dimanche 28 décembre 2014

LAÏCITÉ ET DÉMOCRATIE


Après Béziers c'est la ville de Melun qui est autorisée à garder une crèche au sein de l'hôtel de ville. Comment ne pas s'interroger sur deux décisions lourdes de conséquences pour la démocratie ? Il devient évident que l'action isolée de quelques défenseurs obtus du christianisme menacent les fondements de notre République. En piétinant ses lois sous le fallacieux prétexte de perpétuer des traditions qui ont leur place dans nos maisons mais pas dans nos institutions républicaines, ils démontrent le peu de cas qu'ils font de ce pays qu'ils prétendent sauver des griffes de tous ceux qui les dérangent. 

Au vu de ces choix dommageables pour notre pays ici, dans le Gard, nous nous interrogeons sur la suite qui sera donnée à notre demande de retrait de la crèche installée dans la mairie de Beaucaire. Nous ne sommes pas optimistes, la réponse tarde à venir et la préfecture se montre évasive lorsque l'on aborde le sujet. Cette réponse nous l'aurons, bien entendu, mais quelle sera-t-elle ? Un préfet a le devoir de faire respecter les lois, s'il ne prend pas ses responsabilités ce n'est pas pour autant que nous devrons baisser les bras. Cela signifierait accepter qu'une crèche revienne chaque année en mairie jusqu'aux prochaines municipales, voire au-delà, et cela n'est pas envisageable. Nous n'hésiterons pas à saisir des instances supérieures et nous ferons entendre notre voix.

Il semble néanmoins utile de préciser à ceux qui ne l'auraient pas compris qu'être laïc ne concerne que la vie publique et non la vie spirituelle, qui elle demeure du domaine de la vie privée. Pour le laïc l'essentiel n'est ni la croyance ou non croyance mais le devenir de nos institutions. En contradiction avec cette démarche celui qui se prétend croyant et qui veut imposer ses traditions cultuelles aux autres piétine les préceptes de sa religion. Celui qui vit dans la peur de l'autre rejette purement et simplement le message commun de toutes les croyances : Paix, Amour et Tolérance. De quelque manière qu'il veuille le justifier il sera pris en défaut, rien ne peut raisonnablement étayer la discrimination, et c'est bien de cela qu'il s'agit. Le plus inquiétant étant que pour certains, bien plus nombreux qu'on ne le pense, cela devient acceptable. Un premier pas, et non des moindres, vers une négation des valeurs citoyennes et républicaines.

Une question se pose : pouvons, et même devons-nous nous élever contre l'évolution du regard que nos concitoyens posent sur la laïcité ? La réponse est oui. Absolument et définitivement oui. Il n'est pas ici question de s'affirmer en défenseur rigoriste de la loi mais de la préserver pour que justement elle puisse s'opposer à une récupération communautariste. Ne nous voilons pas la face ! Aujourd'hui la laïcité est remise en question par ceux pour qui démocratie rime avec suprématie ! Notre respect de l'autre, de ses croyances ou de ses non croyances, est l'essence même de la laïcité. Nous ne pouvons accepter que dans ce pays l'arrogance de quelques-uns et la veulerie de quelques autres nous entraîne dans le chaos au nom de la liberté d'expression. C'est un faux débat qui nuit à la valeur universelle de la laïcité. En notre République il ne doit pas y avoir deux poids et deux mesures.

En cette fin d'année houleuse pour la laïcité nous posons sur notre pays un œil attentif, vigilant, qui craint l'ultime dérapage. Celui qui nous entraînerait inévitablement dans des affrontements dangereux pour notre République. Nous ne voulons pas transmettre à nos enfants et petits-enfants un monde privé de la liberté de choix, nous ne souhaitons pas que la régression ambiante fasse son nid au mépris des barrières qu'érigent nos lois. Nous sommes à la croisée des chemins, de celui que nous choisirons de prendre dépendra la qualité de vie et le modèle de vivre ensemble que nous offrirons à ceux qui nous succéderons. Soit il sera généreux, ouvert et tolérant, soit il sera bardé de la peur de l'autre et n'y survivra pas. La France, pays des lumières et terre d'asile, ne saurait s'épanouir sans la diversité qui en fait la richesse. Notre histoire nous apprend que l'autre est une valeur ajoutée et non le contraire, la laïcité nous préserve d'en juger autrement.

jeudi 11 décembre 2014

Beaucaire Mag' ou l'impudeur jubilatoire !


En cette belle journée du 11 décembre, soit près de neuf mois après l'élection de Julien Sanchez, les beaucairois ont enfin eu l'immense joie de découvrir dans leurs boîtes aux lettres le très attendu Beaucaire Mag' de Décembre, le premier numéro édité par la nouvelle municipalité. 

Neuf mois pour accoucher de 35 pages toutes entières dédiées à la gloire de la majorité municipale cela peut paraître long, mais au regard de l'avalanche de photographies et d'articles dégoulinants d'auto satisfaction il est plus facile d'en comprendre la raison. Pour faire avaler la pilule à ceux des beaucairois qui y regardent à deux fois avant de prendre une médecine douteuse il a fallu l'enrober dans du miel et cela prend du temps.

La réalité n'a pas sa place au fil des pages. L'interview du maire se garde bien d'en montrer autre chose que son acharnement au travail que personne ne peut nier et met soigneusement un couvercle sur les aspects dérangeants de l'idéologie qu'il installe en mairie, et notamment ses liens étroits avec les identitaires. Ne parlons même pas de sa tribune sur les enfants allophones de Beaucaire, de la fermeture du centre socioculturel (Maison du Vivre Ensemble Fernand Buisson) ou de la violation d'une loi de la République avec l'installation d'une crèche catholique dans la cour de la mairie !

Une double page est consacrée à la sécurité, une autre au commerce, une autre encore au cadre de vie de notre ville, chacune dans son style accumulant désinformation et formules flatteuses de congratulation aux adjoints concernés. Chiffres à l'appui ! Notre maire et son équipe aiment mettre en avant des chiffres qu'ils pensent les dédouaner de tout le reste... A remarquer tout de même que la culture n'occupe qu'une demi page, et pour cause ! Il y a si peu à en dire qu'il valait mieux ne pas s'étendre sur le sujet.

Mais tout cela finalement ne change guère d'une municipalité à l'autre, il suffit pour s'en convaincre de lire les précédentes éditions de Beaucaire Mag'. Le magazine de toute municipalité a pour unique but de rassurer la population et de la convaincre qu'en élisant untel ou machin elle a fait le bon choix. En cela l'équipe de Julien Sanchez ne déroge pas à la règle. Non, ce qui est différent c'est le ton employé, le style des articles, une syntaxe toute entière focalisée sur la mise en valeur du néant ! Il fallait au moins cela pour faire oublier aux beaucairois qu'ils ont élu pour six ans un homme certes intelligent et ambitieux, mais dont la liste ne peut se prévaloir d'aucun autre programme pour revaloriser leur ville qu'un renforcement de la sécurité et la discrimination sous toutes ses formes. Programme économique : 0 Programme social :0 Programme culturel : 0 


Là où Julien Sanchez excelle c'est dans la poursuite d'un objectif qui semble l'occuper quasiment à plein temps, je dirais même une obsession : dénigrer le seul média libre de Beaucaire, à savoir le Midi Libre. Et notamment sa rédactrice. Il faut tout de même savoir que dans notre ville la libre expression d'une opposition, aussi minime soit-elle, n'est pas tolérée. Que ce quotidien permette à quelques-uns de s'exprimer est très mal perçu par le cabinet du maire et bien entendu le maire lui-même qui ne se privent pas de le faire savoir. Au point de consacrer à un pilonnage en règle dudit média une page entière de Beaucaire Mag' ainsi que Julien Sanchez l'avait d'ailleurs annoncé en public. Ajoutons à cela que depuis quelques semaines le service communication de la mairie n'informe plus le Midi Libre de ce qui se passe à Beaucaire, préférant réserver ses communiqués et autres informations à un petit webzine local dont il est assuré d'une fidélité totale à sa ligne idéologique. Webzine pour lequel les termes libre et expression sont antinomiques. Ce qui n'est pas encore, et heureusement, le cas du Midi Libre.


Toujours dans le même registre il est à noter que la tribune libre de l'opposition n'occupe qu'une demi page de Beaucaire Mag' le nombre de caractères autorisés par la loi n'étant que de 121 (espaces et ponctuations compris) par membre de chaque liste. Ce qui nous vaut un court texte chaleureux de la liste "Beaucaire Pour Tous" appelant au dialogue et à l'apaisement, une censure complète du texte de la liste "Beaucaire 2014" prétendument diffamatoire, et 121 caractères de la liste "Réagir Pour Beaucaire" qui réussi à placer l'adresse de son site web et termine avec à propos en tronquant le mot parler ! Autant dire que la majorité municipale s'offre Beaucaire Mag' comme tribune exclusive, s'en délecte et s'y étale avec une impudeur jubilatoire.

Je vous le dis amis de Beaucaire et d'ailleurs, la situation de notre ville est grave. Julien Sanchez et ses élus piétinent la République que nous aimons, là, sous vos yeux. Chaque jour ils grignotent votre espérance d'apaisement et votre soif de vivre ensemble ! Chaque semaine qui passe voit s'effriter vos chances de faire rayonner Beaucaire pour de belles et bonnes raisons ! A la lecture de ce premier numéro de Beaucaire Mag' l'horizon beaucairois se couvre de nuages nauséabonds dont les effluves concurrencent ceux que nous porte le vent du sud...

samedi 6 décembre 2014

LAMENTABLE BUZZ DE NOËL


Vous je ne sais pas, mais pour moi Noël est une célébration de la foi chrétienne ce qui implique l'amour de son prochain, la générosité, et en général une trêve avec ses ennemis. Mais parfois on ne peut plus s'en tenir à ces principes lorsque d'autres les bafouent allègrement. Car Noël n'a pas destination à devenir un tremplin pour un parti politique qui pallie la vacuité de ses programmes et l'incompétence de ses politiciens en suscitant des polémiques qui n'auraient pas lieu d'être sans leurs interventions déplacées.

Julien Sanchez prend la tête des provocateurs en se vantant sur les réseaux sociaux d'avoir installé une crèche provençale dans la cour de la mairie de Beaucaire. Photos qu'il assortit du hashtag #résistance, un peu par moquerie pour nos actions et beaucoup pour faire le buzz. Bien sûr c'est une réussite ! Notre maire est un très bon communicant et il utilise tous les moyens à sa disposition pour étayer son ascension politique, laquelle pour discrète qu'elle est n'en est pas moins réelle. Je devrais sans doute le remercier, il donne matière à écrire à ma plume que cela démangeait d'ajouter un peu d'encre à celle qui a déjà beaucoup coulé. 

Mais revenons à nos brebis égarées ! Dans la foulée de notre sémillant maire ceux des autres municipalités Front National lui emboîtent le pas avec entrain. David Rachline (Fréjus) Stéphane Ravier (Marseille) Marc Etienne Lansade (Cogolin) Joris Hébrard (Le Pontet) et nous ne doutons pas que les autres suivent d'ici quelques jours. Gilbert Collard y est allé d'un effet de manche tombé à plat et repris avec plus de succès par Marion Maréchal Le Pen, étoile montante du Front National. Jusqu'au plus haut niveau du parti on s'emmêle les pinceaux entre politique et laïcité et sans pudeur on étale ses lamentables analyses dans les médias.

Récupération ou initiatives isolées ? Tout cela était visiblement planifié, le congrès du Front National n'aura pas servi à rien ! Ils sont tellement obsédés par leur islamophobie qu'ils en oublient le principe de base de tout bon citoyen de notre république : "Nul n'est censé ignorer la loi." Ils le piétinent allègrement sous prétexte de préserver des traditions religieuses. La place des crèches est dans les églises ! Que les églises de France ouvrent donc leurs portes pour que les catholiques puissent y prier à l'heure qui leur convient, admirer les crèches et trouver le réconfort dont ils ont besoin, cela oui ce serait naturel. Mais que les mairies suppléent au rôle de l'église là on peut s'interroger ! La loi de 1905 sur la séparation DES églises et de l'état serait-elle en danger ? Rappelons que tous les cultes et leurs traditions sont concernés. Mais cela le Front National l'a soigneusement mis de côté ! C'est vrai que mettre au même niveau les chrétiens, les musulmans, les juifs et toutes les autres croyances n'entre pas du tout dans leur programme de désinformation acharnée.

Sur les réseaux sociaux les patriotes de tous poils se déchaînent et stigmatisent la laïcité parfois avec violence, allant jusqu'à insulter et menacer ceux qui prônent la défense de la laïcité. La plupart d'entre eux n'ont qu'une vision formatée de leur propre croyance et ils mélangent politique et tradition chrétienne dans un absurde amalgame principalement islamophobe. 

Alors oui les beaucairois vont admirer la crèche provençale installée dans la cour de leur mairie, oui ils la trouvent belle et les enfants sont contents, oui ils aiment les santons de leur provence. Mais le mépris affiché de Julien Sanchez pour les préceptes de laïcité se sont accumulés depuis le début de son mandat et là c'est la cerise sur le gâteau ! Non pardon, sur la bûche !

Petite piqûre de rappel aux incultes :

En l'an 325 le Concile de Nicée a permis l'entrée des pratiques païennes dans un christianisme imposé par l'empereur Constantin pour ramener la paix dans l'empire romain. Oeuvre poursuivie par le pape Julius 1er qui annonça simplement en l'an 375 que le 25 décembre était la date officiellement "découverte" de la naissance du Christ. Ce qui a permis de rassembler les païens, et notamment les mithraistes, au sein de l'église catholique et romaine. S'il y avait eu à cette époque séparation des églises et des états le christianisme n'aurait pas pu s'étendre à ce point et certains cultes païens auraient probablement survécu. Il n'en demeure pas moins que les fêtes chrétiennes que nous avons incluses dans nos traditions sont à l'origine des fêtes païennes et que nous continuons à festoyer selon des règles établies bien avant la naissance du christianisme.

jeudi 4 décembre 2014

NOËL VERSION FRONT NATIONAL



Ils ont osé ! Julien Sanchez et ses élus nous gratifient d'illuminations de Noël inédites et sans beaucoup m'avancer je pense qu'en France c'est une première du genre ! A vérifier... Depuis ce soir les platanes qui bordent le canal de Beaucaire sont habillés de guirlandes lumineuses dont l'alternance bleu blanc rouge ne laisse aucun doute sur la présence du Front National dans notre ville. 

Certaines municipalités offrent à leurs habitants un Noël traditionnel et hivernal à souhait, d'autres penchent pour un Noël exotique plus en adéquation avec leur climat, à Beaucaire on nous avait annoncé un Noël Provençal pour renouer avec les traditions chères à notre maire et ses compagnons de route. Traditions que nous étions pour la plupart heureux de (re)découvrir. Nous nous attendions à une décoration rouge et or et notre ville, quel manque d'imagination de notre part !

Ce soir le doute s'empare des beaucairois ! Ces illuminations bleu blanc rouge nous évoquent furieusement le 14 juillet et nous ne savons plus sur quel pied danser... Faudra-t-il qu'en lieu et place des chants de noël que nous prenons chaque année tant de plaisir à écouter nous chantions la Marseillaise sous le sapin avant d'autoriser nos enfants à ouvrir leurs cadeaux ? Notre petit cœur s'emballe de ferveur patriotique à cette évocation, mais entre cela et le sourire de nos enfants le choix s'impose en leur faveur. La quiétude d'un Noël en famille ne s'habille pas de bleu blanc rouge.

Avouons-le ! Nous sommes tous très impatients de découvrir le sapin de Noël qui trône d'ordinaire sur la place de la Mairie et nous l'habillons déjà dans nos cauchemars d'énormes rosettes républicaines !

Si l'on ajoute à cela la crèche provençale qui sera dressée dans la cour de la Mairie en totale contradiction avec la loi sur la séparation de l'église et de l'état nous voilà embarqués dans une aventure de fin d'année qui ressemble plus à une campagne politique qu'au fêtes de Noël de notre enfance. Mais c'est vrai que Julien Sanchez ne ressemble pas vraiment au Père Noël...

dimanche 30 novembre 2014

LE PEN : UNE DYNASTIE DU RACISME


Le Front National fonctionne sur un modèle monarchique absolu pour ne pas dire totalitaire. La famille Le Pen perpétue au travers des générations la gouvernance d'un parti fondé sur la xénophobie et la discrimination. Le Congrès qui vient de se dérouler ce week-end à Lyon n'a pas ébranlé les fondations d'un pouvoir qui se transmet avec la même sérénité qu'une recette de famille.

Maître à penser incontesté des extrémistes en tous genres, admiré voire vénéré par les anciens comme par les plus jeunes, Jean-Marie Le Pen n'a jamais cessé de défendre sa vision du parti depuis  sa fondation par Ordre Nouveau en 1972. Sa ligne directrice demeure inchangée, toujours aussi acharnée à stigmatiser l'étranger quel qu'il soit et d'où qu'il provienne. Il reste le chef de file respecté des nationalistes français et il faut lui reconnaître un entêtement à suivre la ligne conductrice qu'il a initiée sans avoir jamais dévié. Les dérapages ponctuels dont il nous régale sont soigneusement contrôlés et contribuent au succès grandissant du Front National en divertissant la presse à laquelle il donne matière à citer son nom encore et encore. Assurant ainsi à son parti une publicité récurrente qui pour aussi douteuse qu'elle soit se révèle redoutablement efficace ! Jean-Marie Le Pen est une épée à double tranchant. D'un côté il choque par ses propos et ses écarts de langage, de l'autre il rassure un électorat qui ne se reconnaît pas toujours dans la nouvelle politique menée par le directoire.

Marine le Pen est à la tête du parti depuis le congrès national de Tours en 2011 et a su le faire évoluer vers la respectabilité que l'on attend d'un parti politique de cette envergure. Respectabilité de façade uniquement basée sur des faux-semblants, et envergure acquise en ratissant le plus largement possible avec un discours populiste et démagogique qui sonne comme une promesse de paradis aux oreilles des frustrés en tous genres. Personne n'a pour l'instant la stature pour prétendre au trône transmis par son père, Bruno Gollnisch avait essayé et il a perdu. Marine Le Pen veille depuis des années à cette image de française moyenne qui permet à chacun de se sentir en phase avec elle. La sobriété de ses tenues, sa vie de famille somme toute banale très loin de celle d'une riche héritière, ses démêlés avec la justice pour ses points de permis, ses "fâcheries" avec son père et jusqu'à la perte de son chat sont mis à la portée des français par des tweets et de brefs communiqués habilement distillés qui lui assurent la sympathie et le regard bienveillant de ses électeurs. Marine Le Pen se flatte de ressentir ce que ressent le peuple et le peuple aime çà ! Sa proximité identificatoire (pour reprendre une formule du sondeur IFOP Frédéric Daby) et sa simplicité ont décomplexé la parole raciste, et la parole tout court de ce peuple français qu'elle entend défendre et représenter. A tous égards elle demeure la reine incontestée de cette dynastie politique et bien malin celui qui parviendra à la déstabiliser. Marine Le Pen est un roc sans états d'âmes qui n'aspire qu'à une seule chose : le pouvoir absolu.

Dans la continuité familiale l'ascension fulgurante de la benjamine, Marion Maréchal Le Pen est inquiétante à bien des égards. Jeune et jolie, intelligente, elle incarne cette jeunesse frontiste policée qui contribue à asseoir la respectabilité du Front National.  Pourtant Marion Maréchal Le Pen s'inscrit dans la droite ligne d'une politique identitaire sans concession qu'elle revendique avec le sourire et une belle aisance. Ses arguments elle les dispense aux médias sans hésiter, ses soutiens elle les trouve aussi bien parmi les cadres du parti qu'au sein des groupuscules identitaires et elle bénéficie de celui, inconditionnel semble-t-il, d'un Jean-Marie Le Pen rayonnant de fierté. En lui transmettant ses idées les plus nauséeuses en même temps que son nom il réussi un doublé là où il avait échoué avec sa fille. Il n'y a pas à douter que la benjamine continue son ascension au sein du Front National et devienne un jour prochain la plus sérieuse candidate à la succession que l'on puisse envisager. Pour l'instant elle se tient modestement à l'écart du bureau exécutif pour ne pas alimenter les craintes d'un front exclusivement familial à la gouvernance du parti, mais en remportant haut la main l'élection au Comité Central du parti devant un Florian Philippot dont la ligne nationaliste étatiste ne rassemble pas tous les militants elle s'installe dans un fauteuil confortable à la droite du trône. Sa popularité et les idées somme toute classiques qui ont présidé à la création du Front National et qu'elle perpétue assurent au parti l'adhésion de la frange la plus extrémiste du nationalisme identitaire en France. Avec Marion Maréchal Le Pen le parti joue sur les deux tableaux, grâce à elle Marine Le Pen voit grand et elle voit loin. 

Le famille Le Pen peut envisager l'avenir sereinement. La normalisation entreprise depuis quelques années porte ses fruits, il n'est plus marginal de voter Front National, encore moins d'assumer une adhésion à son idéologie et son programme politique. La vacuité de celui-ci se noie dans les grandes lignes d'un discours discriminatoire et xénophobe, réceptacle parfait des revendications et des peur d'une partie de la population française. L'immigré devient ainsi le bouc émissaire tout désigné des crises que vit notre pays, économiques aussi bien que sociales et politiques. Le Front National porte désormais ses regards sur cet électorat absentéiste auquel elle offre sur un plateau la motivation qui les fera sortir de chez eux. La complaisance de certains médias alimente la progression et la normalisation d'un parti qu'ils n'osent pas pour la plupart attaquer frontalement. Recevoir les pointures du Front National, donner la parole aux pseudos penseurs qui étoffent des théories dont il ne reste en mémoire que le plus inquiétant des racismes, faire la part belle aux déclarations de toutes sortes... Et oublier qu'en face quelques-uns se démènent pour crier la vérité, pour informer, pour alerter ! Résultat ? Un électorat dangereux qui s'étend et grandit parmi toutes les couches sociales de la population, une parole raciste libérée, décomplexée et de plus en plus agressive. L'histoire nous l'a pourtant appris : l'extrême droite devient majoritaire dans un pays quand elle atteint toutes les couches de la société et finit par rallier la bourgeoisie. Nous y sommes, et c'est cela qui doit nous alerter.

La lignée Le Pen n'est pas prête de s'éteindre. Le vieux roi est toujours alerte, la reine tisse sa toile et la princesse étend son pouvoir. Ce n'est pas un conte de fées. Ne vous y trompez pas, c'est une pièce dramatique en trois actes et l'on est déjà au cœur du second. Il est temps, Peuple de France, de te révolter !!!

mardi 11 novembre 2014

UN IDENTITAIRE DANS NOS MURS !


Quand Julien Sanchez engage le porte-parole de Génération Identitaire au poste de Directeur Adjoint de la Communication je me pose des questions. Pas vous ? Beaucairois ouvrez les yeux !!!

Damien Rieu a 25 ans et un bagage de diplômes que le maire nous a déroulé avec délectation lors du dernier Conseil Municipal pour légitimer son recrutement. Il a grandi à Villeurbanne, une banlieue lyonnaise qui offre la mixité culturelle et sociale qui, selon ses propres dires, l'a conduit dans les bras de Génération Identitaire. Parce qu'il lui faut apparemment justifier ses choix vis à vis des jeunes auxquels il s'est adressé dans un discours fort et haineux au Meeting de Génération Identitaire qui a eu lieu le 27 octobre dernier à Paris. Il est surtout membre du bureau directeur de Bloc Identitaire. Militant identitaire depuis 2007 il a participé à la création de Rebeyne!, le mouvement des jeunes identitaires lyonnais et il était membre du bureau de l'Autre Jeunesse avant de devenir le Porte-Parole de Génération Identitaire. Sa bête noire c'est l'islam. Damien Rieu a dénombré l'évolution du nombre de mosquées au fil des années et s'est "amusé" sic. à les aligner sur une ligne droite reliant Lille à Perpignan, ce qui ferait 1 mosquée tous les 350 mètres. Ce qui lui permet d'affirmer que la religion musulmane est incompatible avec la société française et de préconiser sans s'émouvoir que ceux qui ont fait le voyage dans un sens peuvent le faire dans l'autre ! Il est d'ailleurs actuellement mis en examen pour son action avec d'autres membres de Génération Identitaire sur le chantier de la Grande Mosquée de Poitiers en octobre 2012 et il est à ce jour soumis à  un contrôle judiciaire très strict. Mais Damien Rieu estime que ces faits relèvent de la sphère privée et n'ont rien à voir avec le poste qu'il occupe à la mairie de Beaucaire. Ce sont pourtant les conséquences de son engagement politique, donc public. La vérité est que la mixité de la population beaucairoise apportera de l'eau à son moulin et l'aidera à étayer les théories fumeuses du Grand Remplacement auxquelles il adhère sans restrictions et pour lesquelles il s'exprimera aux Assises de la Remigration ce week-end à Paris. Insolence et prétention de cette jeunesse sans expérience qui ose donner des leçons et dénigre le savoir de ceux qui ont vécu ! Si c'est cela le creuset de notre avenir, franchement nous n'en voulons pas...

Une fois de plus tous les regards convergent vers Beaucaire, et cette fois encore pour de mauvaises raisons. L'embauche de Damien Rieu nous met sur la sellette de l'information. Quelle triste publicité pour notre ville ! Nous aimerions que Beaucaire soit citée dans les médias pour des choses positives, cela nous changerait bien agréablement ! Quand Julien Sanchez confiait vouloir faire de Beaucaire la vitrine du Front National il omettait de dire que dans tout le bleu blanc rouge dans lequel il nous noie il ajouterait le noir qu'affectionnent les identitaires. Omission réfléchie, parce que n'en doutez pas il a songé à tout. Il n'a pas engagé Damien Rieu par hasard. Il aurait pu examiner les curriculum vitae de jeunes beaucairois compétents mais il n'en a rien fait. Il est allé chercher au sein de cette jeunesse haineuse et revancharde celui que l'Humanité a surnommé le Petit Prince des Causes Obscures, le porte-parole d'un mouvement identitaire qui diffuse carrément une "déclaration de guerre" sic. et qui revendique le racisme le plus dur qui soit dans notre pays. Une preuve de plus que le Front National gère ses municipalités en pratiquant le copinage qu'il reprochait à ses prédécesseurs et entend imposer les aspects les plus radicaux de son idéologie !

Sur les réseaux sociaux les identitaires se gargarisent de satisfaction, les félicitations douteuses pleuvent sur Julien Sanchez qui pavoise, et pendant ce temps on oublie de demander aux beaucairois ce qu'ils pensent de cette décision qui souille l'image de leur ville. Il est un peu facile de toujours mettre en avant la démocratie pour marcher sur les électeurs beaucairois qui n'ont pas voté pour la liste de Julien Sanchez, et ils sont nombreux. Depuis son élection Julien Sanchez ne manque jamais une occasion d'affirmer qu'il a été élu par une majorité de beaucairois soucieux de balayer sur le seuil de leur mairie, il passe sous silence les effets néfastes de la quadrangulaire qui l'a installé dans son fauteuil de maire. Mais soyons précis !  Si l'on additionne les votes en faveur de Jacques Bourbousson (29%) de Christophe André (24,31%) et de Claude Dubois (6,85%) on obtient 60,16 % de votes contre le Front national. Ce qui fait dans notre ville 60,16 % de personnes tolérantes qui souhaitent continuer à vivre ensemble. 60,16 % de beaucairois qui aiment tout autant leur ville que les 39,81 % qui ont élu Julien Sanchez. Alors replaçons les faits dans leur réalité et cessons de dire que Beaucaire a voulu un maire Front National ! C'est faux.

Faire entrer un identitaire au coeur de la mairie de Beaucaire c'est adresser un message détestable à ses habitants issus de l'immigration. C'est un manque flagrant de respect envers ceux qui se sont établis dans notre ville, qui y vivent en paix et y travaillent, qui paient des impôts tout comme nous et qui élèvent leurs enfants avec les nôtres. Cela revient à entamer une procédure d'expulsion particulièrement vicieuse en se défendant de le faire ! Nous, beaucairois, ne voulons pas de Damien Rieu et de ses semblables dans notre ville. Nous ne voulons pas du virus de la haine qu'il ne manquera pas de propager dans nos rues, nos foyers et nos écoles. Pour l'enrayer nous ne voyons qu'une solution : les flammes du bûcher. Virtuel cela va de soi. Nous, nous ne sommes pas violents.




dimanche 2 novembre 2014

DU RIFIFI AU PARADIS !



Tous ceux qui l'ont approché vous parleront de l'urbanité dont fait preuve Julien Sanchez et de sa parfaite maîtrise de lui-même face à ceux qui le prennent à parti sur sa politique municipale et celle du Front National. Mais cela ce n'est que la façade, celle qu'offre l'homme politique pour soigner son image et qui en fait l'idole de ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.

En séance du Conseil Municipal cet homme aimable fait place à son double et nous laisse entrevoir les méandres d'un esprit autoritaire, capable de trancher dans le vif, qui manie un humour caustique et tranchant ! Sa bête noire c'est Christophe André qu'il attaque volontiers sur ses liens affectifs avec son père, Jean-Marie André, maire de Beaucaire très controversé pour ses prises de position racistes et son manque d'ouverture aux autres. Les attaques de Julien Sanchez sont allées crescendo depuis le début de sa mandature jusqu'à atteindre un niveau plus que choquant lors du dernier Conseil Municipal. Car s'il est coutumier pour un maire de faire des procès d'intention à ses prédécesseurs il l'est moins d'insulter publiquement leurs familles, en l'occurrence le fils. Critiquer sans nuances l'éducation donnée à ses enfants, relier sans cesse le fils à son père en lui déniant toute volonté propre c'est aller beaucoup trop loin. Nous avons pu ainsi assister à des échanges verbaux inappropriés dans la salle du Conseil, ce qui a choqué nombre de personnes présentes. Attaquer quelqu'un sur sa sphère privée c'est faire de la politique à l'américaine, bas de gamme et à ras des pâquerettes ! Les responsabilités municipales montent visiblement à la tête de Julien Sanchez qui fait la police comme au bon vieux temps de la Gestapo en coupant le micro de Christophe André, en lui interdisant de s'exprimer et en le menaçant de le faire expulser. Stoppant de ce fait la prise de parole de Claude Dubois qui n'a guère apprécié et on le comprend ! Un peu colérique notre maire... 

Cela ne joue pas en sa faveur et déclenche un mouvement de sympathie en faveur de Christophe André et de Claude Dubois qu'il n'a certainement pas envisagé et qui le met en fâcheuse posture pour l'avenir. Les gens ont la mémoire courte, et les fautes du passé pourraient bien tomber dans les oubliettes pour ne laisser place qu'aux actions présentes ! Il faut reconnaître que dans ces longs, parfois même très longs Conseils Municipaux, les deux seuls membres de l'opposition qui s'expriment sur des sujets sensibles ce sont eux. Chacun avec leur style propre mais avec netteté et même une pointe d'humour ! Les réparties fusent et amusent la galerie, Julien Sanchez lui-même n'en manque pas et cela permet de détendre l'atmosphère. Mais jouer sur les mots pour éluder une réponse embarrassante comme il l'a fait de nombreuses fois, et notamment en répondant à la question de Christophe André concernant le poste occupé par Holly Harvey Turchet ce n'est pas fairplay ! Cette personne est toujours officiellement en maladie, donc appointée par la municipalité. Elle a miraculeusement échappé au grand chambardement qui a secoué le petit monde des employés municipaux auxquels Julien Sanchez a attribué d'autres postes sans solliciter leur accord ni se soucier de leurs attentes ou compétences professionnelles. Ce qui occasionne quelques grincements de dents... Il est préoccupant de savoir que ces mutations internes se font non pas pour dynamiser la gestion de la ville mais simplement pour mettre sur le banc de touche les employés municipaux qui ne sympathisent pas avec la majorité municipale. Cela de surcroît sans formation adéquate pour les postes de destination. Le devoir de réserve rappelé sans nuances à ces employés n'est curieusement pas de mise pour quelques autres qui ont saisi l'opportunité de retourner leurs vestes et qui surfent sur la vague bleu blanc rouge avec délectation ! C'est bien connu, il vaut mieux s'adresser au Bon Dieu qu'à ses saints, cela certains l'ont vite compris et certaines n'ont pas hésité à s'offrir en gage de leur bonne foi et de leur dévouement. C'est vrai que le temps passe et que nous vieillissons tous, assurer ses arrières et ses vieux jours en mettant de côté moralité et conscience ma foi c'est humain... Ou pas.


Il est possible que ces décisions soient profitables à la ville de Beaucaire sur le long terme, et il est évident que certains changements sont les bienvenus mais ils se comptent sur les doigts d'une seule main. Comme les horaires d'ouverture de la Bibliothèque Municipale qui passent à 35 heures avec 8 agents municipaux au lieu des 5 présents jusqu'à ce jour. Une première pour une ville de 16000 habitants ! Mais affirmer dans le même temps "Nous aimons la culture, surtout Mireille Fougasse" sic. franchement cela ne trompe que ceux qui justement n'en ont pas ou peu ! Julien Sanchez et son adjointe doivent penser que les beaucairois n'ont pas suffisamment de culture pour s'étonner du peu qu'il leur propose, ils les dévalorise et ne font pas l'effort de les emmener à la découverte de tout ce que le monde des arts au sens le plus large du terme aurait à leur offrir. C'est regrettable mais de leur part nous ne nous attendions pas à autre chose. Dans le même temps les animations scolaires sont restreintes, les TAP (Temps d'Activités Périscolaires) sont très mal gérés et ne proposent pas aux enfants l'éventail d'activités alléchant annoncé par la municipalité, le Relais Jeunes est fermé depuis le mois de juillet, les animateurs mutés au Centre de Loisirs... Tout cela est passé sous silence, il est impossible d'obtenir des réponses précises à des questions clairement posées et il semble évident que l'opposition est tenue à l'écart et n'en sait guère plus que le commun des mortels.

Ajoutons à cela qu'en début de ce Conseil Municipal Julien Sanchez nous a passé en revue son emploi du temps en ne manquant pas de se jeter des fleurs au passage, de féliciter ses élus, et bien entendu de nous faire un cours de politique sur les faiblesses du gouvernement en place mais aussi des précédents. Attitude qu'il a maintenue tout au long du Conseil malgré les remarques pertinentes de l'opposition émises par les voix de Christophe André et de Claude Dubois. 

Pour finir, en réponse à une question de Christophe André, Julien Sanchez a affirmé que le journal d'informations municipales de la ville de Beaucaire était en préparation, qu'il comporterait un espace de libre expression pour l'opposition et qu'il serait diffusé avant la fin de l'année. Il n'a pas précisé laquelle, espérons qu'il s'agisse bien de 2014.