mercredi 16 juillet 2014

BEAUCAIRE, village Potemkine du FN

Voici quelques semaines j'ai fait partie des beaucairois qui ont eu un entretien avec Thomas LEMAHIEU, journaliste à l'Humanité qui menait une enquête sur Beaucaire. Notre chute dans les bras du Front National ne s'est pas faite sans conséquences et beaucoup d'entre nous, moi la première, sont toujours en colère. Une saine colère qui nous motive pour lutter contre le Front National et dénoncer les actions antisociales de la mairie, les discours ouvertement nationalistes et nos craintes pour l'avenir de notre ville. Nous lui avons livré des faits, certes, mais aussi nos ressentis et nos inquiétudes. Je le remercie pour son regard sur Beaucaire.


Beaucaire, village Potemkine du FN
extrême-droite
THOMAS LEMAHIEU

MERCREDI, 16 JUILLET, 2014


DERRIÈRE DES FAÇADES, DES LOGEMENTS VENDUS À LA DÉCOUPE

Après avoir emporté la petite ville du Gard en jouant sur les ressorts racistes, le parti de Marine Le Pen est sous surveillance citoyenne.

Beaucaire (Gard), envoyé spécial. Où est-on? Il y a quelques mois, c’est ici que, lors d’un meeting électoral, Marine Le Pen avait lancé sous les applaudissements: «Quand je suis à Beaucaire, je n’ai pas envie d’avoir le sentiment d’être à Rabat.» Un chœur de militants, de sympathisants lui avait répondu: «On est chez nous!» Quelques semaines après, Julien Sanchez, à peine trentenaire, la moitié de sa vie passée dans les rangs du FN, longtemps coanimateur salarié du billet vidéo de Jean-Marie Le Pen, a emporté la ville avec 39,8% dans le cadre d’une quadrangulaire avec deux listes de droite et une de gauche. On est donc «chez nous», à «Beaucaire ville française» – selon l’intitulé de la liste d’extrême droite –, et que se passe-t-il? Rien, ou presque: le FN se fond dans le paysage, sans faire de vagues. «Chaque 14Juillet aura lieu une vraie fête nationale digne de ce nom à Beaucaire», tambourinait son programme. Cette année, les frontistes ont fait la fête entre eux dans un mas à l’écart de la ville.

« Un effondrement de la société »

Tout est normal, alors ? M.le maire fait chanter la Marseillaise au début du conseil municipal. Il est allé s’asseoir sur un banc avec les chibanis, il a même mangé un kebab, dit-on. M.le maire a mis des drapeaux français sur les quais. À chaque occasion, toujours en représentation, il arbore un sourire enjôleur, sauf sur les réseaux sociaux où il montre encore les crocs parfois. Dans la vraie vie, M.le maire a tout de même réussi à traiter de «racailles» des enseignants du lycée qui ont refusé de siéger à ses côtés. Il rêve de créer un «marché provençal» qui serait plus chic que les puces. M.le maire, qui a fait venir à ses côtés le dirigeant départemental du FN et l’ex-attachée parlementaire de Gilbert Collard, a demandé qu’on ne joue plus de musique «folklorique» dans les mariages, dans les bâtiments publics comme sur la place publique. Contre les youyous, l’ordre règne à Beaucaire. Dans la cour intérieure de sa maison, sur la place de la mairie, Jean-Michel Vecchiet, réalisateur de documentaires et habitant de Beaucaire depuis une dizaine d’années, veille, à la fois accablé et déterminé. Pendant la campagne électorale, il a alimenté un blog pour conjurer le péril. «Depuis que Julien Sanchez est élu, la baudruche de l’insécurité qu’il a abondamment gonflée pendant sa campagne a explosé, estime-t-il. En apparence, rien ne change, et c’est bien naturel car en fait, il n’y avait pas vraiment d’insécurité, mais quelques incivilités plutôt. Toute sa campagne, il l’a faite sur la chimère de l’immigration et de l’insécurité, mais tous ces jeunes que le FN stigmatise sont pleinement d’ici, ils participent aux courses de taureaux… Ici, ce n’est pas que la Provence, c’est la Méditerranée!» En promenade dans Beaucaire, Jean-Michel Vecchiet pointe le résultat d’un abandon de longue date: un centre-ville où les commerces ont fermé les uns après les autres sous les coups de boutoir de la grande distribution, des logements qui, derrière les façades souvent magnifiques, ont été vendus à la découpe et se sont dégradés et, au loin, les friches industrielles qui ne laissent de l’emploi qu’une plaie. «On vit un effondrement de la société avec des gens qui se sont paupérisés, repliés sur eux-mêmes, constate-t-il. Et c’est là-dessus que le FN triomphe. Qu’est-ce qu’ils vont faire pour changer ça? Rien, probablement… Tout ce que les missionnaires de Marine Le Pen veulent, c’est montrer qu’il n’y a pas d’incidents quand ils gouvernent, qu’ils peuvent gérer une petite ville, et donc le pays… 

"C’est sûr, mais on ne chassera pas le FN à coup de mistral" 

Et c’est là que ce qu’il se passe ou pas, d’ailleurs, à Beaucaire, cette normalisation, représente un danger.» Membre d’une petite association citoyenne anti-FN et très active elle aussi sur le Web, Laure Cordelet s’est rendue à Fréjus fin juin pour échanger avec d’autres militants des différentes communes aux mains de l’extrême droite depuis mars. «La victoire de Julien Sanchez, je la vis comme une insulte permanente, c’est sûr, mais on ne chassera pas le FN à coup de mistral ou en boycottant ses électeurs, il faut discuter, estime-t-elle au bar de la Marine. On a face à nous des gens qui communiquent, qui sourient, mais quand il s’agit de résoudre les problèmes d’emploi, de pauvreté, ils s’enfuient…» Seul élu de gauche au conseil municipal, Claude Dubois, en compagnie de militants du Front de gauche, insiste lui aussi sur la part d’intox du FN. «À la tête de la ville, il y a une toute petite équipe qui se concentre sur l’image, mais dès qu’ils doivent se prononcer sur le cœur des politiques municipales, la délégation de service public à Veolia, par exemple, ils sont largués! Après avoir été élus sur les ressorts racistes, l’épreuve de vérité arrive pour eux.» Dans la rue nationale, entre la dernière boucherie – halal – et l’ultime boulangerie – pâtisseries orientales –, une boutique de téléphonie ne désemplit pas. Toute la ville y passe – la vraie ville, pas celle des fantasmes d’extrême droite. Marocain installé en France depuis 43 ans, d’abord en Alsace puis à Beaucaire – «je suis tombé sous le charme de cet endroit», glisse-t-il –, Driss Akau, son propriétaire, file des coups de main à tout le monde, en français, en arabe et en espagnol. «Sans les Équatoriens, les Colombiens, les Boliviens et tous les latinos venus travailler dans l’agriculture, je pourrais fermer boutique», glisse-t-il. Flegmatique, le commerçant, qui vient de créer une association pour «redynamiser la ville», ne craint pas le FN: «Sans immigrés, en France, il n’y a plus rien, c’est un ciel sans étoiles. Je me sens pleinement français, je n’aime pas les gens qui mettent leurs drapeaux en avant, mais parler des langues différentes, c’est une vraie richesse pour ce pays!»

lundi 14 juillet 2014

BON APPÉTIT !!!

En ce jour de Fête Nationale qui commémore le centenaire de la Première Guerre Mondiale et ses milliers de morts pour la liberté, le maire de Beaucaire et ses adjoints participent au grand déjeune patriotique organisé par le Front National du Gard au Fer à Cheval ! Notre ville s'illustre une fois de plus par des actions dérangeantes liées à l'idéologie nationaliste de ce parti de haine implanté dans notre ville pour les six années à venir. Impossible de ne pas repenser à la quadrangulaire qui nous a amenés là !!! Je ne dis pas merci aux responsables de cette situation qui n'ont pas fait et ne feront pas leur mea culpa !!! Je parie qu'ils déjeunent en famille, la conscience tranquille, pendant que Beaucaire est la cible des médias pour les plus mauvaises raisons qui soient !!! Il me vient dans ces instants un furieux regret de n'avoir pas pu distiller de la strichnine (les douleurs qui s'ensuivent sont horribles !) dans ce putain de repas bleu blanc rouge... Mais bon ! Il semble que ma bonne éducation ne me permette pas de me laisser aller à commettre des actes délictueux, c'est bien dommage...  Je sais, je sais ! Certains diront que je m'emballe, que je m'emporte, que j'exagère ! Tout au contraire je me trouve bien modérée par rapport à l'immense colère et au dégoût qui m'animent !!! Je ne vous dis pas bon appétit mesdames messieurs les frontistes. Ni aux autres d'ailleurs, tous les planqués, les lâches, les aveugles et les opportunistes !!! Sur ce j'ai faim, les émotions fortes m'ouvrent l'appétit !!!

dimanche 13 juillet 2014

PANEM ET CIRCENSES : DU PAIN ET DES JEUX

S'il est une constante dans les pratiques politiques toutes tendances confondues c'est de donner au bon peuple du pain et des jeux pour l'aveugler momentanément sur les dérives de sa propre histoire. Héritée des empereurs romains qui en abusaient sans vergogne, reprise à leur compte par toutes les figures du fascisme et autres dictateurs, cette méthode porte toujours ses fruits. Il suffisait hier soir de voir les visages épanouis des beaucairois venus en grand nombre assister à l'élection de Miss Beaucaire sur la place de la mairie pour comprendre que la chute serait dure ! Très dure ! Ravis par un spectacle coloré animé par les jolies miss régionales ils passaient allègrement sur un manque criant de talent pour ne garder en tête que la plastique irréprochable, les sourires et une musique entraînante à souhait qui enchaînait les standards. L'ensemble était festif, joyeux et agréablement populaire, les tableaux se succédaient sans temps mort et nous ont fait passer à tous, moi y compris, une très bonne soirée. 


Mais cela n'empêche pas de garder les yeux ouverts et de remarquer quelques connotations gênantes. Principalement la très belle chanson "Mein Herr" - tirée de la comédie musicale "Cabaret" dont l'action se situe en pleine montée du nazisme - qui avait dans notre contexte actuel une résonance quelque peu dérangeante. Il est à noter que Julien Sanchez était manifestement fasciné par les numéros de la revue dont l'élégant et talentueux danseur ne semblait s'adresser qu'à lui ! L'attraction du pouvoir sans doute...


Si l'on excepte une plaisanterie d'un goût douteux relative aux fesses de ses adjoints Julien Sanchez a fait ce que l'on attendait de lui, comme il s'attache à le faire en permanence. Assis à côté de la très belle Marine Lorphelin il a applaudi lorsqu'il le fallait et assumé son rôle de juge avec le sourire. Cet homme me fait irrésistiblement penser à une marionnette comme l'on en trouvait jadis dans les foires ! Vous savez, ces trucs en bois vêtus de satin, de soie et de velours dont la figure figée et le regard sans âme vous donnent froid dans le dos... Ils n'ont pas été créés pour amuser le public mais pour lui donner l'illusion d'un divertissement, pour soutenir des histoires effrayantes ou effarantes et forcer à l'hilarité les braves gens du village qui ne savent trop quoi en penser. N'allez pas croire pour autant que Julien Sanchez soit la marionnette de qui que ce soit à part lui-même ! Non, c'est un illusionniste, un manipulateur qui distille le charme avec aisance et vous endort avec ses promesses et ses mensonges aux accents de vérité.

Julien Sanchez a le sourire facile, la parole éloquente, l'écoute spontanée ! Un maire idéal ? Certes non. Car ce maire-là tourne délibérément le dos aux appels d'adolescents avides de lui parler pour se consacrer aux photographes et aux journalistes. Notre jeunesse beaucairoise ne l'intéresse pas. Ce maire-là cible avec un soin extrême les personnes auxquelles il consacrera un peu de son temps précieux. Ce maire-là fait preuve de largesses uniquement envers ceux qui le soutiennent aveuglément, entreprend de séduire ceux qui s'avèrent à même de servir ses intérêts et ignore superbement les autres. Ce maire-là est d'une arrogance qui efface d'un trait toutes les qualités qu'on pourrait lui trouver. Bref ! C'est un maire somme toute guère différent de ceux qui l'ont précédé. L'accent gardois en moins.

Du pain et des jeux. C'est ce qu'il vous a offert habitants de Beaucaire pour relativiser votre méfiance, écarter vos doutes, briser vos interrogations, éradiquer votre défiance ! Il vous endort à coups de chansons françaises, de nostalgie soigneusement dosée et de patriotisme distillé à grosses gouttes. Et le pire c'est que cela marche. Regardez-vous béer...

Comme l'a dit Julien Sanchez sur son compte Twitter après cette soirée : "Beaucaire bouge !" Je suis d'accord avec lui, Beaucaire a bougé. La ville a fait un pas vers l'abîme.

dimanche 22 juin 2014

PAS DE BAL DU 14 JUILLET A BEAUCAIRE

En détaillant le programme des Estivales force est de constater que l'une des promesses faites par Julien Sanchez ne sera pas tenue ! Nous n'aurons pas de Bal Populaire pour le 14 juillet !!! C'était pourtant là l'un des points majeurs de son programme pour Beaucaire qui visait à inscrire notre ville dans cet esprit bien français que revendique le Front National. Il va de soi qu'un événement de la sorte toucherait tous les habitants de notre ville et qu'il serait mal venu de filtrer les entrées, mais cela aurait valu la peine de tenter l'expérience. Il faut croire que notre maire n'a pas voulu tenter le diable ! Ou peut-être ne danse-t-il pas ? On pourrait croire que des années d'immersion populaire pour la cause qu'il revendique le lui aurait appris, après tout il ne s'agit que de louvoyer pour atteindre un but mais en musique... Et j'ose croire que que Julien Sanchez connait bien la chanson de la politique et qu'il sait danser en rythme.


Plus sérieusement il est de mon point de vue tout à fait regrettable que Beaucaire ait jugé bon depuis des années de laisser de côté cette tradition populaire qui nous rappelle la joie légitime de nos ancêtres qui ont combattu pendant la Révolution.  Si aucune tradition ne prévaut sur l'autre il faut tout de même reconnaître que le Bal du 14 juillet est un moment de festivités unique en son genre qui réussit chaque année le tour de force d'unir tous les français dans un même esprit de convivialité bon enfant. Toutes les générations s'y retrouvent et parfois se redécouvrent jusqu'au petit matin. Lieux mythiques des grandes villes, places de villages, casernes de pompiers, salles des fêtes, quais de Paris et d'ailleurs... Tout est bon pour s'amuser dans la nuit du 13 au 14 juillet ! Et qui voudrait se priver du strip-tease dont nous gratifient généreusement les pompiers dans certaines casernes ? Ou des prix ringards mis en jeu pendant les tombolas ? Tout cela participe de la fête, tout comme les orchestres, les seniors qui dansent en gardant un œil sur les enfants qui courent partout, le bain de foule et les délires des aubes républicaines... Hors malgré des questions réitérées avec constance depuis douze ans je n'ai à ce jour obtenu qu'une vague justification de cet acte manqué, la plus redondante étant que la préparation des Estivales tient une place prépondérante dans la vie beaucairoise. A croire qu'ici on ne se reconnaît français qu'au travers des Fêtes de la Madeleine et qu'on ne voit aucun intérêt à se lier au reste de la France. Passe encore que le feu d'artifice soit réservé à la clôture des Estivales ! Mais le Bal Populaire joue un rôle de socialisation citoyenne qu'on ne peut ignorer. Et que les élus successifs ont négligé avec arrogance. 


Alors on peut tourner la question comme on le veut, mais moi j'appelle cela bafouer la République et ses institutions. Faut-il rappeler aux beaucairois que le 14 juillet est décrété "Jour de Fête Nationale" par la loi du 6 juillet 1880 pour commémorer la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 et la Fête de la Fédération le 14 juillet 1790 ? Deux dates majeures de notre histoire qui marquent la fin de la monarchie absolue et la journée d'union nationale de la Fête de la Fédération. La fin d'une société d'ordres et de privilèges qui a coûté tant de sang versé et de larmes aux français mérite qu'on la célèbre en dansant ! Souvenons-nous qu'il existe toujours de nombreux pays dont les citoyens subissent de barbares répressions, eux voudraient être à notre place et danser toute la nuit pour fêter leur liberté. Il me paraît d'une importance capitale d'apprendre à nos enfants à honorer la mémoire des combats menés pour acquérir notre liberté. Je respecte et apprécie les Fêtes de la Madeleine mais à ce que je sache cela ne se peut raisonnablement comparer avec la Révolution Française. Et je ne vois pas bien ce qui empêche Beaucaire de célébrer les deux.

Si Julien Sanchez voulait vraiment redonner ses lettres de noblesse à Beaucaire il commencerait par réapprendre à notre ville et ses habitants les vertus de la République et de ses actes citoyens. Bafouer les associations ne suscitera pas un second souffle républicain, pas plus que le respect de nos institutions. Mais la célébration du 14 juillet le peut. 

Allons monsieur le Maire ! Les gens du sud aiment la fête, pas besoin de brandir l'étendard bleu blanc rouge pour ce faire ! Il suffit d'un peu de musique, de quelques merguez et de bonne volonté pour faire danser les beaucairois sur la place de leur mairie. 

mercredi 18 juin 2014

APPEL DU 18 JUIN


Il y a des moments d'intense émotion qui peuvent se partager avec ceux que l'on méprise ou déteste le plus. Comme ce matin sur le quai Charles de Gaulle... Une belle cérémonie de commémoration de l'appel du 18 juin qui fût l'occasion de faire découvrir un pan de notre histoire à ma petite-fille de cinq ans. Laquelle en toute simplicité, avec l'innocence propre aux enfants, a aimé les drapeaux, la gerbe de fleurs et la Marseillaise dont elle battait la mesure en rythme de ses petites mains sur les miennes ! Il est bon que nos enfants apprennent très tôt que notre hymne national leur appartient, qu'il n'est pas la propriété d'un parti mais celle de tous les français. Quelles que soient leurs origines. La réserve et l'intense concentration de ma petite-fille faisaient plaisir à voir et son histoire familiale légitimait sa présence bien plus que celle des émules du Front National. Ces gens-là se servent de l'histoire lorsqu'elle les arrange, mais nos enfants sont l'histoire.

Étaient présents en cette grise matinée annonciatrice d'orages quelques-uns des adjoints de Julien Sanchez, les inévitables groupies du pouvoir en place, et des conseillers municipaux de l'opposition. A noter que Julien Sanchez a fait l'impasse sur deux des conseillers de la liste de Christophe André - Yves Germain et Dominique Pierre - en faisant son tour de piste pour saluer les personnes présentes à grands renforts de sourires en bon cabotin qu'il est.

Seul bémol à cette commémoration, la détestable arrogance de Holly Harvey Turchet qui déshonore les valeurs de notre république par sa seule présence. Mais un virus ne s'éradique hélas pas du jour au lendemain...

dimanche 15 juin 2014

PREMIER CONSTAT

Faisons un point sur la présence du Front National dans notre ville.

Voici maintenant deux mois et demi que Julien Sanchez est devenu maire de Beaucaire, ses adjoints et lui ont investit la mairie avec assurance et confiance, forts du soutien de 39,8 % de beaucairois. Un vote sanction que beaucoup attribuent à la gestion de l'ancienne municipalité, à tort ou à raison peu importe. Le fait est que le Front National s'est confortablement installé à Beaucaire et que ses partisans y prennent leurs aises sans aucune pudeur.


Passe encore que la moyenne d'âge de l'équipe municipale avoisine gentiment les 60 printemps bien sonnés ! Avec l'âge vient l'expérience et mieux vaut en avoir trop que pas assez pour reprendre les rênes de notre ville. La jeunesse de notre maire et de son directeur de cabinet devrait compenser le grand âge du doyen de l'équipe et permettre de rajeunir l'ensemble des projets beaucairois, du moins pouvait-on l'espérer... Car après tout cela pourrait être une sacrée chance d'avoir l'un des plus jeunes maires de France dans nos murs ! Un homme intelligent, brillant communiquant, à l'aise dans son temps et au fait des tendances qui pourrait changer les choses, faire évoluer Beaucaire en ne gardant de ses traditions que l'essence qui en fait le charme et en la poussant sur les chemins du 21ème siècle comme tant d'autres villes avant elle.

Mais soyons réalistes, cela n'en prend pas le chemin. La modernité et la créativité n'ont pas leur place au sein de ce parti qui surfe sur la vague surannée d'un passé dans lequel les étrangers, leurs coutumes, leur musique ne venaient pas troubler la quiétude de nos villes et villages frileusement centrés sur eux-mêmes. A Beaucaire les étrangers, les musulmans plus précisément, dérangent. Après avoir procédé à la lente mise à mort du Centre Socio-Culturel - pour un défenseur des animaux il est plutôt minable de se laisser aller à stigmatiser des familles pour la plupart issues de l'immigration en leur plantant des banderilles - Julien Sanchez s'est attaqué aux coutumes des "autres". Dernière décision en date de la mairie : la musique traditionnellement jouée lors des mariages est interdite non seulement dans la mairie mais également en-dehors. La limite autorisée s'arrête à la lisière de la place Georges Clémenceau, ce qui prive les mariés des joyeux cortèges de mise en ce beau jour. Cela sous le faux prétexte que les habitants de la place se seraient plaints. Un premier pas vers la tromperie car il n'y a eu aucune démarche des dits habitants. Nous les avons interrogés pour nous en assurer, peu nombreux, ils sont pour la plupart d'une grande ouverture d'esprit et apprécient les traditions venues d'ailleurs. Julien Sanchez s'abrite derrière un mensonge pour justifier sa décision. C'est après tout un homme politique, si vous en doutiez vous voila rassurés ! Mais le nouveau maire sait y faire ! Il manie habilement l'écoute attentive et une autorité toute paternaliste, ce qui lui permet d'imposer ses vues sans que quiconque ne s'en émeuve.


Prenez l'exemple des drapeaux qui jalonnent le canal. Le visiteur qui arrive à Beaucaire en provenance de Tarascon découvrait au départ du port de plaisance une suite de drapeaux flottant fièrement dans le vent. Ils affichaient les couleurs de la France, du Languedoc-Roussillon, de la Belgique et de l'Italie pour honorer nos jumelages avec les villes de Farciennes et de Montelupo, de l'Europe et bien entendu le blason de la ville de Beaucaire. Depuis que la municipalité a basculé dans le giron du Front National bien des choses ont changé. Suite à la décision du bourgmestre de Farciennes de mettre en sommeil pour les six ans à venir les relations diplomatiques qui liaient nos deux villes, Beaucaire ne hissait plus les couleurs de la Belgique. Mais il y a pire ! Car avec le Front National, soyez-en bien conscients, l'escalade n'a pas de fin... Au lendemain des élections Européennes Julien Sanchez prenait la décision de virer l'oriflamme étoilée du fronton de la mairie et du canal, embarquant dans un même train sans retour les drapeaux italiens, de notre région et de notre ville ! Oui, même le blason de Beaucaire ne trouve pas grâce à ses yeux. Certes nous aimons tous notre drapeau bleu blanc rouge et nous en sommes fiers, mais nous l'imposer à chaque coin de rue le rend sacrément indigeste... Etre patriote oui, être obsessionnel non !

Songez aux commerces. Tous les beaucairois connaissent la situation plus que problématique des commerces situés en centre ville. Certains survivent, d'autres se meurent les uns après les autres, le nombre de locaux commerciaux vides s'accroît avec une régularité impressionnante. Quelques-uns tirent leur épingle du jeu grâce à la qualité de leurs produits, d'autres nagent au milieu des requins en toute impunité et se compromettent avec le régime en place avec une ardeur qui serait presque touchante ! Entre colliers de fleurs et compromissions de toutes sortes nous assistons ainsi à la magistrale progression de l’Épicerie de Cécile au sein du nouveau pouvoir en place, photos largement souriantes et rayonnantes de fierté à l'appui ! Alors qu'un commerçant demeure neutre en politique pour avant tout travailler est tout à fait naturel et même recommandé, mais que l'on applaudisse aux errements répétitifs de l'une pendant que l'on tacle les réussites éclatantes d'un autre me paraît peu judicieux.

Les beaucairois reprochent au Gambetta Kfé toutes sortes de faits plus ou moins vérifiables, les rumeurs vont bon train et d'aucuns qui l'assurent de leur amitié l'ont brossé dans le sens du poil pendant toute la durée des élections municipales avec une insistance quelque peu dérangeante. Pour lui reprocher tout de suite après ses amitiés politiques, son réseau de connaissances et ses initiatives qui ont pourtant le mérite de tirer Beaucaire de son sommeil avec régularité. Ce commerçant fait rayonner la bonne humeur et l'esprit de la fête, nous offre chaque saison la surprise d'un nouvel agencement des lieux, d'une décoration sobre et tendance, diffuse une musique qui suit l'air du temps et noue des liens amicaux avec ses clients qu'ils soient là pour un café ou pour un dîner.

De son côté son alter ego féminin de la Place Vieille s'essouffle dans des dîners à thèmes récurrents qui regroupent toujours les mêmes personnes et n'ont même pas l'attrait de la nouveauté, se permettant de ne jamais saluer ceux qui ne laissent pas de monnaie dans son escarcelle avec une inconcevable arrogance. Point de jeunesse à ses grandes tablées, point de musique branchée pour accompagner ses dîners, point de décoration originale sur ses tables... Il serait temps que quelqu'un explique à cette personne qu'elle devrait se renouveler si elle veut garder la place au soleil qui semble tellement lui tenir à cœur. Bien entendu elle s'est assurée du soutien de la nouvelle municipalité, Julien Sanchez et ses adjoints ne manquent quasiment aucun des "événements" qu'elle organise main dans la main avec la mairie. Tout comme elle le faisait avec l'ancienne municipalité et Jacques Bourbousson. Tout comme elle le fera très certainement avec la suivante dans six ans. Finalement elle est maligne autant qu'opportuniste et nous lui décernons sans hésiter la médaille de l'opportunisme.

Parlons un peu de l'insécurité. Le grand dossier du Front National. Julien Sanchez a promis aux beaucairois de "nettoyer" le centre ville et de le débarrasser des "voyous" qui le gangrène. Mettant dans le même panier les dealers, les merdeux spécialisés dans les incivilités et les as de la cambriole. Hors de ce côté justement il y a depuis le 31 mars une très nette recrudescence des cambriolages commis dans le centre ancien. Les responsables sont connus des services de police, certains entrent et sortent de prison comme d'autres d'un centre commercial, ils guettent la moindre réaction négative à leur égard et se permettent de commenter avec insolence les faits qui leur sont imputés. La petite bande incriminée s'est permise de me dire "Avec tous ces cambriolages on va voir si Sanchez fait quelque chose ! C'est un défi m'dame ! D'abord qu'est-ce qu'il peut faire ? Nous on s'en fout de Sanchez et du Front National, on fait c'qu'on veut ! On a pas peur de lui !" sic. Et ils nous le prouvent chaque jour. La Police Nationale qui intervient chaque jour dans Beaucaire pour des cambriolages, toujours dans le même quartier, confirme les faits. Ces jeunes n'ont pas peur, ils sont audacieux, rapides et arrogants, n'ont pas le moindre respect pour leurs voisins et sont allés jusqu'à cambrioler leurs propres familles ! Récemment ils ont caillassé un véhicule de la Police Nationale. Maintenant les policiers laissent leur voiture sur le quai et viennent à pied, ce qui ralentit considérablement leurs interventions.



Alors quid de la sécurité promise pendant toute la campagne et en Conseil Municipal ? La municipalité embauche trois policiers municipaux de plus, et ils seront armés. C'est bien mais c'est insuffisant et n'aura pas la réactivité escomptée. Encore faudrait-il qu'ils soient présents dans les rues pour être dissuasifs ! Nous ne nous faisons guère d'illusions, il y a bien longtemps que la Police Municipale de Beaucaire n'est plus crédible...




Qu'en est-il du marché ? La municipalité avait assuré aux commerçants installés sur la place de la mairie que le jeudi matin les travaux de rénovation des Halles seraient peu bruyants, voire pas du tout, pour ne pas décourager les beaucairois d'y venir comme auparavant. Il n'en est rien. La promesse n'est pas tenue, le jeudi il est devenu parfois insupportable de flâner sur le marché et les commerçants n'en peuvent plus, surtout ceux qui sont placés à proximité immédiate des Halles. D'autant que le prix des emplacement lui n'a pas varié ! A la mairie personne ne s'en soucie ni ne tient compte de leurs demandes réitérées. Pourtant ces commerçants exercent un travail pénible en toute saison et méritent qu'on leur prête une oreille attentive.


Mais Julien Sanchez n'en a cure et vante sur Twitter le marché bi-hebdomaire de notre ville en étalant sur son bureau les produits de sa pause déjeuner qui, curieusement, ne proviennent d'aucun étalage maghrébin. Ce qui nous permet d'envisager qu'un jour prochain ceux-ci se voient déplacés bien loin de la place de la mairie pour ne pas gêner le chauvinisme affirmé de notre municipalité. Bientôt à Beaucaire il ne sera autorisé que les produits de nos terroirs qui, même si nous les apprécions à leur juste valeur, ne sont pas les seuls à flatter nos papilles. Notons qu'en dépit de sa position anti-européenne maintes fois revendiquée le maire a fait l'emplette de charcuterie espagnole ! Un petit clin d'oeil à ses origines peut-être...

Alors bien sûr nous n'irons pas jusqu'à dire que la ville est mal gérée. Pour l'instant Julien Sanchez reprend les dossiers et les traite nous l'imaginons avec une grande attention, il a à cœur de faire de Beaucaire la vitrine du Front National, il l'a clairement affirmé et nous ne doutons pas qu'il y parvienne. Mais ces deux mois et demi de mandat nous orientent tout doucement sur des chemins pavés des pires intentions qui ne nous disent rien qui vaille.



samedi 31 mai 2014

LES COURTISANS

Il existe une race à part. Une espèce non protégée qui survit à tous les bouleversements de ce monde. Les courtisans.


En apparence ces gens-là nous ressemblent à vous et à moi, mais en apparence seulement ! Ils sont dotés d'un gène supplémentaire qui leur insuffle une formidable capacité d'adaptation à leur environnement en leur permettant de se trouver à chaque instant de leur vie au bon endroit et au bon moment. Raser de fait, et dans tous les sens du terme, leur idole du moment est un travail à plein temps dans lequel ils excellent. Ces personnes savent trouver les mots qui prouveront leur sincère attachement, leur total dévouement, leur indéfectible loyauté. Et ce quelle que soit la cause ou celui qui la représente. Ils sont en outre d'une incroyable réactivité ! La flatterie au bord des lèvres, la main tendue prête à saisir celle qu'ils brûlent de serrer, le sourire plaqué sur un visage à la fois enthousiaste et satisfait, la marche rapide pour rester dans le sillage de leur idole... 

Vous et moi ne saurions user de flagornerie comme ils l'osent à tout instant, et peut-être manquerions nous d'à-propos dans certaines situations, mais pas eux. Les courtisans dosent avec ténacité le compliment et l'encouragement, le rire et l'écoute attentive, la compréhension et le conseil fielleux. Tout de miel et dégoulinant d'admiration béate, le courtisan s'arrange pour être sur le chemin de son idole, il l'accapare sans vergogne et s'en vante auprès de tous les publics avec orgueil. Le moindre sourire, le moindre geste, le plus petit mot qui lui seront adressés prennent des proportions démesurées et seront racontés avec force détails à chaque occasion. Au risque de lasser, voire même d'effrayer leur idole les courtisans le poursuivent, l'entourent, l'étouffent avec la bonne conscience sans états d'âme de ceux qui assurent œuvrer pour le bien public ! 


D'aucuns pourraient croire que la Révolution nous avait débarrassés de cette engeance aussi nuisible que pitoyable, ils auraient tort. Le courtisan est indestructible, il traverse les siècles et les orages sans jamais dévier de son unique but : se trouver près de l'être qu'il idolâtre. Et depuis quelques temps vous aurez comme moi constaté une recrudescence de leurs troupeaux parmi nous. Jadis disséminés ils se regroupent plus ou moins discrètement derrière leur idole et portent sur nous des regards menaçants. Certes ils ne brillent pas par leur courage, de tous temps les courtisans ont abandonné le terrain quand débutaient les guerres, mais attention ! Cette fois ils se sentent en position de force, et leur lâcheté ordinaire peut les mener à tous les excès.