dimanche 27 octobre 2019

COMMUNAUTÉ VS COMMUNAUTARISME



J'entends et je lis de plus en plus fréquemment, ici et là, des sursauts d'indignation dès lors que l'on emploie le terme "communauté". Que cela vienne d'une droite désertée par l'esprit républicain qui en fait des caisses pour qu'on ne lui reproche pas de stigmatiser l'autre, ou que cela se produise au sein d'une certaine gauche qui elle, à force de forcer le trait républicain, obtient l'effet inverse et pave le chemin de l'anti républicanisme le plus crasse de ses trop bonnes intentions, le terme fait frémir d'angoisse les plus braves. Un subtil mélange d'ignorance couplée à la peur primale d'être à son tour montré du doigt qui fait sursauter le citoyen lambda... Mais qu'en est-il exactement du terme en question ?


Il me paraît aberrant d'avoir à rappeler que le terme "communauté" n'est ni un gros mot ni un adjectif qualificatif stigmatisant. Il s'agit là uniquement d'un mot qui désigne des personnes qui ont en commun des us et coutumes, une religion, une origine, une ville de naissance, un métier, la pratique d'un sport, un talent artistique, voire même des pratiques sexuelles. Pas un gros mot donc, uniquement un mot qui rassemble tout ce petit monde dans une seule escarcelle.

Pourquoi cette réaction gênée, ces dénégations outrées ? Probablement parce que de nombreuses personnes assimilent "communauté" à "communautarisme". Or le communautarisme désigne une tendance socio politique englobant une ou des communautés, ce qui est très différent. Né aux Etats-Unis, ce terme définit en premier lieu la fonction sociale des organismes communautaires, mais cette définition varie d'un pays à l'autre. Ainsi en France le communautarisme désigne le fait de revendiquer des droits différents justifiés par l'appartenance à une communauté, qu'elle soit culturelle, ethnique ou religieuse. C'est donc un projet sociopolitique qui vise à soumettre les membres d'un groupe aux normes propres à ce groupe, et donc à encadrer les opinions, les croyances, les comportements de ceux qui sont supposés appartenir à cette communauté. Selon Gil Delannoi (1) "Si le nationalisme est une obsession de la Nation, le communautarisme est une obsession de la communauté."

Mais qu'en est-il de l'emploi récurrent de ce terme ces dernières années ? On remarquera qu'il n'est utilisé que pour désigner des minorités ethniques, religieuses ou socio culturelles, jamais par exemple pour ce milieu bourgeois, presque exclusivement blanc et masculin, qui forme le monde très fermé des décideurs économiques et politiques. Je cite ici Sylvie Tissot (2) "La communauté se voit parée de toutes les vertus quand elle est nationale, et elle appelle une allégeance, un amour, un dévouement impérieux et exclusifs, donc un "bon communautarisme". Elle devient suspecte dès qu’elle est régionale, sociale, sexuelle, religieuse, ou plus précisément dès que, sous ces différentes modalités, elle est minoritaire." Très clairement, l'emploi du terme "communautarisme" légitime un discours raciste et tendancieux. Or si ce mot rencontre des réalités sociales et sociétales avérées, il n'est pas employé dans ce sens mais dans celui de ceux qui le dénoncent comme une forfaiture envers notre modèle de société qu'il faut par tous les moyens rejeter. 

Dans leur livre "L'illusion Nationale, deux ans d'enquêtes dans les villes FN", Vincent Jarousseau et Valérie Igounet ont employé le terme "communautaire" dans leur présentation de Beaucaire : "Quelques cafés et commerces, principalement communautaires, subsistent dans les rues principales." (p. 52). Des beaucairois de tous bords ont sauté au plafond et violemment critiqué cette phrase sur les réseaux sociaux, lui attribuant d'emblée une connotation tendancieuse. Pourtant "communautaire" signifie simplement "qui relève d'une communauté" et n'a absolument rien de stigmatisant. Cet exemple démontre combien l'usage de la langue française est un exercice difficile pour certains qui se piquent de défendre les valeurs républicaines et qui, en voulant trop en faire, le font bien mal.

A tous ceux qui pointent du doigt les diverses communautés de notre pays, et elles sont légions, en les accusant de porter des revendications communautaristes et de menacer l'équilibre républicain, je rappellerai que seule une complète égalité des droits favorisera une égalité des devoirs et l'atténuation des communautarismes. Et nous en sommes très loin. Les communautés qui subissent harcèlement, violences, racisme, haine et discriminations se replient sur elles-mêmes pour se protéger de la vindicte de leurs agresseurs. C'est un réflexe naturel que l'humanité porte en elle depuis la nuit des temps. Commencez par accorder à tous le droit de vivre et d'exprimer leurs choix de vie en accord avec les lois de la République, et cessez de les désigner comme les boucs émissaires de toutes vos frustrations.

A la réplique majeure censée vous couper le sifflet et vous remettre la tête à l'endroit, que d'aucuns vous balancent de manière comminatoire et sans aucune subtilité "Il n'y a pas de communautés, il n'y a que des citoyens et des citoyennes." je répondrai oui, certes. Mais certain(e)s le sont plus que d'autres. Et tant que cela existera les communautés continueront à favoriser à ce communautarisme que tout le monde regarde, souvent à juste titre, avec défiance. 

Petite précision. Si l'on admet que le communautarisme se définit majoritairement par des valeurs de référence qui sont essentiellement traditionnelles et construites sur un passé mythique ou idéalisé, on notera que les groupes identitaires liés à l'extrême-droite sautent à pieds joints dans cette description. On peut ainsi remarquer qu'ils sont les premiers à désigner "le communautarisme" comme une menace pour la République, et que de trop nombreux politiques de droite comme de gauche leur emboîtent le pas en occultant volontairement le fait qu'ils relaient des communautaristes d'extrême-droite tout aussi menaçants. Quid de l'équité ? Encore une fois, dès lors qu'il s'agit d'une communauté blanche, chrétienne et bien propre sur elle, les plus virulents adversaires du communautarisme n'y voient que du feu, y compris lorsque la menace est au cœur de leur propre communauté. 

Notes 
1- Gil Delannoi est un  politologue et sociologue français, spécialiste du nationalisme, du libéralisme et de la pensée politique française contemporaine
2- Sylvie Tissot est une sociologue, professeure au département de sciences politiques de l’université de Vincennes-Saint Denis-Paris VIII. Elle milite pour les droits des femmes et les droits des étrangers

mercredi 18 septembre 2019

DÉLITEMENT


Nous assistons, les bras tranquillement croisés pour la plupart, au délitement de notre société moderne. Nous laissons s'installer de graves dérives idéologiques sans vraiment réagir, ou si peu. Nous encourageons l'ancrage des nationalismes et des populismes les plus crasses dans nos villes. Ils gangrènent notre pays, essaiment en Europe et se lient avec leurs homologues sur toute la surface du globe. En silence. Un silence assourdissant, pire que tous les tintamarres que nous pourrions inventer, plus dangereux que n'importe quelle révolution. Un silence qui étend sur notre société un brouillard épais, opaque, malsain, de ceux qui précèdent les grands bouleversements d'un siècle.

Et l'histoire de l'humanité est ainsi faite que chaque siècle a rassemblé les conditions de terribles périodes d'affrontements dont le seul mérite est d'avoir, à chaque fois, enfanté une société plus évoluée, plus ouverte, plus humaine. Laquelle s'empresse de régresser sur le plan des libertés à mesure qu'elle progresse sur celui des technologies. Paradoxe ? L'humain en est un à lui seul, alors l'humanité toute entière... A croire qu'il plaît à beaucoup de regarder notre monde s'écrouler, voire même de l'y aider, alors que nous disposons de toutes les clés pour lui permettre d'évoluer vers le meilleur. Notre 21ème siècle ne fera pas exception à la règle. Le pseudo patriotisme qui préside à la fermeture des frontières et aux persécutions des minorités s'assied aujourd'hui comme hier, mieux qu'hier ! autour des tables rondes de nos gouvernements avec leur bénédiction, et a désormais droit de cité dans nos institutions régionales, départementales et locales. Cette vieille lune de l'extrême-droite qui ne meure jamais, incroyablement tenace et capable d'une aberrante résilience sociale, resurgit à point nommé pour souffler les mots de nos dirigeants et inspirer les discours et la rédaction des textes officiels qui dicteront nos actes et en limiteront la portée.

A cet égard chacun a pu constater que pour sa rentrée politique, et dans l'objectif affirmé d'un ancrage territorial, la présidente du Rassemblement National a étoffé la monotonie de son discours habituel pour racoler le plus largement possible. "La mode est à la transition écologique, or nous n'avons aucun programme ni compétences dans ce domaine" s'est-elle probablement dit "nous devons parer au plus pressé et parler au cœur de tous en liant l'écologie à nos préoccupations fondatrices." Ainsi voit-on poindre le nez du "localisme" qui permet à Marine Le Pen et sa cour de légaliser en quelque sorte, et à tout le moins de justifier, l'impensable. Offrant à ses partisans peu regardants sur le sujet l'excuse parfaite qui validera la plus minable des démarches pseudo-écologiques et inscrira son parti au rang de sauveur tout à la fois de notre civilisation et de notre planète. Satisfaisant ainsi les plus radicaux de ses sympathisants et/ou adhérents et donnant aux plus jeunes l'illusion de faire quelque chose de bien pour leur avenir et celui de leurs progénitures présentes ou futures. 

La plus grosse arnaque de l'extrême-droite c'est celle-là. Car qu'est-ce que le localisme, sinon un repli sur soi prôné à tous les stades de la production et de la consommation, qui justifie aux yeux du Rassemblement National, de ses alliés et de ses satellites, de fermer les frontières et de faire peser sur l'immigration, encore et toujours tenue responsable de tous les maux, la menace d'une exclusion définitive de la société française ? Quels que puissent être la teneur de ses discours et de son programme, qu'ils s'adressent à nos villes et villages, à notre pays ou à l'Europe dans sa globalité, le Rassemblement National surjoue ses prétendus atouts et n'apporte aucune solution miracle, dans aucun domaine. Parce que jamais rien de ce qu'il propose n'est au bout du compte humainement acceptable. Pourquoi ? Parce que ce n'est en aucun cas l'humain qui intéresse ce parti, uniquement ce qu'il peut en retirer pour asseoir sa propre puissance. Et pour ce faire tous les moyens sont bons, à commencer par les plus éhontés des mensonges que Marine Le Pen et les cadres de son parti, y compris et surtout les maires de nos villes, débitent  comme de bons petits perroquets à longueur de temps et d'antenne. On ne remerciera pas certains médias de leur donner une aussi indécente visibilité, au mépris de toute solidarité avec ceux sur lesquels le Rassemblement National crache en toute occasion. Comme toute l'extrême-droite, et hélas une partie de la gauche. C'est à la mode cela aussi, comme l'écologie. Et certains chaussent avec délectation leurs bottes de sept lieues...

Malgré, ou peut-être en raison de tout cela, ce parti s'ancre durablement dans nos localités, et par là-même dans notre quotidien. Sans doute est-il possible de changer cette dynamique, en effectuant non pas un retour en arrière mais un fabuleux bond en avant ! Toutes les alliances et bonnes volontés du monde n'y suffiront probablement pas, et ce n'est certes pas avec une cuillère de miel dans une main et un bol de soupe dans l'autre qu'il sera donné de se débarrasser de ces gens-là. Pour ce faire il n'existe qu'une solution : interdire toute constitution de partis ou mouvements politiques dont l'ADN serait en contradiction flagrante et assumée avec les résolutions inscrites dans les articles 1, 2, 4, 6, et 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Et dissoudre ceux déjà existants, le Rassemblement National en tête. Pour les sélectionner il suffit de lire leurs statuts, c'est hautement instructif ! Notre Constitution nous en donne l'opportunité, pourquoi cela n'a-t-il jamais été fait ? Pourquoi les plus hautes instances renâclent-elles à agir lorsque d'aucuns les saisissent ? Par pur calcul électoraliste. Il est certain que pour franchir le pas il faudrait faire preuve d'un courage et d'un sens éthique que beaucoup ont perdu, s'ils les ont jamais possédés. 

Cela vous semble radical ? Cela l'est en effet. Mais le danger de voir sombrer notre société l'est plus encore, plus réel que ne le sera jamais tout argumentaire qui viserait à prouver le contraire. On ne défend pas l'indéfendable.


Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen - Préambule de la Constitution

Art.1 - Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Art.2 - Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression.
Art.4 - La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.
Art.6 - La Loi est l'expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents. 
Art.7 - Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu'elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l'instant : il se rend coupable par la résistance. 
Art.10 - Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi.





dimanche 23 juin 2019

LA BOUE ET LE RIRE


Partir du postulat que l'on ne fait pas forcément ce que l'on devrait faire, remettre en question non pas son combat mais la forme qu'il prend, écouter les avis des uns et des autres, pour finalement en revenir aux fondamentaux de la lutte antiraciste et antifasciste qui ne saurait être que frontale pour être réellement efficace. C'est l'exercice auquel je me suis livrée, et voici le fruit de ma réflexion. 

L'essentiel de la lutte antiraciste passe par l'information. Nous la récoltons, nous la disséquons, nous la vérifions, puis seulement nous la diffusons. Mais force est de constater que quelle que soit l'importance de ladite information ou les actions mises en oeuvre, nous pesons de moins en moins dans la balance. On nous renvoie dans les cordes avec l'expression au minimum d'un agacement teinté de lassitude. Pourquoi ?

Nous, associations et militants antiracistes, œuvrons pour le bien de tous en rappelant l'importance du respect de la devise républicaines et des lois afférentes. La liberté, l'égalité et la fraternité, ne sont pas juste des mots gravés sur les frontons des édifices publics de notre pays, ils sont les fondements de notre engagement et motivent toutes nos actions. Il nous est impensable de passer outre lorsque nous assistons à la violation de ce qu'ils représentent, parce que tout simplement nous entendons préserver l'humanité dans ce qu'elle a de meilleur. Il est vrai que notre communication peut parfois sembler brutale, et nous reconnaissons volontiers que c'est parfois le cas, mais il est nécessaire de livrer l'information sans fards pour que le message soit entendu.

Un ami me disait très récemment que notre mode d'expression devrait être la dérision, ou tout au moins une sorte d'humour qui aurait pour avantage de ne brusquer personne. Donner l'information brute, puis échanger avec nos contradicteurs sous une forme d'humour qui mettrait de côté toute agressivité. J'avoue y avoir longuement réfléchi, m'être donné la peine de fouiller dans mes archives sur les réseaux sociaux et mes captures d'écran de quelques échanges mémorables pour faire un état des lieux de cinq années de lutte acharnée contre le racisme et l'extrême-droite. Et je suis à présent en mesure de lui répondre, ainsi qu'à tous ceux qui au fil des années m'ont fait des remarques du même ordre, que cela est impossible. 

Pour deux raisons. La première étant que les militants et sympathisants d'extrême-droite avec lesquels je suis amenée à échanger le plus souvent n'ont pas d'humour. Que vous pratiquiez l'ironie avec légèreté ou causticité, ils réagissent par la négative, en prenant tout au premier degré. Le nœud du problème ? Ils ne pratiquent justement pas la dérision qui est l'art de se moquer de soi-même. Cela je l'ai fait plus d'une fois dans mes échanges avec eux, et je le ferais encore sans hésiter. Mais que vous riiez de vous-même ou de l'information que vous leur livrez ne les adoucit pas pour autant, et souvent cela aggrave d'autant leurs réactions qui deviennent extrêmement agressives et insultantes. Sans qu'ils aient d'ailleurs saisi le sens de votre propos, ce qui amène parfois à douter de leurs capacités de raisonnement à défaut de leurs aptitudes à l'écoute. 

La deuxième c'est qu'il est très compliqué de traiter avec dérision de sujets graves tels que les actes et propos antiracistes et antisémites menant par exemple à des violences, à l'intégrité des lieux ou des personnes visées, voire à des meurtres ou des tueries de masse. Il n'est pas plus aisé de le faire au sujet des réfugiés, de l'immigration dans son ensemble, des violences homophobes qui se multiplient ces dernières années, ou de toutes les formes de discrimination. Dont par exemple la pauvrophobie qui donne lieu à des épanchements ad nauseam sur les réseaux sociaux de la part de bons patriotes qui pointent volontiers du doigt ces salauds de pauvres censés vivre mieux qu'eux grâce aux aides sociales. Un mythe qui a la vie dure... 

Pour être franche, tout cela ne m'amuse pas. Et je sais pertinemment qu'il en va de même pour tous mes camarades engagés dans la lutte antiraciste et antifasciste, que ce soit dans nos villes gérées par l'extrême-droite ou sur l'ensemble du territoire. Mais également en Europe où les nationalistes, les populistes et les mouvances identitaires se sont fortement enracinés ces dix dernières années. Quand vous vous battez quotidiennement contre le spectre du fascisme qui étend ses ramifications dans toutes les couches de notre société, vous ne pouvez pas le faire en riant. Vous tentez la dérision sur des points de moindre importance, ou tout simplement pour vous offrir un bol d'air ! Mais sur le cœur des informations que vous dénichez cela est tout bonnement inenvisageable. C'est une question d'éthique, de respect de notre engagement pour les autres mais aussi pour nous mêmes. Parce que l'on ne peut pas dissocier combat antiraciste et/ou antifasciste, et moralité. Il n'est bien sûr pas question ici de morale chrétienne, encore qu'elle ait sa place dans nos engagements comme toutes les valeurs morales de toutes les religions. Non, il s'agit d'une ligne de conduite personnelle. Ce que nous préconisons nous l'appliquons en premier lieu à nous-mêmes. La base de tout engagement étant de ne jamais rien exiger des autres que ne puisse exiger de soi-même. Et c'est en cela que nous différons profondément des militants nationalistes et identitaires. 

Alors bien sûr on peut choisir de tout prendre avec légèreté, voire même avec dérision, mais ce n'est qu'une attitude qui ne correspond en rien à ce que nous sommes. Et trop en faire dans ce sens serait nier la profondeur de notre engagement. On ne plonge pas les deux mains dans la boue en riant ! Parce que l'on sait que même si l'on fait son possible pour évacuer toute cette boue il en restera toujours quelques traces indélébiles. Et la plus petite tâche contamine ce que vous êtes, corrompt votre esprit et peut vous faire votre âme... D'aucuns diront que cette approche a un petit côté dramatique et même quelque peu théâtral. Et ils auront raison. Mais l'extrême-droite et ses satellites sont un drame en soi. A ce constat fondé sur des années d'expérience de terrain il n'y a rien à ajouter. Dont acte.

jeudi 25 avril 2019

RIP BASTION SOCIAL ? PAS VRAIMENT...


Certains jours sont de bons jours. Nous savons dès que nous ouvrons les yeux qu'au fil de la journée se succéderont bons moments et bonnes nouvelles. Ce matin il y avait comme un flottement dans l'atmosphère, quelque chose de serein malgré la pluie qui donnait immédiatement  la certitude qu'un peu de merde serait enlevée du trottoir sur lequel nous marchons tous les jours pour tendre vers l'un des objectifs majeurs des militants antiracistes et antifascistes : éradiquer les groupuscules identitaires. 

Hier, en début d'après-midi, tombait l'heureuse nouvelle ! Le conseil des ministres a prononcé la dissolution du Bastion Social et des six autres associations qui le composent, à savoir :
  • Association Les Petits Reblochons
  • Association Lugdunum
  • Cercle Frédéric Mistral
  • Cercle Honoré d'Estienne d'Orves
  • Association Arvenis
  • Association Argentoratum
Ces associations ont permis au Bastion Social d'ouvrir des antennes dans les villes de Lyon, Clermont-Ferrand, Strasbourg, Aix-en-Provence, Marseille et Chambéry. Les divers groupes antifascistes locaux n'ont cessé de dénoncer l'émergence de ce groupuscule implanté au cœur de nos villes qui, sous couvert d'une aide humanitaire faisant jouer la préférence nationale, menait des actions violentes et racistes. Il aura fallu que des membres du Bastion Social soient condamnés pour leur participation aux violences lors de l'Acte III des Gilets jaunes, le 1er décembre place de l'Etoile à Paris, pour que le Président de la République demande sa dissolution. Ils auront donc proliféré et agit en toute impunité pendant plus de deux ans sans être inquiétés plus que çà ! On ne remerciera donc personne hein ? Pas vraiment... 

Ces mouvements identitaires sont comme l'Hydre de Lerne, vous coupez une tête et plusieurs autres repoussent ! Les membres du Bastion Social sont des anciens du GUD et du groupe Edelweiss-Savoie de Chambéry, entre eux ou avec d'autres nous ne doutons pas qu'ils fonderont très rapidement un autre de ces mouvements nauséabonds dont ils accouchent avec une exemplaire régularité depuis les années cinquante. En attendant nous savons pertinemment qu'ils vont se réfugier au sein de groupuscules de la même mouvance, tels que Génération Identitaire, Civitas ou l'Action Française, avec lesquels la porosité est permanente. Cette jeunesse en quête de rédemption par la violence sous prétexte d'un patriotisme de pacotille, est une portée de coucous qui volent sans sourciller d'un nid à un autre tant qu'ils y trouvent un cadre, un chef, et des actions racistes à mener en groupe. Ainsi passent-ils de l'occupation de toits à la communication des mairies gérées par le Rassemblement National, des bas fonds de Marseille à la campagne des municipales menée par le Front National pour Stéphane Ravier à Marseille, des ratonnades de l'Action Française à celles du Bastion Social, toujours à Marseille, jusqu'à finir par être rattrapés par leurs actes pour certains d'entre eux. Trop peu... 

S'il nous est une petite consolation que d'aucuns soient jugés, condamnés et parfois purgent des peines de prison, nous ne cessons depuis des années de dénoncer la complaisance des autorités vis à vis de personnes et d'organismes qui enfreignent la loi impunément et au grand jour. Nous qui militons en face de ces gens-là quotidiennement et sommes peu ou prou obligés de cohabiter avec eux, attendons mieux de nos institutions qu'une pusillanimité de très mauvais aloi ! Peur de provoquer une tempête les gars ? Pendant ce temps-là les identitaires font du surf sur les vagues. Et en attendant que vous vous décidiez à les éradiquer en bonne et due forme, nous festoierons en nous réjouissant de leur disparition, fût-elle momentanée #Champagne

Nous n'avons pas de "Patriot Act" en France, Dieu merci ! Ce qui signifie, entre autres choses, que dans notre pays une association qui se construit sur des actes racistes, des violences, et des incitations à la loi est totalement, complètement, irrémédiablement hors du cadre légal. Le gouvernement ne peut pas l'ignorer, et pourtant il ne réagit pas. Informé par des services compétents il laisse proliférer cette vermine en connaissance de cause, comme une sorte de contre pouvoir sous cloche qu'il prétend contrôler. Or il ne contrôle rien, n'encadre rien, et contribue par son silence à la croissance de cette nébuleuse sans queue ni tête que d'aucuns passent au crible depuis des années. On peut remercier les antifascistes et leur formidable travail de fouille sur les groupuscules les plus violents de la fachosphère, mais également sur tous les autres y compris les partis politiques prépondérants de l'extrême-droite. Quiconque aurait des doutes sur les connexions entre tous ces tas de boue peut prendre le temps d'étudier la cartographie ci-dessous, c'est très instructif !


Maintenant nous voulons la dissolution de Génération Identitaire. Et de tous les autres. Que l'on coupe des têtes, des bras, des jambes, et que l'on fasse promptement respecter nos lois comme notre devise républicaine. Nous n'arrêterons pas de réclamer la dissolution de la pieuvre identitaire jusqu'à ce qu'elle s'effondre et disparaisse. Le Bastion Social, pour nous, n'est qu'un avant goût du festin des morts.


Notes

1- Merci à La Horde et Reflexes pour leur minutieux travail d'enquête sur la fachosphère
2- Le Bastion Social, émanation du GUD qui s'est mis en sommeil pour se réincarner dans une nouvelle dynamique identitaire, est un mouvement inspiré du parti néo nazi grec Aube Dorée et de Casa Pound, groupe politique néofasciste italien. Leur devise, "autonomie, identité, justice sociale" pose le cadre de leur vecteur de propagande, un ancrage local à portée sociale et une préférence nationale affichée et revendiquée.


samedi 30 mars 2019

L'ARGENT DES IDENTITAIRES PUE LA MORT


Ainsi donc on assiste en direct live aux chassés croisés prisés par une extrême-droite tentaculaire qui mêle tellement bien les pattes des uns à celles des autres qu'une chatte n'y retrouverait pas ses petits ! Mais voilà ! Il y a des organisations qui s'attellent quotidiennement à la tâche ardue du démêlage, et des journalistes d'investigation qui savent creuser au plus profond pour mettre en lumière des accointances des plus embarrassantes. A ces personnes je dis merci, elles fournissent à la militante antiraciste et antifasciste que je suis matière à étoffer les articles de ce blog et tous ceux que je poste ici et là sur la toile. 

Mettre les deux mains dans la merde brune je sais le faire, mais je ne dispose pas d'un réseau suffisamment étendu pour me faire entendre seule. Alors je pioche chez mes camarades de combat et je déniche des perles que bien souvent je ne vous partage pas. Pluralité d'informations nuit à l'information hélas, et la plupart des personnes n'ont aucune envie d'en apprendre plus qu'on ne leur en sert déjà... S'informer sur la fachosphère oui, ils sont d'accord, mais pas trop quand même hein ? Il ne faudrait pas leur gâcher leur vision quelque peu idéalisée du monde dans lequel ils évoluent. C'est fort dommage, mais comme il nous faut à nous autres nous répéter encore et encore sur les dangers de ces mouvances dont certaines n'apparaissent qu'en pointillés, nous en profitons pour glisser de temps à autre une petite bombe supplémentaire qui sera commentée quelques temps avant de tomber comme tout le reste dans les oubliettes. Non, parce que tout de même soyons sérieux ! La vie est dure, elle ne nous fait pas de cadeaux, alors s'il faut en plus suivre les parcours chaotiques et enchevêtrés des groupuscules identitaires on ne s'en sortira jamais. Et puis ce n'est pas un sujet qui fait le buzz, l'actualité ce ne sont pas les identitaires, ni même les nombreuses parts d'ombres des partis d'extrême-droite qui ont pignon sur rue. Alors on ne va quand même pas se prendre la tête pour rien... Hein ?!

Certes ! Mais lorsque l'actualité m'interpelle, et sachant que je focalise la majeure partie du temps sur celle incluant les divers courants populistes, fascistes, nationalistes, xénophobes, racistes, antisémites, islamophobes, souverainistes, négationnistes... Bref tout ce qui rassemble les gentils patriotes identitaires ! devrais-je me boucher les yeux et les oreilles et passer mon chemin ? Impossible ! On peut bien me condamner, m'excommunier, me menacer, m'insulter et j'en passe, je ne résiste jamais à l'appel de cette marée brune qui se répand en France, mais aussi en Europe et au-delà des mers. Moi qui souffre déjà d'un mal chronique des transports, ces voyages au fond des égouts contribuent à m'achever et je me sens nauséeuse ad vitam eternam. Lorsque l'on fouille dans ce merdier on met à jour des connexions qui étayent un constat, celui des ingérences de figures des plus détestables de ce milieu qui prêtent main forte à ces crétins boutonneux en les encourageant à enfreindre nos lois.

Prenons l'exemple de Génération Identitaire. On sait déjà que leur croisière en Méditerranée de l'été 2017 a été financée par deux cagnottes en ligne successives, dont l'une fondée par Charles C. Johnson qui est un contributeur du site d'extrême-droite Breitbart. Parmi les généreux donateurs on retrouve le PNOS (parti nationaliste suisse) ou encore Jack Posobiec et David Duke, respectivement figure de l'Alt-Right américaine et ex-leader du Ku Klux Klan. Le rafiot affrété leur avait été loué par Sven Tomas Egerstrom, un entrepreneur suédois à la réputation sulfureuse dont l'une des sociétés, Sea Marshals Risk Management Ltd, effectue des prestations de sécurité le long des côtes est-africaines depuis 2012 en fournissant aux navires des équipes de gardes fortement armés (principalement d'origine ukrainienne). En sus d'un équipage, aurait-il également fourni des vigiles armés au C-Star pour leur chasse aux migrants ? La question est posée... Idem pour leur classe de neige dans les Alpes pour laquelle de généreux contributeurs se sont à nouveau fendus de sommes confortables qui leur ont permis de louer un avion de tourisme, deux hélicoptères, plusieurs 4x4 et pickups, d'acheter le matériel de camping et celui pour concrétiser une frontière, et de relooker les p'tits jeunes avec des doudounes bleues du plus bel effet sur la neige. On vous épargnera la liste de leurs exactions, toutes remarquablement islamophobes, la dernière datant d'hier les ayant vus à nouveau perchés, cette fois-ci sur le toit de la CAF de Bobigny, bloquant l'accès au public et le travail de la fonction publique.


Mais il y a mieux ! Les voilà rattrapés par leurs liens avec Martin Sellner, leader de l'IBÖ, émanation autrichienne de Génération Identitaire dont une partie des quelques 300 membres est issue de la nébuleuse néonazie autrichienne. Brenton Tarrant, le terroriste australien qui a revendiqué l'attentat de Christchurch (Nouvelle-Zélande) affirme avoir financé de nombreux groupuscules nationalistes et identitaires (dont Génération Identitaire ?) et il a notamment fait en 2017 à Martin Sellner un don de 1500 euros. Hors ce dernier a participé aux actions de Defend Europe menées en Méditerrannée et dans les Alpes, et il a largement contribué à leur organisation avec... Damien Rieu ! La pieuvre identitaire est ainsi faite que ce qui est donné aux uns profite aux autres. Du coup, forcément, on ne s'étonne plus du peu d'empressement des groupes identitaires à condamner la tuerie de Christchurch. On ne mord pas la main qui vous nourrit, encore moins celle qui vous flatte. Cette excessive discrétion s'est d'ailleurs retrouvée dans les rares messages des leaders de l'extrême-droite française, à commencer par Marine Le Pen, qui n'ont pas condamné l'attentat en employant le verbiage agressif qui font leur ordinaire. 

Ce qui m'interpelle dans ces financements c'est qu'ils ont contribué à encourager et à faciliter les exactions d'un Damien Rieu qui se pavanait dans le même temps à la direction du service communication de Beaucaire. Il en est heureusement parti depuis, mais on peut raisonnablement se demander comment Julien Sanchez, si pointilleux dans tout ce qu'il entreprend, pouvait ne pas savoir de quoi il retournait. Les diverses enquêtes menées sur ces financements européens par un terroriste notoire pourraient rejaillir sur notre ville de la plus déplaisante des manières. Les liens avérés entre le terrorisme d'extrême-droite et l'un des activistes les plus médiatisés de Génération Identitaire ne manqueront pas d'éclabousser celui qui est actuellement collaborateur parlementaire de Gilbert Collard. Voire avec un peu de chance de le mettre en très fâcheuse posture. Et là je dis gare ! A toutes les groupies qui s'empressent de soutenir tout ce qui a de près ou de loin un lien avec Julien Sanchez et la majorité municipale, toutes celles et ceux qui vomissent leur haine sans jamais réfléchir aux conséquences de leurs propos, un conseil : fermez-la pour une fois. Cela nous fera des vacances et vous évitera de gros ennuis. Ou pas.

Pour finir je dirais que Génération Identitaire c'est un peu comme un groupe d'ados en crise, ils trouvent toujours une nouvelle manière de faire parler d'eux et de dégringoler la tête la première dans le purin en brandissant bannières abjectes et fumigènes tricolores. Et comme notre coq national qui aime tant se percher sur un tas de fumier (eux ce sont les toits !) c'est lorsqu'ils ont les deux pieds dans la merde qu'ils chantent à gorge déployée. Faux de préférence.


04.04.2019
Génération Identitaire a reconnu avoir reçu des dons de Brenton Tarrant : « Nous avons retrouvé deux traces de dons pour un montant total de 1000 euros » versés en septembre 2017, a affirmé Romain Espino, confirmant ainsi en partie une information du quotidien autrichien Der Standard, qui faisait état de quatre virements d'un montant total de 2200 euros


05.04.2019
Romain Espino (Génération Identitaire) et Fabrice Robert (Les Identitaires) seront auditionnés le jeudi 11 avril par la commission d'enquête parlementaire sur la lutte contre les groupuscules d'extrême droite

samedi 23 février 2019

"LES LABORATOIRES DE LA HAINE" Rencontre avec Hacène Belmessous


La vie nous fait parfois des cadeaux. De temps à autre elle nous offre l'opportunité de faire de belles rencontres, et c'est ce que j'ai ressenti dès mon premier contact avec Hacène Belmessous. Alors qu'il me présentait son projet mes neurones s'entrechoquaient en sautant de joie, analysant l'aubaine que serait son livre pour les collectifs citoyens qui luttent au quotidien depuis cinq ans dans les villes gérées par des maires du Front National. Quelqu'un allait enfin plonger dans l'enfer de la gestion frontiste ! Quelqu'un de sérieux, étranger à nos villes et non partisan. Un chercheur qui prendrait le temps de mener une enquête minutieuse, et dont les ouvrages précédents étaient la preuve de sa rigueur et de son investissement. Tout de suite j'ai pensé : "Çà va faire mal !" Le livre, indubitablement, s'annonçait comme une claque vigoureuse qui réveillerait les consciences endormies et ramènerait la gestion  de nos villes au triste niveau que nous ne cessions de dénoncer. Un livre choc !  Et c'est exactement ce qu'il est.

Hacène Belmessous est un chercheur et ancien journaliste qui travaille sur les sociologies urbaines. Il mène sur plusieurs années des enquêtes sociales longues et rigoureuses qui vont au fond des choses, il analyse des faits, des situations, des réalités. Bref, il est dans le concret. Pendant trois ans il a interrogé les beaucairois qui acceptaient de lui parler, et cela est allé de simples citoyens croisés dans un bar ou sur le marché à des commerçants, des politiques, des personnes investies dans le monde associatif et des travailleurs sociaux. Il a assisté à des conseils municipaux dans les villes qu'il ciblait : Mantes-la-Ville et Beaucaire, et rencontré l'un des deux maires. Comme il fallait s'y attendre, Julien Sanchez est celui qui n'a pas donné suite à la démarche de Hacène. Mauvais joueur le maire ? Certes ! Il est tout au long des pages consacrées à sa gestion mis en fort mauvaise posture par l'auteur qui appuie son analyse par des arguments juridiques imparables.

Dès le départ nous avons accompagné Hacène Belmessous dans son enquête en le mettant en contact avec les personnes susceptibles d'étayer son travail, et nous nous en félicitons. Le résultat est bluffant ! Nous avons organisé une rencontre débat à Beaucaire, et nous en avons des retours très positifs. Sans conteste l'auteur a été à la hauteur de ce que les personnes présentes en attendaient, et même au-delà. Après nos diverses rencontres avec lui avec lui nous savions qu'il saurait les captiver, il l'a fait.

Ecouter Hacène Belmessous parler de son travail, débattre avec lui, confronter notre vécu avec ce qu'il retire de ses trois années d'enquête, cela donne lieu à de longs et formidables échanges aux quels il est frustrant de mettre un terme. Nous sommes quelques-uns à avoir pu profiter de sa présence à Beaucaire pour évoquer et approfondir des points précis de gestion qui nous questionnaient depuis que Julien Sanchez a pris en mains les rênes de notre ville. Le chercheur place haut la barre de ses analyses sur la gestion frontiste, et sa réflexion concrétise celle que nous menons localement depuis la création du Rassemblement Citoyen de Beaucaire en 2014, mais également collectivement avec la Coordination Nationale des Collectifs Citoyens. Son livre nous conforte dans notre démarche de dénonciation d'une gestion basée sur une idéologie mortifère et discriminatoire qui n'a aucune volonté sociale. Il nous donne également des pistes pour tenter d'y mettre un terme, et nous y réfléchissons déjà très sérieusement. 

Notes
  • Sa dédicace est un clin d'oeil à Winston Churchill qui nous honore et nous encourage à poursuivre le combat #merci
  • La Coordination Nationale des Collectifs Citoyens (CNCC) regroupe depuis le 29 juin 2014 les associations des villes de Beaucaire, Béziers, Cogolin, Fréjus, Hayange, Le Luc-en-Provence et Mantes-la-Ville, ainsi que l'UEJF et SOS Racisme

samedi 9 février 2019

LE MAIRE EST VEXÉ...


Il est vexé notre maire ! Bouh... Pour un peu il se roulerait par terre en live pour se plaindre de n'avoir pas fait partie des cinquante maires du Gard invités à Souillac dans le cadre du Grand Débat National. Discriminé qu'il est ! Si, si ! Le pôvre voulait tellement rencontrer le Président de la République pour lui apprendre à faire son job, et le voilà relégué tout seul dans sa mairie, loin des sunlights et de ces médias après lesquels il court sans discontinuer pour exister. Il s'était certainement préparé à l'un de ces discours truffés d'attaques sournoises et de contre vérités dont il a le secret, que deviendra-t-il sans personne à qui donner des leçons de gouvernance ? Lui qui s'y prend si mal devrait d'ailleurs envisager de suivre des cours du soir en accéléré auprès de personnes compétentes, ce qui exclut d'emblée la formation interne du Front National dispensée par Jean Lin Lacapelle avant le scrutin de 2014. Pour en subir les conséquences depuis l'élection de Julien Sanchez et consorts (et là j'ai une pensée émue pour mes amis des collectifs citoyens des villes si mal gérées par le FN/RN) je peux affirmer qu'avant de songer à faire part de sa triste expérience du sujet au plus haut niveau de l'Etat, il devrait se pencher sur ce qu'il a si mal fait à Beaucaire, voire même ce qu'il n'a pas fait du tout. Et ce faisant en prendre de la graine. Parce que là, il s'éparpille...

Dans le cas qui me préoccupe en écrivant ce billet, rappelons que les maires de France sont invités à participer au Grand Débat National, par le biais des rencontres avec Emmanuel Macron mais également dans leurs communes. Ils peuvent s'ils le souhaitent organiser une réunion d'initiative publique abordant les thématiques proposées, et dans tous les cas il leur est demandé de mettre à disposition des citoyens des cahiers de doléances. Julien Sanchez lui ne fait rien, ne mettant donc pas en pratique la démocratie participative qu'il se vante de pratiquer à Beaucaire.  Oh il affiche un joli slogan sur les affiches de la Tournée du Maire (de simples réunions de quartier) mais dans la réalité il en est très loin ! Celle-ci ne consiste pas à demeurer assis à l'écouter s'auto congratuler et se gargariser en notant ici et là quelques doléances portant majoritairement sur le défaut d'entretien de la ville, chacun fort légitimement se préoccupant en premier lieu des aléas de son quotidien. Ni à refuser en conseil municipal de répondre aux élus d'opposition qui l'interpellent sur des sujets touchant directement à la gestion de la ville. Sa conception toute personnelle de ce que doit être la démocratie participative à l'échelle locale serait réjouissante si elle n'était si pitoyable. 

Quid des cahiers de doléances ? Il estime d'évidence que le cahier de doléances ordinaire de la mairie et la boîte à idées  que personne n'a jamais vue depuis 2015 (égarée ?) suppléent à la demande de l'Etat. J'imagine la tête du président de la République lorsqu'il recevra le contenu desdits cahiers et boîte qui ne portent que sur des problématiques purement locales et n'ont absolument rien à voir avec les sujets du Grand Débat National. Beaucaire ! Une fois de plus il se ridiculisera, et nous avec... 

Donc il pleurniche, et une fois séchées ses larmes de crocodile il demande à notre députée, dont ce n'est pas le rôle, de suppléer à ses propres manquements... ?! Ce que bien évidemment elle ne fera pas. Répondre positivement à ce qui s'apparente plus à un ordre comminatoire qu'à une invitation en bonne et due forme, et connaissant l'oiseau et ses pratiques, on ne saurait trop lui conseiller de l'ignorer purement et simplement. Mais elle a répondu, arguant que "l'initiative de monsieur le Maire ne s'inscrit pas dans cette ambition de replacer les citoyens au centre des préoccupations, bien au contraire les beaucairoises et beaucairois se sentiraient davantage dépossédés de leur parole." (sic) Cela donnera-t-il à Julien Sanchez l'occasion  de débuter un nouveau procès pour discrimination politique en se victimisant ? A n'en pas douter ce sera là un feuilleton à suivre... A Beaucaire ce ne sont pas les péripéties juridiques qui manquent, et finalement on ne s'ennuie jamais ! D'ailleurs le maire à lui seul pourrait alimenter les épisodes quotidiens d'une web série sur toute une année. Il a déjà à son actif quelques déclarations outrancières affligeantes qui ont mis notre ville sous les feux des projecteurs pour de mauvaises raisons. La dernière en date, sortie hier, cible bien entendu notre députée et son suppléant, la première pour avoir décliné son invitation, le second juste pour être ce qu'il est. On comprend bien que la réponse de Françoise Dumas apporte de l'eau au moulin pleurnichard de Julien Sanchez, mais d'évidence elle n'allait pas se jeter dans la gueule du loup. Ainsi elle ne déconsidère nullement les beaucairois par son refus, elle replace simplement les faits en perspective. Mais cette perspective ne sied pas à notre maire, et moins encore le fait qu'elle prenne la tête au sein de LREM d'une cellule interne chargée de mettre en place une stratégie de lutte contre le Rassemblement National.

Morale de cette histoire ? Certains pleurnichent, d'autres agissent. Certains font des procès d'intention, voire des procès tout court, d'autres participent au débat démocratique. Certains critiquent pour critiquer, par ambition politicienne, quand d'autres essaient de changer les choses, d'avancer... Militer pour plus de démocratie n'entre certes pas dans les priorités du maire de Beaucaire ! Lui il a le nez dans son mouchoir, les traditions et la naphtaline.


Note
Julien Sanchez n'est pas adhérent de l'Association des Maires de France, hors c'est l'AMF qui a contacté les maires (une cinquantaine dans le Gard) pour les inviter au débat de Grand-Bourgtheroulde. Cela il le sait parfaitement, tout comme le sait Marine Le Pen qui appuie sa victimisation. La présidente de l'AMF du Gard, Pilar Chaleyssin, a indiqué que parmi la délégation gardoise se trouvaient des maires UDI, socialistes, LR et sans étiquette. Elle a également pointé le fait que la réunion de Souillac étant publique, «les maires qui n’avaient pas reçu d’invitation et souhaitaient s’y rendre pouvaient le faire savoir. Certains nous ont rejoints ainsi» (sic). Ce qu'a fait par exemple le maire UDI de Saint-Christol les Alès, Jean-Charles Benezet.