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| Vestiges du Bouleutérion, salle du conseil, de la cité de Priène, IVe siècle av. J.-C. |
Alors que les politiciens de la France entière sont en campagne, certains pour les élections municipales, d’autres avec l’élection présidentielle en ligne de mire, à Beaucaire c’est le calme plat. Un vague remous de temps à autre, mais tous se sont mis en suspens pendant la période des fêtes. Entendez pas là, tout le mois de décembre. Ben oui ! Chacun sait que les fêtes de fin d’année débutent le 1er décembre, et s’achèvent le 6 janvier. Vous ne le saviez pas ? Moi non plus.
Par conséquent, je m’interroge. Qu’est-ce qui justifierait qu’à chaque période festive de l’année, chaque événement traditionnel organisé dans la ville, la vie politique s’arrête. Que les politiciens suspendent leur programmation électorale. A Beaucaire, comme je le suppose dans d’autres villes - mais cela reste à vérifier - on met la politique de côté avec une dangereuse facilité. Et cela ne peut manquer d’interpeller celles et ceux qui se passionnent pour la vie, et l’avenir, de leur cité. Réfléchissons ! Si les citoyens considèrent que la politique dérange, voire même qu’elle les emmerde, alors qu’ils sont concernés au premier chef, peut-on encore les considérer comme des citoyens à part entière ? La question se pose, et elle est légitime. Faut-il rappeler ce qu’est la politique ? Le mot désigne ce qui est relatif à l'organisation et à l'exercice du pouvoir dans une société organisée (cf 1). Ce qui signifie que tout, dans le quotidien comme dans l’événementiel d’une ville, est politique. Décidé par elle, pour servir les intérêts des citoyens autant que les projets portés par les élus. N’en déplaise à celles et ceux qui considèrent que la démarche politique est un état à part du quotidien, et ponctuel. Il n’en est rien. Il suffit de se replonger dans l’Histoire pour noter qu’aussi loin que l’on remonte dans le temps, la politique est le moteur de l’organisation des cités. Elle encadre la vie collective. Elle en est l’élément essentiel. Vital ! Le nier, c’est en déprécier la valeur et l’utilité. Que serions-nous sans les lois qui régissent et ordonnent la vie en société ? A quel état en serions-nous réduits ? Pensées, et votées, par des citoyens soucieux de préserver une forme d’harmonie, ces lois - que l’on peut bien évidemment contester, repenser, et changer - encadre nos parcours de vie et notre quotidien. Elle contribuent au vivre ensemble. Et parfois, certes, manipulées par des politiciens qui dévient de la devise républicaine, elles l’écorchent et l’abîment. Mais, pour citer Jean Anouilh, «Rien n’est irréparable en politique» (cf 2). Et c’est vrai ! Certains politiciens détruisent, d’autres réparent.
Dans cette optique, soulignons que nier la cohérence du fait politique, et des actions qui y sont liées, nuit à la bonne marche de la vie démocratique. En période électorale par exemple, mais pas que, se mettre en retrait de la vie de la cité participe d’une dangereuse forme d’inconscience. Ou d’un aveuglement peu constructif. Voire des deux. Faisons de la politique ! Vous, moi, tout le monde. Parce que nous sommes tous appelés à nous prononcer dans les urnes, pour des échéances électorales qui risquent fort de bouleverser nos paysages locaux et nationaux. En mars de cette année ce seront les élections municipales. Suivies en 2027 de l’élection présidentielle, des élections départementales et régionales en 2028, des élections européennes et législatives en 2029. un calendrier chargé à l’horizon 2030, pour achever la troisième dizaine d’un siècle qui subit de grands bouleversements sociétaux et géopolitiques.
Alors ne boudons pas notre chance de faire entendre notre voix ! Apprécions de vivre dans une démocratie, certes imparfaite, mais qui garanti encore notre liberté d’opinion. Souvenons que dans de nombreux pays, la démocratie recule dangereusement. Et que dans d’autres, elle n’existe tout simplement pas. Il appartient aux hommes et femmes politiques de ne pas se mettre en retrait sous de fallacieux prétextes. D’assumer la voie qu’ils ont choisi d’emprunter avec tout ce qu’elle comporte de risques, et parfois d’agressions, de violences, écrites ou verbales. C’est le jeu ! Si l’on a l’épiderme fragile, on ne s’engage pas en politique. Partant de là, il revient à ces hommes et ce femmes de nous faire envie. De nous donner de l’espoir sans nous bercer de fausses promesses, ni de grandes déclarations populistes et démagogiques. Et de faire passer l’intérêt général en priorité. Pour nous, pour eux. Et pour nos villes. Et votons.
1 - Mot issu au 14ème siècle du latin politicus (relatif au gouvernement) du grec politikos (qui concerne les citoyens, l’État) lui-même dérivé du grec polis (cité)
2 - L’Alouette, pièce de théâtre en un acte qui revisite le procès de Jeanne d’Arc
