jeudi 25 avril 2019

RIP BASTION SOCIAL ? PAS VRAIMENT...


Certains jours sont de bons jours. Nous savons dès que nous ouvrons les yeux qu'au fil de la journée se succéderont bons moments et bonnes nouvelles. Ce matin il y avait comme un flottement dans l'atmosphère, quelque chose de serein malgré la pluie qui donnait immédiatement  la certitude qu'un peu de merde serait enlevée du trottoir sur lequel nous marchons tous les jours pour tendre vers l'un des objectifs majeurs des militants antiracistes et antifascistes : éradiquer les groupuscules identitaires. 

Hier, en début d'après-midi, tombait l'heureuse nouvelle ! Le conseil des ministres a prononcé la dissolution du Bastion Social et des six autres associations qui le composent, à savoir :
  • Association Les Petits Reblochons
  • Association Lugdunum
  • Cercle Frédéric Mistral
  • Cercle Honoré d'Estienne d'Orves
  • Association Arvenis
  • Association Argentoratum
Ces associations ont permis au Bastion Social d'ouvrir des antennes dans les villes de Lyon, Clermont-Ferrand, Strasbourg, Aix-en-Provence, Marseille et Chambéry. Les divers groupes antifascistes locaux n'ont cessé de dénoncer l'émergence de ce groupuscule implanté au cœur de nos villes qui, sous couvert d'une aide humanitaire faisant jouer la préférence nationale, menait des actions violentes et racistes. Il aura fallu que des membres du Bastion Social soient condamnés pour leur participation aux violences lors de l'Acte III des Gilets jaunes, le 1er décembre place de l'Etoile à Paris, pour que le Président de la République demande sa dissolution. Ils auront donc proliféré et agit en toute impunité pendant plus de deux ans sans être inquiétés plus que çà ! On ne remerciera donc personne hein ? Pas vraiment... 

Ces mouvements identitaires sont comme l'Hydre de Lerne, vous coupez une tête et plusieurs autres repoussent ! Les membres du Bastion Social sont des anciens du GUD et du groupe Edelweiss-Savoie de Chambéry, entre eux ou avec d'autres nous ne doutons pas qu'ils fonderont très rapidement un autre de ces mouvements nauséabonds dont ils accouchent avec une exemplaire régularité depuis les années cinquante. En attendant nous savons pertinemment qu'ils vont se réfugier au sein de groupuscules de la même mouvance, tels que Génération Identitaire, Civitas ou l'Action Française, avec lesquels la porosité est permanente. Cette jeunesse en quête de rédemption par la violence sous prétexte d'un patriotisme de pacotille, est une portée de coucous qui volent sans sourciller d'un nid à un autre tant qu'ils y trouvent un cadre, un chef, et des actions racistes à mener en groupe. Ainsi passent-ils de l'occupation de toits à la communication des mairies gérées par le Rassemblement National, des bas fonds de Marseille à la campagne des municipales menée par le Front National pour Stéphane Ravier à Marseille, des ratonnades de l'Action Française à celles du Bastion Social, toujours à Marseille, jusqu'à finir par être rattrapés par leurs actes pour certains d'entre eux. Trop peu... 

S'il nous est une petite consolation que d'aucuns soient jugés, condamnés et parfois purgent des peines de prison, nous ne cessons depuis des années de dénoncer la complaisance des autorités vis à vis de personnes et d'organismes qui enfreignent la loi impunément et au grand jour. Nous qui militons en face de ces gens-là quotidiennement et sommes peu ou prou obligés de cohabiter avec eux, attendons mieux de nos institutions qu'une pusillanimité de très mauvais aloi ! Peur de provoquer une tempête les gars ? Pendant ce temps-là les identitaires font du surf sur les vagues. Et en attendant que vous vous décidiez à les éradiquer en bonne et due forme, nous festoierons en nous réjouissant de leur disparition, fût-elle momentanée #Champagne

Nous n'avons pas de "Patriot Act" en France, Dieu merci ! Ce qui signifie, entre autres choses, que dans notre pays une association qui se construit sur des actes racistes, des violences, et des incitations à la loi est totalement, complètement, irrémédiablement hors du cadre légal. Le gouvernement ne peut pas l'ignorer, et pourtant il ne réagit pas. Informé par des services compétents il laisse proliférer cette vermine en connaissance de cause, comme une sorte de contre pouvoir sous cloche qu'il prétend contrôler. Or il ne contrôle rien, n'encadre rien, et contribue par son silence à la croissance de cette nébuleuse sans queue ni tête que d'aucuns passent au crible depuis des années. On peut remercier les antifascistes et leur formidable travail de fouille sur les groupuscules les plus violents de la fachosphère, mais également sur tous les autres y compris les partis politiques prépondérants de l'extrême-droite. Quiconque aurait des doutes sur les connexions entre tous ces tas de boue peut prendre le temps d'étudier la cartographie ci-dessous, c'est très instructif !


Maintenant nous voulons la dissolution de Génération Identitaire. Et de tous les autres. Que l'on coupe des têtes, des bras, des jambes, et que l'on fasse promptement respecter nos lois comme notre devise républicaine. Nous n'arrêterons pas de réclamer la dissolution de la pieuvre identitaire jusqu'à ce qu'elle s'effondre et disparaisse. Le Bastion Social, pour nous, n'est qu'un avant goût du festin des morts.


Notes

1- Merci à La Horde et Reflexes pour leur minutieux travail d'enquête sur la fachosphère
2- Le Bastion Social, émanation du GUD qui s'est mis en sommeil pour se réincarner dans une nouvelle dynamique identitaire, est un mouvement inspiré du parti néo nazi grec Aube Dorée et de Casa Pound, groupe politique néofasciste italien. Leur devise, "autonomie, identité, justice sociale" pose le cadre de leur vecteur de propagande, un ancrage local à portée sociale et une préférence nationale affichée et revendiquée.


samedi 30 mars 2019

L'ARGENT DES IDENTITAIRES PUE LA MORT


Ainsi donc on assiste en direct live aux chassés croisés prisés par une extrême-droite tentaculaire qui mêle tellement bien les pattes des uns à celles des autres qu'une chatte n'y retrouverait pas ses petits ! Mais voilà ! Il y a des organisations qui s'attellent quotidiennement à la tâche ardue du démêlage, et des journalistes d'investigation qui savent creuser au plus profond pour mettre en lumière des accointances des plus embarrassantes. A ces personnes je dis merci, elles fournissent à la militante antiraciste et antifasciste que je suis matière à étoffer les articles de ce blog et tous ceux que je poste ici et là sur la toile. 

Mettre les deux mains dans la merde brune je sais le faire, mais je ne dispose pas d'un réseau suffisamment étendu pour me faire entendre seule. Alors je pioche chez mes camarades de combat et je déniche des perles que bien souvent je ne vous partage pas. Pluralité d'informations nuit à l'information hélas, et la plupart des personnes n'ont aucune envie d'en apprendre plus qu'on ne leur en sert déjà... S'informer sur la fachosphère oui, ils sont d'accord, mais pas trop quand même hein ? Il ne faudrait pas leur gâcher leur vision quelque peu idéalisée du monde dans lequel ils évoluent. C'est fort dommage, mais comme il nous faut à nous autres nous répéter encore et encore sur les dangers de ces mouvances dont certaines n'apparaissent qu'en pointillés, nous en profitons pour glisser de temps à autre une petite bombe supplémentaire qui sera commentée quelques temps avant de tomber comme tout le reste dans les oubliettes. Non, parce que tout de même soyons sérieux ! La vie est dure, elle ne nous fait pas de cadeaux, alors s'il faut en plus suivre les parcours chaotiques et enchevêtrés des groupuscules identitaires on ne s'en sortira jamais. Et puis ce n'est pas un sujet qui fait le buzz, l'actualité ce ne sont pas les identitaires, ni même les nombreuses parts d'ombres des partis d'extrême-droite qui ont pignon sur rue. Alors on ne va quand même pas se prendre la tête pour rien... Hein ?!

Certes ! Mais lorsque l'actualité m'interpelle, et sachant que je focalise la majeure partie du temps sur celle incluant les divers courants populistes, fascistes, nationalistes, xénophobes, racistes, antisémites, islamophobes, souverainistes, négationnistes... Bref tout ce qui rassemble les gentils patriotes identitaires ! devrais-je me boucher les yeux et les oreilles et passer mon chemin ? Impossible ! On peut bien me condamner, m'excommunier, me menacer, m'insulter et j'en passe, je ne résiste jamais à l'appel de cette marée brune qui se répand en France, mais aussi en Europe et au-delà des mers. Moi qui souffre déjà d'un mal chronique des transports, ces voyages au fond des égouts contribuent à m'achever et je me sens nauséeuse ad vitam eternam. Lorsque l'on fouille dans ce merdier on met à jour des connexions qui étayent un constat, celui des ingérences de figures des plus détestables de ce milieu qui prêtent main forte à ces crétins boutonneux en les encourageant à enfreindre nos lois.

Prenons l'exemple de Génération Identitaire. On sait déjà que leur croisière en Méditerranée de l'été 2017 a été financée par deux cagnottes en ligne successives, dont l'une fondée par Charles C. Johnson qui est un contributeur du site d'extrême-droite Breitbart. Parmi les généreux donateurs on retrouve le PNOS (parti nationaliste suisse) ou encore Jack Posobiec et David Duke, respectivement figure de l'Alt-Right américaine et ex-leader du Ku Klux Klan. Le rafiot affrété leur avait été loué par Sven Tomas Egerstrom, un entrepreneur suédois à la réputation sulfureuse dont l'une des sociétés, Sea Marshals Risk Management Ltd, effectue des prestations de sécurité le long des côtes est-africaines depuis 2012 en fournissant aux navires des équipes de gardes fortement armés (principalement d'origine ukrainienne). En sus d'un équipage, aurait-il également fourni des vigiles armés au C-Star pour leur chasse aux migrants ? La question est posée... Idem pour leur classe de neige dans les Alpes pour laquelle de généreux contributeurs se sont à nouveau fendus de sommes confortables qui leur ont permis de louer un avion de tourisme, deux hélicoptères, plusieurs 4x4 et pickups, d'acheter le matériel de camping et celui pour concrétiser une frontière, et de relooker les p'tits jeunes avec des doudounes bleues du plus bel effet sur la neige. On vous épargnera la liste de leurs exactions, toutes remarquablement islamophobes, la dernière datant d'hier les ayant vus à nouveau perchés, cette fois-ci sur le toit de la CAF de Bobigny, bloquant l'accès au public et le travail de la fonction publique.


Mais il y a mieux ! Les voilà rattrapés par leurs liens avec Martin Sellner, leader de l'IBÖ, émanation autrichienne de Génération Identitaire dont une partie des quelques 300 membres est issue de la nébuleuse néonazie autrichienne. Brenton Tarrant, le terroriste australien qui a revendiqué l'attentat de Christchurch (Nouvelle-Zélande) affirme avoir financé de nombreux groupuscules nationalistes et identitaires (dont Génération Identitaire ?) et il a notamment fait en 2017 à Martin Sellner un don de 1500 euros. Hors ce dernier a participé aux actions de Defend Europe menées en Méditerrannée et dans les Alpes, et il a largement contribué à leur organisation avec... Damien Rieu ! La pieuvre identitaire est ainsi faite que ce qui est donné aux uns profite aux autres. Du coup, forcément, on ne s'étonne plus du peu d'empressement des groupes identitaires à condamner la tuerie de Christchurch. On ne mord pas la main qui vous nourrit, encore moins celle qui vous flatte. Cette excessive discrétion s'est d'ailleurs retrouvée dans les rares messages des leaders de l'extrême-droite française, à commencer par Marine Le Pen, qui n'ont pas condamné l'attentat en employant le verbiage agressif qui font leur ordinaire. 

Ce qui m'interpelle dans ces financements c'est qu'ils ont contribué à encourager et à faciliter les exactions d'un Damien Rieu qui se pavanait dans le même temps à la direction du service communication de Beaucaire. Il en est heureusement parti depuis, mais on peut raisonnablement se demander comment Julien Sanchez, si pointilleux dans tout ce qu'il entreprend, pouvait ne pas savoir de quoi il retournait. Les diverses enquêtes menées sur ces financements européens par un terroriste notoire pourraient rejaillir sur notre ville de la plus déplaisante des manières. Les liens avérés entre le terrorisme d'extrême-droite et l'un des activistes les plus médiatisés de Génération Identitaire ne manqueront pas d'éclabousser celui qui est actuellement collaborateur parlementaire de Gilbert Collard. Voire avec un peu de chance de le mettre en très fâcheuse posture. Et là je dis gare ! A toutes les groupies qui s'empressent de soutenir tout ce qui a de près ou de loin un lien avec Julien Sanchez et la majorité municipale, toutes celles et ceux qui vomissent leur haine sans jamais réfléchir aux conséquences de leurs propos, un conseil : fermez-la pour une fois. Cela nous fera des vacances et vous évitera de gros ennuis. Ou pas.

Pour finir je dirais que Génération Identitaire c'est un peu comme un groupe d'ados en crise, ils trouvent toujours une nouvelle manière de faire parler d'eux et de dégringoler la tête la première dans le purin en brandissant bannières abjectes et fumigènes tricolores. Et comme notre coq national qui aime tant se percher sur un tas de fumier (eux ce sont les toits !) c'est lorsqu'ils ont les deux pieds dans la merde qu'ils chantent à gorge déployée. Faux de préférence.


04.04.2019
Génération Identitaire a reconnu avoir reçu des dons de Brenton Tarrant : « Nous avons retrouvé deux traces de dons pour un montant total de 1000 euros » versés en septembre 2017, a affirmé Romain Espino, confirmant ainsi en partie une information du quotidien autrichien Der Standard, qui faisait état de quatre virements d'un montant total de 2200 euros


05.04.2019
Romain Espino (Génération Identitaire) et Fabrice Robert (Les Identitaires) seront auditionnés le jeudi 11 avril par la commission d'enquête parlementaire sur la lutte contre les groupuscules d'extrême droite

samedi 23 février 2019

"LES LABORATOIRES DE LA HAINE" Rencontre avec Hacène Belmessous


La vie nous fait parfois des cadeaux. De temps à autre elle nous offre l'opportunité de faire de belles rencontres, et c'est ce que j'ai ressenti dès mon premier contact avec Hacène Belmessous. Alors qu'il me présentait son projet mes neurones s'entrechoquaient en sautant de joie, analysant l'aubaine que serait son livre pour les collectifs citoyens qui luttent au quotidien depuis cinq ans dans les villes gérées par des maires du Front National. Quelqu'un allait enfin plonger dans l'enfer de la gestion frontiste ! Quelqu'un de sérieux, étranger à nos villes et non partisan. Un chercheur qui prendrait le temps de mener une enquête minutieuse, et dont les ouvrages précédents étaient la preuve de sa rigueur et de son investissement. Tout de suite j'ai pensé : "Çà va faire mal !" Le livre, indubitablement, s'annonçait comme une claque vigoureuse qui réveillerait les consciences endormies et ramènerait la gestion  de nos villes au triste niveau que nous ne cessions de dénoncer. Un livre choc !  Et c'est exactement ce qu'il est.

Hacène Belmessous est un chercheur et ancien journaliste qui travaille sur les sociologies urbaines. Il mène sur plusieurs années des enquêtes sociales longues et rigoureuses qui vont au fond des choses, il analyse des faits, des situations, des réalités. Bref, il est dans le concret. Pendant trois ans il a interrogé les beaucairois qui acceptaient de lui parler, et cela est allé de simples citoyens croisés dans un bar ou sur le marché à des commerçants, des politiques, des personnes investies dans le monde associatif et des travailleurs sociaux. Il a assisté à des conseils municipaux dans les villes qu'il ciblait : Mantes-la-Ville et Beaucaire, et rencontré l'un des deux maires. Comme il fallait s'y attendre, Julien Sanchez est celui qui n'a pas donné suite à la démarche de Hacène. Mauvais joueur le maire ? Certes ! Il est tout au long des pages consacrées à sa gestion mis en fort mauvaise posture par l'auteur qui appuie son analyse par des arguments juridiques imparables.

Dès le départ nous avons accompagné Hacène Belmessous dans son enquête en le mettant en contact avec les personnes susceptibles d'étayer son travail, et nous nous en félicitons. Le résultat est bluffant ! Nous avons organisé une rencontre débat à Beaucaire, et nous en avons des retours très positifs. Sans conteste l'auteur a été à la hauteur de ce que les personnes présentes en attendaient, et même au-delà. Après nos diverses rencontres avec lui avec lui nous savions qu'il saurait les captiver, il l'a fait.

Ecouter Hacène Belmessous parler de son travail, débattre avec lui, confronter notre vécu avec ce qu'il retire de ses trois années d'enquête, cela donne lieu à de longs et formidables échanges aux quels il est frustrant de mettre un terme. Nous sommes quelques-uns à avoir pu profiter de sa présence à Beaucaire pour évoquer et approfondir des points précis de gestion qui nous questionnaient depuis que Julien Sanchez a pris en mains les rênes de notre ville. Le chercheur place haut la barre de ses analyses sur la gestion frontiste, et sa réflexion concrétise celle que nous menons localement depuis la création du Rassemblement Citoyen de Beaucaire en 2014, mais également collectivement avec la Coordination Nationale des Collectifs Citoyens. Son livre nous conforte dans notre démarche de dénonciation d'une gestion basée sur une idéologie mortifère et discriminatoire qui n'a aucune volonté sociale. Il nous donne également des pistes pour tenter d'y mettre un terme, et nous y réfléchissons déjà très sérieusement. 

Notes
  • Sa dédicace est un clin d'oeil à Winston Churchill qui nous honore et nous encourage à poursuivre le combat #merci
  • La Coordination Nationale des Collectifs Citoyens (CNCC) regroupe depuis le 29 juin 2014 les associations des villes de Beaucaire, Béziers, Cogolin, Fréjus, Hayange, Le Luc-en-Provence et Mantes-la-Ville, ainsi que l'UEJF et SOS Racisme

samedi 9 février 2019

LE MAIRE EST VEXÉ...


Il est vexé notre maire ! Bouh... Pour un peu il se roulerait par terre en live pour se plaindre de n'avoir pas fait partie des cinquante maires du Gard invités à Souillac dans le cadre du Grand Débat National. Discriminé qu'il est ! Si, si ! Le pôvre voulait tellement rencontrer le Président de la République pour lui apprendre à faire son job, et le voilà relégué tout seul dans sa mairie, loin des sunlights et de ces médias après lesquels il court sans discontinuer pour exister. Il s'était certainement préparé à l'un de ces discours truffés d'attaques sournoises et de contre vérités dont il a le secret, que deviendra-t-il sans personne à qui donner des leçons de gouvernance ? Lui qui s'y prend si mal devrait d'ailleurs envisager de suivre des cours du soir en accéléré auprès de personnes compétentes, ce qui exclut d'emblée la formation interne du Front National dispensée par Jean Lin Lacapelle avant le scrutin de 2014. Pour en subir les conséquences depuis l'élection de Julien Sanchez et consorts (et là j'ai une pensée émue pour mes amis des collectifs citoyens des villes si mal gérées par le FN/RN) je peux affirmer qu'avant de songer à faire part de sa triste expérience du sujet au plus haut niveau de l'Etat, il devrait se pencher sur ce qu'il a si mal fait à Beaucaire, voire même ce qu'il n'a pas fait du tout. Et ce faisant en prendre de la graine. Parce que là, il s'éparpille...

Dans le cas qui me préoccupe en écrivant ce billet, rappelons que les maires de France sont invités à participer au Grand Débat National, par le biais des rencontres avec Emmanuel Macron mais également dans leurs communes. Ils peuvent s'ils le souhaitent organiser une réunion d'initiative publique abordant les thématiques proposées, et dans tous les cas il leur est demandé de mettre à disposition des citoyens des cahiers de doléances. Julien Sanchez lui ne fait rien, ne mettant donc pas en pratique la démocratie participative qu'il se vante de pratiquer à Beaucaire.  Oh il affiche un joli slogan sur les affiches de la Tournée du Maire (de simples réunions de quartier) mais dans la réalité il en est très loin ! Celle-ci ne consiste pas à demeurer assis à l'écouter s'auto congratuler et se gargariser en notant ici et là quelques doléances portant majoritairement sur le défaut d'entretien de la ville, chacun fort légitimement se préoccupant en premier lieu des aléas de son quotidien. Ni à refuser en conseil municipal de répondre aux élus d'opposition qui l'interpellent sur des sujets touchant directement à la gestion de la ville. Sa conception toute personnelle de ce que doit être la démocratie participative à l'échelle locale serait réjouissante si elle n'était si pitoyable. 

Quid des cahiers de doléances ? Il estime d'évidence que le cahier de doléances ordinaire de la mairie et la boîte à idées  que personne n'a jamais vue depuis 2015 (égarée ?) suppléent à la demande de l'Etat. J'imagine la tête du président de la République lorsqu'il recevra le contenu desdits cahiers et boîte qui ne portent que sur des problématiques purement locales et n'ont absolument rien à voir avec les sujets du Grand Débat National. Beaucaire ! Une fois de plus il se ridiculisera, et nous avec... 

Donc il pleurniche, et une fois séchées ses larmes de crocodile il demande à notre députée, dont ce n'est pas le rôle, de suppléer à ses propres manquements... ?! Ce que bien évidemment elle ne fera pas. Répondre positivement à ce qui s'apparente plus à un ordre comminatoire qu'à une invitation en bonne et due forme, et connaissant l'oiseau et ses pratiques, on ne saurait trop lui conseiller de l'ignorer purement et simplement. Mais elle a répondu, arguant que "l'initiative de monsieur le Maire ne s'inscrit pas dans cette ambition de replacer les citoyens au centre des préoccupations, bien au contraire les beaucairoises et beaucairois se sentiraient davantage dépossédés de leur parole." (sic) Cela donnera-t-il à Julien Sanchez l'occasion  de débuter un nouveau procès pour discrimination politique en se victimisant ? A n'en pas douter ce sera là un feuilleton à suivre... A Beaucaire ce ne sont pas les péripéties juridiques qui manquent, et finalement on ne s'ennuie jamais ! D'ailleurs le maire à lui seul pourrait alimenter les épisodes quotidiens d'une web série sur toute une année. Il a déjà à son actif quelques déclarations outrancières affligeantes qui ont mis notre ville sous les feux des projecteurs pour de mauvaises raisons. La dernière en date, sortie hier, cible bien entendu notre députée et son suppléant, la première pour avoir décliné son invitation, le second juste pour être ce qu'il est. On comprend bien que la réponse de Françoise Dumas apporte de l'eau au moulin pleurnichard de Julien Sanchez, mais d'évidence elle n'allait pas se jeter dans la gueule du loup. Ainsi elle ne déconsidère nullement les beaucairois par son refus, elle replace simplement les faits en perspective. Mais cette perspective ne sied pas à notre maire, et moins encore le fait qu'elle prenne la tête au sein de LREM d'une cellule interne chargée de mettre en place une stratégie de lutte contre le Rassemblement National.

Morale de cette histoire ? Certains pleurnichent, d'autres agissent. Certains font des procès d'intention, voire des procès tout court, d'autres participent au débat démocratique. Certains critiquent pour critiquer, par ambition politicienne, quand d'autres essaient de changer les choses, d'avancer... Militer pour plus de démocratie n'entre certes pas dans les priorités du maire de Beaucaire ! Lui il a le nez dans son mouchoir, les traditions et la naphtaline.


Note
Julien Sanchez n'est pas adhérent de l'Association des Maires de France, hors c'est l'AMF qui a contacté les maires (une cinquantaine dans le Gard) pour les inviter au débat de Grand-Bourgtheroulde. Cela il le sait parfaitement, tout comme le sait Marine Le Pen qui appuie sa victimisation. La présidente de l'AMF du Gard, Pilar Chaleyssin, a indiqué que parmi la délégation gardoise se trouvaient des maires UDI, socialistes, LR et sans étiquette. Elle a également pointé le fait que la réunion de Souillac étant publique, «les maires qui n’avaient pas reçu d’invitation et souhaitaient s’y rendre pouvaient le faire savoir. Certains nous ont rejoints ainsi» (sic). Ce qu'a fait par exemple le maire UDI de Saint-Christol les Alès, Jean-Charles Benezet. 

vendredi 2 novembre 2018

LES CHOIX



Quoique l'on fasse, quel que soit le chemin que nous choisissons, nos choix nous définissent. Il nous suivent, ils nous collent à la peau, ils fondent notre personnalité et l'étoffent au fil des années. Nous le savons, dans la vie aucun chemin n'est aisé ni rectiligne. Nous sommes tous amenés à faire des choix qui orientent nos vies à des périodes clés. Parfois le choix s'impose comme une évidence, parfois il suscite un questionnement de bon aloi, parfois aussi il est source de tourments, voire même d'angoisse. Mais le fait est que nous devons choisir, et assumer ensuite les conséquences de ces choix. 

Ainsi en est-il également de toute démarche citoyenne. Il ne suffit pas de se battre pour une idée ou un projet, il faut essentiellement les porter sans rien renier des valeurs qui ont présidé à leur concrétisation. Tenir ce challenge dans la durée est la pierre d'achoppement dans laquelle nombreux sont ceux qui se prennent les pieds. Car il ne s'agit pas d'avancer à tout prix, pour ne pas dire à n'importe quel prix, mais de gagner en crédibilité en restant fidèle à ses engagements premiers. On remarque très vite le fossé qui se creuse entre l'argumentaire des politiques et ceux des citoyens lambda. Les premiers ne résisteront pas longtemps aux sirènes de la réussite et de la soif de pouvoir, il leur apparaîtra impératif de tenir le devant de la scène et pour ce faire ils n'hésiteront pas à piétiner lesdites valeurs pour toucher le plus grand nombre. Les autres s'attacheront à préserver les idéaux républicains trop souvent bafoués qui les ont amenés à s'engager pour un même projet, une même idée. Idéaux qui ne se conçoivent pas sans une parfaite intégrité et une franchise idoine.

L'égalité par exemple n'est pas une notion bateau que l'on peut se permettre de brandir quand cela nous arrange, et ranger dans un tiroir lorsqu'elle ne sert plus nos intérêts. Un exercice devenu si courant que nous ne devrions plus nous en étonner, et pourtant... C'est une forme de discrimination, mais les personnes qui en portent la responsabilité ne sont pas capables de l'assumer et s'en défendent avec de si pauvres arguments qu'ils nous feraient rire s'ils n'étaient la preuve d'un manque flagrant d'intégrité. On ne joue pas impunément avec la vie, pas plus avec la nôtre qu'avec celle des autres. Nos choix nous engagent et nous portent, ils sont la résultante de notre niveau de moralité. Une notion qui semble désuète mais qui prend tout son sens dans l'époque truffée de faux-semblants que nous vivons

Alors bien sûr tous les politiciens ne sont pas roués et menteurs, de même tous les citoyens ne sont pas garants du respect de ces valeurs qu'ils prétendent défendre. Certains échappent aux normes, ce qui permet à des groupes de rééquilibrer les forces en présence et de garder la tête hors de l'eau... Certaines fois ils inversent leurs rôles ou se rejoignent au sein d'une même ambition, bousculant ce que vous-même prônez par votre propre engagement, vous mettant en position totalement inconfortable. Vous obligeant à faire un choix. Sans imaginer qu'ils risquent d'en payer le prix.

Il y a dans tout cela cette notion de juste milieu qui semble être une parfaite échappatoire, mais qui finalement n'est que cela et n'augure pas d'un avenir serein. Une échappatoire n'est pas une solution digne et viable, c'est un pis aller, un plan B qui permet aux politiques de sauver leurs miches et aux citoyens de se donner bonne conscience. Car à composer avec les fondamentaux d'une humanité qui devrait être avant toute chose respectée et préservée, on lui porte un coup fatal dont elle pourrait bien un jour ne pas se relever. Ce qui, hélas ! n'est plus depuis longtemps le souci majeur de ceux qui confondent compromis avec compromission. S'il l'a jamais été...

Tenir ses engagements c'est affirmer ses choix, c'est respecter tout ce qui en dépend. Les êtres et les choses, les idées, les idéaux et les projets. Mais surtout, choisir c'est accepter qu'il n'y ait pas de retour en arrière, parce que nos choix nous changent profondément et irrémédiablement. Et qu'il ne suffira pas de faire amende honorable pour être dédouané de ses choix passés. La vie passera l'addition, et pour les moins respectueux elle pourrait être salée. 

mercredi 24 octobre 2018

PENDRE LE VILAIN


Dans le verbe "vilipender" (cf 1) il y en a un autre, le verbe "pendre". Précédé du qualificatif "vil" (cf 2) on peut le traduire littéralement par "pendre le vilain" (cf 3). Soit pour une formule plus souple et plus actuelle "traiter avec mépris le malhonnête". Son utilisation dans sa forme bienséante revient à pendre de viles personnes par le biais de vigoureux propos qui dénigrent leur cible. Pendre une personne virtuellement est un exercice courant sur les réseaux sociaux mais qui n'est pas si aisé qu'il y paraît, vilipender ne devant en principe entraîner aucune insulte caractérisée ni grossièreté ou vulgarité d'aucune sorte. Et c'est là que le bât blesse.

Certains s'y essaient avec succès, d'autres font grincer des dents mais on leur accorde le bénéfice du doute, d'autres encore font monter le rouge de la colère et de la honte au front des internautes. Honte pour leur manque d'éducation, honte pour la faiblesse voire l'inexistence de leurs arguments, honte pour la petitesse de leur propos qui évoque irrésistiblement la hargne de ces roquets insupportables qui aboient à tort et à travers juste pour entendre leur propre voix. Colère quand les insultes se mêlent à la bassesse, colère quand la grossièreté tient lieu d'argumentation, colère quand diffamation et mensonges sont omniprésents dans une méprisable tentative de vous mettre à terre...

On l'aura compris, vilipender n'est pas à la portée de tous. Encore moins de celle des revanchards, pleurnichards et autres adorateurs sans consistance qui nuisent plus à ce qu'ils prétendent défendre qu'ils ne le servent. On constatera que ce sont les plus mauvais vilipendeurs qui s'obstinent dans l'exercice, sans doute dans l'espoir de parvenir à égaler les meilleurs ! Au risque de se ridiculiser ils pourchassent l'objet de leur haine sur les forums de discussion pour ressasser encore et encore les méchancetés et imbécillités qu'ils éructent comme d'autres pètent, sans aucune retenue et encore moins de savoir vivre. L'odeur pestilentielle étant la même ! Car la haine pue. Impossible pour ces gens-là de faire bonne figure, on les sent arriver à cent lieues... Et l'on aimerait qu'ils cessent de vilipender pour que l'atmosphère redevienne respirable. 

Et puis soyons honnêtes ! N'est pas méchant qui veut. Il n'est pas donné à tout un chacun de savoir manier la plume et les mots pour enterrer l'adversaire sans aucune chance de retour. Que l'on s'en délecte ou pas, et pour ma part je le reconnais bien volontiers que j'adore çà ! il ne coule pas de source de doser à parts égales le mépris et l'ironie. Laquelle est un atout indispensable de l'exercice. Ceux qui s'obstinent le fond en persistant à méconnaître l'inévitable résultat, on est en droit de penser que finalement il aiment toucher le fond de leur propre connerie... Le seul avantage que l'on y trouve c'est que l'on peut peut continuer à jouer. Et cela c'est un plaisir à ce jour inégalé.

Allez viens ! On joue...

Notes

1/ Traiter quelqu'un, quelque chose avec beaucoup de mépris
(du bas latin vilipendere, du latin classique vilis, sans valeur, et pendere, estimer)

2/ Qui suscite le plus profond mépris

3/ Qui est moralement laid, malhonnête ou indécent

samedi 20 octobre 2018

DE LA LÈCHE...

Adoration du Veau d'Or - Nicolas Poussin

Qu'on se le dise ! Depuis plus de quatre ans le seul muscle que travaillent les groupies inconditionnelles du maire de Beaucaire c'est la langue ! La lèche est devenue le sport local le plus évident à défaut d'être le plus raffiné. Quoique... Lécher est tout un art, le saviez-vous ? On n'utilise pas sa langue au hasard, comme çà, sur une envie insurmontable. Qu'il s'agisse de jeux sexuels ou politiques, et on peut aisément les confondre les uns avec les autres, il ne suffit pas d'y mettre toute son ardeur, il faut aussi apprendre à jouer de cet organe qui nous sert à tant de choses primordiales dans notre vie quotidienne. Dans ces circonstances une petite leçon de lèche s'impose...

Déjà ne sortez pas trop votre langue, vous finiriez par baver et cela n'est pas ragoûtant. Puis pensez bien à ne pas accompagner votre lèche de grognements ou borborygmes déplacés, l'objet de votre attention pourrait s'y méprendre et passer au stade supérieur sans que vous ayez donné votre consentement. En politique comme dans la chambre il faut savoir prendre des risques calculés pour ne pas atteindre un point de non retour. A ne pas confondre avec le point Godwin (cf 1), même si dans le cas que nous évoquons ici il se pourrait que... Mais non ! Vous n'y pensez pas ? Moi non plus.

Mais continuons notre cours de lèche. En fonction de la taille de votre langue et de votre niveau de dévotion, il vous faudra vous exercer à lécher de haut en bas, sans trop de pression, presque discrètement. Que l'on vous sache présent mais sans vous faire remarquer. Le léchage allant de pair avec l'adoration, l'objet de vos perpétuelles louanges doit pouvoir s'en délecter sans se sentir oppressé, faut de quoi il pourrait lui venir à l'idée de nous faire un burn out et de nous planter là, abandonnés au milieu des gravats du Quai de la Paix. Moi cela ne me dérangerait pas, et je garde d'ailleurs une bouteille de champagne au frais pour l'occasion, mais pour vous les léchouilleurs je crains le pire ! Vous retrouver langue pendante devant le trône déserté risquerait de vous causer un choc émotionnel d'une gravité que vous n'imaginez même pas, il n'est pas certain que vous vous en remettriez...

En lèche comme en tant d'autres domaines sachez que la concurrence est rude. Vos adversaires ne vous feront pas de cadeaux, et pour lécher tout à votre aise l'objet de vos envies il vous faudra jouer des coudes et prouver qu'à cet exercice peu commun vous méritez la première marche du podium. Champion(ne) du monde comme dirait ce brave Serge (cf 2) ! Donc entraînez-vous, ne baissez pas les bras ni la langue devant l'ampleur de la tâche, courage !

Léchez donc ! Mais léchez bien, patiemment et sans fanfaronnades, et surtout n'oubliez pas de garder vos œillères bien en place pendant l'exercice. S'il vous prenait la fantaisie de les ôter pour regarder en face la triste réalité que vous encensez, je n'ose envisager dans quels tourments cela vous précipiterait... 


Notes

1/ La loi de Godwin est une règle empirique provenant d'un énoncé fait en 1990 par Mike Godwin relatif au réseau Usenet, et popularisée depuis sur Internet :
« Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1. »
Dans un débat, atteindre le point Godwin revient à signifier à son interlocuteur qu'il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin.

2/ Serge Benamou, personnage de la série de films "La Vérité Si Je Mens" joué par José Garcia