mercredi 30 novembre 2016

UNE CRECHE NE FAIT PAS UN CHRETIEN

Suivant une logique toute particulière, le froid de l'hiver échauffe les esprit à la veille de Noël. Le sujet le plus débattu entre beaucairois, après les élections aux USA et les Primaires de la droite, est bien évidemment celui de l'installation d'une crèche de la Nativité dans notre bonne mairie de Beaucaire.


Dans son empressement à laisser une trace dans l'histoire locale, Julien Sanchez prend des libertés avec des traditions provençales qui n'ont jamais eu cours dans notre ville, à commencer par la crèche. Fort du soutien d'une partie de la population qui l'adule quoiqu'il fasse, il relance la machine avec ce petit frisson d'anticipation qui précède les grands moments, à grand renfort de propagande municipale ! Ainsi il nous vend l'image supposée attendrissante d'une Mireille Fougasse en pleine action de montage de la crèche, consacrant à cette activité ô combien essentielle le week-end qu'elle devrait passer en famille. Si ce n'est pas de la conscience professionnelle d'élu qu'est-ce donc ? De l'acharnement ? Je vois d'ici les chats du centre ville se frotter les pattes de plaisir à l'idée d'aller se soulager dans les graviers de litière participant chaque année de la création de la crèche, propageant une délicate odeur d'urine aux bas du vénérable escalier de notre mairie pour le plus grand plaisir des nez les plus sensibles de la ville. Nez dont visiblement nos élus Front National ne font pas partie puisqu'ils récidivent pour la troisième année !

Ceci étant, le Conseil d'Etat a tranché la question et nous ne devrions pas avoir à revenir sur ce sujet polémique si sa décision était respectée. Son jugement est d'une totale clarté : 

"Le Conseil d’État juge que l’installation temporaire d’une crèche de Noël par une personne publique dans un emplacement public est légale si elle présente un caractère culturel, artistique ou festif, mais non si elle exprime la reconnaissance d’un culte ou marque une préférence religieuse."

Pour déterminer si une telle installation présente un caractère culturel, artistique ou festif, ou au contraire exprime la reconnaissance d’un culte ou d’une préférence religieuse, le Conseil d’État juge qu’il convient de tenir compte notamment du lieu de l'existence d'usages locaux et du lieu de l'installation et précise :

"Dans l’enceinte des bâtiments publics, sièges d’une collectivité publique ou d’un service public, l’installation d’une crèche par une personne publique n’est en principe pas conforme au principe de neutralité, sauf si des circonstances particulières permettent de lui reconnaître un caractère culturel, artistique ou festif "

En application de ces principes, le Conseil d’État s'est prononcé sur la légalité de l’installation de la crèche de la commune de Melun, dont la situation est identique à celle de Beaucaire. Dans ce cadre il a relevé que l'installation d'une crèche en mairie ne résultait d’aucun usage local et qu’aucun élément ne marque l’installation de la crèche dans un environnement artistique, culturel ou festif.

"Le Conseil d’État en déduit que la décision de procéder à une telle installation, en ce lieu et dans ces conditions, méconnaît les exigences découlant du principe de neutralité des personnes publiques. Il procède donc à son annulation."

La toute récente annulation de la crèche de Hénin-Beaumont pour les mêmes motifs par le tribunal administratif de Lille vient appuyer cette décision, la juge estimant que la municipalité Front National "a méconnu le principe de neutralité des personnes publiques".

Si l'on s'en tient à la décision du Conseil  d’État il ne devrait donc pas y avoir de crèche dans la mairie de Beaucaire cette année. S'il y a en effet eu quelques crèches dans notre mairie par le passé, cela ne relevait en rien d'une tradition locale répétée chaque année ! Pour ce qui est du caractère artistique et culturel, l'exposition annuelle des Santonales qui a lieu dans la salle du quai Charles de Gaulle est elle une tradition beaucairoise. Aucune festivité n'accompagnant la crèche installée en mairie, il est évident que cela "marque une préférence religieuse" et donc "un acte de prosélytisme ou de revendication d’une opinion religieuse". Il ne suffit pas d'y mettre des santons de Provence pour justifier de contourner la décision du Conseil d'Etat.  

En vertu de quoi le maire de Beaucaire se croit-il autorisé à se substituer au Conseil d'Etat et à bafouer un jugement dont la jurisprudence séculaire est aussi respectable qu'indiscutable ? Se pense-t-il investit par Dieu lui-même de la mission sacrée de ramener tous les beaucairois au sein de la chrétienté ? Si l'on suit son raisonnement il devrait ouvrir les bras à l'ensemble de la population beaucairoise, ce qui inclut les habitants issus du Maghreb, les Sud-Américains récemment installés à Beaucaire, les personnes en grande difficulté sociale, et pourquoi pas les migrants en provenance de la jungle de Calais ? Cela oui, ce serait chrétien. A Noël, comme au demeurant tout au long de l'année, un vrai chrétien doit accueillir les nécessiteux, tendre la main, venir en aide aux autres... Pas se cacher opportunément derrière une crèche en crachant sa haine à petites doses savamment distillées et en divisant la population. Cela, monsieur Sanchez, n'a rien de chrétien.

Lâchant les chiens sur tous ceux qui s'opposeraient à cette crèche Julien Sanchez s'offre ainsi sa petite polémique de Noël, une de plus à mettre à son actif ! Entre insultes et vulgarités qui font son ordinaire d'élu en représentation dans les instances locales et régionales, il nous rejoue encore et encore la complainte de "nos racines chrétiennes" et de notre "héritage", sa préférence religieuse allant de pair avec la préférence nationale chère aux élus frontistes. Gommant de fait près de 60% de ses administrés ! La "France apaisée" vraiment ? A Beaucaire nous en sommes très loin.

L'ntégralité de la décision du Conseil d'Etat :
http://www.conseil-etat.fr/Actualites/Communiques/Installation-de-creches-de-Noel-par-les-personnes-publiques

mardi 1 novembre 2016

CUIR, HARLEY ET TESTOSTÉRONE


Il en est des inaugurations comme des buissons d'épineux, aucun ne ressemble à l'autre mais certains sont nettement plus dangereux ! Reconnaissez que se faufiler entre les branches peut se révéler ardu selon qu'il s'agisse de l'un ou de l'autre, que le premier soit plus généreux en longues épines blanches que l'autre, que le labyrinthe dans lequel vous vous engagez soit plus intriqué que vous ne l'aviez prévu... Bref ! Une affaire qui demande du doigté, de la persévérance et une bonne dose de courage. Rassemblant les uns et les autres je me suis donc faufilée entre les blousons de cuir et les pin-up pour certaines plus très fraîches, admirant au passage les rangées de superbes Harley-Davidson auxquelles la municipalité avait jugé bon de réserver les deux tiers du parking de la place Georges Clémenceau pour l'occasion, déplaçant pour se faire d'honnêtes citoyens beaucairois qui y ont leurs habitudes puisque riverains des lieux. Sans aucun doute les ont-ils jugés aptes à parcourir plus de trajet à pied que les nombreux motards présents, lesquels n'ont semble-t-il pas l'habitude de marcher... 

J'avais comme tout un chacun hâte de découvrir le local généreusement prêté par notre bonne ville à cette petite association créée le 13 juin 2014 en présence de Julien Sanchez avec le soutien de la majorité municipale. N'y voyez aucun hasard, il n'y en a pas ! J'étais curieuse de savoir ce qui pouvait justifier une perte annuelle d'environ 5000 euros alors que notre maire pleure misère à longueur de temps pour prétexter de son immobilisme. 

De ces lieux rebaptisés opportunément mais sans grande imagination "Le Local", l'association Gladiator Ugernum a chassé toute trace de la chaleureuse présence du commerce qui l'y a précédé, y appliquant une grosse patte dégoulinante de testostérone bon marché comme l'on pouvait s'y attendre ! Mention spéciale cependant au grapheur Swed Oner qui a réalisé une fresque positivement magnifique, voire même terrifiante pour les plus impressionnables, qu'on ne s'attend pas à découvrir dans une ville comme Beaucaire. Un choix judicieux de la part de l'association qui fait écho de façon macabre au Christ en croix installé à l'entrée des lieux, créant une subtile mais non moins menaçante ambiance dès que l'on en franchit le seuil. Et c'est très clairement le message que s'emploie à faire passer le président de l'association, appuyé par un discours qui exprime sans ambiguïté sa volonté de passer outre les règles de bon voisinage. Les nuisances sonores causées par le va et vient quotidien des Harley-Davidson seraient "une mélodie" a-t-il affirmé, passant sous silence le fait que le puissant ronronnement de ces engins fait vibrer les murs de Beaucaire sur leur passage. Avec une pointe d'humour et beaucoup d'assurance il a précisé que l'association ferait "du bruit", affirmant ainsi leur volonté d'agir comme bon leur semble sans se soucier des riverains. Dans la même veine il s'est permis sur la fin des traits d'humour qui ont déclenché les rires des personnes présentes... A mettre au crédit de cette inauguration il y avait un excellent groupe de rock, The Fuzzy Dice, qui a joué quasiment jusqu'à 1h00 du matin quand d'ordinaire la mairie n'autorise pas les commerces de la place à causer des nuisances sonores au-delà de 22h00. Mais il faut bien que les bons patriotes s'amusent et que les élus dansent, n'est-ce pas ? Cette soirée était dans l'ensemble sympathique pour quiconque ne creusait pas plus loin que le pavé et se satisfaisait de l'ambiance réchauffée par l'alcool servi à volonté au bar et en terrasse. A ce sujet il m'a paru quelque peu étrange de constater que l'association proposait des boissons classifiées dans les groupes 4 et 5, à savoir des alcools distillés (rhum, whisky, bourbon...) alors qu'un événement associatif n'autorise que les boissons des groupes 1, 2 et 3, la bière et le vin entrant dans cette dernière catégorie. Cela sous le regard des élus de la majorité municipale présents... 


Le lèche-bottes blues du président n'a pas omis de mentionner le soutien de la ville de Beaucaire sans laquelle rien de tout cela n'aurait été possible, et si de fait nous n'en étions pas tous extrêmement conscients il nous suffirait de jeter un oeil sur l'affichage placardé au bas de la porte d'entrée du local qui porte le logo de la ville et affirme que celle-ci subventionne et soutient l'association. Bien ! Mais curieusement aucune autre association de notre ville ne bénéficie de tous les avantages consentis aux Gladiators Ugernum qui semblent s'être rendus indispensables au bon fonctionnement de la vie beaucairoise en très peu de temps. 

Énumérons les faits :
  • Chaque année pour l'American Bike c'est le service communication de la mairie qui se charge de la création et de la diffusion des affiches pendant que Gladiator Ugernum parade sur le canal et les Fontêtes
  • Gladiator Ugernum est associée à divers événements festifs organisés par la ville 
  • La mairie prête à Gladiator Ugernum un superbe local en occasionnant une perte de revenus de plus de 5000 euros pour les caisses de la ville, une décision passée en force en conseil municipal. Ce prêt, déjà contestable en soi, aurait pu être mis en place pour soutenir le sympathique salon de thé/librairie Book Délices lorsqu'il s'est trouvé en difficulté, ou simplement pour valoriser une association culturelle liée à la vie beaucairoise
  • Bizarrement la mise en place des trois enseignes (2 logos et l'enseigne elle-même) s'est faite en très peu de temps, ne causant aucune difficulté malgré la situation en secteur sauvegardé mise en avant pour le long délai d'attente du commerce précédent et de certains commerces avoisinants
  • L'aménagement de la terrasse et de la cour intérieure pour l'inauguration était d'évidence réalisé avec des tentes et cloisons démontables semblables à celles que la ville utilise pour ses événements. Tout comme pour les banderoles déployées notamment à cette occasion, on suppose que la mairie a offert son soutien "logistique et financier" ainsi qu'elle le précise sur le site web de la ville
  • La présence dans le local associatif d'un bar servant des boissons alcoolisées des groupes 4 et 5 (distillés) semble tolérée par la mairie que l'on a connu plus pointilleuse sur le sujet lorsqu'il touchait d'autres administrés

Alors malgré ma sympathie naturelle pour le monde des motards et les valeurs d'entraide, de solidarité et de droiture que certains portent encore avec fierté, je m'abstiendrais de m'engager dans cette voie avec Gladiator Ugernum qui me paraît usurper tout cela pour se mettre au service d'une idéologie dangereuse que je combats sans relâche. A eux de me démontrer que j'ai tort, mais je doute qu'ils le fassent. Quand on s'implante dans une ville sur ces bases-là il n'y a pas de retour en arrière possible. Si le but affiché est de "faire vivre la place" il faut que cette association comprenne que cela ne revient pas uniquement à "faire du bruit", ce qui semble être leur activité récurrente. S'il est d'effrayer les jeunes qui dealent au coin de la rue, cela ne fonctionne pas. Ils continuent, au nez et à la barbe des blousons de cuir comme de la mairie. Laquelle offre à Gladiator Ugernum une vitrine pour parader et jouer les gros bras, une version qui se veut musclée de la "présence française et chrétienne" chère à Julien Sanchez. Le cliché une fois mit en place il ne reste qu'à en rire tant il est outrancier !

Ne vous y trompez pas gens de Beaucaire, ce n'est ni plus ni moins qu'une milice que Julien Sanchez et sa majorité municipale ont installée au cœur de notre ville. Sans tambours ni trompettes, insidieusement mais inexorablement. Estampillée du sceau du Front National, livrée avec tout l'attirail et dissimulée derrière des sourires et des blousons de cuir.

Pour mémoire rappelons qu'une association qui ouvre un bar fixe pour ses membres est dispensée de licence si elle respecte 2 conditions :
  • l'ouverture du bar n'a pas pour but de réaliser des bénéfices
  • les boissons disponibles ne comportent pas ou peu d'alcool (groupes 1 à 3 de la classification officielle des boissons)
Dans le cas contraire, l'association est considérée comme exerçant une activité commerciale et doit posséder une licence de restaurant ou de débit de boissons. Dont acte.


jeudi 18 août 2016

ET LA LIBERTÉ, BORDEL ?



Je le confesse avec honnêteté le port du burkini, comme celui de tout signe extérieur de dépréciation de la femme, me met mal à l'aise. Élevée par une mère discrète mais extrêmement consciente de sa valeur en tant que femme et féministe dans le sens littéral du terme, je conçois difficilement quelle liberté procure tout choix vestimentaire visant à dissimuler le corps de la femme au lieu de le glorifier. Ceci étant il ne me viendrait pas à l'idée de le diaboliser et d'en faire le vecteur de l'invasion migratoire musulmane tant redoutée par les frontistes et consorts, j'entends par là hélas la majorité des bien-pensants de droite comme de gauche. 

Entre les racistes obsessionnels et les laïcards intolérants je ne sais ce qui me dérange le plus dans toute cette affaire. Si je ne suis pas en accord avec les femmes qui font ces choix, par pudeur ou par croyance, je ne me sens aucunement menacée dans mon style de vie. Or c'est bien ce que voudraient nous faire croire tous ceux qui hurlent au loup depuis des mois. Quid de ces hommes politiques qui se découvrent soudain une passion pour le combat féministe ? Quid des femmes politiques qui s'appuient sur l'égalité des sexes pour donner des coups de canif dans les libertés individuelles ? Quid de tous ceux et celles qui brandissent la laïcité comme d'autres le sabre pour éventrer notre République ? 


Quand on lit par exemple les réactions indignées des élus du Front National on croit rêver ! Un parti qui n'envisage la femme que comme une mère de famille, au foyer de préférence, pondant avec délectation des petites têtes blondes chaque année (on n'avorte pas chez les frontistes) et se satisfaisant de contribuer à la carrière de son époux en le soutenant en toutes circonstances. Comme au bon vieux temps... Le Front national est contre l'avortement, contre les libertés sexuelles, contre l'homoparentalité. Il refuse de tendre la main aux femmes battues, aux familles monoparentales, à toutes celles qui sont contaminées par la misère sociale. Il claque la porte au nez de toute avancée du droit des femmes en votant contre toutes les lois qui le concerne. Et il s'effarouche d'un burkini. Bref ! Si le Front National était le grand défenseur de la cause féminine cela se saurait depuis longtemps.

Que dire d'une droite dite "normale" qui s'offusque à grand renforts de protestations vertueuses pour mieux envelopper un racisme mal assumé ? Celui de la parentalité de moins en moins timide qui la lie à l'extrême-droite et qui s'insinue un peu partout, mine de rien. Mais en provoquant des vagues à bon escient, au bon moment, par pur calcul électoral. Car si l'on creuse bien, le burkini la droite classique s'en tape ! Mais les échéances électorales çà oui, c'est important. Alors elle brosse les cheveux blonds du diable et se met au lit avec sans états d'âme. Un peu lesbienne et un peu pute, avec la conscience du devoir accompli et suffisamment de plaisir pour n'en avoir aucun regret. 

Parlons un peu de la gauche par exemple, cette gauche gouvernementale qui n'en est plus une, qui pactise avec le diable pour justifier des décisions étatiques dangereuses qui enserrent peu à peu nos libertés dans un étau. Car c'est bien de cela qu'il s'agit, de nos libertés individuelles. Celles de se vêtir à sa guise, de boire ou manger ce que l'on souhaite, de croire ou de ne pas croire, d'avoir des enfants ou de ne pas en avoir, de choisir son style de vie... En un mot de vivre et de penser différemment de ce que l'Etat estime être bon pour nous. Et dans tout ce fatras politico-sociétal n'oublions pas les entorses faites à l'Histoire, notre histoire, par les plus intransigeants pour mieux faire accepter le discours quelque peu écœurant d'une laïcité qui ne se reconnaît plus dans son propre miroir ! La nécessaire neutralité de l'Etat par rapport au fait religieux ne signifie pas que la neutralité soit en toute chose exigible. Il est aberrant de penser qu'on puisse en 2016 interdire toute liberté de choix vestimentaire, dès lors que les visages soient à découvert ainsi que le prescrit le texte de la loi de 1905. Aristide Briand doit se retourner dans sa tombe en considérant ce que l'on fait aujourd'hui de cette laïcité à laquelle il a tellement travaillé...

Le plus navrant est sans doute que tout ce racisme étalé au moindre prétexte soit justifié par des arguments d'une telle imbécillité qu'on est en droit de se demander si la fuite des cerveaux n'a pas suivi celle de l'argent au Panama ! 

Il serait plaisant de croire que tous ces racistes bien-pensants agissent pour notre bien, ce serait la solution de facilité et c'est d'ailleurs celle adoptée par bien trop de français ! Se sont-ils posé les bonnes questions avant de s'horrifier à la seule mention du mot "burkini" ? Ont-ils réfléchi à l'engrenage infernale dans lequel ils mettent le doigt en approuvant les récentes interdictions ou en applaudissant les agressions racistes qui les ont précédées ? Il faut croire que non, et c'est plus que regrettable, c'est préoccupant pour l'avenir de notre pays. 

Pour ma part je me suis engagée dans un combat contre le racisme et la discrimination, ce qui implique avant toute chose de préserver les libertés individuelles dans le respect des valeurs de notre République. Liberté, égalité, fraternité : trois petits mots si simples qui sont devenus si compliqués à faire entendre...

dimanche 31 juillet 2016

RAVE : HUMANITE vs DELATION


Une procédure de plus au tableau de chasse judiciaire de Julien Sanchez fait couler beaucoup d'encre sur les réseaux sociaux et divise les beaucairois en deux camps : les jeunes et les vieux. Et je ne parle pas d'âge, la preuve en est donnée sur ce sujet il est bien dans la tête ! 

L'interdiction par arrêté municipal du Festival Totem Mystic prévu du 29 au 30 juillet dans la plaine de Beaucaire a mis le feu aux poudres. Arrêté déposé le 25 juillet, soit quatre jours avant le début de l'événement, et confirmé par le Tribunal Administratif qui a rejeté le 29 juillet au matin la demande en référé liberté des organisateurs, l'association Totem Productions. Pour ces derniers un problème majeur se pose : comment annuler un événement qui a demandé deux ans de préparation et draine 4500 personnes venues de l'Europe entière ? La Préfecture elle-même avoue son incapacité à agir dans le sens du référé et a mis en place un dispositif de crise comme elle le fait pour toute rave illégale. Ce qu'est devenu cet événement malgré le soin qu'on pris les organisateurs à respecter les procédures auprès de la mairie de Beaucaire comme de la Préfecture du Gard. Dans la foulée, soit le 30 juillet, le Maire de Beaucaire a déposé plainte contre les organisateurs et le propriétaire du terrain pour "organisation de manifestation illicite, attroupement et préjudice pour la commune" dont les Fêtes de la Madeleine se tiennent au même moment. Une plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui est également déposée.

Une question se pose : pourquoi la mairie de Beaucaire a-t-elle attendu le dernier moment pour interdire cette rave alors qu'elle en était avertie depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois ? Sachant que ledit festival était annoncé sur les réseaux sociaux depuis le 8 novembre 2015 on ne peut croire que la ville de Beaucaire et la Préfecture du Gard n'en ait pas été averties dans les temps impartis. Eh bien la réponse est simple quand on analyse le processus d'action récurrent de Julien Sanchez, attendre le dernier moment c'est compliquer la situation à loisir pour lui permettre ensuite de se retourner contre l'Etat ! Ce qu'il fait par la voie d'un communiqué fustigeant ce dernier pour son incapacité à faire appliquer la loi et le menaçant de représailles ! Une petite phrase glissée dans l'avant-dernier paragraphe en dit long sur la position du maire vis à vis de l'Etat qu'il est censé représenter "Il est temps que les Français se rendent compte que l'Etat n'assure pas leur sécurité et qu'en plus de céder face aux trafiquants de drogue et à la petite délinquance, il baisse aussi le pantalon devant des organisateurs de manifestations interdites par la justice." Qu'en termes élégants ces choses-là sont dites...

Cerise sur le gâteau, la ville de Beaucaire invite les beaucairois s'estimant victimes de nuisances à le signaler sur le tout nouveau site web de la ville qui a bien entendu mis en place un formulaire permettant de signaler tout problème de sécurité à la police municipale. Histoire de montrer aux beaucairois que le maire tiendrait ses promesses de campagne alors qu'en réalité ladite police municipale ne fait pas le quart du travail qui lui incombe, hormis celui de déambuler par groupe de sept chaque soir sur les lieux des Fêtes de la Madeleine pour rassurer une population à juste titre un peu angoissée par les derniers attentats. Population qui, selon une expression beaucairoise consacrée, "se met minable" chaque soir en faisant la tournée des bodegas. Un comportement festif qui se reproduit chaque année et qui n'a rien à envier à celui qui est reproché aux participants de la rave qui se tient ces jours-ci sur la commune ! Mais là, curieusement, personne ne s'en émeut...

Nous avons donc d'un côté une rave, bruyante comme toutes les raves, et un maire Front National qui lance un appel à la délation pour le soutenir dans une énième démarche procédurière. Pas de pétition cette fois, il a été si lourdement moqué par les médias et les réseaux sociaux qu'il a trouvé moyen de biaiser pour obtenir le même résultat. Le formulaire ne demandant pas l'adresse de la personne qui le remplit mais uniquement le téléphone et l'email, cela permettra à tous les non beaucairois sympathisants de participer comme ils l'ont fait précédemment à cette opération qui serait risible si elle n'était pernicieuse. Relayé avec constance par de bons beaucairois soucieux de préserver leur tranquillité et le rythme lénifiant de leurs petites vies sans surprises, cet appel à la délation est la cause de nombreuses prises de bec entre gens qui ont pour la plupart grandi ensemble et qui se connaissent tous. Pitoyable résultat... 

Beaucaire se sclérose, Beaucaire s'endort dans son carcan de bonnes moeurs soigneusement délimité par un maire dont on peut se demander si à près de 32 ans il a jamais été jeune ! Qu'il s'inquiète de la sécurité de la ville et de ses habitants est légitime, mais qu'il maintienne la ville en léthargie pour servir ses ambitions politiques est méprisable... 4500 jeunes dans la plaine de Beaucaire et trois jours de musique non stop ? Je dis oui ! Un grand OUI pour réveiller les beaucairois qui ne vivent que tournés vers eux-mêmes et s'effarouchent de tout ce qu'ils ne connaissent pas ! On nous prédit un désastre écologique sur les lieux de la rave, des drogués sur les chemins, des accidents, des viols, et toutes les horreurs possibles, voire même un attentat ? Je dis non. Rien de tout cela ne se produira, car contrairement à ce qu'affirme Julien Sanchez la rave est encadrée et soigneusement organisée. Les jeunes, mais aussi les moins jeunes, sont là pour communier dans la musique qu'ils aiment. Et communier par les temps qui courent c'est faire preuve d'humanité. Cela, le maire de Beaucaire ne sait pas le faire.

dimanche 17 juillet 2016

HOMMAGE ? NON, TRIBUNE POLITIQUE !


Quand le maire de Beaucaire appelle à un rassemblement d'hommage place de la mairie, un dimanche jour de marché, est-ce pour s'assurer le nombre et la claque ? Est-ce pour mettre sciemment mal à l'aise les beaucairois musulmans présents en nombre chaque dimanche ? Est-ce tout simplement pour faire passer l'un de ces messages politiques percutants dont il a le secret ? Il semble que ce soit un peu des trois, mixés à la sauce Sanchez pour lui offrir une tribune acceptable !

Bien évidemment j'étais présente. En tant que citoyenne touchée par le drame de l'attentat de Nice, mais aussi en tant que présidente du Rassemblement Citoyen de Beaucaire. Bien m'en a pris, car il importe de surmonter la nausée qui s'en est suivi pour informer les beaucairois de l'indécence de ce rassemblement, et au-delà de Beaucaire tous ceux qui rejettent la haine, le racisme et la xénophobie.

Après nous avoir gratifiés le 14 juillet d'un discours identitaire que l'on peut qualifier de violent dans le choix des termes et obsessionnel dans celui de l'objectif, très éloigné de la symbolique de notre fête nationale, Julien Sanchez est monté d'un cran dans le discours prononcé ce midi en place de la mairie. Reprenant sans vergogne des pans entiers de son discours du 14 juillet en les conjuguant au passé, se flattant d'une sorte de prémonition pour susciter l'admiration de ses groupies ! Donnant avec orgueil une leçon de politique à nos gouvernements successifs sur les interventions de la France en Syrie, en Lybie et en Irak, dictatures avec lesquelles il ne fait pas mystère que le Front National entretient depuis des décennies d'excellentes et fructueuses relations ! Et bien entendu rejetant la faute des attentats sur cette population qu'il exècre entre toutes : les immigrés. Proposant sans grande surprise que les "fichés S" soient immédiatement renvoyés chez eux, et oubliant que parfois chez eux c'est ici, en France... Un brin d'appel à la délation dans les collèges et les lycées pour signaler les jeunes qui siffleraient les minutes de silence, un vibrant appel à "récupérer notre souveraineté nationale et nos frontières" sans aucun doute pour enfermer un peu plus les français dans leurs peurs... Une critique à peine voilée des réactions spontanées des internautes qui emploient le hashtag #JeSuis en soutien aux victimes de chaque attentat... Bref ! Un discours dans la pure veine de notre maire, qui s'adresse directement aux pires instincts de son électorat et laisse de côté la grande majorité des beaucairois. Ceux qui ont du coeur, ceux qui respectent la douleur des proches des victimes, ceux qui ne stigmatiseront pas une partie de la population et garderont à leurs amis, voisins et commerçants musulmans leur amitié et leur respect... 

Bien entendu nous avons respecté une minute de silence, ce qui est une vraie gageure au cœur du marché ! Puis le maire et les élus ont entonné une Marseillaise qui se voulait le point d'orgue de ce rassemblement patriotique et politique qui n'avait pas grand-chose à voir avec un quelconque hommage... Cerise sur le gâteau, les ardents soutiens de Julien Sanchez ont cru bon d'applaudir pour clore le rassemblement ! Stupeur générale de ceux qui unissaient leurs prières et leurs pensées en cet instant ! Depuis quand applaudit-on lors d'un hommage aux victimes d'un attentat ? Et qu'applaudissaient-ils au juste sinon la teneur haineuse et revancharde d'un discours passablement pénible à entendre ? Indécence, autosatisfaction du "bon patriote", vulgarité d'un comportement hautement condamnable, voilà ce que nous a offert le rassemblement de notre mairie Front National !

S'il est un moment où nous, associations citoyennes, nous faisons un devoir d'être vigilants, c'est bien dans cette période difficile pour tous les français, mais aussi pour tous les peuples touchés les uns après les autres dans leur chair et dans leur foi. Nous pleurons les victimes de Nice comme nous avons pleuré celles de Paris, de Bruxelles, d'Orlando, d'Istanbul, de Bagdad et tant d'autres... Mais curieusement notre maire, s'appliquant en cela à copier notre gouvernement ce qui pourrait prêter à sourire, n'a pas rendu hommage aux victimes de Bagdad et ne s'est pas le moins du monde ému de l'attaque sacrilège menée contre la ville sainte de Médine. Il est vrai que de voir des musulmans massivement décimés en plein Ramadan met quelque peu à mal les théories racistes chères à l'extrême-droite comme à une majorité de la droite ! Preuve s'il en est qu'ils ne réfléchissent nullement aux raisons de la situation dramatique que nous vivons et ne voient pas plus loin que le bout des mots "haine" et "racisme" qui embrument leurs (petits) cerveaux de politiques régis par l'ambition et la soif de pouvoir. Julien Sanchez ne fait pas exception à la règle.

Le plus insupportable dans tout cela étant sans aucun doute de me trouver associée malgré moi, comme tous les beaucairois, aux récriminations politiques du maire sur le "résumé" du rassemblement posté sur la page Facebook de la ville. Prenez note monsieur Sanchez que je vous dénie le droit de m'associer à votre idéologie politique de quelque manière que ce soit ! Je suis fondatrice et présidente d'une association antiraciste qui combat la discrimination que vous pratiquez depuis deux ans auprès de vos administrés ! Je suis une citoyenne élevée dans le respect des autres, la tolérance et la solidarité, pour qui les valeurs qui fondent notre République ont un sens, et je vous interdis de me mettre dans le même sac que vous et vos semblables qui ne cherchez qu'à la détruire ! Que les choses soient bien claires : vous êtes le maire, démocratiquement élu, et je respecte votre fonction. Mais tant qu'il m'en restera l'énergie je combattrais vos agissements et ceux de votre parti, je dénoncerais votre gestion déplorable, je critiquerais le niveau de sous-culture que vous imposez aux beaucairois, je pointerais du doigt la moindre de vos erreurs et vous ne me ferez jamais taire. Vous osez parler de sécurité alors que vous faites depuis deux ans la preuve de votre incompétence dans ce domaine ? Vous osez parler de deuil national et d'hommage alors que vous n'avez pas décommandé au lendemain de l'attentat de Nice le minable concert "offert" aux beaucairois avec leurs deniers ? Vous osez parler de respect alors que vous passez outre les consignes du Préfet du Gard mettant en application l'état d'urgence ? Vous maintenez les concerts, les Beaux Quais, la Palme d'Or de la course camarguaise dans les arènes de Beaucaire ! Quel incommensurable orgueil est le vôtre ! Et quelle inconséquence... Vous ne vous souciez pas de la sécurité des beaucairois, uniquement de servir vos ambitions politiques.

Ce rassemblement était parfaitement indécent, vous en êtes conscient et vous en jouez sans état d'âme. Mais par-dessus tout vos tribunes politiques perpétuelles, que ce soit en conseil municipal ou lors de la plus petite manifestation beaucairoise, commencent sérieusement à frôler l'obsession ! Mais d'un politicien aussi ambitieux que vous l'êtes j'imagine que nous aurons encore de très (trop) nombreuses couleuvres à avaler... Si l'actualité malheureusement sert vos desseins à merveille n'allez pas vous imaginer qu'à Beaucaire vous pourrez indéfiniment agir comme bon vous semble. A manier la carotte et le bâton auprès des beaucairois vous vous exposez à un retour de ce dernier, et le beaucairois n'est pas tendre lorsqu'on le prend trop longtemps pour un con. 

dimanche 26 juin 2016

BEAUCAIRE EST UNE VILLE FORMIDABLE !

Beaucaire est une ville formidable ! Si si, je vous l'assure. J'en vois déjà certains hausser les sourcils d'un air dubitatif, d'autres essuyer une larme en songeant au glorieux passé de la ville, et d'autres encore se rengorger en s'en attribuant tout le mérite... Mais voyez plutôt !



D'aucuns se lamentent chaque jour, se plaignant que les nouveaux commerces mettent la clé sous la porte les uns après les autres et que rien ne peut fonctionner à Beaucaire. Certes les chiffres leur donnent raison : 4 commerces ont en effet cessé leur activité faute d'avoir pu présenter un bilan satisfaisant à la mairie qui n'a donc pas voulu renouveler leur bail. On sait tout de même qu'il faut au minimum deux ans à un commerce pour équilibrer ses comptes et s'en sortir honorablement, un petit coup de pouce de la municipalité aurait été bienvenu pour leur permettre de développer leur activité. Mais la devise de cette dernière étant "économies et rentabilité" on ne pouvait pas s'attendre à autre chose ! Précisons tout de même que parmi ces commerces figurait une boutique prometteuse dont la responsable fait aujourd'hui tout bonnement figure de personne fort peu recommandable. Personne à laquelle la municipalité a fait confiance sans prendre la peine de se renseigner ce qui n'est guère sérieux. Mais quand on se fait brosser dans le sens du poil avec constance il est certain qu'on en perd toute objectivité ! Cela nuit néanmoins aux autres commerçants qui eux se sont lancés courageusement dans leur activité, qui ont beaucoup travaillé sur leurs projets respectifs et qui ne méritent en aucune manière d'être traités comme ils l'ont été. Nous sommes tous désolés de voir fermer des commerces qui commençaient à faire revivre un peu le centre ancien et nous estimons qu'il eût été correct de la part de la municipalité de faire paraître l'un de ces communiqués dont elle nous abreuve si généreusement pour remercier les personnes concernées d'avoir tenté l'aventure. Il est facile de s'attribuer tout le mérite d'un soi-disant réveil économique et d'oublier au passage ceux qu'on a laissé se noyer... Mais comme le justifie Julien Sanchez "avec la population du centre ancien cela ne peut pas marcher" (sic.) donc la municipalité rejette sur une population majoritairement en difficulté sociale la responsabilité d'échecs qu'elle aurait pu empêcher. Ou pas. Mais la question n'est pas là, n'est-ce pas ? Quand on fait le choix d'accueillir des commerces, quels qu'ils soient, on fait une étude de marché pour savoir si cela peut marcher, c'est le b.a ba d'une implantation mais il semble que notre premier adjoint ne soit pas au courant de cette pratique...

Il y a cependant un commerce qui ne cesse de se développer à Beaucaire, il est en pleine expansion et ne souffre pas de la crise, ni de la paupérisation du centre ville. C'est bien entendu le trafic de drogue, installé en des points névralgiques de la ville et dont aucun beaucairois n'ignore rien. A fortiori les élus et les collaborateurs de la majorité municipale, même les parachutés !


Comme on peut le voir sur la photo ci-dessus, à Beaucaire on trouve de tout ! Les prix s'alignent sur ceux du marché et les revendeurs ne chôment pas. Les pauvres travaillent dur, debout au coin des rues pendant des heures jusque tard dans la nuit, par n'importe quel temps ! Fort heureusement pour eux la police municipale veille scrupuleusement à ce que personne ne les dérange dans leur activité, elle passe et repasse plusieurs fois par jour pour vérifier que rien ni personne ne vienne ennuyer ces courageux jeunes gens. A la nuit tombée elle leur accorde une pause bien méritée et elle les laisse s'amuser, certes un peu bruyamment, mais finalement dans un esprit bon enfant qui réchauffe le cœur du voisinage. Pour être certains de ne pas être gênés par les hurlements, les lancers d'objets contondants, les motos qui pétaradent, et autres amusements propres à une saine jeunesse, les agents de la police municipale doivent probablement porter des boules Quiès, attention délicate que les beaucairois apprécient à sa juste valeur. 

Curieusement tout cela ne cause aucun souci à Julien Sanchez, sans aucun doute douché par l'expérience juridique qu'il vit avec les commerçants discriminés par ses arrêtés de juin 2015. Il est certain que si ces charmants jeunes gens devaient porter plainte pour entrave à une activité économique cela nuirait fortement au développement du centre ville... Mais poursuivons !

Fort du blanc-seing que lui accorde le premier magistrat de notre ville, le chef de la police municipale a quelque peu pris la grosse tête. Vous savez, le grand maigre avec une moustache qui arpente Beaucaire de son bureau à la mairie et retour plusieurs fois par jour sans s'émouvoir des débordements qui ont lieu sous son nez... Après s'être taillé en quelques semaines une réputation fort peu estimable due à son manque de tact, voire de respect, et la manière agressive dont il s'adresse aux beaucairois, voici qu'il se croit tout bonnement autorisé à menacer ! Et qui choisit-il de menacer ? Moi-même dont les écrits ne lui plaisent pas. En public, donc devant témoins, à une terrasse de café sur la place de la mairie et gestuelle à l'appui, répétant trois fois de suite : "Faites attention à ce que vous écrivez madame Cordelet ! Vous allez trop loin, faites attention !"(sic) Comme je lui demandais s'il me menaçait il a répété sa phrase comme un bon petit perroquet, l’œil mauvais et l'attitude clairement menaçante ! Autant vous dire que je me suis ratatinée sur ma chaise, que mon pauvre cœur a manqué plusieurs battements devant l'expression d'une telle violence et que j'ai fait profil bas, manquant de peu de tomber en pâmoison... Sans blagues ! Vous l'avez cru ? Les menaces, les insultes, les agressions verbales ou écrites, j'en subis tous les jours depuis deux ans, ce n'est pas un cow-boy d'opérette qui va me faire peur hein ? Avis à la population d'excités du bocal, je ne crains rien ni personne, vos comportements débiles me motivent et ne me feront pas dévier d'un pouce du but que je me suis fixé. Il va falloir vous y faire.

Infos dernières :

1/ La municipalité a entouré la fontaine sise au début du cours Gambetta de barrières, empêchant ainsi les beaucairois (généralement des seniors) de s'asseoir sur la margelle pour se reposer près d'une source de fraîcheur bienvenue et les enfants de jouer avec l'eau comme le font tous les enfants du monde... Pourquoi ? Mystère...

2/ Il se chuchote que Julien Sanchez aurait interdit aux agents municipaux de s'adresser en espagnol à la population sud-américaine effectuant des démarches en mairie. Ceux-ci, nouveaux arrivants et ne possédant pas suffisamment le français pour comprendre et se faire comprendre, on peut aisément imaginer les conséquences... Le procédé clairement discriminatoire rappelle furieusement celui de Stéphane Ravier, maire Front National du 7ème secteur de Marseille, qui avait interdit aux agents municipaux de s'adresser en arabe aux populations d'origine maghrébine qui s'adressaient à la mairie ou tout autre service municipal.

Donc, comme je le disais au début de cet article, Beaucaire est vraiment une ville formidable ! S'y épanouissent la discrimination, la violence, et les trafics en tous genres... Les inaugurations à tour de bras et un programme estival qui vaut même pas la peine qu'on en parle ne sont que pansements de fortune sur les plaies de notre ville, gérée avec une rare incompétence. Beaucaire se meurt, Beaucaire est à l'abandon, Beaucaire ne mérite pas un tel traitement ! Beaucairois, si vous aimez votre ville, réagissez !!!

samedi 14 mai 2016

NE TIREZ PAS SUR LE RAPPEUR !


Jusqu'à quand les français devront-ils subir les pressions toujours plus fortes de l'extrême-droite au moindre prétexte ? Qu'il plaise aux politiques de notre pays de baisser leur pantalon au plus petit signe de mécontentement n'est pas vraiment décevant, au fil de ces dernières années nous avons hélas pris l'habitude de les voir s'aplatir sous les tirs nourris d'une fachosphère qui se complaît au petit jeu morbide du chat et de la souris. On en viendrait presque à ne plus s'émouvoir des déclarations toujours plus agressives d'une extrême-droite qui crache à l'envie son venin sans même chercher à enrober son message de haine. Non, ce sont les conséquences de leurs agissements, dangereuses pour les fondements mêmes de notre République, qui nous troublent. 

Nous le savons, des nuées d'internautes qui n'ont rien de mieux à faire relaient avec délectation les messages de haine et le racisme le plus ordurier. Ils tissent une toile serrée dans laquelle nous ne pouvons que constater avec quelle maladresse nos politiques se prennent les pieds. Résultat ? De mini drames en pressions éhontées la fachosphère fait le job de ceux qui ne veulent pas se salir les mains, et cela fonctionne ! Derrière son écran d'ordinateur, arrimé aux réseaux sociaux comme une arapède à son rocher, le français lambda s'énerve et s'enflamme contre la cible désignée sans se poser de questions sur l'opportunité de suivre le mouvement. Pauvres moutons qui offrent leurs cous sans têtes aux couteaux de ceux qui s'engraissent sur leur naïveté coupable... 

La "France Apaisée" de Marine Le Pen consiste donc, entre autres choses, à tirer à boulets rouges sur les commémorations de périodes douloureuses de notre mémoire collective. Sans motif, et faisant fi d'un argumentaire, comme d'autres parlent pour ne rien dire...

La dernière salve en date a envoyé le rappeur Black M sinon ad patres au mieux à ses racines, lesquelles s'enorgueillissent à juste titre de provenir de ce vénérable continent qu'est l'Afrique et qui a tant de fois par le passé donné ses fils pour sauver la France. Son grand-père justement a fait partie de ces valeureux Tirailleurs Sénégalais dont les engagements pendant la Grande Guerre et la Seconde Guerre Mondiale ont permis que notre civilisation, et Verdun justement, survivent à ces vagues de folie meurtrière. Lorsque Florian Philippot déclare, avec l'élégance qui caractérise les discours des frontistes, que le concert de Black M "est un crachat contre un monument aux morts" nous lui suggérons aimablement de prendre le vent avant de s'aventurer sur le lieu en question pour ne pas risquer de récupérer les siens... Lesquels sont si nombreux qu'ils stagnent dans notre atmosphère et encombrent les cieux de notre pays dès qu'il prend la parole. Parole qu'il monopolise chaque jour avec la complicité de certains médias friands d'un audimat assuré. 

Que peut-on penser d'un pays dont le gouvernement cède aux pressions de l'extrême-droite, sinon qu'il ouvre la porte au fascisme ? Annuler le concert d'un rappeur comme Black M c'est aller à l'encontre de la liberté d'expression et de création, laquelle n'a de limites que les propos et les actes de haine, de violence ou d'agression caractérisés. Certes Alpha Diallo (de son vrai nom) a autrefois fait partie du groupe Sexion d'Assaut dont certains textes font polémique... Mais là n'est pas le propos. Aujourd'hui il vole en solo et avec talent, il a mûri et ses textes avec lui, il est adulé par des milliers de jeunes ! Nos enfants, les vôtres. Lui-même "enfant de la République et fier de l'être" ainsi qu'il se dépeint lui-même, peut-on raisonnablement lui dénier la légitimité de se produire sur scène devant les jeunes bénévoles français et allemands qui travaillent à l'organisation des cérémonies du Centenaire de la Bataille de Verdun ? Non. Ne pas céder au déferlement de haine et aux manœuvres bassement politiciennes d'une certaine classe politique qui se regarde le nombril au lieu de se soucier de préserver les valeurs de notre République devrait être le devoir de tout élu qui se respecte. Et celui du gouvernement devrait être de soutenir sans réserves le maire de Verdun, Samuel Hazard, qui a finalement cédé aux pressions par crainte de troubles à l'ordre public en raison de ce qu'il qualifie d'un "déferlement de haine et de racisme"... 

Mais soyons honnêtes ! Si c'est effectivement le Front National qui a lancé les premiers dés dans cette triste affaire, les bien-pensants de tous bords se sont empressés de les attraper au vol pour les relancer à leur tour. Chacun y allant de sa justification, les braves gens les tous premiers (vos voisins, vos amis, vos proches) en hurlant au scandale. Ces mêmes personnes qui ne comprennent pas le rap, et donc en toute logique ne l'aiment pas, et qui ne conçoivent pas que vous trouviez un vrai plaisir à en écouter ! L'occasion était trop belle de stigmatiser un rappeur, qui plus est d'origine guinéenne. Dommage qu'il n'ait pas grandi dans l'une de ces dangereuses banlieues sources de tous les maux de notre pays, mais pas de chance hein ? Il est né à Paris. Oui, dans notre capitale. Il ne peut décemment pas avoir tous les défauts qui feraient si bien l'affaire de ses détracteurs.

Alors que l'on aime ou pas le rap et plus précisément Black M, que l'on aime ou pas l'idée de ce méga concert dans le Parc de Londres, en plein cœur de Verdun, si pour une fois nous pensions d'abord à notre jeunesse ? Si nous lui offrions quelques heures de pur plaisir qui lui forgeraient d'inoubliables souvenirs liés à ceux des cérémonies du Centenaire ? On pourrait aisément dresser la liste d'artistes de variétés estampillés "has been" que le Front National aurait à proposer pour remplacer Black M, mais avec tout le respect que nous avons pour leur indéniable talent nous ne les imaginons pas captant l'attention d'une foule de jeunes plus de quinze minutes. Et nous comptons large ! Quant à Brigitte Bardot, qui se fût certainement libérée pour l'occasion, mieux vaut qu'elle ne chante pas...

La patrie des Droits de l'Homme ne peut accepter qu'une partie de sa population d'origine étrangère ne soit respectable qu'en ce qu'elle repose dans ses terres meurtries par les batailles du passé, et dans le même temps refuser à ses descendants le droit d'y exprimer avec leurs mots, à leur manière, leur respect et leur fierté de faire partie d'une histoire commune. Les racistes qui ont hurlé au loup ont une fois de plus prouvé qu'ils n'ont pas le monopole de la bienséance, et en cette affaire un certain rappeur pourrait leur donner des leçons de savoir-vivre. Deux mots en un seul dont on sait qu'ils n'auraient pas l'usage.