ! Ben non, toi tu en rajoutes une couche, tu fais du neuf sur du vieux et tu colles quelques fleurs par dessus histoire que ça fasse joli. Et tes fans de s’ébaubir…


Bref ! Suis pas ta plus grande fan, tout le monde le sait, mais là sincèrement tu me déçois. Huit ans que tu brosses tes électeurs et les autres dans le sens du pool, il serait temps d’en venir à du concret. Je te le dis, je crains le pire dans les années à venir ! J’serai pas plus méchante, je sais que sous tes airs décontractés tu as l’épiderme chatouilleux… Mais au bout de huit ans t’es bien calé dans ton fauteuil de maire, on est d’accord ? Alors fais ton job. Je ferai le mien, et peut-être que ça passera crème. Ou pas. Ça ne dépend que de toi. 


J’allais oublier… Tu devrais dire à ton pote le député fraîchement élu que grimper sur un bar pour arroser ses électeurs ça la fout mal, vraiment ! Qu’il attende un peu avant de se lâcher, hein ? Moi j’dis ça, j’dis rien…


« Le mal n'était pas dans le pain et les cirques en soi, mais dans la volonté du peuple de vendre ses droits d'hommes libres pour des ventres pleins et l'excitation des jeux qui serviraient à les distraire des autres faims humaines que le pain et les cirques ne pourra jamais apaiser. » Marcus Tullius Cicéro