lundi 19 octobre 2026

DES PIERRES ET DES VIES


Nous déclarons ouverte la saison des communiqués ! Et puisque chacun se croit obligé de nous balancer son avis sans nuance, et dans la majorité des cas sans aucun respect des personnes, je vais vous faire part du mien. Les villes de France se sont en effet embrasées samedi soir, et les dommages sont considérables. Je déplore la destruction de bâtiments de la fonction publique, et condamne fermement les pillages et violences infligés aux petits commerçants qui peineront sans aucun doute à s'en relever. Pour les autres, je ne pleurerai pas. Ils ont les reins solides, et seront en capacité d'en assumer les retombées. 

Cela étant, est-il vraiment nécessaire de rappeler quel contexte économique et social a nourri les colères qui ont abouti à de tels actes ? La démission de nos gouvernements successifs en est à l'origine. Depuis le début de ce siècle, aucune réponse n'a été apportée aux revendications légitimes, aux inquiétudes, aux peurs des français. Les compromissions des uns et les faiblesses des autres ont généré une situation générale dommageable pour notre société. Depuis dix ans, nos libertés individuelles régressent. Rétrécissent. Les attaques contre l'Etat de droit se multiplient. Les fascistes sont sur les marches du pouvoir, et bien trop de responsables politiques leur déroulent le tapis rouge. En pleine connaissance de cause, avec une inconscience qui frise le génie ! On en est arrivé à un point où il devient naturel de faire une minute de silence pour un activiste néonazi à l'Assemblée Nationale. Où l'on pleure sur des poubelles en feu, pendant que les forces de l'ordre massacrent nos enfants. Une société qui trouve normal de sacrifier ses enfants pour ramener l'ordre est une société fasciste. C'est un fait établi par les historiens, et cela devrait nous interpeller. Mais trop peu nombreux sont encore celles et ceux qui s'y opposent ! Alors non, ce midi je n'ai pas rejoint les beaucairois et beaucairoises dans la cour de l'hôtel de ville pour écouter béatement le discours formaté d'un maire qui n'a de jeune que son âge, et qui n'a montré aucune empathie, aucun soutien, pour nos enfants. D'un maire qui prend un air de circonstance pour déplorer que l'on s'attaque à la République, quand son parti politique est celui qui en menace les fondements par ses actes, son programme et ses escroqueries. 

Je suis solidaire de toutes celles et tous ceux qui ont souffert des exactions de samedi soir, mais je le suis pas des personnes qui hurlent devant leur télévision et se font peur en parlant de guerre civile, et en désignant les responsables par ce pronom bien commode : ils. Ma priorité a toujours été, et sera toujours, notre jeunesse. Les autres, les moralisateurs, les bien-pensants coincés dans leurs charentaises, je les emmerde. Pendant que d’aucuns pleurent sur des biens matériels, je pense aux jeunes propulsés dans le monde peu enviable que nous leur avons préparé. Je dis nous, car nous sommes également responsables. Le moins que nous puissions faire désormais, c’est de les encourager. De les aider et de les porter. D’assurer leur sécurité. Je suis une mère, une grand-mère, et je suis antifasciste. Je ne lutte pas pour des pierres ou des poubelles. Je me bats pour des vies. 

#siamotuttiantifascisti 



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