samedi 23 février 2019

"LES LABORATOIRES DE LA HAINE" Rencontre avec Hacène Belmessous


La vie nous fait parfois des cadeaux. De temps à autre elle nous offre l'opportunité de faire de belles rencontres, et c'est ce que j'ai ressenti dès mon premier contact avec Hacène Belmessous. Alors qu'il me présentait son projet mes neurones s'entrechoquaient en sautant de joie, analysant l'aubaine que serait son livre pour les collectifs citoyens qui luttent au quotidien depuis cinq ans dans les villes gérées par des maires du Front National. Quelqu'un allait enfin plonger dans l'enfer de la gestion frontiste ! Quelqu'un de sérieux, étranger à nos villes et non partisan. Un chercheur qui prendrait le temps de mener une enquête minutieuse, et dont les ouvrages précédents étaient la preuve de sa rigueur et de son investissement. Tout de suite j'ai pensé : "Çà va faire mal !" Le livre, indubitablement, s'annonçait comme une claque vigoureuse qui réveillerait les consciences endormies et ramènerait la gestion  de nos villes au triste niveau que nous ne cessions de dénoncer. Un livre choc !  Et c'est exactement ce qu'il est.

Hacène Belmessous est un chercheur et ancien journaliste qui travaille sur les sociologies urbaines. Il mène sur plusieurs années des enquêtes sociales longues et rigoureuses qui vont au fond des choses, il analyse des faits, des situations, des réalités. Bref, il est dans le concret. Pendant trois ans il a interrogé les beaucairois qui acceptaient de lui parler, et cela est allé de simples citoyens croisés dans un bar ou sur le marché à des commerçants, des politiques, des personnes investies dans le monde associatif et des travailleurs sociaux. Il a assisté à des conseils municipaux dans les villes qu'il ciblait : Mantes-la-Ville et Beaucaire, et rencontré l'un des deux maires. Comme il fallait s'y attendre, Julien Sanchez est celui qui n'a pas donné suite à la démarche de Hacène. Mauvais joueur le maire ? Certes ! Il est tout au long des pages consacrées à sa gestion mis en fort mauvaise posture par l'auteur qui appuie son analyse par des arguments juridiques imparables.

Dès le départ nous avons accompagné Hacène Belmessous dans son enquête en le mettant en contact avec les personnes susceptibles d'étayer son travail, et nous nous en félicitons. Le résultat est bluffant ! Nous avons organisé une rencontre débat à Beaucaire, et nous en avons des retours très positifs. Sans conteste l'auteur a été à la hauteur de ce que les personnes présentes en attendaient, et même au-delà. Après nos diverses rencontres avec lui avec lui nous savions qu'il saurait les captiver, il l'a fait.

Ecouter Hacène Belmessous parler de son travail, débattre avec lui, confronter notre vécu avec ce qu'il retire de ses trois années d'enquête, cela donne lieu à de longs et formidables échanges aux quels il est frustrant de mettre un terme. Nous sommes quelques-uns à avoir pu profiter de sa présence à Beaucaire pour évoquer et approfondir des points précis de gestion qui nous questionnaient depuis que Julien Sanchez a pris en mains les rênes de notre ville. Le chercheur place haut la barre de ses analyses sur la gestion frontiste, et sa réflexion concrétise celle que nous menons localement depuis la création du Rassemblement Citoyen de Beaucaire en 2014, mais également collectivement avec la Coordination Nationale des Collectifs Citoyens. Son livre nous conforte dans notre démarche de dénonciation d'une gestion basée sur une idéologie mortifère et discriminatoire qui n'a aucune volonté sociale. Il nous donne également des pistes pour tenter d'y mettre un terme, et nous y réfléchissons déjà très sérieusement. 

Notes
  • Sa dédicace est un clin d'oeil à Winston Churchill qui nous honore et nous encourage à poursuivre le combat #merci
  • La Coordination Nationale des Collectifs Citoyens (CNCC) regroupe depuis le 29 juin 2014 les associations des villes de Beaucaire, Béziers, Cogolin, Fréjus, Hayange, Le Luc-en-Provence et Mantes-la-Ville, ainsi que l'UEJF et SOS Racisme

samedi 9 février 2019

LE MAIRE EST VEXÉ...


Il est vexé notre maire ! Bouh... Pour un peu il se roulerait par terre en live pour se plaindre de n'avoir pas fait partie des cinquante maires du Gard invités à Souillac dans le cadre du Grand Débat National. Discriminé qu'il est ! Si, si ! Le pôvre voulait tellement rencontrer le Président de la République pour lui apprendre à faire son job, et le voilà relégué tout seul dans sa mairie, loin des sunlights et de ces médias après lesquels il court sans discontinuer pour exister. Il s'était certainement préparé à l'un de ces discours truffés d'attaques sournoises et de contre vérités dont il a le secret, que deviendra-t-il sans personne à qui donner des leçons de gouvernance ? Lui qui s'y prend si mal devrait d'ailleurs envisager de suivre des cours du soir en accéléré auprès de personnes compétentes, ce qui exclut d'emblée la formation interne du Front National dispensée par Jean Lin Lacapelle avant le scrutin de 2014. Pour en subir les conséquences depuis l'élection de Julien Sanchez et consorts (et là j'ai une pensée émue pour mes amis des collectifs citoyens des villes si mal gérées par le FN/RN) je peux affirmer qu'avant de songer à faire part de sa triste expérience du sujet au plus haut niveau de l'Etat, il devrait se pencher sur ce qu'il a si mal fait à Beaucaire, voire même ce qu'il n'a pas fait du tout. Et ce faisant en prendre de la graine. Parce que là, il s'éparpille...

Dans le cas qui me préoccupe en écrivant ce billet, rappelons que les maires de France sont invités à participer au Grand Débat National, par le biais des rencontres avec Emmanuel Macron mais également dans leurs communes. Ils peuvent s'ils le souhaitent organiser une réunion d'initiative publique abordant les thématiques proposées, et dans tous les cas il leur est demandé de mettre à disposition des citoyens des cahiers de doléances. Julien Sanchez lui ne fait rien, ne mettant donc pas en pratique la démocratie participative qu'il se vante de pratiquer à Beaucaire.  Oh il affiche un joli slogan sur les affiches de la Tournée du Maire (de simples réunions de quartier) mais dans la réalité il en est très loin ! Celle-ci ne consiste pas à demeurer assis à l'écouter s'auto congratuler et se gargariser en notant ici et là quelques doléances portant majoritairement sur le défaut d'entretien de la ville, chacun fort légitimement se préoccupant en premier lieu des aléas de son quotidien. Ni à refuser en conseil municipal de répondre aux élus d'opposition qui l'interpellent sur des sujets touchant directement à la gestion de la ville. Sa conception toute personnelle de ce que doit être la démocratie participative à l'échelle locale serait réjouissante si elle n'était si pitoyable. 

Quid des cahiers de doléances ? Il estime d'évidence que le cahier de doléances ordinaire de la mairie et la boîte à idées  que personne n'a jamais vue depuis 2015 (égarée ?) suppléent à la demande de l'Etat. J'imagine la tête du président de la République lorsqu'il recevra le contenu desdits cahiers et boîte qui ne portent que sur des problématiques purement locales et n'ont absolument rien à voir avec les sujets du Grand Débat National. Beaucaire ! Une fois de plus il se ridiculisera, et nous avec... 

Donc il pleurniche, et une fois séchées ses larmes de crocodile il demande à notre députée, dont ce n'est pas le rôle, de suppléer à ses propres manquements... ?! Ce que bien évidemment elle ne fera pas. Répondre positivement à ce qui s'apparente plus à un ordre comminatoire qu'à une invitation en bonne et due forme, et connaissant l'oiseau et ses pratiques, on ne saurait trop lui conseiller de l'ignorer purement et simplement. Mais elle a répondu, arguant que "l'initiative de monsieur le Maire ne s'inscrit pas dans cette ambition de replacer les citoyens au centre des préoccupations, bien au contraire les beaucairoises et beaucairois se sentiraient davantage dépossédés de leur parole." (sic) Cela donnera-t-il à Julien Sanchez l'occasion  de débuter un nouveau procès pour discrimination politique en se victimisant ? A n'en pas douter ce sera là un feuilleton à suivre... A Beaucaire ce ne sont pas les péripéties juridiques qui manquent, et finalement on ne s'ennuie jamais ! D'ailleurs le maire à lui seul pourrait alimenter les épisodes quotidiens d'une web série sur toute une année. Il a déjà à son actif quelques déclarations outrancières affligeantes qui ont mis notre ville sous les feux des projecteurs pour de mauvaises raisons. La dernière en date, sortie hier, cible bien entendu notre députée et son suppléant, la première pour avoir décliné son invitation, le second juste pour être ce qu'il est. On comprend bien que la réponse de Françoise Dumas apporte de l'eau au moulin pleurnichard de Julien Sanchez, mais d'évidence elle n'allait pas se jeter dans la gueule du loup. Ainsi elle ne déconsidère nullement les beaucairois par son refus, elle replace simplement les faits en perspective. Mais cette perspective ne sied pas à notre maire, et moins encore le fait qu'elle prenne la tête au sein de LREM d'une cellule interne chargée de mettre en place une stratégie de lutte contre le Rassemblement National.

Morale de cette histoire ? Certains pleurnichent, d'autres agissent. Certains font des procès d'intention, voire des procès tout court, d'autres participent au débat démocratique. Certains critiquent pour critiquer, par ambition politicienne, quand d'autres essaient de changer les choses, d'avancer... Militer pour plus de démocratie n'entre certes pas dans les priorités du maire de Beaucaire ! Lui il a le nez dans son mouchoir, les traditions et la naphtaline.


Note
Julien Sanchez n'est pas adhérent de l'Association des Maires de France, hors c'est l'AMF qui a contacté les maires (une cinquantaine dans le Gard) pour les inviter au débat de Grand-Bourgtheroulde. Cela il le sait parfaitement, tout comme le sait Marine Le Pen qui appuie sa victimisation. La présidente de l'AMF du Gard, Pilar Chaleyssin, a indiqué que parmi la délégation gardoise se trouvaient des maires UDI, socialistes, LR et sans étiquette. Elle a également pointé le fait que la réunion de Souillac étant publique, «les maires qui n’avaient pas reçu d’invitation et souhaitaient s’y rendre pouvaient le faire savoir. Certains nous ont rejoints ainsi» (sic). Ce qu'a fait par exemple le maire UDI de Saint-Christol les Alès, Jean-Charles Benezet. 

vendredi 2 novembre 2018

LES CHOIX



Quoique l'on fasse, quel que soit le chemin que nous choisissons, nos choix nous définissent. Il nous suivent, ils nous collent à la peau, ils fondent notre personnalité et l'étoffent au fil des années. Nous le savons, dans la vie aucun chemin n'est aisé ni rectiligne. Nous sommes tous amenés à faire des choix qui orientent nos vies à des périodes clés. Parfois le choix s'impose comme une évidence, parfois il suscite un questionnement de bon aloi, parfois aussi il est source de tourments, voire même d'angoisse. Mais le fait est que nous devons choisir, et assumer ensuite les conséquences de ces choix. 

Ainsi en est-il également de toute démarche citoyenne. Il ne suffit pas de se battre pour une idée ou un projet, il faut essentiellement les porter sans rien renier des valeurs qui ont présidé à leur concrétisation. Tenir ce challenge dans la durée est la pierre d'achoppement dans laquelle nombreux sont ceux qui se prennent les pieds. Car il ne s'agit pas d'avancer à tout prix, pour ne pas dire à n'importe quel prix, mais de gagner en crédibilité en restant fidèle à ses engagements premiers. On remarque très vite le fossé qui se creuse entre l'argumentaire des politiques et ceux des citoyens lambda. Les premiers ne résisteront pas longtemps aux sirènes de la réussite et de la soif de pouvoir, il leur apparaîtra impératif de tenir le devant de la scène et pour ce faire ils n'hésiteront pas à piétiner lesdites valeurs pour toucher le plus grand nombre. Les autres s'attacheront à préserver les idéaux républicains trop souvent bafoués qui les ont amenés à s'engager pour un même projet, une même idée. Idéaux qui ne se conçoivent pas sans une parfaite intégrité et une franchise idoine.

L'égalité par exemple n'est pas une notion bateau que l'on peut se permettre de brandir quand cela nous arrange, et ranger dans un tiroir lorsqu'elle ne sert plus nos intérêts. Un exercice devenu si courant que nous ne devrions plus nous en étonner, et pourtant... C'est une forme de discrimination, mais les personnes qui en portent la responsabilité ne sont pas capables de l'assumer et s'en défendent avec de si pauvres arguments qu'ils nous feraient rire s'ils n'étaient la preuve d'un manque flagrant d'intégrité. On ne joue pas impunément avec la vie, pas plus avec la nôtre qu'avec celle des autres. Nos choix nous engagent et nous portent, ils sont la résultante de notre niveau de moralité. Une notion qui semble désuète mais qui prend tout son sens dans l'époque truffée de faux-semblants que nous vivons

Alors bien sûr tous les politiciens ne sont pas roués et menteurs, de même tous les citoyens ne sont pas garants du respect de ces valeurs qu'ils prétendent défendre. Certains échappent aux normes, ce qui permet à des groupes de rééquilibrer les forces en présence et de garder la tête hors de l'eau... Certaines fois ils inversent leurs rôles ou se rejoignent au sein d'une même ambition, bousculant ce que vous-même prônez par votre propre engagement, vous mettant en position totalement inconfortable. Vous obligeant à faire un choix. Sans imaginer qu'ils risquent d'en payer le prix.

Il y a dans tout cela cette notion de juste milieu qui semble être une parfaite échappatoire, mais qui finalement n'est que cela et n'augure pas d'un avenir serein. Une échappatoire n'est pas une solution digne et viable, c'est un pis aller, un plan B qui permet aux politiques de sauver leurs miches et aux citoyens de se donner bonne conscience. Car à composer avec les fondamentaux d'une humanité qui devrait être avant toute chose respectée et préservée, on lui porte un coup fatal dont elle pourrait bien un jour ne pas se relever. Ce qui, hélas ! n'est plus depuis longtemps le souci majeur de ceux qui confondent compromis avec compromission. S'il l'a jamais été...

Tenir ses engagements c'est affirmer ses choix, c'est respecter tout ce qui en dépend. Les êtres et les choses, les idées, les idéaux et les projets. Mais surtout, choisir c'est accepter qu'il n'y ait pas de retour en arrière, parce que nos choix nous changent profondément et irrémédiablement. Et qu'il ne suffira pas de faire amende honorable pour être dédouané de ses choix passés. La vie passera l'addition, et pour les moins respectueux elle pourrait être salée. 

mercredi 24 octobre 2018

PENDRE LE VILAIN


Dans le verbe "vilipender" (cf 1) il y en a un autre, le verbe "pendre". Précédé du qualificatif "vil" (cf 2) on peut le traduire littéralement par "pendre le vilain" (cf 3). Soit pour une formule plus souple et plus actuelle "traiter avec mépris le malhonnête". Son utilisation dans sa forme bienséante revient à pendre de viles personnes par le biais de vigoureux propos qui dénigrent leur cible. Pendre une personne virtuellement est un exercice courant sur les réseaux sociaux mais qui n'est pas si aisé qu'il y paraît, vilipender ne devant en principe entraîner aucune insulte caractérisée ni grossièreté ou vulgarité d'aucune sorte. Et c'est là que le bât blesse.

Certains s'y essaient avec succès, d'autres font grincer des dents mais on leur accorde le bénéfice du doute, d'autres encore font monter le rouge de la colère et de la honte au front des internautes. Honte pour leur manque d'éducation, honte pour la faiblesse voire l'inexistence de leurs arguments, honte pour la petitesse de leur propos qui évoque irrésistiblement la hargne de ces roquets insupportables qui aboient à tort et à travers juste pour entendre leur propre voix. Colère quand les insultes se mêlent à la bassesse, colère quand la grossièreté tient lieu d'argumentation, colère quand diffamation et mensonges sont omniprésents dans une méprisable tentative de vous mettre à terre...

On l'aura compris, vilipender n'est pas à la portée de tous. Encore moins de celle des revanchards, pleurnichards et autres adorateurs sans consistance qui nuisent plus à ce qu'ils prétendent défendre qu'ils ne le servent. On constatera que ce sont les plus mauvais vilipendeurs qui s'obstinent dans l'exercice, sans doute dans l'espoir de parvenir à égaler les meilleurs ! Au risque de se ridiculiser ils pourchassent l'objet de leur haine sur les forums de discussion pour ressasser encore et encore les méchancetés et imbécillités qu'ils éructent comme d'autres pètent, sans aucune retenue et encore moins de savoir vivre. L'odeur pestilentielle étant la même ! Car la haine pue. Impossible pour ces gens-là de faire bonne figure, on les sent arriver à cent lieues... Et l'on aimerait qu'ils cessent de vilipender pour que l'atmosphère redevienne respirable. 

Et puis soyons honnêtes ! N'est pas méchant qui veut. Il n'est pas donné à tout un chacun de savoir manier la plume et les mots pour enterrer l'adversaire sans aucune chance de retour. Que l'on s'en délecte ou pas, et pour ma part je le reconnais bien volontiers que j'adore çà ! il ne coule pas de source de doser à parts égales le mépris et l'ironie. Laquelle est un atout indispensable de l'exercice. Ceux qui s'obstinent le fond en persistant à méconnaître l'inévitable résultat, on est en droit de penser que finalement il aiment toucher le fond de leur propre connerie... Le seul avantage que l'on y trouve c'est que l'on peut peut continuer à jouer. Et cela c'est un plaisir à ce jour inégalé.

Allez viens ! On joue...

Notes

1/ Traiter quelqu'un, quelque chose avec beaucoup de mépris
(du bas latin vilipendere, du latin classique vilis, sans valeur, et pendere, estimer)

2/ Qui suscite le plus profond mépris

3/ Qui est moralement laid, malhonnête ou indécent

samedi 20 octobre 2018

DE LA LÈCHE...

Adoration du Veau d'Or - Nicolas Poussin

Qu'on se le dise ! Depuis plus de quatre ans le seul muscle que travaillent les groupies inconditionnelles du maire de Beaucaire c'est la langue ! La lèche est devenue le sport local le plus évident à défaut d'être le plus raffiné. Quoique... Lécher est tout un art, le saviez-vous ? On n'utilise pas sa langue au hasard, comme çà, sur une envie insurmontable. Qu'il s'agisse de jeux sexuels ou politiques, et on peut aisément les confondre les uns avec les autres, il ne suffit pas d'y mettre toute son ardeur, il faut aussi apprendre à jouer de cet organe qui nous sert à tant de choses primordiales dans notre vie quotidienne. Dans ces circonstances une petite leçon de lèche s'impose...

Déjà ne sortez pas trop votre langue, vous finiriez par baver et cela n'est pas ragoûtant. Puis pensez bien à ne pas accompagner votre lèche de grognements ou borborygmes déplacés, l'objet de votre attention pourrait s'y méprendre et passer au stade supérieur sans que vous ayez donné votre consentement. En politique comme dans la chambre il faut savoir prendre des risques calculés pour ne pas atteindre un point de non retour. A ne pas confondre avec le point Godwin (cf 1), même si dans le cas que nous évoquons ici il se pourrait que... Mais non ! Vous n'y pensez pas ? Moi non plus.

Mais continuons notre cours de lèche. En fonction de la taille de votre langue et de votre niveau de dévotion, il vous faudra vous exercer à lécher de haut en bas, sans trop de pression, presque discrètement. Que l'on vous sache présent mais sans vous faire remarquer. Le léchage allant de pair avec l'adoration, l'objet de vos perpétuelles louanges doit pouvoir s'en délecter sans se sentir oppressé, faut de quoi il pourrait lui venir à l'idée de nous faire un burn out et de nous planter là, abandonnés au milieu des gravats du Quai de la Paix. Moi cela ne me dérangerait pas, et je garde d'ailleurs une bouteille de champagne au frais pour l'occasion, mais pour vous les léchouilleurs je crains le pire ! Vous retrouver langue pendante devant le trône déserté risquerait de vous causer un choc émotionnel d'une gravité que vous n'imaginez même pas, il n'est pas certain que vous vous en remettriez...

En lèche comme en tant d'autres domaines sachez que la concurrence est rude. Vos adversaires ne vous feront pas de cadeaux, et pour lécher tout à votre aise l'objet de vos envies il vous faudra jouer des coudes et prouver qu'à cet exercice peu commun vous méritez la première marche du podium. Champion(ne) du monde comme dirait ce brave Serge (cf 2) ! Donc entraînez-vous, ne baissez pas les bras ni la langue devant l'ampleur de la tâche, courage !

Léchez donc ! Mais léchez bien, patiemment et sans fanfaronnades, et surtout n'oubliez pas de garder vos œillères bien en place pendant l'exercice. S'il vous prenait la fantaisie de les ôter pour regarder en face la triste réalité que vous encensez, je n'ose envisager dans quels tourments cela vous précipiterait... 


Notes

1/ La loi de Godwin est une règle empirique provenant d'un énoncé fait en 1990 par Mike Godwin relatif au réseau Usenet, et popularisée depuis sur Internet :
« Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1. »
Dans un débat, atteindre le point Godwin revient à signifier à son interlocuteur qu'il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin.

2/ Serge Benamou, personnage de la série de films "La Vérité Si Je Mens" joué par José Garcia

samedi 13 octobre 2018

AUTOCRATIE vs JUSTICE


L'unilatéralité n'est bonne que pour la cuisson du saumon ! Julien Sanchez serait bien inspiré de s'en souvenir, lui qui accumule les décisions aussi intempestives qu'autocratiques, ne consultant même pas sa propre majorité municipale. A vouloir tout réguler, tout vérifier, tout décider quasiment seul il finira un jour par se planter ! On attend... Et par planter sa propre carrière politique. Nous l'espérons !

Mais ce jour n'est pas encore venu, et il nous faut supporter à Beaucaire une gestion municipale théâtralisée qui ne respecte rien ni personne, encore moins les lois et les décisions de justice que les administrés. Oublieuse du fait que toutes ces personnes sans cesse discriminées, montrées du doigt, stigmatisées par des élus dont la grande majorité profère des propos racistes avec le plus grand naturel, sont autant de voix avec lesquelles il faudra compter aux prochaines élections municipales. Un réservoir que Julien Sanchez entend bien caresser dans le sens du poil en temps et en heure, sans vouloir admettre qu'il trouvera porte close en bien des endroits. A trop secouer le cocotier on en perd les fruits ! Et pour reprendre une expression qui lui tient tellement à cœur qu'il nous la ressort à chaque conseil municipal, pour grimper au cocotier il faut avoir le slip propre ! Nous ne saurions trop lui suggérer de vérifier le sien, et celui de son parti par la même occasion...

Je suis pour ma part scandalisée de constater qu'une fois de plus le maire de Beaucaire ne tient aucun compte d'une décision de justice sur des décisions portant atteinte à la laïcité. Nous ne reviendrons pas sur le sujet brûlant des crèches installées chaque année dans l'Hôtel de Ville, ce n'est pas encore un débat de saison, nous attendrons Noël pour lancer le sujet... Nous rappellerons seulement qu'elles ont été déclarées illégales par trois décisions rendues le 16 mars 2018 par le Tribunal Administratif de Nîmes. Julien Sanchez l'a annoncé, nous aurons de nouveau une crèche en décembre 2018, puis en décembre 2019. Avec de la chance il ne sera plus là en 2020 pour perpétuer cette "tradition" qui n'existe que dans l'esprit des pseudos croisés identitaires de tout poil qui prolifèrent partout en France. La haine, le racisme et la xénophobie leur permettent un clonage exponentiel, inquiétant à défaut d'être réussi !

C'est dans l'air du temps d'aller à revers des décisions de justice pour les figures de l'extrême-droite et des mouvements identitaires. Cela l'est plus particulièrement pour les élus du Rassemblement National dont la présidente donne l'exemple en refusant de se rendre aux convocations qui lui sont adressées. Marine Le Pen proteste tellement haut et fort de son innocence dans la déplorable affaire des assistants parlementaires européens qui gangrène son parti qu'il n'y a plus grand monde pour y croire. S'il y en eût pour ce faire... Lorsque vous n'avez rien à vous reprocher et que vous n'avez violé aucune loi, vous vous présentez la tête haute devant les magistrats. Chercher à les éviter donne clairement à penser que vous êtes bel et bien responsable de ce dont vous êtes accusé. En tout état de cause que peut-on attendre d'un premier édile qui accorde sa confiance à un meneur identitaire (1) lourdement condamné par le Tribunal de Poitiers dans une affaire qui donne la nausée ? Que peut-on attendre d'un maire qui continue de lui confier la communication de la ville, et vous explique en conseil municipal qu'une démarche en appel équivaut à annuler ladite condamnation ? Cela alors même que la présence de cette personne porte préjudice à la réputation de notre ville ! Que peut-on attendre d'un homme qui se croit au-dessus des lois et se comporte comme tel depuis plus de quatre ans tout en passant son temps à saisir les tribunaux pour tout et n'importe quoi, et de préférence pour restreindre les libertés individuelles de ses administrés ? Tout cela n'est que politique politicienne des plus malsaine, et malheureusement ce sont vous et moi qui en faisons les frais.

Foin de tout ce merdier ! Ce qui importe, ce qui à moi personnellement me tient à cœur, ce sont les enfants volontairement discriminés par celui qui a oublié qu'il était aussi leur maire. Les petits beaucairois devraient être choyés, entourés, mis dans la lumière pour de bonnes raisons. C'est tout l'inverse qui se produit... Ce qui me fait bondir ce sont les atteintes à l'esprit de tolérance et d'égalité porté par la loi de 1905 qui encadre la laïcité. Le respect, la considération, le souci du bien-être de l'autre devraient prévaloir, c'est tout l'inverse que nous vivons... Ce qui m'insupporte c'est l'ambiance mortifère que cette équipe municipale incompétente est parvenue à installer dans nos rues. A tout instant nous sommes sur nos gardes, nous ne savons pas qui prête l'oreille à nos propos, qui ira les rapporter à qui de droit pour se faire valoir, qui osera un rapprochement mensonger dans l'espoir de nous nuire, qui virera casaque pour lécher les bottes du maire en tournant le dos aux libertés que nous défendons... C'est cela l'esprit qui prévaut dans notre ville depuis quatre ans que nous est imposée à tout instant une vision municipale passée par le prisme de la haine et du rejet.

Alors bien sûr cela ne nous empêche ni d'agir ni de parler, ni d'échanger ni d'espérer, mais cela nous pourrit quotidiennement la vie. J'assume pour ma part, et je suis loin d'être la seule, les combats dans lesquels je suis engagée. Je ne regrette pas un instant de me tenir aux côtés de ceux qui sont discriminés, et d'une certaine façon persécutés de mille et une façons par ceux qui devraient veiller sur eux. Julien Sanchez n'est pas uniquement le maire de ceux qui l'ont élu, il est aussi hélas celui de tous les autres. De ceux qui ont voté pour d'autres comme de ceux qui n'ont pas voté. Mais peu lui importe ! Il suit son bonhomme de chemin en toute quiétude, assuré d'avoir à chaque fois soufflé sur les peurs qui sont le fond de commerce de son parti, peu soucieux de laisser à Beaucaire une empreinte autre que celle de l'incompétence, de la haine, du rejet, des discriminations de toutes sortes. Un mini dictateur sans le talent de Charlie Chaplin, égaré en Terre d'Argence, dont on peut craindre que les décisions autocratiques ne s'arrêtent pas là !

Alors nous attendons... Il finira par partir #BonVent


(1) Damien Lefèvre, dit Rieu, ex porte parole de Génération Identitaire, condamné à 1 an de prison avec sursis, 2 ans de mise à l’épreuve et 5 ans de privation de ses droits civiques, civils et de famille au titre de l'article 131-26 du Code pénal pour "provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe en raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée" et pour "dégradations commises en réunion" suite à l'occupation du chantier de la Mosquée de Poitiers en 2012 

lundi 27 août 2018

#BalanceTonFacho


Donc les fachos s'infiltrent... Ils sont partout, s'invitent dans les associations de défense des traditions et de la culture locale ou régionale, se glissent à table entre votre vieux pote de maternelle et votre copain de bistrot préféré, vous offrent un verre à l'apéro et vous régalent de blagues à la con qui ne font rire que leurs congénères ! Ils sont omniprésents et vous laissent entendre qu'ils seraient omniscients pour vous cantonner dans le rôle d'amuseur public qu'ils vous ont attribuée et duquel ils craignent que vous ne sortiez. Ces gens-là ne dédaignent pas de vous harceler par tous les moyens mis à leur disposition par la vie moderne, mêlant blagues salaces et propositions indécentes à quelques phrases leitmotiv censées vous déstabiliser qu'ils vous balancent à longueur de temps.

Le sexisme c'est leur fonds de commerce. Mesdames quel que soit votre âge, si vous n'êtes pas fan de leurs égéries, voire de quelques pseudos gloires locales, vous avez tout faux. Ils essaieront de vous récupérer, pour la forme mais sans conviction. Leur capacité de raisonnement s'arrête au bulletin que vous pourriez ou pas mettre dans l'urne, et c'est absolument tout ce qui les intéresse chez le sexe opposé. Hormis de l'utiliser comme faire-valoir des élus qui sont très majoritairement des hommes. Parce que la parité, hein ? Faudrait voir à ne pas exagérer !

Sexistes donc, mais également machistes. Pour le facho de base la femme doit rester à sa place, c'est-à-dire se partager entre la cuisine, les gosses et la chambre. Grosso modo pour lui faciliter la vie et lui laisser le temps de se consacrer aux choses importantes. Parce que le facho pense. Du moins il pense qu'il pense, et il aime à nous laisser penser qu'il a approfondi le processus complexe de la pensée ! Mais quand on lit le résultat de ses masturbations intellectuelles on peut raisonnablement se dire que l'on a affaire à un éjaculateur précoce... Oui c'est quelque peu méchant de le formuler de cette manière, mais les jets répétés et désordonnés qui résultent de sa pensée évoquent irrésistiblement un acte sexuel manqué tout autant que le ferait par exemple une diarrhée rédhibitoire et récurrente. L'image vous donne la nausée ? Moi c'est de les lire qui me barbouille à longueur de journée.

Dans un monde idéal le facho aurait assimilé l'orthographe, la grammaire et la syntaxe de la langue française. J'en reconnais la complexité pour le non initié, mais enfin si l'on a atteint la 3ème au collège, ce qui relève d'une obligation de scolarisation dans notre pays, on est censé savoir lire, écrire, calculer et à tout le moins comprendre. Ce n'est malheureusement pas le cas de ces ardents militants qui vous infligent à tour de bras des diatribes sans queue ni tête, suites sans logique de phrases sans le minimum requis que sont sujet, verbe et complément. Mais il serait fort désobligeant d'affirmer que seuls les plus frustres d'entre eux se comporte ainsi. Du moins éduqué à celui qui a reçu l'éducation la plus complète le processus est le même : moquer, dénigrer, rabaisser, diffamer, insulter. Pas forcément dans cet ordre. C'est parfois tellement prévisible que pour un peu vous pourriez écrire à leur place sur les réseaux sociaux. Et sans l'avoir sous les yeux vous pourriez déclamer les discours des élus qui font preuve de si peu d'imagination que pour un peu vous leur proposeriez vos services !

Le sexisme des fachos ne s'exerce pas qu'envers les femmes, les hommes en sont également la cible. Mais uniquement à un certain niveau, sinon cela ne les intéresse pas. Le primate qui sommeille en chacun d'eux ne s'en prendra pas au physique d'un homme comme il le ferait avec une femme, il attaquera ses capacités en les mettant en doute. On notera qu'il y a rarement des attaques frontales isolées, le courage n'étant pas livré avec le kit de base des relations sociales et du militantisme. Elles sont le fait de groupes, jamais d'hommes seuls. Lorsqu'ils ne sont pas en meute ils s'en prennent aux femmes, c'est plus facile ! D'autant qu'ils sont soutenus et encouragés par des femmes qui pratiquent les mêmes discriminations envers leurs semblables, sans doute pour ignorer celles qu'elles ne manquent probablement pas de subir en privé.

L'image des femmes est dévalorisée, le féminisme est une tare, l'intelligence dérange et la libre expression est targuée de dérangement psychologique voire de maladie mentale. Envers les hommes l'ambition est mère de tous les vices, la corruption et le clientélisme prenant le pas sur tout le reste. On en vient à penser que ces pauvres hommes, mais aussi ces femmes qui les encouragent, souffrent d'un énorme complexe de supériorité dont, ainsi que le définit Alfred Adler, il s'avère qu'il résulte d'un complexe d'infériorité plus ou moins enfoui... Hé oui ! Et lorsque le facho obtient la récompense de ses années de militantisme craignos et se voit attribué des postes à responsabilité ou pire, s'il est élu ! on peut craindre qu'il ne développe à son insu un effet Dunning-Kruger, c'est-à-dire un effet de surconfiance qui induit une surestimation de ses compétences. Cela ne vous fait pas penser à quelqu'un ? J'dis çà, j'dis rien...

Tous ces braves militants, quel que soit leur niveau, se sont employés à contrecarrer les mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc, fort heureusement sans y parvenir. Leurs voix aigries se sont noyées dans le formidable tsunami de ces mouvements... Maintenant ils s'en prennent à la loi Schiappa en diffusant des fakes qui sèment le trouble et la peur parmi les parents, affirmant qu'elle est une légalisation de la pédophilie. Ce qui bien entendu est totalement faux. Tout comme le sont les dérives annoncées dans l'éducation sexuelle qui sera réactivée dans nos écoles, collèges et lycées. Laquelle a pour but d'informer nos enfants notamment sur les risques liés à la sexualité, la leur et celle des adultes, et bien évidement de prévenir le harcèlement. On serait en droit de penser que ces hommes et femmes là se soucieraient prioritairement du bien-être de leur progéniture, mais non ! Ils hurlent au scandale, diffusent les fakes en question et nient tous les bienfaits de la loi Schiappa comme de l'éducation sexuelle.

Finalement je me dis que tous ces hommes souffrent à cause d'une partie de l'humanité qui semble n'exister que pour les emmerder. Et qu'une partie de cette moitié joue les infirmières à domicile en mettant des pansements grossiers sur leurs peurs. Oui je sais, encore des pansements... La question pourrait se poser de savoir si nous devrions, nous les femmes, songer à adoucir leur quotidien. Nous y penserons quand notre statut égalera le leur en tous points, cela nous laisse très largement de la marge.


Note
Alfred Adler,  médecin et psychothérapeute autrichien, est le fondateur de la psychologie individuelle. Pour lui chaque patient est unique et ne ressemble à aucun autre, il faut le traiter sur le plan corporel et le comprendre sur le plan psychique.

Liens
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/08/09/non-la-loi-schiappa-n-a-pas-legalise-la-pedophilie-ni-assoupli-les-regles-de-consentement_5340841_4355770.html

https://hoax-net.be/non-la-loi-schiappa-ne-va-pas-legaliser-la-pedophilie-en-france/