jeudi 8 juin 2017

PAGAILLE ÉLECTORALE

Des années passées je retire une certitude, celle que jamais je n'ai vécu de campagne électorale plus déplorable que celle qui vient de se clore sur l'élection du huitième président de la cinquième République. Un vent mauvais a soufflé sur la France depuis le début de cette année électorale, on nous a infligé à nous, électeurs, un fatras désespérant, rythmé par les scandales, les attaques nauséabondes et les fausses nouvelles recrachées sans les mastiquer, et encore moins les digérer, par des médias guidés par l'urgence. Une campagne à l'américaine pour un pays qui n'a des Etats-Unis ni le mode de fonctionnement ni la mentalité, une campagne qui a joué avec nos nerfs à l'excès et nous laisse un arrière goût amer... Entre les deux tours l'élan républicain n'a rien eu de commun avec la vague de protestation de 2005. Que le Front National se retrouve au deuxième tour, à quelques marches à peine du pouvoir ultime, n'a pas ému les français plus que çà ! Les appels au front républicain lancés un peu partout en France par les associations antiracistes n'ont pas eu l'écho que nous en attendions. Si de nombreux politiques et figures du militantisme, futurs candidats aux législatives pour la plupart, ont répondu présent et porté haut les valeurs de citoyenneté et d'égalité que nous défendons, il n'en a pas été de même des électeurs qui ne se sont pas mobilisés face au danger de l'extrême-droite. Le constat est terrifiant. Celui d'une acceptation, d'un fatalisme, résultant du dégoût que suscite la politique en général et les politiques en particulier. Trop d'affaires en cours, trop de scandales, trop de magouilles électorales... Il est de plus en plus difficile de faire entendre aux citoyens la voix de la raison, celle qui les met en garde contre la tentation du silence que l'extrême-droite s'empresse de récupérer. Ce climat délétère est à son avantage, le Front National pour ne citer que lui se complaît dans la boue et le brouillard, il en retire toujours quelques centaines d'électeurs supplémentaires. Il a beau jeu de crier au loup pour détourner les regards de ses propres errements, cela paie. Nous l'avons malheureusement constaté dans nos régions, les scores en faveur de Marine Le Pen faisaient froid dans le dos. La formidable progression d'En Marche, comme d'ailleurs celle de la France Insoumise, pouvaient laisser espérer un renouveau pour les législatives, il n'en est rien. L'appât du gain, l'orgueil, l'intolérance, voire même le mépris, reprenaient dès le lendemain droit de cité, et pour faire bonne mesure les anti système plongeaient tête la première dans ce qu'ils prétendaient vouloir changer, nous privant d'écrire une nouvelle page de notre histoire.


La campagne électorale présidentielle que nous venons de vivre, c'est l'histoire de la montagne qui accouche d'une souris ! En l'occurrence d'une pagaille sans nom dont nous, citoyens, payons le prix fort. Les élections législatives sont d'une très grande importance, nos députés parlent et votent en notre nom. Ils sont investis d'une mission difficile et de notre confiance, mais tous n'en sont pas dignes. Car tout cela finalement n'est qu'une histoire de gros sous, les engagements citoyens sont rares et si certains suscitent encore quelques élans républicains ils ne sont pas la norme. Celle à laquelle nous voudrions nous référer au quotidien pour toute décision nous concernant. Les tractations nationales ne se soucient aucunement des besoins de chaque département, encore moins de chaque circonscription. Non, ce qui importe pour les partis politiques c'est de placer un maximum de candidats pour engranger cette manne financière qui les fera vivre pendant cinq ans ! Cela se fait au détriment de notre avenir, et parfois de la République elle-même. Jeter le discrédit sur des candidatures libres, détachées des partis politiques, issues de mouvements citoyens et de la société civile, est devenu le sport préféré de certains candidats "classiques", des politiques de carrière qui refusent de céder leur place. Le renouvellement de la députation n'est pas encore pour demain, et une partie des médias déchiquètent avec délices ces nouveaux visages livrés à leur vindicte qui n'ont pour seul tort que l'ambition d’œuvrer pour leurs concitoyens. Ils ont de l'ambition personnelle, certes, mais c'est un trait de caractère essentiel pour progresser en politique ! Reprocher à d'autres ce que l'on professe soi-même depuis des années est devenu le comble d'une pseudo moralisation qui fait froid dans le dos. Faisant fi de nos attentes, tout ce petit monde se frotte les mains, assuré de recevoir les millions d'euros nécessaires à la préservation de leur monde figé dans un immobilisme dévastateur. De là à songer qu'il faudrait donner un grand coup de balai dans tout çà et repenser le système de financement des partis pour les débarrasser de leurs corsets, il n'y a qu'un tout petit pas. Il ne sera pas franchi cette année.

Il nous revient à nous, citoyens, de ne pas baisser les bras. Il nous appartient de demeurer vigilants, de veiller au respect des valeurs républicaines par nos élus. Nous sommes un rempart contre les errements d'un microcosme politique désenchanté, désabusé, qui ne bouge qu'une fois l'an pour sa ration de carottes. Ces gens-là ne croient plus à grand-chose, mais comme le chantait Jacques Brel ils ne s'en vont pas, ils comptent ! Çà oui, monsieur, ils comptent...

PS : Cerise sur le gâteau des législatives avant qu'il ne soit livré aux vautours, des anomalies sont relevées dans les enveloppes électorales distribuées aux gardois. La préparation de celles-ci est sous-traitée à une société basée à Lyon, ce ne sont plus les services de la Préfecture du Gard qui en ont la charge. Résultat ? Un dangereux amateurisme qui remet en question la liberté de choix offerte aux électeurs. Dans les enveloppes manquent plusieurs bulletins et professions de foi de différents candidats, ce qui pourrait conduire à une annulation du scrutin du premier tour. Plusieurs candidats ont alerté la Préfecture, laquelle a saisi la Commission de Propagande. Il semble que d'autres départements soient touchés par ce fléau... Quand on fait de surcroît le constat que dans certaines enveloppes apparaissent plusieurs bulletins de vote Front National* il est clair que le droit électoral est bafoué.

* Témoignages d'électeurs et tests effectués par la Commission de Propagande

dimanche 28 mai 2017

DU MYSTÈRE DE LA GROSSIÈRETÉ


De tous les mystères qui parsèment nos vies, il y en a un que j'ai vraiment à cœur d'éclaircir. Vous me direz qu'il est de moindre importance comparé à l'au-delà, la vie après la mort, l'existence de Dieu, la conception et la naissance des enfants, la crise d'adolescence, l'orgasme... Mais à bien y réfléchir cela tient un peu de la crise d'ado et beaucoup de l'orgasme pour les concernés. A savoir ceux qui entretiennent ce mystère. Pour moi qui tente de l'élucider, cela s'apparente plus à une crise d'urticaire.

Je vous explique ! Je me définis volontiers comme "un grossier personnage", j'émaille depuis toujours mon langage de quelques jurons bien sentis au grand désespoir de mes proches qui ne sont jamais parvenus à me faire passer cette mauvaise habitude. C'est ma façon de m'exprimer, ma petite note de révolte contre la société ! Mais je n'en oublie pas pour autant la très bonne et très stricte éducation que j'ai reçue et que j'ai eu à cœur de transmettre à ma fille. Ce que j'ai parfaitement réussi. Je l'ai élevée notamment dans cette certitude qu'elle n'avait absolument aucun droit de parler comme moi, et je suis fière de pouvoir affirmer qu'en cela elle ne me ressemble en rien. Car soyons clairs, savoir s'exprimer dans un langage châtié vous ouvre des portes que le contraire vous claque en pleine figure. Il en va de même pour l'expression écrite de notre belle langue, laquelle est semée de tant de pièges que certains ne s'efforcent même pas de les éviter. Il est fort pénible d'avoir à lire sur les réseaux sociaux, et parfois même à déchiffrer, des commentaires ou des posts rédigés dans un français approximatif d'où toute syntaxe basique a mystérieusement disparu. Et ne parlons même pas de l'orthographe déplorable et d'une grammaire aux abonnés absents... Précisons que savoir s'exprimer correctement dans sa propre langue n'est pas l'apanage de ceux qui vont jusqu'au baccalauréat ou bien au-delà, les bases en étant enseignées dès le primaire elles sont censées être acquises avant l'entrée au collège. Nous en sommes très loin, et en rejeter systématiquement la faute sur le système, en l'occurrence l'Education Nationale, reviendrait à déprécier le travail des instituteurs. Ce que je ne ferais pas, car en-dehors de l'école l'éducation est affaire à parts égales d'environnement familial et de travail. Et là c'est encore un autre problème.

Mon propos est tout autre. J'aimerais que l'on m'explique pourquoi la majorité des militants et sympathisants d'extrême-droite, et plus particulièrement du Front National, ne sont pas capables d'aligner deux phrases dans un français correct et poli. Pourquoi leur est-il impossible d'échanger tout simplement, sans agresser et sans insulter l'autre ? Si nous, qui visiblement avons le don de les faire sortir de leurs gonds quoique nous disions ou fassions, pouvons échanger en veillant à les respecter, pourquoi n'y parviennent-ils pas également ? Il s'agit là d'un mystère, un vrai. Je ne songe nullement à remettre en cause leur niveau d'études, mais celui de leur éducation certainement ! Par éducation j'entends cet ensemble d'usages sociaux qui régissent la vie en société, ce qui inclut nos actions et nos propos. Toutes choses qui ne sont pas liées à une origine ou un niveau social et qui forment ce que l'on nomme "une bonne éducation". Nous apprenons à nos enfants les règles basiques de la politesse dès qu'ils savent parler, mais il semble que ces personnes aient tout oublié de ce que leurs parents à n'en pas douter leur ont inculqué. Devenus adultes, ou pensant l'être, ils s'estiment dégagés de toute obligation de respect envers quiconque ne partage pas leurs idées. 

Je vous vois d'ici levant les bras au ciel et invoquant la foudre pour me dissoudre sur place, mais je fonde cet inquiétant constat sur l'expérience que nous, militants citoyens, vivons au quotidien. Il est aisé de démontrer qu'au sein des mouvances d'extrême-droite l'injure et l'agression, écrites comme verbales, ont force de loi. Cela, et cette incroyable faculté de retournement des situations pour aboutir à une victimisation systématique d'eux-mêmes comme de leurs idoles, en disent long sur ce qu'est réellement cette base militante que Marine Le Pen prétendait avoir muselée pour accéder au pouvoir. Mais lorsque ces écarts de langage et cette violence, verbaux comme écrits, sont l'apanage de leurs élus, comment reprocher à leurs électeurs de calquer leur comportement sur le leur ? 

Je le constate chaque jour, rien n'a changé au Front National, et certainement pas ses militants. Dans nos villes tombées aux mains de ces jeunes loups ambitieux leur parole fait foi. Quoiqu'il se passe, et même le pire, les militants refusent les faits et vous bombardent d'insultes, de propos discriminatoires et sexistes, de menaces et de charmantes invitations à déménager. Ce que je ferais sans doute un jour, mais pas dans l'immédiat. J'ai encore quelques mystères à percer, et quelques dents à faire grincer... Veuillez m'excuser, je serai pour les trois années à venir trop occupée pour faire mes cartons.

samedi 27 mai 2017

CRISE DE NERFS POUR UNE PAELLA

Julien Sanchez nous avait habitués à perdre ses nerfs lors des conseils municipaux, mais en public il veillait toujours à lisser son image et dispenser cette urbanité qui fait partie de son personnage. C'était sans compter sur l'excitation inhérente à notre Foire de l'Ascension ! Couplée à celle d'une période électorale propre à booster les moins énergiques, elle a fait sauter les barrages et donné aux beaucairois de la rue Nationale un aperçu très négatif de la personnalité de notre maire.


Pour les commerçants de Beaucaire cette journée est une source de revenus non négligeable, ils tablent sur une consommation accrue de leurs produits et bien souvent cela donne aux plus petits le coup de pouce dont ils ont besoin pour continuer. C'est le cas de l'Atelier Pizza, situé rue Nationale, qui avait annoncé une paella géante, un plat dont les touristes et les beaucairois raffolent, synonyme par excellence de convivialité et de détente, et qui se vend bien. Installée sur le trottoir devant la vitrine du commerce, la paella embaumait le voisinage immédiat et les commandes commençaient à affluer quand la Police Municipale a débarqué. Le restaurateur était certes en tort pour n'avoir pas demandé d'autorisation pour installer son paello sur le trottoir, mais les policiers municipaux ont mis en avant le risque encouru avec la bouteille de gaz sans prendre la peine de vérifier qu'il y avait bien un extincteur à portée de main et ont insisté pour qu'il termine sa cuisson à l'intérieur de son local. Hors il faisait tout de même dans les 34° et je vous laisse imaginer quel enfer cela aurait été ! Puis ils ont pointé la petite terrasse installée également sur la portion de trottoir devant la pizzeria, à laquelle étaient attablés quelques gamins du quartier en train de se restaurer. Néanmoins tout se passait calmement, le commerçant négociait avec la Police Municipale pour terminer sa paella à laquelle ne manquait que 10 à 15 minutes de cuisson...


C'est alors que Julien Sanchez est arrivé, flanqué de Yoann Gillet et Jean-Pierre Fuster qui faisaient campagne sur le parcours de la Foire comme tous les autres candidats aux législatives. Le trio était accompagné de personnes de moindre importance, dont le photographe de la mairie, lesquels se sont régalés du spectacle. Car c'est de cela qu'il s'est agi, un spectacle de rue de médiocre qualité aux dialogues grossiers à connotation raciste. Peut-être que cet incident aurait pris une autre tournure si certains ne s'en étaient pas mêlé, mais pris à parti par un beaucairois connu pour son parler un peu vif, le maire a réagi sans nuances "Ne me faites pas chier !" et de là les choses ont dégénéré... Yoann Gillet commentant "Putain ils font chier ces cons !" pendant que Jean-Pierre Fuster refusait de dialoguer en justifiant "On peut pas vous parler à vous autres !" et que le maire balançait avec une grande délicatesse "On n'est plus chez nous, on se croirait au bled"... Une commerçante voisine, choquée par tant de grossièreté, a fait remarquer au maire "Mais c'est quoi tous ces gros mots ? Vous ne nous avez pas habitués à ça !" mais cela n'a pas eu l'heur d'émouvoir Julien Sanchez, lequel a rétorqué que c'étaient "eux" qui lui avaient mal parlé en pronostiquant "Bientôt ils viendront tous se baigner dans vos piscines ! Vous ne viendrez pas pleurer !"... Quelques-uns parmi nous lui ont fait remarquer qu'il fallait bien que les commerçants travaillent, que la bouteille de gaz ne présentait pas plus de risque rue Nationale que sur le parcours de la Foire, mais ni lui ni Yoann Gillet, et encore moins Jean-Pierre Fuster qui est tout de même adjoint au commerce ! n'en avaient rien à faire.

Donc pour résumer, Julien Sanchez n'a pas su maîtriser ses nerfs, il a insulté un administré, proféré des remarques ouvertement racistes, et piqué sa crise en public, rouge de colère. Avec le soutien de son directeur de cabinet qui a estimé son écart de langage normal au vu de ses interlocuteurs ! Il est vrai que les injures publiques cela le connaît, il a même été condamné pour çà en octobre et avril 2016. Le seul qui ait gardé son calme pendant toute la durée de l'incident c'est le commerçant incriminé, il s'est adressé à Julien Sanchez et aux policiers municipaux avec politesse et sang-froid, et a obtempéré en terminant la cuisson de sa paella dans un garage aimablement ouvert par des voisins solidaires. Il a tout de même obtenu de garder sa terrasse pendant l'heure du déjeuner... Pour finir il n'a pas perdu d'argent mais n'en a pas gagné, cette journée ne lui aura donc pas rapporté un centime. 

Lorsque l'on sait que chaque année pour le jeudi de l'Ascension il y a depuis des années une tolérance pour les petits commerces qui sortent une terrasse ce seul jour de l'année, que par ailleurs de grands plats conviviaux sont cuisinés en extérieur par les restaurants situés sur le parcours de la Foire, il semblerait logique que la municipalité autorise par arrêté municipal cette pratique dans toute la ville afin de favoriser l'expansion des petits commerces. Mais c'est justement là où le bât blesse ! La municipalité ne cherche nullement à aider ces commerçants pour la plupart d'origine maghrébine, son seul souhait est qu'ils mettent la clé sous la porte et dégagent de la ville. L'Atelier Pizza n'avait pas demandé d'autorisation, conscient qu'il ne l'aurait pas obtenue. Il fait partie des six commerçants qui ont porté plainte contre Julien Sanchez suite aux deux arrêtés de juin 2015 pour "entrave à l'exercice d'activité économique par dépositaire de l'autorité publique à raison de l'origine, l'ethnie ou la nationalité", une bataille qu'ils ont remportée au tribunal administratif de Nîmes le 21 avril dernier et que la mairie s'est employée à passer sous silence. Symboliquement le message envers le maire Front National de Beaucaire est fort, il semble qu'il l'ait entendu puisqu'il n'a pas publié d'arrêté du même type cette année, échaudé par sa première tentative. Le tribunal a été clair, les précédents arrêtés n'étaient ni justifiés ni proportionnés. Dont acte.


Visiblement, verbaliser ce commerçant ne suffisait pas à étancher la colère de Julien Sanchez, il lui a fallu grossièreté et propos racistes pour se calmer et passer son chemin. Cela n'est pas digne d'un élu, lequel se doit de garder son sang-froid face à ses administrés et à tout le moins ne pas les insulter. Où allons-nous si nos élus se permettent de dire n'importe quoi à n'importe qui ? Julien Sanchez, Yoann Gillet et Jean-Pierre Fuster se doivent d'appliquer à eux-même les préceptes éducatifs qu'ils exigent de leurs interlocuteurs. Mais on a l'insulte facile à l'extrême-droite, bien trop facile ! Et la langue de bois bien pendue pour endormir les électeurs. Cela nous l'avions constaté lors des conseils municipaux, il est déplorable d'en faire le constat dans nos rues.


mercredi 15 mars 2017

TOUCHE PAS A MON JOUET !


Il faut reconnaître aux conseils municipaux de Beaucaire, en sus d'un déni de démocratie redondant, le mérite de nous faire découvrir de temps à autre de nouvelles facettes du maire et de ses élus. Prenez celui de ce soir par exemple, il fût fertile en émotions diverses et fort instructif. Après l'exercice long et pénible consistant à écouter les affabulations de notre premier magistrat qui semble croire que nous ne savons ni lire ni compter, nous avons appris à nos dépens, au détour d'un incident mineur, que Julien Sanchez n'aimait pas prêter ses jouets. Si je l'osais je dirais que c'est là un comportement typique d'enfant unique peu ou mal sociabilisé, auquel on n'a pas appris les vertus du partage. Mais bien sûr cela ne concerne pas notre maire qui n'a gardé de l'enfance que cette fâcheuse tendance au caprice qui ambiance fâcheusement les conseils municipaux.

Il faut avouer que le nouveau jouet en question, brillant de propreté et d'une transparence devenue fort rare en politique, semblait en tous points conçu pour notre premier magistrat. Du sur mesure en quelque sorte, comme certains costumes qui font beaucoup parler d'eux ces temps-ci... Doté d'un superbe micro élégamment incliné pour boire les paroles du maître à penser de notre majorité municipale et nous les restituer à l'intonation près, le pupitre faisait son petit effet et donnait furieusement envie d'y monter pour haranguer les foules. Ne manquait que le tapis rouge pour lui donner des allures de tribune présidentielle ! Seul, abandonné à la vindicte des élus ambitieux, l'objet de tous les désirs a vécu des instants que nous supposons atroces quand Christophe André a tenté par deux fois de de l'utiliser, provoquant l'ire de notre maire et une suspension de séance de quinze minutes à chaque tentative. La troisième fois Christophe André a voulu cette fois se mettre face au public et aux élus pour s'adresser à eux et là le gentil Julien, qui n'avait pas décoléré de l'outrage subi par son nouveau jouet, a de nouveau suspendu la séance. Lors de la reprise il nous a fait bénéficier de sa très discutable expérience d'opposant modèle au Conseil Régional, suscitant des réactions outrées d'un public qui s'intéresse en priorité à Beaucaire. Ce qui semble-t-il n'est pas son cas puisqu'il nous gratifie en toute occasion de son inévitable discours politique ciblant tout sauf notre ville, laquelle joue uniquement son rôle de repoussoir pour le propulser sous les projecteurs des grandes scènes du théâtre politique. Et si la comédie est d'évidence son point fort l'exercice de la démocratie locale visiblement ne lui suffit pas pour exprimer l'étendue de son talent ! Certes le costume parait taillé sur mesure pour le suivre dans ses ambitions, mais il est clair qu'il s'y sent très à l'étroit. L'excitation des échéances électorales grandit, et l'homme hélas n'a pas encore suffisamment d'étoffe pour suivre le mouvement. Ainsi il se perd dans des homélies dignes des voûtes de notre collégiale, mais si peu convaincantes qu'il lasse son public peu impressionné par des effets de manche empruntés à ces avocats qu'il côtoie si souvent qu'il finit par s'en inspirer... Il est à fleur de peau, nerveux, la moutarde lui monte vite au nez et il ne se contrôle pas autant qu'il le devrait face à l'adversité. Ce soir il aurait pu se contenter de faire expulser l'élu d'opposition à l'origine de l'incident, mais il a réclamé le huis-clos pour se débarrasser des opposants du public et de cette presse honnie qu'il vilipende à longueur de conseil municipal. Un exercice qui sort de l'ordinaire même pour un élu du Front National qui ne cesse de remettre en cause la démocratie et notre République.

Dans la foulée de ce moment décisif pour notre démocratie locale quelques échanges houleux ont suivi, provoqués par des groupies du maire qui n'ont pour seul charme que celui d'oser le pire à visage découvert. Agressifs, hargneux, incapables de s'en tenir au langage unifié et normalisé prôné par le parti qu'ils prétendent soutenir, ils sont à eux seuls plus jouissifs que tout un bataillon d'élus englués dans leur propre importance. Ah que j'aime ces moments-là, quand des personnes prétendument adultes explosent en perdant tout contrôle, comme des pépites brutes qui vous sautent dans les mains à coups de grands éclats de voix mâtinés d'insultes ! L'embarras du maire est un pur moment de plaisir que je savoure comme il se doit...

Pour le reste nous avons attendu tranquillement la Police Nationale qui nous a priés d'évacuer la salle, nous avons obtempéré dans le calme et ils nous ont accompagnés hors de l'enceinte de la mairie. Notre petit groupe d'opposants a noté que des sympathisants et membres du Front National du Gard demeuraient dans la salle du conseil municipal, le maire ayant fait le choix de ne désigner que le public "politisé", c'est-à-dire opposant à sa politique. Car il faut bien comprendre, avant toute autre chose, qu'exprimer des idées politiques contraires à celles de sa majorité municipale n'est pas toléré à Beaucaire ! Comme d'ailleurs dans toutes les villes gérées par l'extrême-droite, s'opposer à ce que le chef pense, décide, fait est criminel. La pensée unique est ce qui nous guette si nous baissons les bras... Julien Sanchez oublie sans doute les longues années passées dans l'opposition pendant lesquelles lui-même et les élus du Front National menaient la vie dure aux élus majoritaires. Aujourd'hui il se permet de couper les micros, insulter les élus d'opposition, attaquer la presse, diffamer et menacer les opposants du public, faire évacuer ceux qui le dérangent, quand lui-même et son groupe d'opposition se comportent de la pire des manières en Conseil Régional. Il nous dénie à nous, beaucairois, toute expression démocratique et pense nous museler en nous promettant plaintes et procès en tous genres.


Lorsqu'il affirme la bouche en coeur "depuis trois ans j'ai été très patient avec l'opposition mais là..." (sic) puis affirme que 98% des beaucairois lui font confiance, réduisant de fait l'opposition dans sa diversité à 2% des administrés, et enfin conseille à Christophe André "si vous voulez gagner en crédibilité ne jouez pas sur les peurs des gens et ne criez pas à la catastrophe" (sic) on ne saurait trop lui conseiller de relire ses promesses de campagne qui employaient ces leviers même qu'il reproche aujourd'hui à l'opposition municipale comme citoyenne.

De ce fatras anti-démocratique, appuyé ce matin par un communiqué mensonger, il ne ressort qu'un fait indiscutable ; Julien Sanchez ne partagera pas ses jouets. Et pour récupérer le fauteuil dans lequel il est assis depuis trois ans il va falloir se battre ! Il n'y a pas plus teigneux qu'un politique qui s'accroche à ses privilèges... Mais tout ceci, le bâtiment qui l'abrite et la ville qui héberge l'ensemble, appartient de plein droit aux beaucairois. A eux, et à eux seuls. 

mardi 28 février 2017

PROCÉDURIER PAR CHOIX


Aujourd'hui devait avoir lieu le procès de la ville de Beaucaire contre Carole Delga, présidente de notre grande Région Occitanie. La présidente de région ne s'est pas présentée à l'audience, elle était au Salon Intenational de l'Agriculture pour l'inauguration du stand de 16000 m2 consacré à la mise en valeurs de nos produits régionaux. L'avenir de la Région Occitanie, celui de ses producteurs, de ses éleveurs, de ses artisans, et par conséquent le nôtre, est prioritaire et on ne peut que se féliciter de ses choix en la matière. L'Occitanie est la 2ème région de France métropolitaine, la 3ème en production de fruits et légumes. Notre région ce sont 250 produits labellisés pour leur terroir, leur qualité et leur origine. Soyons sérieux, et reconnaissons que face à tout cela les jérémiades du maire de Beaucaire ne pèsent guère. Si je suis la première à souhaiter que les regards se tournent vers Beaucaire et prennent conscience de ce que traverse notre ville depuis près de trois ans, je ne peux décemment pas m'étonner de l'absence justifiée de Carole Delga. Son équipe et elle ont à gérer un territoire immense, plus grand que l'Irlande, avec son lot de grandes difficultés mais aussi ses nombreuses avancées dans tous les domaines. Cela, je le redis, est d'autant plus prioritaire qu'il ne s'agit en l'espèce que d'un jeu politique de la part de Julien Sanchez qui utilise sa position de maire et de conseiller régional pour faire entendre la voix criarde de son parti politique au lieu de porter celle des beaucairois. Lesquels souhaiteraient plus d'attention de la part de la région comme du département, certes, mais n'en peuvent plus de se trouver sans cesse sous les feux des projecteurs pour de mauvaises raisons. Les beaucairois ont à coeur l'image de leur ville, or notre maire en projette avec constance la plus déplorable qui soit. Beaucaire ne veut pas être stigmatisée et victimisée, elle ne veut pas être plainte mais soutenue, accompagnée, encouragée. Tout le contraire de ce qu'obtient son maire avec ses récriminations incessantes.

Mais voilà ! Julien Sanchez, qui s'était comme à l'accoutumée déplacé avec sa petite cour frontiste, n'a pas supporté cette absence ! Le pauvre s'est une fois de plus estimé discriminé, rejeté, et a réagi en publiant sur le site de la ville et les réseaux sociaux un bref communiqué. Déformant les motifs du renvoi de l'affaire au 03 octobre 2017, donc après les élections présidentielles et législatives ce qui n'arrange pas sa propagande locale et nationale, il prétend que Carole Delga voudrait "gagner du temps" et serait "paniquée par les éléments accablants apportés par la ville de Beaucaire". Dans la foulée il s'institue juge et partie en lieu et place du TGI de Nîmes qui appréciera, et prétend "démontrer clairement la discrimination" dont la ville serait victime. De source sûre le renvoi serait pourtant du fait de l'avocat de la ville qui voulait déposer de nouvelles conclusions ! Mais de cela le maire n'en a cure, il manie le mensonge avec aisance, rappelant au passage de quelles mesures sont passibles les personnes reconnues coupables de discrimination. On peut raisonnablement en déduire qu'il s'est bien renseigné sur le sujet depuis sa prise de fonction, un peu comme celui qui vérifie son matériel avant de faire son premier saut à l'élastique, histoire de rebondir en toute sécurité...

Nous savions le maire procédurier par choix purement idéologique et politique, il semble que ce soit là uniquement ce qui motive le temps qu'il passe dans nos tribunaux et le nombre impressionnant des procédures qui lui sont imputables. Ce que nous ignorions c'est qu'il fût un spécialiste de la discrimination en sus de ses nombreuses et indiscutables compétences juridiques acquises dans les tribunaux. Lesquels sont devenus au fil du temps pour lui, comme pour de nombreux élus du Front National, un peu comme une seconde demeure. Soit qu'ils y soient convoqués, soit qu'ils y tiennent la main de leurs petits camarades ! Sans doute faudrait-il lui rappeler que pratiquer la discrimination dans notre ville ne fait pas de lui un spécialiste en la matière.

Au moins n-a-t-il pas encore adopté le discours menaçant de sa muse qui pointe sur la magistrature un doigt vengeur et installe bien au-dessus de la tête des magistrats qui ne font que leur travail une épée de Damoclès ou supposée telle. Cela dit cette tendance à l'autoritarisme se fait déjà sentir en mairie et au sein des associations, voire même des commerces de la ville. A Beaucaire on ne fait pas ce que l'on veut, on ne fait que ce que le maire a décidé que l'on pouvait faire ! Quand je dis on, je pense bien entendu aux employés municipaux qui ne se sont pas encore rallier au mouvement patriote, aux associations pointées du doigt qui dépendent de leur subvention annuelle aussi maigre soit-elle, et aux commerces implantés par la mairie qui n'ont pas le droit d'afficher ce qu'ils souhaitent en vitrine ni même pour certains d'organiser celle-ci ou de faire des choix de gestion comme bon leur semble. Je m'estime d'autant plus heureuse de ma propre indépendance et de celle du Rassemblement Citoyen de Beaucaire que j'ai fondé avec des amies et que je préside. Imaginez un peu le maire d'une municipalité Front National appliquant le programme xénophobe et discriminatoire de son parti qui pèserait sur les projets d'une association antiraciste, on plonge la tête la première en pleine science-fiction !

J'en viens à penser que si Julien Sanchez s'était orienté vers un cursus en droit il aurait pu se représenter lui-même et représenter notre ville, ce qui aurait épargné aux contribuables beaucairois 38000 euros de frais de justice pour l'année écoulée ! La victimisation comme choix de vie cela nous coûte cher, et il a tout de même vidé les caisses de la ville. Nous ne voudrions pas qu'il soit de nouveau acculé à un emprunt qui alourdirait sensiblement notre dette déjà conséquente. Oui je sais, je rêve... #gestionbonpèredefamille

dimanche 19 février 2017

BYE BYE DÉMOCRATIE


D'autosuffisance en vulgarités, d'attaques mesquines en menaces, de mensonges éhontés en commentaires déplacés, le premier conseil municipal de cette année ne nous a rien apporté de nouveau. Malheureusement de tout cela nous avons pris l'habitude en près de trois ans de mandat Front National, et si nous ne y habituons pas nous finissons par accueillir le tout avec philosophie sinon résignation. Le cirque victimaire auquel se livre notre premier édile n'a que le mérite de mettre un brin d'animation dans des conseils municipaux souvent très longs.

Nous avons donc eu la surprise de retrouver une salle immaculée, nue, reléguant le public sur un seul rang de chaises alignées contre le mur ! Aucune décoration pour égayer l'ensemble, rien ne rappelle aux beaucairois l'histoire de leur ville. Les bureaux des élus sont alignés comme ceux d'une salle de classe sur un semi ovale face à l'estrade sur laquelle trônent Julien Sanchez, Yoann Gillet et la nouvelle directrice générale des services ou supposée telle. Aucune présentation des nouveaux visages qui défilent avec une régularité constante dans notre mairie n'étant jamais faite, il revient aux beaucairois de deviner leurs attributions et de fouiller sur le web pour découvrir des identités soigneusement tenues secrètes. Il y a tout lieu d'imaginer que cette paranoïa touchant les contractuels et stagiaires qu'emploie la mairie tient à leur provenance, à la nature de leurs fonctions, au montant de leurs salaires, ou aux trois à la fois !

Derrière l'estrade deux écrans affichent au rythme des délibérations les visuels tricolores vantant la gestion municipale. Marianne est reléguée derrière l'estrade, à demi tournée vers la fenêtre la plus proche, presque oubliée... Le drapeau tricolore comme il se doit est juste derrière le maire, sa flèche pointant juste au-dessus de son épaule gauche ce qui donne lieu à des photos plus comiques que probablement il ne le souhaite. Mais après tout il l'a voulu ainsi. 

Le public durant toute la durée du conseil municipal peut se livrer à une comparaison exhaustive des nuques de leurs élus et deviner ainsi à qui ils ont affaire lorsque l'un d'eux s'essaie laborieusement au délicat exercice de lecture d'une délibération, avec plus ou moins de succès. Cela aussi, pardonnez cette faiblesse, égaie parfois l'instant...


Le piétinement de notre démocratie est un exercice auquel Julien Sanchez se livre avec délices à chaque conseil municipal. Cette fois-ci les attaques contre Carole Delga, présidente de notre région Occitanie, ont fusé ! Assorties de l'habituelle victimisation, et en y ajoutant celles contre notre gouvernement qu'il se devrait de respecter en tant qu'élu de notre République. Le tout destiné à faire passer le message politique de son parti, car n'oublions pas qu'avant d'être le maire de Beaucaire Julien Sanchez est l'un des 34 membres du comité stratégique de campagne de Marine le Pen pour les présidentielles. Et pour lui, comme pour l'ensemble des cadres du Front National, la campagne électorale a débuté à la fin de l'été 2016. Beaucaire, 4ème ville du Gard qui devrait requérir tous les efforts du maire que les beaucairois ont élu en 2014, est délaissée au profit d'une campagne électorale, plus encore cette fois-ci qu'elle ne l'a été les fois précédentes. Fort de l'aveuglement d'une partie de ses administrés, et des encouragements subjectifs de tous les sympathisants et/ou adhérents de son parti qui n'y vivent pas et n'y ont même jamais mis les pieds, Julien Sanchez vante la vitrine d'une gestion municipale "en bon père de famille" prétendue saine. De villages en villages de notre département et d'ailleurs il entasse les mensonges, les faux-semblants et les promesses comme autant de victoires symboliques sous les regards énamourés de ses fans qui scandent "On est chez nous !" et autres joyeusetés à caractère raciste et discriminatoire, encouragés par ses discours. Puis il revient dans notre ville, arborant la mine réjouie de la souris qui s'est finalement tapé le chat... 

S'en sont suivis quelques commentaires à caractère diffamatoire envers des élus de l'opposition, assortis d'un manque flagrant de respect, des menaces à l'encontre de membres du public qui pointent régulièrement ses erreurs de gestion et ses mensonges sur les réseaux sociaux, et bien entendu un rappel de la plainte pour diffamation déposée contre moi par la ville et la police municipale. Histoire d'enfoncer le clou et de bien faire comprendre aux autres à quelles représailles ils s'exposent s'ils continuent sur leur lancée... Brrrr !!! Zé peur !!! 

Mais dans tout ce fatras municipal à la mode frontiste une valeur sûre émerge, qui me rassure et me réconforte : l'embauche de Rintintin a été validée ! La brave bête va désormais patrouiller dans les rues dangereuses de Beaucaire, équipée d'un gilet pare-balles et d'une casquette à l'écusson de notre ville, son doux regard protégé par des lunettes noires tactiques, les crocs affûtés et le poil brillant ! De quoi "disperser les attroupements et faire peur à certains qui n'aiment pas les chiens" ainsi que l'a déclaré Julien Sanchez dans une allusion fort peu subtile aux interdits religieux de la population d'origine maghrébine. Vous je ne sais pas, mais moi décidément ce pseudo humour discriminatoire ne passe pas...

Pour finir Julien Sanchez, interrogé sur la mise en place des deux Conseils Citoyens de Beaucaire, a lâché avec dédain : "ce truc ne sert à rien et n'intéresse personne" affirmant n'avoir pas reçu de candidatures des habitants de Beaucaire. Selon les textes la mairie est tenue d'en faire une large publicité, or cela n'a été mentionné que dans le magazine de propagande municipale et basta ! Pour un communicant le voilà bien embarrassé de choisir les meilleures voies publicitaires pour une démarche dont l'Etat lui fait obligation de la mener à terme. Il fait traîner l'affaire, espérant sans doute l'enterrer d'ici les élections présidentielles et passer au travers. En cas contraire les élus d'opposition auront une fois de plus à lui rappeler l'essentiel de ses devoirs de maire de Beaucaire, et comme à son habitude il esquivera ses responsabilités.

Résultat des courses ? A Beaucaire, comme dans toutes les villes gérées par l'extrême-droite, la démocratie est mise à mal, pourfendue, piétinée. Disons-le clairement, la démocratie est en danger.

lundi 12 décembre 2016

RENCONTRE AVEC UN PETIT MONSIEUR


Rencontrer Robert Ménard ne vous donne pas du tout le frisson d’anticipation que suscite une rencontre avec Edwy Plenel, par exemple. Et l'on en ressort avec à peu près la même émotion qu'éveille un passage obligé au supermarché, celle du travail accompli par pure nécessité. Pour avoir eu l’opportunité de m’entretenir avec les deux hommes, tous deux journalistes et tous deux personnages médiatiques, je peux les comparer aisément. Leurs livres plaident pour deux visions différentes de la France et si les deux hommes sont petits par la taille, la finesse, l’immense culture et l’ouverture d’esprit qui caractérisent le second le grandissent dès qu’il s’exprime. N’y voyez aucune malice de ma part, mais après un bref entretien avec Robert Ménard un constat s’impose avec force : l’homme est petit, dans tous les sens du terme, je dirais même étriqué. Certes il est intelligent, mais pas plus que la moyenne, et n’a pas la stature des grands hommes politiques. Ceux-là même qu’il vilipende à longueur de temps comme à longueur de page, avec une acidité qui confine à la méchanceté. Il parle comme il écrit, avec des mots simples destinés à des esprits idoines, des éléments de langage formatés qu’il assène avec une remarquable conviction.

A l’entendre conter son enfance dans un quartier aujourd’hui défavorisé de Béziers, non qu’il s’en plaigne au demeurant, on aurait presque la larme à l’œil. Mais quelque chose dans son regard vous garde les yeux secs, une dureté qui affleure sous les bons sentiments volontiers affichés. Rappelons que la Devèze dans les jeunes années de Robert Ménard était certes un quartier populaire, mais que cela n’avait rien de commun avec ce que les biterrois connaissent aujourd’hui. On peut d’ailleurs se demander pourquoi un maire qui y a vécu, et prétend en garder de chaleureux souvenirs, s’en occupe si peu et si mal…

Dans le contexte actuel il lui est facile de brocarder pêle-mêle le chômage, la bien pensance des bobos de gauche et les atermoiements d’une droite à laquelle il reproche ses échecs. Car Robert Ménard met tout le monde dans le même sac, il secoue tout ce fatras hétéroclite et en ressort ce qui l’arrange pour étayer sa démarche. Laquelle est d’une effarante simplicité : diviser les français en deux camps pour que Marine le Pen puisse sauver la France… Et pour cela tout est bon ! Gommer d’un geste les différences notables qui existent entre différentes catégories socio-professionnelles, brandir l’épouvantail de l’immigration, du terrorisme et du « grand remplacement », grossir les problèmes inhérents à chaque ville et mentir. Surtout mentir. Tout en précisant bien qu’il n’est pas Front National et ne fait que lui apporter son soutien. Cela après tout le regarde, mais ce n’est certes pas en agitant un croquemitaine devant leurs yeux qu’il convaincra tous les indécis. Je veux croire que ceux qui feront la démarche primordiale de débattre du programme linéaire et statique de Marine Le Pen se poseront les bonnes questions et résisteront à la tentation du populisme.

Il y a chez Robert Ménard la certitude assez effarante qu’il est né pour sauver la France à lui seul. Deux ans et demi de mandat et le voilà donneur de leçons, soucieux de nous faire tous vivre à l’aune d’une histoire qui devrait rester à sa place, dans le passé. Cet homme n’est pas né à la bonne époque, il a des rêves de grandeur et de conquête que n’ont pas assouvi ses années de reportage et on le sent aussi à l’étroit dans ses fonctions encadrées de premier magistrat de la ville de Béziers que dans son petit costume. Lequel n’a d’ailleurs pas la flamboyance qui devrait aller de pair avec ses ambitions. Dans les arguments qu’il avance pour se justifier il n’y a que la forme, pas de fond, rien qui permette d’engager un vrai débat. Il est facile d’asséner de pseudos vérités en les basant sur des faits inhérents à la diversité de la France sans proposer d’autres solutions qu’un rejet pur et simple. Cela en se focalisant sur les drames sans reconnaître l’investissement et les avancées de notre société, dont beaucoup sont à mettre au crédit des immigrations successives qu’a connu notre pays. Il est tout aussi aisé de trier ces immigrations à l’aune de la chrétienté en gommant les apports incontestables de ces cultures et traditions étrangères quelles qu’elles soient et d’où qu’elles viennent. Notre héritage ne se fonde pas uniquement sur nos traditions chrétiennes, et lorsque Robert Ménard prononce comme s’il le crachait le mot « laïcité » cela fait froid dans le dos. Dénaturer l'esprit de la loi est l'arme ultime de ces bien pensants qui n'ont ni l'intelligence ni la générosité requises pour appliquer les préceptes de leur propre religion. Ces gens-là ne veulent pas vivre en paix avec leurs semblables. Robert Ménard travail à la scission d'une France qu'il sait sur la corde raide à bien des niveaux, dans son seul intérêt et celui de ses amis.

Tout cela flaire la revanche grotesque d’un homme qui se croit oublié de l’histoire et qui pense que la France lui doit quelque chose… Mais quoi au juste ? De la reconnaissance pour son engagement en tant que reporter ? C’était son choix. Des félicitations pour la création du site web « Boulevard Voltaire », devenu un média d'extrême-droite incontournable ? Là aussi un choix, celui de « réinformer » en faussant les données, faisant des excès du patriotisme le plus populiste une vertu. De l’admiration pour sa gestion municipale ? Tester l’ADN des crottes de chien, lister les enfants prétendument musulmans sur la seule foi de leurs prénoms, hurler au loup pour rejeter les réfugiés, accaparer la renommée historique d’un grand résistant dont Béziers s’honore, accommoder l’histoire de notre pays en la déformant, prendre des mesures anti-démocratiques en voulant créer une milice et mettre en place un référendum qui vont à l’encontre de nos lois républicaines, entailler la laïcité en célébrant une messe dans les arènes et en installant une crèche dans la mairie, faire la chasse aux pauvres… Ces pauvres qu’il prétend défendre au travers de ce livre abject et de son prétendu mouvement citoyen « Oz Ta Droite » qui entend « ancrer la droite dans le camp patriote et le camp patriote dans la droite ». Vaste programme s’il en est qui n’a qu’un but, faire barrage à ce qu’il nomme « les interdits de la gauche », sorte de fourre-tout revanchard sans consistance ancré les deux pieds dans la haine de l’autre.

Quelle leçon peut-on tirer de cette rencontre ? Peut-être celle qu’une leçon de savoir-vivre, donnée avec humour et intelligence à Robert Ménard et Julien Sanchez par la personne qui m’accompagnait, vaut tous les débats stériles. Le petit monsieur est retourné chez lui sans tambours ni trompettes, exactement comme il était venu, et la vie beaucairoise a continué sans lui. Preuve que l’on peut avoir une vision étroite de ce que devrait être la France et pas assez d’envergure pour la faire partager à des habitants bien plus préoccupés de savourer la magie de Noël avec leurs enfants que d’écouter pour la énième fois les mêmes phrases écœurantes de platitude. Et plus encore de les lire ! Au vu du peu de groupies qui s’étaient déplacées on peut raisonnablement se poser la question de l’impact de ce livre sans panache et sans profondeur sur les soi-disant patriotes. Julien Sanchez recommande de le lire et même de l'offrir à Noël, imaginez un peu la tête de ceux qui déballeront leurs cadeaux pour trouver çà au pied du sapin ! Et puis on verse quelque peu dans le copinage quand cette recommandation se fait en tant que maire, sur le site web de la ville et sur les réseaux sociaux, non ? Oui je sais, je vois le mal partout... Je me demande d’ailleurs, pardonnez mon côté matérialiste, si la dédicace qui orne la page de garde du pamphlet acquis par mes soins en tant que présidente du Rassemblement Citoyen de Beaucaire acquerra un peu de valeur après la mort de son auteur… Pour l’instant elle n’en a aucune.