samedi 13 octobre 2018

AUTOCRATIE vs JUSTICE


L'unilatéralité n'est bonne que pour la cuisson du saumon ! Julien Sanchez serait bien inspiré de s'en souvenir, lui qui accumule les décisions aussi intempestives qu'autocratiques, ne consultant même pas sa propre majorité municipale. A vouloir tout réguler, tout vérifier, tout décider quasiment seul il finira un jour par se planter ! On attend... Et par planter sa propre carrière politique. Nous l'espérons !

Mais ce jour n'est pas encore venu, et il nous faut supporter à Beaucaire une gestion municipale théâtralisée qui ne respecte rien ni personne, encore moins les lois et les décisions de justice que les administrés. Oublieuse du fait que toutes ces personnes sans cesse discriminées, montrées du doigt, stigmatisées par des élus dont la grande majorité profère des propos racistes avec le plus grand naturel, sont autant de voix avec lesquelles il faudra compter aux prochaines élections municipales. Un réservoir que Julien Sanchez entend bien caresser dans le sens du poil en temps et en heure, sans vouloir admettre qu'il trouvera porte close en bien des endroits. A trop secouer le cocotier on en perd les fruits ! Et pour reprendre une expression qui lui tient tellement à cœur qu'il nous la ressort à chaque conseil municipal, pour grimper au cocotier il faut avoir le slip propre ! Nous ne saurions trop lui suggérer de vérifier le sien, et celui de son parti par la même occasion...

Je suis pour ma part scandalisée de constater qu'une fois de plus le maire de Beaucaire ne tient aucun compte d'une décision de justice sur des décisions portant atteinte à la laïcité. Nous ne reviendrons pas sur le sujet brûlant des crèches installées chaque année dans l'Hôtel de Ville, ce n'est pas encore un débat de saison, nous attendrons Noël pour lancer le sujet... Nous rappellerons seulement qu'elles ont été déclarées illégales par trois décisions rendues le 16 mars 2018 par le Tribunal Administratif de Nîmes. Julien Sanchez l'a annoncé, nous aurons de nouveau une crèche en décembre 2018, puis en décembre 2019. Avec de la chance il ne sera plus là en 2020 pour perpétuer cette "tradition" qui n'existe que dans l'esprit des pseudos croisés identitaires de tout poil qui prolifèrent partout en France. La haine, le racisme et la xénophobie leur permettent un clonage exponentiel, inquiétant à défaut d'être réussi !

C'est dans l'air du temps d'aller à revers des décisions de justice pour les figures de l'extrême-droite et des mouvements identitaires. Cela l'est plus particulièrement pour les élus du Rassemblement National dont la présidente donne l'exemple en refusant de se rendre aux convocations qui lui sont adressées. Marine Le Pen proteste tellement haut et fort de son innocence dans la déplorable affaire des assistants parlementaires européens qui gangrène son parti qu'il n'y a plus grand monde pour y croire. S'il y en eût pour ce faire... Lorsque vous n'avez rien à vous reprocher et que vous n'avez violé aucune loi, vous vous présentez la tête haute devant les magistrats. Chercher à les éviter donne clairement à penser que vous êtes bel et bien responsable de ce dont vous êtes accusé. En tout état de cause que peut-on attendre d'un premier édile qui accorde sa confiance à un meneur identitaire (1) lourdement condamné par le Tribunal de Poitiers dans une affaire qui donne la nausée ? Que peut-on attendre d'un maire qui continue de lui confier la communication de la ville, et vous explique en conseil municipal qu'une démarche en appel équivaut à annuler ladite condamnation ? Cela alors même que la présence de cette personne porte préjudice à la réputation de notre ville ! Que peut-on attendre d'un homme qui se croit au-dessus des lois et se comporte comme tel depuis plus de quatre ans tout en passant son temps à saisir les tribunaux pour tout et n'importe quoi, et de préférence pour restreindre les libertés individuelles de ses administrés ? Tout cela n'est que politique politicienne des plus malsaine, et malheureusement ce sont vous et moi qui en faisons les frais.

Foin de tout ce merdier ! Ce qui importe, ce qui à moi personnellement me tient à cœur, ce sont les enfants volontairement discriminés par celui qui a oublié qu'il était aussi leur maire. Les petits beaucairois devraient être choyés, entourés, mis dans la lumière pour de bonnes raisons. C'est tout l'inverse qui se produit... Ce qui me fait bondir ce sont les atteintes à l'esprit de tolérance et d'égalité porté par la loi de 1905 qui encadre la laïcité. Le respect, la considération, le souci du bien-être de l'autre devraient prévaloir, c'est tout l'inverse que nous vivons... Ce qui m'insupporte c'est l'ambiance mortifère que cette équipe municipale incompétente est parvenue à installer dans nos rues. A tout instant nous sommes sur nos gardes, nous ne savons pas qui prête l'oreille à nos propos, qui ira les rapporter à qui de droit pour se faire valoir, qui osera un rapprochement mensonger dans l'espoir de nous nuire, qui virera casaque pour lécher les bottes du maire en tournant le dos aux libertés que nous défendons... C'est cela l'esprit qui prévaut dans notre ville depuis quatre ans que nous est imposée à tout instant une vision municipale passée par le prisme de la haine et du rejet.

Alors bien sûr cela ne nous empêche ni d'agir ni de parler, ni d'échanger ni d'espérer, mais cela nous pourrit quotidiennement la vie. J'assume pour ma part, et je suis loin d'être la seule, les combats dans lesquels je suis engagée. Je ne regrette pas un instant de me tenir aux côtés de ceux qui sont discriminés, et d'une certaine façon persécutés de mille et une façons par ceux qui devraient veiller sur eux. Julien Sanchez n'est pas uniquement le maire de ceux qui l'ont élu, il est aussi hélas celui de tous les autres. De ceux qui ont voté pour d'autres comme de ceux qui n'ont pas voté. Mais peu lui importe ! Il suit son bonhomme de chemin en toute quiétude, assuré d'avoir à chaque fois soufflé sur les peurs qui sont le fond de commerce de son parti, peu soucieux de laisser à Beaucaire une empreinte autre que celle de l'incompétence, de la haine, du rejet, des discriminations de toutes sortes. Un mini dictateur sans le talent de Charlie Chaplin, égaré en Terre d'Argence, dont on peut craindre que les décisions autocratiques ne s'arrêtent pas là !

Alors nous attendons... Il finira par partir #BonVent


(1) Damien Lefèvre, dit Rieu, ex porte parole de Génération Identitaire, condamné à 1 an de prison avec sursis, 2 ans de mise à l’épreuve et 5 ans de privation de ses droits civiques, civils et de famille au titre de l'article 131-26 du Code pénal pour "provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe en raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée" et pour "dégradations commises en réunion" suite à l'occupation du chantier de la Mosquée de Poitiers en 2012 

lundi 27 août 2018

#BalanceTonFacho


Donc les fachos s'infiltrent... Ils sont partout, s'invitent dans les associations de défense des traditions et de la culture locale ou régionale, se glissent à table entre votre vieux pote de maternelle et votre copain de bistrot préféré, vous offrent un verre à l'apéro et vous régalent de blagues à la con qui ne font rire que leurs congénères ! Ils sont omniprésents et vous laissent entendre qu'ils seraient omniscients pour vous cantonner dans le rôle d'amuseur public qu'ils vous ont attribuée et duquel ils craignent que vous ne sortiez. Ces gens-là ne dédaignent pas de vous harceler par tous les moyens mis à leur disposition par la vie moderne, mêlant blagues salaces et propositions indécentes à quelques phrases leitmotiv censées vous déstabiliser qu'ils vous balancent à longueur de temps.

Le sexisme c'est leur fonds de commerce. Mesdames quel que soit votre âge, si vous n'êtes pas fan de leurs égéries, voire de quelques pseudos gloires locales, vous avez tout faux. Ils essaieront de vous récupérer, pour la forme mais sans conviction. Leur capacité de raisonnement s'arrête au bulletin que vous pourriez ou pas mettre dans l'urne, et c'est absolument tout ce qui les intéresse chez le sexe opposé. Hormis de l'utiliser comme faire-valoir des élus qui sont très majoritairement des hommes. Parce que la parité, hein ? Faudrait voir à ne pas exagérer !

Sexistes donc, mais également machistes. Pour le facho de base la femme doit rester à sa place, c'est-à-dire se partager entre la cuisine, les gosses et la chambre. Grosso modo pour lui faciliter la vie et lui laisser le temps de se consacrer aux choses importantes. Parce que le facho pense. Du moins il pense qu'il pense, et il aime à nous laisser penser qu'il a approfondi le processus complexe de la pensée ! Mais quand on lit le résultat de ses masturbations intellectuelles on peut raisonnablement se dire que l'on a affaire à un éjaculateur précoce... Oui c'est quelque peu méchant de le formuler de cette manière, mais les jets répétés et désordonnés qui résultent de sa pensée évoquent irrésistiblement un acte sexuel manqué tout autant que le ferait par exemple une diarrhée rédhibitoire et récurrente. L'image vous donne la nausée ? Moi c'est de les lire qui me barbouille à longueur de journée.

Dans un monde idéal le facho aurait assimilé l'orthographe, la grammaire et la syntaxe de la langue française. J'en reconnais la complexité pour le non initié, mais enfin si l'on a atteint la 3ème au collège, ce qui relève d'une obligation de scolarisation dans notre pays, on est censé savoir lire, écrire, calculer et à tout le moins comprendre. Ce n'est malheureusement pas le cas de ces ardents militants qui vous infligent à tour de bras des diatribes sans queue ni tête, suites sans logique de phrases sans le minimum requis que sont sujet, verbe et complément. Mais il serait fort désobligeant d'affirmer que seuls les plus frustres d'entre eux se comporte ainsi. Du moins éduqué à celui qui a reçu l'éducation la plus complète le processus est le même : moquer, dénigrer, rabaisser, diffamer, insulter. Pas forcément dans cet ordre. C'est parfois tellement prévisible que pour un peu vous pourriez écrire à leur place sur les réseaux sociaux. Et sans l'avoir sous les yeux vous pourriez déclamer les discours des élus qui font preuve de si peu d'imagination que pour un peu vous leur proposeriez vos services !

Le sexisme des fachos ne s'exerce pas qu'envers les femmes, les hommes en sont également la cible. Mais uniquement à un certain niveau, sinon cela ne les intéresse pas. Le primate qui sommeille en chacun d'eux ne s'en prendra pas au physique d'un homme comme il le ferait avec une femme, il attaquera ses capacités en les mettant en doute. On notera qu'il y a rarement des attaques frontales isolées, le courage n'étant pas livré avec le kit de base des relations sociales et du militantisme. Elles sont le fait de groupes, jamais d'hommes seuls. Lorsqu'ils ne sont pas en meute ils s'en prennent aux femmes, c'est plus facile ! D'autant qu'ils sont soutenus et encouragés par des femmes qui pratiquent les mêmes discriminations envers leurs semblables, sans doute pour ignorer celles qu'elles ne manquent probablement pas de subir en privé.

L'image des femmes est dévalorisée, le féminisme est une tare, l'intelligence dérange et la libre expression est targuée de dérangement psychologique voire de maladie mentale. Envers les hommes l'ambition est mère de tous les vices, la corruption et le clientélisme prenant le pas sur tout le reste. On en vient à penser que ces pauvres hommes, mais aussi ces femmes qui les encouragent, souffrent d'un énorme complexe de supériorité dont, ainsi que le définit Alfred Adler, il s'avère qu'il résulte d'un complexe d'infériorité plus ou moins enfoui... Hé oui ! Et lorsque le facho obtient la récompense de ses années de militantisme craignos et se voit attribué des postes à responsabilité ou pire, s'il est élu ! on peut craindre qu'il ne développe à son insu un effet Dunning-Kruger, c'est-à-dire un effet de surconfiance qui induit une surestimation de ses compétences. Cela ne vous fait pas penser à quelqu'un ? J'dis çà, j'dis rien...

Tous ces braves militants, quel que soit leur niveau, se sont employés à contrecarrer les mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc, fort heureusement sans y parvenir. Leurs voix aigries se sont noyées dans le formidable tsunami de ces mouvements... Maintenant ils s'en prennent à la loi Schiappa en diffusant des fakes qui sèment le trouble et la peur parmi les parents, affirmant qu'elle est une légalisation de la pédophilie. Ce qui bien entendu est totalement faux. Tout comme le sont les dérives annoncées dans l'éducation sexuelle qui sera réactivée dans nos écoles, collèges et lycées. Laquelle a pour but d'informer nos enfants notamment sur les risques liés à la sexualité, la leur et celle des adultes, et bien évidement de prévenir le harcèlement. On serait en droit de penser que ces hommes et femmes là se soucieraient prioritairement du bien-être de leur progéniture, mais non ! Ils hurlent au scandale, diffusent les fakes en question et nient tous les bienfaits de la loi Schiappa comme de l'éducation sexuelle.

Finalement je me dis que tous ces hommes souffrent à cause d'une partie de l'humanité qui semble n'exister que pour les emmerder. Et qu'une partie de cette moitié joue les infirmières à domicile en mettant des pansements grossiers sur leurs peurs. Oui je sais, encore des pansements... La question pourrait se poser de savoir si nous devrions, nous les femmes, songer à adoucir leur quotidien. Nous y penserons quand notre statut égalera le leur en tous points, cela nous laisse très largement de la marge.


Note
Alfred Adler,  médecin et psychothérapeute autrichien, est le fondateur de la psychologie individuelle. Pour lui chaque patient est unique et ne ressemble à aucun autre, il faut le traiter sur le plan corporel et le comprendre sur le plan psychique.

Liens
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/08/09/non-la-loi-schiappa-n-a-pas-legalise-la-pedophilie-ni-assoupli-les-regles-de-consentement_5340841_4355770.html

https://hoax-net.be/non-la-loi-schiappa-ne-va-pas-legaliser-la-pedophilie-en-france/

dimanche 26 août 2018

CABINET DE SOINS INFIRMIERS JS


Après bien des hésitations et une enquête approfondie, j'en suis arrivée à la conclusion que finalement Beaucaire est un vaste cabinet de soins infirmiers. Ici l'on met des pansements partout, sur tout et sur rien, juste pour cacher la misère et jeter de la poudre aux yeux des passants. Au vu du nombre de pansements, et en estimant leur coût, je m'étonne que la municipalité n'en ai pas encore vanté la gratuité comme elle le fait pour chaque événement qu'elle organise. Oubliant que tout cela se paie avec l'argent des beaucairois et non sur la cassette personnelle du prince charmant qui siège sur le trône. Pardon ! Je voulais dire les ressources personnelles de notre maire... Charmant il l'est, certes, princier aussi parfois mais uniquement avec ce qui ne lui appartient pas si l'on part du principe qu'il n'est ici que gérant de la grande boutique beaucairoise et non pas propriétaire du fonds de commerce, encore moins des murs. Il lui faudra donc rendre des comptes en fin de mandat à défaut de l'avoir fait pendant celui-ci. Oui je sais c'est une notion qu'il n'a pas encore bien cernée au bout de quatre ans de mandat, mais soyons patients et laissons-lui le temps de l'assimiler. Il a encore 18 mois pour apprendre le job, c'est peu ou prou le temps que mettent certains bébés un peu plus lents que les autres à se lever pour marcher. Et avec touts les ambitions, les interdits, les rejets et les peurs qu'il se trimballe on imagine que l'exercice n'est pas si facile qu'il en a l'air... On lui apprendrais bien à marcher, mais ce bébé là déteste qu'on lui tienne la main, il veut tout faire tout seul, même se planter ! Nous prenons donc notre mal en patience, vertu qui comme la tolérance est fortement mise à l'épreuve pendant un mandat d'extrême-droite, mais les deux s'acquièrent et l'on peut même en tirer quelques satisfactions. Pas souvent, je vous l'accorde.

Des pansements donc ! Pour donner l'illusion que des travaux qui ont fait couler beaucoup d'encre touchent à leur fin par exemple, une certaine histoire de mur, de rénovation d'un quai, d'emplacements de parkings... Pour ce qui est des arbres abattus évidemment c'est plus difficile ! Il faudrait un sacré bandage, voire même une hospitalisation des lieux en soins intensifs pour refermer la plaie. Elle demeurera béante de nombreuses années et des insolations exponentielles s'annoncent chaque été. Cela devrait d'ailleurs permettre de renouveler la population, ceux qui ne supportent pas le soleil seront dans l'obligation de déménager et d'autres viendront s'installer dans notre bonne ville si accueillante. Tss Tss ! J'entends d'ici enfler la rumeur sur mon départ imminent... Non, rassurez-vous je ne partirai pas, j'adore rôtir mes neurones sur le canal et pour rien au monde je ne vous abandonnerai à votre triste sort, j'ai des principes ! Puis quelque part je vous aime bien tous... Mais qui dit nouveaux arrivants dit immigration, et c'est là que le bât blesse. Notre maire n'aime pas les migrants, il n'en veut pas dans sa ville. Comment pourra-t-il expliquer sa position, dont chacun sait qu'elle est très ferme, aux sympathisants de son parti et autres identitaires en mal de soleil qui vont débarquer à Beaucaire ? Vous déménagez, vous migrez. C'est simple. La migration ne se compte pas en kilomètres ni même en pays et en océans traversés, elle se compte en déplacements d'un point à un autre. Partant de ce principe élémentaire, lorsque Marine Le Pen rend visite à Mattéo Salvini elle migre. J'attends avec impatience le jour où il lui fera faire le pied de grue à la frontière, ou pourquoi pas au large des côtes italiennes sur un quelconque rafiot à pavillon identitaire, à quelques mètres de ces réfugiés qu'ils exècrent tous les deux... Il faut parfois faire très attention à ce que l'on souhaite.

Pansements grossiers lorsque notre maire ouvre le Casino Municipal en pleine canicule pour accueillir au frais deux pelés, trois tondus, laissant les personnes âgées dans l'incapacité de traverser la ville pour s'y rendre se déshydrater à leur domicile. Un transport pour un ramassage ? Pour quoi faire ? Un long message (qu'est-ce qu'il parle bien quand même !) pour rappeler les précautions d'usage et hop ! Le tour est joué. Pendant qu'une partie des beaucairois s'extasie il ferme l'arrivée d'eau des fontaines d'eau potable, en fait carrément enlever une, et cerne les deux autres de barrières pour en bloquer l'accès. Il ne faudrait pas que les enfants jouent avec l'eau hein ? Ni que d'aucuns s'y rafraîchissent pour ne pas tourner de l'oeil sur le pavé chauffé à blanc... Et de redire à l'envie qu'il a ouvert le Casino Municipal, que celui-ci est climatisé, et que les beaucairois y trouveront des bouteilles d'eau et des jeux de société. Oui c'est très bien ! Mais quid du reste de la population ? Tous ceux qui habitent trop loin, qui sont trop âgés, trop fatigués, trop malades, trop enceintes... ? Et les beaucairois de s'extasier sur tous les tons parce que vraiment "on a un maire tellement gentil !" Mouais ! Comme l'aurait dit ma Maman, "gentil n'a qu'un oeil !" vieux dicton bordelais qui se vérifie chaque jour depuis quatre ans.

Pansements encore quand en fin d'été la ville entame des travaux de rénovation des toitures de deux écoles en promettant que d'autres travaux plus importants sur les façades seront réalisés cet hiver. Au bout de quatre ans de gestion municipale, autant de budgets et presque autant d'études coûteuses il serait temps en effet ! Poudre aux yeux lorsque l'on met un pansement sur l'extérieur et que l'intérieur est dans un état lamentable. Mais dans la vie il y a des priorités, la rénovation du cabinet du maire en est une et elle a coûté très cher aux beaucairois, notamment l'ameublement ! Celui-ci était-il indispensable ? Julien Sanchez ne pouvait-il se contenter de l'existant comme ses prédécesseurs, lui qui crie sur tous les toits que ceux-ci ont ruiné la ville et qu'il y aurait tant à faire pour rattraper leurs erreurs ou leurs manquements ? Il semble que non, notre maire voulait son environnement aseptisé dans l'esprit "mens sana in corpore sano" cher à l'extrême-droite, très révélateur de l'envie de tout karcheriser qui sommeille derrière l'urbanité de façade de la personne publique.

Pansements toujours quand sous prétexte de renouveler les Beaux Quais la municipalité tâtonne pour trouver la bonne formule, perd de l'argent en s'entêtant à faire des choix "culturels" discutables qui ne drainent plus le public d'autrefois, gommant d'un geste la jeunesse beaucairoise qui s'emmerde dans sa propre ville, ne faisant même pas l'effort de lui offrir des raisons de rester ! De la part d'un maire trentenaire (bon c'est vrai que l'âge moyen de son équipe municipale compense plus que largement le sien !) il est surprenant qu'il n'y ait pas une volonté d'élargir la programmation habituelle des vendredis soirs à quelques groupes sympas qui nous changeraient de la daube qui nous est servie tout l'été ! Du RN'B, du rap, des chanteurs à texte, du bon rock, de l'électro... Voilà ce qui garderait les jeunes à Beaucaire et les attirerait sur la place de la mairie ou dans les arènes. Pas les rejets de la Star Académy et autres télé crochets plus ou moins merdiques, pas un DJ suisse sans envergure, non des artistes locaux et des bons. Il y en a, il faut juste se donner la peine de les contacter. Les sosies qu'on nous refile chaque année, qu'ils soient bons ou mauvais, ne plaisent qu'à un petit nombre. Je parierais volontiers que le maire en est tout à fait conscient, mais bien entendu il soigne son électorat, c'est de bonne guerre ! La programmation du Salon Taurin a son public, les beaucairois sont toujours nombreux chaque année à s'y restaurer au bénéfice des associations sportives et taurines et c'est très bien ainsi. Mais pour le prix qu'ils y mettent ils pourraient être un peu plus regardants sur leurs critères de sélection et ne pas filer des sommes indécentes à un pédophile assumé et récidiviste tel que Jean-Luc Lahaye ou une chanteuse jugée pour des faits de violence sur sa propre mère comme Jackie Quartz. Les beaucairois méritent mieux que cela...

Pansements enfin quand le maire de Beaucaire fleurit une artère principale désertée par les commerces et s'extasie sur le prétendu savoir-faire de son premier adjoint au commerce qui plombe consciencieusement l'économie beaucairoise depuis quatre ans par défaut de compétence et de vision économique globale pour notre ville. Des pansements qui coûtent très cher à la ville, qui engagent l'avenir des beaucairois, qui creusent les plaies au lieu de les soigner. Bref ! Un cabinet de soins infirmiers que je ne saurais trop vous recommander d'éviter si vous voulez envisager l'avenir avec confiance et sérénité. Et le logo tricolore de leurs pansements est à chier, vraiment...

mardi 14 août 2018

LA BONNE PAROLE


Être porte parole d'un parti qui s'effondre n'est pas une mince affaire ! Pour un peu nous le plaindrions notre jeune maire, il met tant d'énergie à véhiculer la bonne parole de sa patronne bien aimée en dégainant tous les poncifs du genre qu'on le sent quelque peu épuisé à la tâche... De l'attaque raciste de Beaune requalifiée en "règlement de comptes entre gens du voyage et maghrébins" au casse-tête de l'Aquarius qui s'obstine à offrir des croisières de luxe à des populations qui ont pourtant tout ce qu'il faut pour vivre heureuses dans leur pays, il ne sait plus où donner de la voix et en vient à négliger notre bonne ville. 

Alors forcément il s'énerve hein ? Faut pas lui en vouloir, le pauvre homme a tant à faire ! Comment la mise en service de deux misérables fontaines d'eau potable pourrait-elle avoir plus d'importance que la menace tangible de ces migrants prêts à débarquer en masse dans l'un de nos ports méditerranéens ? La submersion migratoire est à nos portes, Julien Sanchez enfourche son cheval noir (le blanc demeure celui d'Henri IV, faut pas pousser !) et n'écoutant que son courage dégaine tout le racisme qu'il a en réserve pour fustiger qui ? Cet affreux gauchiste qu'est Jean-Claude Gayssot, président du port de Sète, prêt à ouvrir les portes de la ville à l'envahisseur. Un homme dont le principal défaut aux yeux de notre maire, de sa blonde égérie et de toutes la fachosphère, est d'avoir donné son nom à une loi qui pose les limites nécessaires de la liberté d'expression en tendant à réprimer tout propos raciste, antisémite, xénophobe et négationniste. Ce qui devrait en principe limiter la diarrhée verbale de quelques-uns... Depuis 1990 ces gens-là ne décolèrent pas ! On aurait pu penser qu'en près de trente ans ils auraient assimilé les fondements de la loi  Gayssot, il n'en est rien. Ces dernières années ont vu éclore une forte poussée de propos et d'actes racistes, antisémites, discriminatoires et négationnistes, le maire de Beaucaire s'inscrivant sans sourciller dans cette sphère par ses propos et ses décisions. 

Comme si tout cela n'était pas suffisant, le voici qui bombarde de tweets agressifs son punching-ball préféré, Carole Delga. Notre présidente de région c'est simple, il ne l'aime pas. Déjà qu'il s'est pris un râteau en l'invitant à Beaucaire, ne voilà-t-il pas qu'elle le nargue en soutenant la proposition d'accueil de l'Aquarius dans le port de Sète ? Dans notre Occitanie ? Vous savez, cette région dont Julien Sanchez ne sait plus très bien si elle est provençale ou réellement occitane, perturbé par son approche de carte postale très personnelle et sa surenchère dans les traditions qu'il entend imposer. Il s'emmêle un peu les pinceaux notre maire, à force de vouloir trop en faire il ne sait plus très bien à quels saints se vouer... Et donc, les fontaines dans tout cela finalement tout le monde les oublie, lui le premier. D'accord il ne veut pas que les petits beaucairois jouent avec l'eau potable, la sienne, la nôtre, la vôtre... ? La vérité, on s'y perd ! Et il ne veut pas non plus que les touristes s'y rafraîchissent, qu'ils prennent donc une bouteille d'eau avec eux lorsqu'ils se promènent dans Beaucaire les bougres ! Bouteilles qui sont en plastique, un argument des plus écologique à défaut d'être subtil... Non ? Non.

Si on suit son raisonnement la Méditerranée deviendra un cimetière de migrants flottant au milieu de bouteilles d'eau minérale en plastique, lesquelles auront voyagé de Beaucaire à Sète et se seront faufilées au milieu des barques des jouteurs en lieu et place de l'Aquarius pour finir leur triste destinée en haute mer ! Vous suivez ? Parce que moi à force j'ai du mal. 

vendredi 29 juin 2018

DÉNI DE DÉMOCRATIE


Il y a des jours avec et des jours sans... Des jours où l'on supporte plutôt bien l'ambiance beaucairoise plombée par une gestion municipale sans aucune vision pour la ville, où l'on se dit que ma foi croiser un identitaire ou deux pimentera une journée trop tranquille, que finalement il fait bon vivre à Beaucaire et qu'on ne s'installe pas dans le sud pour se pourrir la vie ! Et puis il y a des matins où l'on sait en se levant que la pilule ne passera pas. Quand la potion que l'on vous force à avaler est pire que la maladie elle-même l'on est en droit de craindre le pire, et dans notre ville le pire n'est jamais très loin de se produire.

L'exercice de la démocratie locale pourrait être simple, transparent, accessible à tout un chacun. Et c'est le cas dans la plupart des villes de France, sauf dans celles gérées par l'extrême-droite en général et le Rassemblement National en particulier. Quid du terme "rassemblement" dans ce parti politique qui ne sait que diviser et qui prospère sur les peurs et les mensonges ? Nous vivons ces divisions quotidiennement dans notre ville, et les conseils municipaux sont la plupart du temps sources de tensions autant que de colère. Parce que clairement Julien Sanchez et son équipe de guignols nous prennent pour des abrutis, prêtant à tous leurs opposants leurs déplorables façons de faire et les défauts qui sont les leurs. Nous exprimons une réalité, ils nous accusent de mentir. Nous critiquons des projets, ils nous reprochent de ne pas nous investir pour la ville. Nous questionnons, ils affirment que nous créons des polémiques. Et bien entendu lorsque nous demandons des documents que le Code des Collectivités Territoriales leur impose de communiquer à leurs administrés, ils nous les refusent au prétexte de vouloir protéger des employés municipaux. Leitmotiv destiné à lasser l'opposition qu'il brandit en toute occasion, s'abritant derrière plutôt que d'affronter ses responsabilités.

A cet égard l'attitude de Julien Sanchez face aux élus d'opposition pose sinon la question de la légalité celle de la démocratie. En refusant d'ajouter à l'ordre du jour une question proposée par un conseiller d'opposition il se met en mauvaise posture. Le Code des Collectivités Territoriales et l'Association des Maires de France s'accordent à dire que si le maire est seul maître de l’ordre du jour celui-ci doit se concilier avec le droit de proposition des conseillers municipaux. Et que le maire peut permettre que soit débattue une question ne donnant pas lieu à délibération. Ce qu'il refuse systématiquement quand le sujet abordé le met d'évidence mal à l'aise. Qu'un conseiller municipal, concitoyen apprécié et respecté , n'ait d'autre choix pour se faire entendre que grimper sur une chaise et haranguer les élus en brandissant avec humour un drapeau canadien est en soi inconcevable et inacceptable. Mais à Beaucaire si votre voix ne couvre pas la cacophonie des élus de la majorité mêlant injures, moqueries et menaces, mieux vaut faire preuve d'imagination pour se mettre au-dessus de la mêlée.

La démocratie à l'épreuve du Rassemblement National ferme des portes au lieu de les ouvrir, cadenasse la gestion municipale pour en dissimuler les erreurs et les manquements, muselle l'opposition municipale comme citoyenne, et de manière générale entend jeter un voile sur son exercice au lieu de l'ôter. Ainsi la transparence est un mot qui ne fait pas partie du vocabulaire de Julien Sanchez, pas plus que de celui de ses colistiers. Avides de s'emparer du plus petit pouvoir, une fois qu'ils le tiennent ils en usent et en abusent en se riant de quiconque prétend les en empêcher, rabaissant les citoyens à quantité négligeable et corvéable à merci ! Le pire étant que certains s'en accommodent quand ils ne s'en félicitent pas carrément, persuadés en leur for intérieur de servir une noble cause en leur accordant le blanc seing qu'ils réclament chaque fois qu'ils sont sur la sellette. 

Je ne reviendrais pas sur le déplorable épisode vécu ce matin en conseil municipal, il a été largement débattu et décortiqué par les intéressés. Le fait de voir les oppositions municipales s'unir dans un même élan face à ce déni de démocratie et quitter la salle du conseil après le vote du huis-clos m'est une source d'intense satisfaction. A Julien Sanchez qui les croit usées par quatre ans de sa prétendue gestion en bon père de famille il revient de prendre en considération qu'il n'en est rien. Il en va ainsi de l'autocratie, elle génère plus de courage et de détermination pour y mettre un terme qu'il ne se plaît à le croire. Qu'il se moque donc et brasse du vent comme il sait si bien le faire, nous qui nous opposons savons ce que nous avons à faire et nous le ferons. La voie vers la liberté est enfin ouverte.

dimanche 10 juin 2018

MÉDINE AU BATACLAN


J'écris depuis aussi loin qu'il m'en souvienne. A quatre ans je savais lire et écrire, à huit ans j'ai dévoré Les Gens de Mogador parce que les livres pour enfants m'emmerdaient, au même âge j'ai plongé dans la poésie de Ronsard, du Bellay et Prévert, découvert les odes, les lais, les alexandrins, en même temps que j'apprenais à aimer la musique, le sens des paroles, l'origine des styles, leur destination... Que ceux qui n'y comprennent rien me pardonnent, mais j'adore le rap ! Le rap intelligent, celui qui joue avec les mots et qui les rythme avec un son qui vous fait vibrer, le rap qui crache le mal de vivre, l'injustice, les blessures, mais aussi la tolérance et l'amour des autres. Ce rap là s'écrit dans toutes les langues, il est porteur de messages qu'il suffit de bien vouloir écouter et décrypter. Ce devrait être chose aisée puisque ma langue, la vôtre, est riche et belle. Elle nous offre un mot pour chaque moment, chaque sentiment, chaque douleur, elle nous permet d'exprimer nos passions, nos engagements, nos coups de gueule, avec exigence et raffinement. Hélas bien peu savent vraiment la lire, c'est-à-dire en comprendre le sens et les subtilités. Et je la vois si souvent dévoyée, maltraitée, mal aimée, que c'en est une vraie souffrance. Laquelle se change en colère lorsque ce sont des personnes publiques, politiques pour la plupart, qui s'en servent pour faire passer des messages d'intolérance et de haine envers ce qu'ils ne comprennent pas.

Ces derniers jours le hashtag #PasDeMédineAuBataclan prend de l'ampleur sur les réseaux sociaux, lancé par l'extrême-droite bien sûr, mais également alimenté par une certaine droite qui ne sait plus où poser les limites de la décence. La course aux voix ne justifie pas que l'on écrive tout et n'importe quoi, ni que l'on se laisse abuser par des discours de rejet sans fondement. Si l'on ne sait pas lire sa propre langue on a au moins la décence de se taire. Mais qui fera taire des hommes et femmes politiques qui se disputent l'intérêt des médias ? Qui saura dire STOP à celles et ceux qui crachent leur intolérance sous prétexte d'imposer ce qu'ils osent nommer "respect" ou "laïcité". Deux mots dont ils ont oublié le sens premier, les valeurs qui les fondent et l'importance qu'ils ont dans l'équilibre de notre société. On ne peut pas au nom de ces deux mots lancer des appels aux relents de racisme qui fleurent tellement la xénophobie que l'extrême-droite saute de joie en se voyant ainsi épaulée. On ne doit pas brandir comme un étendard les victimes du Bataclan pour prôner l'intolérance envers un rappeur dont on ne connaît pas les textes. Avant toute démarche politique qui induit d'attirer l'attention des français, le respect serait de s'informer, d'étudier lesdits textes, d'écouter le rap de Médine et ensuite de décider si oui ou non on continue dans la voie choisie. Allez sur YouTube mesdames et messieurs les censeurs, mettez le son à fond et ressentez toute la passion, la révolte légitime et l'intelligence des mots de Médine. Ensuite vous jugerez, mais pas avant de l'avoir fait.

Que dit le rappeur exactement dans ce texte tant décrié, et dans tant d'autres ? Il dénonce toutes les formes de violence, le terrorisme, la radicalisation dans les cités, et l'apologie de l'immoralité. Ses mots sont autant de coups de poings dans le ventre pour réveiller les consciences endormies ! "Crucifions les laïcards comme à Golgotha" est la petite phrase assassine qui choque qui au juste ? Tous ceux qui utilisent la laïcité comme l'ultime argument pour imposer une religion, le catholicisme. Hors il n'y a pas dans notre République de religion d'état, et la laïcité justement garantit aux croyants comme aux non-croyants le même droit à la liberté d’expression de leurs convictions.en leur assurant le droit d’avoir ou de ne pas avoir de religion, d’en changer ou de ne plus en avoir. Une définition très simple à comprendre que la droite de Laurent Wauqiez, certaines personnalités se revendiquant du Printemps Républicain aux penchants furieusement islamophobes, qui entre parenthèses a pondu pour l'occasion un communiqué qui est un monument d'hypocrisie, et l'ensemble de l'extrême-droite française feraient bien d'assimiler une bonne fois pour toutes. Car il devient très embarrassant d'avoir sans cesse à rappeler à des personnalités politiques prétendument engagées pour la France et censément instruites de ses lois qu'ils se doivent de les respecter. Celle du 9 décembre 1905 en tout premier lieu, car elle a instauré équilibre et modernité dans la société française et veille à perpétuer les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité qui assurent sa pérennité.

Rappelons également que le Bataclan est une salle indépendante, et que les partis politiques d'où qu'ils soient n'ont pas à influer sur sa programmation. Vous et moi non plus. La pétition qui circule pour interdire Médine au Bataclan est à l'initiative d'un ancien élu du Front National lié aux réseaux identitaires et qui se revendique comme tel, quiconque la relaie contribue à fortifier ceux-ci qui sont la lie de notre société.  Les réseaux sociaux, mais aussi le monde politique, baignent dans une certaine confusion entre islam et laïcité qui mène la vox populi à vouloir imposer une forme de respect de tout et de rien qui est le comble de l'intolérance. Nous avions pu le constater l'année dernière au sujet du concert de Black M lors des commémorations de Verdun, puis avec Maryam Pougetoux qui ose, ô sacrilège, porter le foulard alors qu'elle est syndicaliste. Les associations les plus improbables se déchaînent, appelant à la vindicte populaire et faisant le jeu des identitaires et de l'extrême-droite qui s'empressent de festoyer en se frottant les mains. L'aubaine est trop belle pour être boudée, le travail de communication leur est mâché avant d'être régurgité et tout ce petit monde bien propre sur lui se noie dans son propre vomi satisfactoire. Dans un autre ordre d'idée des films, des œuvres classiques, des artistes, sont cloués au pilori de la censure et de la bondieuserie. Dans notre pays en 2018 il ne fait pas bon penser hors les lignes, et il est dangereux de dénoncer les abus, les écarts et la banalisation de la haine. Alors c'est simple, si vous n'aimez pas le rap de Médine ne l'écoutez pas mais laissez-le réaliser son rêve de jeunesse et monter sur la scène du Bataclan. Il a tout comme vous droit à la libre expression et au partage de son talent.

Il n'y a dans ce billet aucun irrespect envers les victimes du Bataclan, très peu d'entre elles se sont  manifestées et l'on fait en partageant des messages de tolérance sur les réseaux sociaux. Le fait est que seuls les avocats d'une dizaine de familles de victimes on annoncé qu'ils déposeraient lundi un recours s'appuyant sur un risque de trouble à l’ordre public et la notion d’ordre public moral. Cette dernière peut sembler hors contexte, les textes du rappeur ne contrevenant pas à celui-ci. Dans cette optique nous vous invitons à lire attentivement le texte qui a mis le feu aux poudres, ensuite ce sera à vous de juger du bien fondé ou non de ce billet... 

Rappel 
Médine était signataire de la tribune "Nous sommes unis" parue dans Libération le 15.11.2015, soit deux jours après l'attentat du Bataclan. Il s'était en début d'année expliqué sur le morceau Don't Laïk, sorti une semaine avant l'attentat contre Charlie Hebdo ce qui lui avait déjà valu de nombreuses attaques : "Don’t Laïk est aux fondamentalismes laïques ce que les caricatures de Charlie Hebdo sont aux fondamentalismes religieux." (tribune dans L’Obs le 13.01.2015) "Il faut le juger comme un morceau de rap et non pas comme un pamphlet islamiste. Il s’agit non pas d’une critique de la laïcité, mais plutôt de ce qu’on en fait, et de ce qui devient de plus en plus de la propagande anti-religieuse" (interview sur LCI du 03.02.2015) 

Don't Laïk
Dieu est mort selon Nietzsche
« Nietzsche est mort » signé Dieu
On parlera laïcité ente l'Aïd et la Saint-Matthieu
Nous sommes les gens du Livre
Face aux évangélistes d'Eve Angeli
Un genre de diable pour les anges de la TV Reality
Je porte la barbe j'suis de mauvais poil
Porte le voile t'es dans de beaux draps
Crucifions les laïcards comme à Golgotha
Le polygame vaut bien mieux que l'ami Strauss-Kahn
Cherche pas de viande Halal dans tes lasagnes c'est que du cheval
Au croisement entre le voyou et le révérend
Si j'te flingue dans mes rêves j'te demande pardon en me réveillant
En me référant toujours dans le Saint-Coran
Si j'applique la Charia les voleurs pourront plus faire de main courante
Ils connaissent la loi, on connait la juge
Pas de signe ostentatoire, pas même la croix de Jésus
J'suis une Djellaba à la journée de la jupe
Islamo-caillera, c'est ma prière de rue

Ta barbe, rebeu, dans ce pays c'est Don't Laïk
Ton voile, ma sœur, dans ce pays c'est Don't Laïk
Ta foi nigga dans ce pays c'est Don't Laïk
Madame monsieur, votre couple est Don't Laïk

On ira tous au paradis, tous au paradis on ira
On ira tous au paradis, tous au paradis incha'Allah
On ira tous au paradis, tous au paradis on ira
On ira tous au paradis, enfin seulement ceux qui y croient

Ils n'ont ni Dieu ni maître à part Maître Kanter
Je scie l'arbre de leur laïcité avant qu'on le mette en terre
Marianne est une femen tatouée "Fuck God" sur les mamelles
Où était-elle dans l'affaire d'la crèche?
Séquestrée chez Madame Fourest
Une banane contre le racisme, du jambon pour l'intégration
Pour repousser les nazislamistes, on
Ferme les portes de l'éducation
"Ah bon? Pardon patron, moi y'a bon"
Vas-y Youss', balances le billet
J'mets des fatwas sur la tête des cons
Religion pour les francs-maçons, catéchisme pour les athées
La laïcité n'est plus qu'une ombre entre l'éclairé et l’illuminé
Nous sommes épouvantail de la République
Les élites sont les prosélytes des propagandistes ultra laïcs
Je me suffis d'Allah, pas besoin qu'on me laïcise
Ma pièce de bœuf Halal, je la mange sans m'étourdir
À la journée de la femme, j'porte un Burquini
Islamo-racaille c'est l'appel du muezzin

Ta barbe, rebeu, dans ce pays c'est Don't Laïk
Ton voile, ma sœur, dans ce pays c'est Don't Laïk
Ta foi nigga dans ce pays c'est Don't Laïk
Madame monsieur, votre couple est Don't Laïk

On ira tous au paradis, tous au paradis on ira
On ira tous au paradis, tous au paradis incha'Allah
On ira tous au paradis, tous au paradis on ira
On ira tous au paradis, enfin seulement ceux qui y croient

Que le mal qui habite le corps de Dame Laïcité prononce son nom
Je vous le demande en tant qu'homme de foi
Quelle entité a élu domicile dans cette enfant vieille de 110 ans ?
Pour la dernière fois ô démons, annoncez-vous ou disparaissez de notre chère valeur
Nadine Morano, Jean-François Copé, Pierre Cassen et tous les autres
Je vous chasse de ce corps et vous condamne à l'exil pour l'éternité
Vade retro satana

jeudi 7 juin 2018

PÉTARD MOUILLÉ


Comme chaque année les beaucairois ont piaffé d'impatience en attendant de découvrir le catalogue des Estivales. Comment serait l'affiche de l'été, annonciatrice des réjouissances à venir ? Et desdites réjouissances qu'en serait-il exactement ?  A quelle sauce serions-nous mangés ? Qu'en serait-il des traditionnels Beaux Quais ? Devenus par un choix sans originalité de la municipalité les "Vendredi de Beaucaire"et de moins en moins fréquentés, rétrécis comme peau de chagrin au grand dam des beaucairois qui y sont très attachés, allaient-ils disparaître ou donner naissance à une nouvelle formule plus attractive, voire carrément novatrice ? Depuis une semaine nous avons toutes les réponses à nos questions, et ma foi il y a du bon et du mauvais.

Pour commencer, l'affiche ! Quasi monochrome, sans aucune originalité, avec en arrière plan le blason originel de Beaucaire sur lequel tente péniblement d'éclater un feu d'artifice tricolore qui fait peine à voir... De loin la pire affiche de toute la longue histoire des Estivales ! Aucune recherche artistique, aucun relief, un graphisme bas de gamme noyé dans le sang et or dont les beaucairois sont à juste titre si fiers et qui aurait pu donner naissance à une affiche éclatante... Bref ! Un travail bâclé par ceux qui sont pourtant grassement payés pour le faire. Nous ne nous y attarderons pas, ouvrons plutôt ce catalogue et promenons-nous au fil des pages pour découvrir l'offre événementielle de notre ville. 

L'idée d'un marché à thème chaque vendredi est plaisante de prime abord, attendons seulement de voir si les stands des forains seront bien en conformité avec chaque thème, mais il fallait renouveler les Beaux Quais alors pourquoi pas ? Nous émettrons des réserves sur la programmation de la place de la mairie qui n'est pas folichonne. Cela plaît cependant au plus grand nombre, il en faut pour tous les goûts et l'idée que chacun se fait de la culture est très subjective ! Bon le sosie de Mylène Farmer filerait des frissons à toute personne normalement constituée, mais c'est l'effet que causent les sosies en général dont les spectacles sont à chaque fois très mauvais pour ne pas dire carrément médiocres. Nous avons la ressource de nous concentrer sur la musique en chantant à tue-tête, voire parfois de danser pour les plus extravertis (les beaucairois ne dansent pas, ils mangent) et de beaucoup rire en pointant gestuelle, maquillage, costumes et mise en scène ! Finalement les spectacles gratuits du vendredi soir demeurent ce qu'ils sont depuis plusieurs années, pas terribles, mais ils sont l'occasion de dîner ou boire un verre avec des amis et de contribuer à faire travailler les trois commerces de restauration de la place de la mairie. Il semble par contre que les habituels petits concerts des restaurants du canal aient disparu de la programmation, certes cela permettra aux beaucairois et aux touristes de pouvoir converser pendant le dîner mais nous inquiétons de voir disparaître une ambiance festive...

Comme de bien entendu les classiques, ou devenus tels, seront présents : les 100 chevaux, les 100 taureaux, le défilé d'ouverture des Fêtes de la Madeleine, le Salon Taurin, les bodegas, la foire... Cette année il semblerait que le thème du défilé soitle carnaval, thème annoncé par la rumeur car absent du catalogue. Un oubli ? Une volonté d'offrir une surprise aux beaucairois ? Nous pencherons pour la première solution. L'affaire est donc à suivre de près, mais encore une fois pourquoi pas ? Cela aura au moins le mérite de nous changer des défilés de ces deux dernières années, fort décevants... Les joutes sur le canal sont déplacées le soir, très bien, au moins on ne crèvera pas de chaud en plein cagnard, d'autant qu'il n'y a plus un seul arbre sur le quai, pourquoi déjà ? Ah oui ! Ils ont été arrachés par la municipalité ! Il est très décevant que le spectacle de Recortadores ne soit pas à l'affiche, nous étions nombreux à nous être régalés de prouesses des participants l'année dernière et nous nous faisions une joie d'en découvrir de nouvelles cette année. On nous sert un Rodéo à la place, ce n'est pas franchement cohérent avec les traditions camarguaises et provençales ! Reste à savoir si nous aurons du vrai rodéo à l'américaine ou un ersatz local, méfi donc... Nous ne nous étendrons pas sur la programmation du Salon Taurin qui nous ressort chaque année les ringards dépoussiérés sentant bon la naphtaline, dont le seul intérêt pour ceux qui aiment danser est la soirée disco qui donne des ailes aux pieds. Pour le reste, hormis le fait de contribuer à la bonne santé des associations sportives en dînant on ne va certes pas au Salon Taurin pour la qualité de ses spectacles et personne n'est dupe. Si ? 

Pour finir votre blogueuse a la ferme intention d'assister à la projection de La La Land ! Pas question de manquer Ryan Gosling et Emma Stone virevoltant sur l'écran, la soirée du 4 août est d'ores et déjà réservée. Le reste de la programmation de cinéma en plein air intéressera les enfants (parking de la Moulinelle) et "Demain Tout Commence", film avec Omar Sy, est peut-être à voir... Ou peut-être pas au vu des quelques critiques qui ont accompagné sa sortie en 2016. 

Dans l'ensemble un catalogue sans surprises majeures, quelques bons trucs mais beaucoup qui le sont nettement moins voire pas du tout, et des innovations qui sont en contradiction avec la passion affichée de l'équipe municipale pour les traditions provençales. Rien qui puisse à notre avis drainer un tourisme de qualité, c'est-à-dire culturel et friqué, pour donner un coup de pouce au tourisme local. On reste dans du connu, on ne prend pas de risques, mais cela peut fonctionner comme cela fonctionne depuis des années, gentiment et sans étincelles. Le propre d'un pétard mouillé étant de vous emmerder sans jamais tenir ses promesses... Un peu comme la municipalité actuelle.