mercredi 16 mai 2018

DE LA LIBERTÉ D'EXPRESSION


Ainsi donc en 2018, dans une paisible petite ville endormie sous le soleil d'Occitanie, il est encore des susceptibilités qu'il faut ménager faute de se retrouver sommé de répondre de ses actes manqués. La neutralité n'est plus de mise, il faut prendre parti vite et bien, de préférence en faveur du pouvoir en place et sans trop gamberger ! On ne peut plus se payer le luxe d'une once d'humanité et d'un soupçon de réflexion sans craindre d'être pointé du doigt et roué en place publique. Il n'est plus temps de raison garder, les fouets sont là, réels comme virtuels, qui guettent la moindre complaisance, qui punissent la plus petite empathie, qui cinglent les partisans de l'humour pris dans sa plus simple expression.

Objectera-t-on que de l'humour à l'injure ou la diffamation il n'y a qu'un pas et que de certains sujets il ne faut plus désormais se prendre à rire ? C'est un fait. Nous vivons dans un monde aseptisé qui ne tolère plus les écarts de langage et réprime les libertés auxquelles s'adonnent les esprits forts. Entendons par là les personnes éprises d'indépendance qui revendiquent leur droit à ne pas se poser en juges et parties, laissant ainsi aux autres une formidable et nécessaire liberté d'expression. Alors bien sûr toute liberté donne lieu à des dérives, voire même à des abus ! Mais c'est un risque à prendre et un outrage à assumer pour toute personne publique. On ne peut se poser en représentant de commerce d'une idéologie et réfuter tout argument qui la détruirait. De même on ne peut considérer qu'un jeu de mots puisant de toute évidence dans l'ironie et portant un jugement sur un comportement, soit une injure publique. Toute personne publique prête à rire, c'est un à côté livré avec le package de l'engagement au sein d'un parti politique, d'un état d'artiste reconnu ou d'une quelconque célébrité. Certes il n'est pas question dans nos cercles restreints de célébrité, mais de personnage publique oui. Et de toute évidence si l'on n'a pas les épaules assez solides pour supporter les inconvénients du job il vaut mieux envisager de se reconvertir. 

On ne niera point que cela puisse être pénible, voire même insupportable par moments. Le virtuel, on le sait, est d'une implacable férocité ! Nul doute que le face à face atténue ce type de comportements et la portée d'un trait d'humour, aussi agressif soit-il... Mais voilà, nous parlons ici de virtuel et de personnes qui font le choix de s'en offusquer au lieu d'avoir l'intelligence, voire l'élégance, de laisser couler. Les habitants de ladite petite ville jugeront s'il est naturel de leur faire supporter  le poids des états d'âme d'un seul, mais on peut raisonnablement douter que cela leur agrée. 

Il est clair qu'en ces temps compliqués que nous traversons certains contextes plus que d'autres prêtent à la dérision. Expression critique soutenue pas l'humour pour appréhender des faits difficilement supportables, elle permet à tout un chacun de s'exprimer sans ambages, et parfois sans modération. On ne saurait censurer la libre expression citoyenne, elle est un puissant vecteur de déconstruction des idéologies populistes et nécessaire à toute évolution sociétale. Pourtant, dans certaines bourgades ensoleillées comme dans d'autres dont les rigueurs climatiques boostent les énergies citoyennes et militantes, la liberté d'expression est sapée quotidiennement et grignotée en toute occasion. Or un pouvoir qui entend imposer respect et considération en bafouant les libertés individuelles ne parvient qu'à dévaloriser son action aux yeux de ceux qu'il prétend convaincre. Museler ceux qui s'expriment n'est pas, et de très loin, la meilleure manière de faire avaler l'amère pilule que certains distribuent à l'envie dans nos villes. Pour qui ne l'aurait visiblement pas compris, nous sommes encore en démocratie, ce qui sous-entend que chaque citoyen a toute liberté de s'exprimer. Et qu'on ne saurait imputer à qui respecte ce principe de liberté la responsabilité d'une quelconque expression.  

Il ne sera nommé personne dans ce billet, qui est à prendre comme une réflexion générale et ne prétend pas juger en lieu et place d'une cour de justice, et nulle situation particulière ne sera prise pour cible. Chacun est libre de l'ajuster à telle actualité qui lui plaira, car en ceci en tant d'autres lectures il incombe au lecteur de prendre ses responsabilités et de savoir retirer de ce qu'il lit ce qui saura nourrir sa propre réflexion. 

lundi 14 mai 2018

De la Culture de l'Autruche Beaucairoise...


L'autruche beaucairoise, jadis variété fort rare cultivée avec soin et de nombreux égards pour assurer sa pérennité, s'est vulgarisée ces dernières années au point de passer de la culture plein champs à celle, très controversée malgré ses résultats, sous serres. Ainsi fleurissent depuis quelques temps d'immenses serres dotées d'aménagements technologiques dernier cri. Le profane s'étonnera de ces vastes étendues vitrées qui défigurent le paysage beaucairois, donnant à la plaine de Beaucaire de faux airs de la Silicone Valley. La modernité des installations semble faire un pied de nez aux traditions chères au coeur des beaucairois, mais avec le temps ils s'y sont habitués et ne s'en émeuvent plus guère...

Plus étonnant encore est le procédé de culture, inspiré des temps anciens et modernisé pour assurer une rentabilité maximale du produit, lequel se destine à court terme à l'exportation. Car l'autruche beaucairoise est de plus en plus prisée par les amateurs, et plus encore par les politiciens qui sont prêts à débourser des sommes astronomiques pour en acquérir au sein de leurs équipes ! Des voyages d'affaires sont organisés pour leur permettre de découvrir le produit en culture, dans son jus en quelque sorte, voyages assortis du passage obligé par quelque fête votive ou autre tradition locale festive permettant de valoriser cette variété dont la renommée s'étend désormais bien au-delà des frontières gardoises.

Ainsi le visiteur émerveillé découvre-t-il des rangées de jeunes autruches alignées le cul en l'air, la tête enfouie dans un riche terreau constitué de sable, d'argile et de l'incomparable limon généreusement déposé par les débordements du Rhône dont les vertus ne sont plus à prouver. Le spectacle de ces culs beaucairois élevés en batterie vaut à lui seul le détour ! On prend conscience en les voyant que la pérennité de ce produit rare est assurée pour les générations à venir, et c'est un très grand moment d'émotion. L'atmosphère qui règne dans les serres concoure à impressionner le visiteur étranger, par là nous entendons qu'il n'est pas natif du cru renommé de la Terre d'Argence. Pour qui n'est pas au fait de ce mode de culture spécifique à Beaucaire, qui en a peaufiné le savoir faire au fil des siècles, l'impression est étrange. Le silence est lourd, ponctué des gémissements étouffés des jeunes autruches qui sont bombardées de messages subliminaux véhiculés par des ultra sons les conditionnant à atteindre le taux de passivité nécessaire avant de les relâcher dans la nature ou de les vendre. Nous signalons tout de même que depuis peu s'est constituée une association de consommateurs qui pointe les effets néfastes à long terme de cette méthode de culture sur l'intégrité du produit et prône un retour à la culture plein champs, certes moins productive mais assurant la qualité d'un produit qui serait totalement naturel. Par ailleurs l'exportation de ce produit donne lieu à quelques dérives affairistes préoccupantes sur lesquelles la justice pourrait bien se pencher, certains acheteurs étant soupçonnés de revendre les autruches beaucairoises en sous-main à des holdings au montage compliqué, nébuleuses sur lesquelles quelques médias ont enquêté en signalant leur dangerosité.

Quiconque se porte acquéreur, certes à prix d'or, de ce produit de qualité estampillé AOC, ne manque pas de se réjouir très rapidement d'avoir cédé à la tentation. L'autruche beaucairoise, une fois libérée de l'élevage forcé en serre, s'avère être un animal de compagnie joueur et affectueux, se contentant de quelques fêtes votives, d'apéros arrosés au pastis ou à la bière, et de places assurées dans les tribunes du Stade des Costières pour garder une humeur égale et un comportement des plus sympathiques. La culture de ce produit donne donc d'excellents résultats, et les politiques ont appris à soigneusement mesurer les récompenses données en échange de leur soutien indéfectible. Ainsi l'autruche beaucairoise ne s'émouvra pas de propos racistes et xénophobes, acceptera avec philosophie le retour à des traditions moyenâgeuses, et applaudira à tout rompre la moindre action ou inaction flagrante de son maître. Par souci de fidélité à son acquéreur, et partant du principe qu'on ne mord pas la main qui vous nourrit même si elle vous sert de la merde, l'autruche beaucairoise s'extasiera devant le nouveau logo de sa ville, sans se formaliser que celui-ci remette au goût du jour une fidélité à Louis XI et un ordre de chevalerie depuis longtemps obsolètes et tous deux enterrés. 

Car tout ce qui importe à ce produit par ailleurs de grande qualité, c'est de vivre le reste de ses jours en paix, sans torturer ses neurones très abîmés par le lavage de cerveau subi dans les serres, en application de cette maxime de Voltaire "A la cour, mon fils, l'art le plus nécessaire n'est pas de bien parler, mais de savoir se taire." Et l'autruche beaucairoise, forte d'un fabuleux plumage et d'une allure enviable qui fait sa renommée depuis la nuit des temps, courtise quiconque l'acquiert comme personne d'autre ne saurait le faire.

samedi 21 avril 2018

DEFEND EUROP : MISSION GRIMPETTE


On espérait que les identitaires de Defend Europ avaient coulé avec leur rafiot à la fin de l'été 2017, sans trop y croire il est vrai ! Mais ces petites bêtes survivent à tout et les voilà de retour, Génération Identitaire en tête, mitraillés par Damien Lefèvre/Rieu himself, les deux pieds dans la neige, équipé d'un superbe appareil photo ressemblant furieusement à celui dont il est affublé lorsqu'il est dans nos murs... Mais chut ! N'allons pas croire que le directeur du service communication de la mairie de Beaucaire puisse utiliser du matériel acheté avec l'argent des contribuables beaucairois, il n'oserait tout de même pas ! Si ? N'extrapolons pas et laissons-lui le bénéfice du doute, soyons généreux.

Ainsi donc un employé de notre ville, condamné en première instance à la privation de ses droits civiques pour cinq ans, participe avec ses petits camarades à une action illégale qui n'est ni plus ni moins qu'une ingérence dans les affaires de l'Etat et s'en vante sur les réseaux sociaux, preuves à l'appui. Et pendant ce temps-là Julien Sanchez, en sa qualité de maire de Beaucaire et de porte-parole du Front National, s'exprime sur la loi Asile et Immigration. Coïncidence ? Je n'y crois pas. Car les identitaires sont le bras armé du Front National et nombreux sont ses activistes qui en sont adhérents #ilnyapasdehasard

Bref ! Les vaillants identitaires venus d'Allemagne, d'Angleterre, d'Autriche, du Danemark, de Hongrie, d'Italie, et accessoirement de France, sont une centaine à avoir chaussé leurs raquettes pour affronter la petite grimpette vers le col de l'Echelle, passage régulièrement emprunté par des migrants pour parvenir dans la vallée de la Névache où de nombreux habitants leurs viennent en aide. Nourriture, logement, hygiène, repos... Autant de délits de solidarité qui valent à certains de se retrouver dans un tribunal pour avoir fait preuve d'humanité. S'arrogeant un pouvoir dont il ne disposent pas, et donc en toute illégalité, les identitaires ont installé une barrière de chantier sur plusieurs centaines de mètres, dont l'ouverture unique est gardée par des postes de surveillance. Se prenant pour des militaires ils se sont postés tout au long de la barrière dans une attitude dissuasive qui prêterait à rire si elle n'était insupportable d'arrogance ! En sus de cela ils ont déployé une énorme banderole au texte écrit en blanc sur fond rouge, disant en substance et en anglais "Vous ne ferez pas de l'Europe votre maison".

Génération Identitaire patrouille donc le long de notre frontière avec l'Italie en toute impunité, avec en soutien logistique deux hélicoptères (dont l'un repeint dans leurs couleurs et portant leur logo), un avion biplace et plusieurs drones ! Ajoutons à cela les tentes (bleu marine et avec leur logo) le matériel nécessaire à la barrière, et tout l'équipement nécessaire pour stationner le long de ce pseudo grillage. On peut légitimement s'interroger sur le financement de cette opération, au sujet duquel il faudra sans nul doute creuser pour trouver l'origine. Laquelle sera probablement reliée à l'Alt-Right américaine comme celle du rafiot de l'été dernier qui avait pris la mer grâce à la générosité de David Duke, ancien patron du Ku Klux Klan #touslesmêmes

Militants antiracistes, militants antifascistes, journalistes, citoyens dotés d'une conscience et soucieux de préserver nos libertés tout simplement, nous sommes nombreux à dénoncer depuis quatre ans les agissements des militants de Génération Identitaire. Pour ma part cela fait quatre ans que je m'en inquiète réellement, que je suis à la trace leur actualité, que je m'informe sur ses membres et ceux des autres mouvances d'extrême-droite, que je plonge les deux bras dans ce tas de fumier qui s'auto alimente chaque jour un peu plus ! Aujourd'hui un cap est franchi, un de plus, et je me demande jusqu'à quand ces groupuscules dangereux continuerons leurs actions en toute impunité. Si le délit de solidarité pour ceux qui viennent en aide aux migrants est passible d'amendes, voire d'emprisonnement, qu'en est-il de celui d'ingérence, de connerie et d'incitation à la haine raciale mêlés ? Il est temps que l'Etat prenne ses responsabilités et que cette minable association qui se prend pour un mouvement politique soit dissoute. Tout comme devraient l'être tous ces satellites d'extrême-droite qui font preuve de violence dans nos villes, dans nos universités, et jusque dans nos lycées ! Notamment le Bastion Social (ex GUD) dont les accointances avec le Front National n'est un secret pour personne #virezmoitoutcemerdier Ouvrons les yeux pour regarder la haine et son pitoyable cortège de peurs en face ! Et dressons l'oreille, en France la voix des identitaires appelle à se dresser contre la République, pour imparfaite qu'elle soit celle-ci 'en demeure pas moins notre unique rempart contre la haine. Pour le moment.

Mission Grimpette (suite)
Comme d'habitude les identitaires ont détalé devant la réaction des antifascistes No Borders italiens qui n'ont pas hésité à traverser la frontière pour manifester leur solidarité avec les migrants qui souhaitaient passer le col de l'Echelle #couragefuyons Cette action qui a été un succès dénonce bien évidemment le délit de solidarité en sus de donner aux identitaires une bonne leçon. Le fait que des militants doivent se substituer à l'Etat pour faire déguerpir des activistes menant une action illégale sur nos frontières en dit long sur la loi Asile et Immigration clairement sujette à controverse ! La gendarmerie s'est de son côté assurée que les identitaires débarrassaient le plancher avec armes et bagages (non ce n'est pas une métaphore, certains étaient armés !) tandis que la Préfète des Hautes-Alpes minimisait la portée de leur action et leur volonté d'ingérence dans les affaires de l'Etat #faudraitpaslestraumatiser #ilsrendentservice

On apprend par un communiqué des sociétés de location d'hélicoptères SAF HELICOPTERES et HELI-MAX (à lire ci-dessous) qu'ils vont porter plainte contre Génération Identitaire pour atteinte à l'image de leurs entreprises, l'action menée et sa communication étant en contradiction avec les valeurs morales dans lesquelles ils sont engagés tout au long de l'année en assurant des missions de secours dans la région. Les patriotes de pacotille seront contents, ils vont encore faire parler d'eux...

Mise à jour
Selon Génération Identitaire, l'opération Mission Alpes a coûté dans les 30 000 euros. Le mouvement bénéficie de différentes sources de financement et fait un appel au don permanent sur son site web. En décembre 2017, Génération Identitaire avait lancé un appel au don suite à la condamnation de 5 de ses membres (dont Damien Rieu) par le tribunal de Poitiers à 40 000 euros d'amende. L'argent récolté permettrait de financer des actions comme celle du week-end au Col de l'Echelle. 

mercredi 4 avril 2018

LES MOULINS A VENT


Martin Luther King est mort assassiné il y a 50 ans. Qu'en est-il aujourd'hui de son message de paix, d'unité et de non violence ? Pour nous qui menons un dur combat contre le racisme et les discriminations le constat est simple : très peu de choses changent, très peu de lignes bougent et le fond demeure, effroyable d'indifférence et d'individualisme forcené. Les prises de conscience sont sporadiques, peu s'ancrent dans la réalité et survivent au quotidien. 

Il nous faut avoir l'âme chevillée au corps pour continuer, persévérer, ne rien laisser passer ! Lutter contre les inégalités, contre la xénophobie, contre la haine, contre les violences racistes, est un choix de vie qui met une distance entre les autres et nous alors même que nous nous battons pour eux.  A notre petit niveau nous ne pouvons qu'imaginer ce que Martin Luther King a vécu, les humiliations qu'il a supportées, les souffrances qu'il a endurées... Et c'est parce que nous ne souhaitons cela à personne que nous continuons. Il n'y a pas d'héroïsme ou d'abnégation dans la lutte antiraciste, il n'y a que de la colère face aux injustices ! Une colère que nous utilisons pour grignoter chaque jour un peu du terrain contrôlé par la haine et les peurs. Avec parfois de vraies avancées, des victoires qui nous réchauffent le coeur et nous confortent dans la justesse de notre combat. Mais parfois aussi, trop souvent, des reculs, des pusillanimités qui nous hérissent, des absurdités et une très grande solitude... Ceux qui minimisent à l'envie l'action des militants antiracistes feraient bien de se poser une seule question : jusqu'où autorise-t-on la haine et son cortège de violences ? Car c'est de cela qu'il s'agit. 

Ainsi donc en 2018, en France, si l'on a une petite poussée de haine, on peut se livrer à des agressions mortelles à caractère ouvertement antisémite. Et si l'on a un petit coup de mou on peut dans la foulée laisser la présidente d'un parti fasciste faire son show de récupération politique, bien encadrée par nos CRS et la Ligue de Défense Juive, dont on se demande pour cette dernière pourquoi elle n'a pas encore été dissoute ! Dans la foulée on laisse les membres de cette même LDJ éructer des insanités à la figure de Jean-Luc Mélenchon et des insoumis qui l'accompagnent jusqu'à les contraindre à prendre la décision de quitter le cortège. On assiste donc à cette contradiction qui mène à accepter dans une marche contre l'antisémitisme la présidente d'un parti fondé par des nazis, qui s'est construit sur l'antisémitisme et le négationnisme. S'il n'entre certes pas dans les attributions du CRIF d'interdire la présence de qui que ce soit dans le cortège, on peut en comprendre aisément la motivation.

Les faits lui donnent raison. Le matin même de la manifestation un local de l'UEJF à la Sorbonne Paris 1 a été saccagé et couvert de tags antisémites. A contrario huit jours plus tôt Alain Soral, poursuivi pour avoir publié des caricatures clairement antisémites, était relaxé par le Tribunal Correctionnel de Paris. Un jugement incompréhensible... La montée d'une nouvelle forme d'antisémitisme fondée sur des actes de violences est une évidence. Elle progresse en même temps que se multiplient les propos racistes, sexistes, islamophobes, anti-migrants, anti-asiatiques, homophobes, et tant d'autres ! Dans un autre registre, des agressions contre des étudiants qualifiés de "gauchistes" sont menées, parfois avec une extrême violence, par des groupuscules d'extrême-droite clairement identifiés : Génération Identitaire, Bastion Social (fondé par d'ex militants du GUD), RED (Rassemblement d'Etudiants de Droite) dans les facultés de Montpellier, Lille et Angers, le lycée auto-géré de Paris, mais également dans le centre ville de Strasbourg et celui de Lyon. Et lorsque le député LREM Thierry Michels demande  à l'Assemblée Nationale au ministre de l'Intérieur la dissolution du Bastion Social, la réponse de Jacqueline Gourault, ministre auprès de Gérard Collomb, aligne les références à la loi pour donner l'assurance d'une vigilance de ses services sans exprimer clairement qu'elle n'estime pas que les conditions nécessaires soient réunies... Faudra-t-il un massacre pour que des mesures soient prises ?

Une question se pose : qu'attendons-nous pour agir ? Et lorsque je dis nous je veux dire le gouvernement. Je n'entrerai pas dans le débat de l'avant-après Emmanuel Macron, ce n'est pas le sujet. Il y a en France des lois qui encadrent tous les agissements qui vont à l'encontre des valeurs républicaines, mais le cadre coercitif n'est pas appliqué avec suffisamment de rigueur pour être dissuasif. Aujourd'hui rien ne garantit que vos droits seront respectés, que votre souffrance sera prise en considération, que vos appels seront entendus. Il y a une effarante disproportion entre la réalité des faits et la manière dont les traite la justice. J'ai un grand respect pour nos institutions, mais je m'interroge sur l'obsolescence programmée de leur mode de fonctionnement qui ne nous donne aucune assurance que des solutions d'efficience leur seront apportées. Et nous savons, nous militants antiracistes, que nos combats ne sont pas la priorité de notre gouvernement, pas plus qu'ils ne l'étaient des précédents. Nous sommes un peu comme Don Quichotte, nous nous battons contre des moulins à vent...

La menace que l'extrême-droite fait peser sur la France est très réelle. Il serait temps de cesser de couper les cheveux en quatre pour prendre enfin les décisions qui s'imposent. Rien, pas même la plus petite entorse à ces lois qui sont censées protéger les citoyens contre les actes de haine, de violence, de racisme, d'antisémitisme, de négationnisme et de discrimination, ne doit être toléré. Fermons à double tour la porte à la haine, et prenons garde à ceux qui rouvrent discrètement les fenêtres à tous ses dérivés...




Note

Le Bastion Social est un mouvement fondé par d'ex-militants du GUD (Groupe Union Défense) sur le modèle de Casa Pound Italia, centre social et parti politique italien d'extrême-droite. Son slogan annonce la couleur : "les nôtres avant les autres". Son président, Steven Bissuel, est un transfuge du GUD. Les militants du Bastion Social se sont installés à Lyon, Strasbourg, Chambéry, Aix-en-Provence, Marseille... Le mouvement s'inspire également des Phalangistes espagnols et du mouvement fasciste grec Aube Dorée, et s'est allié en Provence à l'Action Française. Il est soutenu par plusieurs personnalités du FN : le sénateur de Marseille Stéphane Ravier, le député européen Jean-François Jalkh, et Frédéric Châtillon, ancien patron du GUD et proche de Marine Le Pen.




dimanche 11 mars 2018

LA FLAMME DE LA HAINE


Récapitulons ! Parce que là, franchement, c'est un peu beaucoup le grand bazar au nouvel ancien parti pseudo neuf de Marine Le Pen ! Après des mois de cogitations que l'on imagine intenses (on ne rit pas svp !) les cerveaux (?) du Front National ont pondu un nouveau nom : Rassemblement National. Dans leur fuite en avant pour sauver le navire et la voilure qui prenaient l'eau ils ont ramé comme des malades, et le résultat est affligeant. On en serait presque à plaindre les militants qui prient depuis des mois pour un renouveau salutaire et se retrouvent coincés dans les nasses d'un filet de pêche au gros sans aucune imagination. Garder la tête hors de l'eau, sans doute la blonde y parviendra-t-elle avec plus ou moins de bonheur, mais surfer sur la vague du succès lui est formellement déconseillé à l'avenir. Trop dangereux à son âge ! A force de nous énerver la base elle va finir par prendre des risques inconsidérés et nous fracturer la colonne vertébrale léguée par Papa, seule chose qui la tienne encore debout à la tribune ! C'est que ces vieux trucs c'est fragile, hein ? Pensez donc ! Depuis 2012 que çà sillonne la France avec des expéditions risquées en zones totalitaires comme la Syrie et la Russie, et que çà copule avec l'Alt-Right américaine et tous les partis nationalistes d'Europe, forcément çà se fatigue...  Et la politique, surtout la mauvaise, çà use la santé, tout le monde le sait ! 

Rassemblement National c'est un nom qui plaît décidément à l'extrême-droite française :
  • Parti politique fasciste et collaborationniste fondé par Marcel Déat en 1941, membre du gouvernement de Vichy, condamné par contumace à la Libération, qui a courageusement pris la fuite pendant l'été 1944 et s'est caché en Italie où il est décédé à Turin sans avoir jamais répondu de ses actes
  • Parti politique fondé en 1954 par Jean-Louis Tixier-Vignancour, avocat de l'OAS et du général Raoul Salan. Jean-Marie Le Pen était son directeur de campagne pour les élections présidentielles de 1965
  • Nom de la liste de Jean-Marie Le Pen pour les élections présidentielles de 1988
  • Nom déposé en 2013 par Frédérick Bigrat avec le logo du parti politique 
  • Nom déposé en 2016 par Gérard Chevrier
Marine Le Pen arrive bonne dernière dans cette course au nom ! Il a donc été déposé le 30 décembre 2012 par un certain Frédérick Bigrat qui se présente sur Twitter comme "conservateur républicain et catholique", militaire à la retraite, et secrétaire général de l'Avant-Garde. Laquelle s'affiche sur son site web comme "premier réseau collaboratif d'action politique". Juste en passant, l'équipe d'Avant-Garde est constituée d'une pléiade de personnes liées à l'extrême-droite, aux mouvances identitaires et bien sûr au Front National. Dont par exemple plusieurs plumes de l'Incorrect et son fondateur, Charles Beigbeider. Le parti politique Rassemblement National existe bel et bien depuis 2014, sous la forme d'une association loi 1901 déclarée à la Préfecture de Paris et au Journal Officiel le 8 mars 2014. Il a d'ailleurs présenté des candidats aux municipales de 2014 face à ceux du Front National qui ne peut donc pas l'ignorer, son président est Igor Kurek dont le mouvement Rassemblement Pour la France se définit comme gaulliste, se réclame de Charles Pasqua et Philippe Seguin et soutient Laurent Wauquiez. Pour ce qui est du nommé Gérard Février on ne trouve rien sur Google le concernant, l'info provient du site de dépôt de marques INPI. Bref ! Cela en fait des choses, pas vrai ?

Donc si l'on suit le raisonnement de Marine Le Pen et de sa formidable équipe (?) la nouvelle ère du parti débute par un plagiat énorme qu'elle espère glisser sous le manteau et dont les militants ne savent rien. Faudrait pas trop les informer tout de même hein ? Déjà qu'elle n'est pas en odeur de sainteté auprès de la base... Vous me direz qu'elle a été réélue avec 100 % des suffrages exprimés. Oui, mais on constate une évidente dégringolade du nombre d'adhésions au parti depuis ces quatre dernières années.
  • 1998 >  42000 adhérents 
  • 2011 >  21000 adhérents 
  • 2014 >  83087 adhérents 
  • 2017 >  51487 adhérents 
Soit 31600 adhérents de moins pour le Congrès qui s'est tenu ce week-end à Lille ! Un peu plus de 6000 adhérents ont rejoint Les Patriotes après le départ de Florian Philippot, où sont passés les autres... ? Il est probable qu'ils aient rejoint d'autres partis d'extrême-droite ou des mouvances identitaires plus à même de répondre à leurs attentes. Pas un vrai dépaysement, juste un chemin un poil différent du précédent mais guidé par une même idéologie fondée sur le racisme, la xénophobie, et la négation des valeurs républicaines.

Rien de nouveau donc sous le soleil des patriotes, vous savez celui qui ne se couche jamais parce qu'il a peur de tout ce qui pourrait hypothétiquement arriver s'il relâchait sa garde ! On prend les mêmes et on recommence en faisant croire que tout sera différent. Ou comment faire du neuf avec du vieux, un genre de vintage très bas de gamme... C'est là que l'on se rend compte qu'en fait tout ce petit monde vivote dans une toile d'araignée aux tendances furieusement consanguines, peuplée de bestioles peu ragoûtantes qui se répandent, se tirent dans les pattes, se réconcilient, se font des coups de putes et des enfants dans le dos pour finir par coucher ensemble dans les draps souillés du lit de la haine ! Une sorte de partouze dans laquelle se vautre la lie de l'humanité... #pasjolijolitoutçà

samedi 17 février 2018

LES TROIS PETITS COCHONS - Fiction



C'est l'histoire de trois petits cochons qui, s'ennuyant dans leur nouvelle maison, décidèrent un jour de s'attaquer aux habitants de leur village. Juju, Yoyo et Dada cherchaient un dérivatif à leur ennui, le travail qu'ils étaient contraints d'accomplir ne leur plaisait pas plus que çà et ils tournaient en rond dans leur grande et belle maison. Celle-ci se trouvait sur la place principale du village, elle était bâtie en pierre blonde de la région et dotée de formidables colonnes qui imposaient le respect. Ils avaient un peu magouillé pour s'y installer, virant l'ancien locataire à force de promesses toutes plus farfelues les unes que les autres faites aux villageois. Ils affirmaient pouvoir les débarrasser du grand loup rouge qui demeurait tapi à l'orée du village, prêt à investir la grande maison qu'il guettait désespérément depuis plusieurs dizaines d'années. 

Le loup rouge était un peu une légende sur les bords du fleuve, il avait eu son heure de gloire et instauré la paix dans le village, mais un renard rusé avait réussi à le faire partir et à s'installer dans la maison pendant de nombreuses années. Le renard avait en quelque sorte préparé le terrain pour les trois petits cochons, bien sûr ce n'étaient pas ses meilleurs amis mais ils partageait de nombreuses pratiques, entre autres le goût des fausses promesses et un baratin qui vous mettait la tête à l'envers ! A présent les trois petits cochons devaient prouver qu'ils s'occupaient un minimum du village, aussi se lançaient-ils dans des travaux improbables et coûteux qui dépassaient leurs compétences, s'acharnant à détruire pour reconstruire, à arracher les arbres centenaires pour en replanter d'autres, trop chétifs pour faire de l'ombre, saccageant les plus beaux endroits du village pour en inaugurer les trous et les ruines à grand renfort de pattes serrées et de nouvelles promesses... Soucieux de partager leurs croyances, ils avaient installé dans la cour de la grande maison une sorte d'autel dédié à leur idole et engageaient les villageois à l'admirer, se souciant peu que certains d'entre eux ne soient pas concernés par leur culte et ne veuillent pas s'y conformer. Petit à petit ils pénétraient ainsi dans l'intimité des villageois et ordonnançaient leurs vies, chassant les anciennes habitudes pour imposer les leurs. Ils se plaisaient régulièrement à organiser des fêtes dispendieuses auxquelles n'assistaient que les anciens qui se trouvaient flattés d'être désignés comme un public averti. Les jeunes villageois n'étaient pas contents de leur travail, ils voulaient améliorer la vie dans leur village mais ne savaient pas comment les chasser de la maison. Inquiets, mais pas certains de ce qu'ils devaient faire, ils ne faisaient pas trop de bruit et menaient leur petite vie tranquillement en gardant un œil sur les trois petits cochons. Festifs dans l'âme, ils profitaient des fêtes à la belle saison pour courir après le cul des taureaux venus de toute la région pour les narguer et les divertir, se disant qu'après tout cela ne les engageait à rien.

Et puis un matin, sans que l'on sache bien pourquoi, Juju, Yoyo et Dada décidèrent d'attaquer la cantine du village. Ils réunirent leurs troupes et ils marchèrent sur ce lieu mythique où se rassemblaient les villageois et leurs enfants, l’œil menaçant et la queue en tire-bouchon, plus gris que roses sous l'effet de la méchanceté, en grouinant d'horrible manière. Ils pénétrèrent avec fracas dans les lieux, effrayant les petits et alarmant les grands, chassèrent brutalement les gentilles souris qui faisaient le service, renversant sur le sol les plats goûteux et variés qui flattaient les papilles des villageois les plus exigeants. Les mets délicats venus d'autres villages, et parfois de très loin, jonchaient les sol, et les gardes armés des trois petits cochons maintenaient un cordon de sécurité pour empêcher les enfants de les ramasser pour les consommer. Les petits pleuraient pendant que leurs parents essayaient désespérément d'entamer le dialogue avec les trois petits cochons, mais Juju, Yoyo et Dada montraient enfin leur vrai visage et leur riaient au nez en refusant de leur répondre. Ils décrétèrent que désormais ce serait ainsi et pas autrement. Ils occuperaient la cantine chaque jour de la semaine et les villageois qui ne voudraient pas consommer le plat unique qu'ils leur feraient servir devraient rester chez eux. Certains villageois tentèrent de leur expliquer que les petits s'attristeraient de ne pouvoir partager le repas de leurs camarades et leurs jeux, mais eux-mêmes n'ayant pas de petits ils ne comprirent ni n'écoutèrent les doléances. Pire encore, au bout de quelques semaines ils instaurèrent une loi qui interdisait aux villageois venus d'autres villages et à leurs familles d'entrer dans la cantine.

Dans la foulée les trois petits cochons décidèrent de construire un mur tout autour du village, et placardèrent sur les portes des maisons une sorte de charte rédigée à la hâte, interdisant aux villageois d'ouvrir leurs foyers à ceux qui ne vivaient pas au village. De partout on vint se presser devant l'immense grille d'entrée du village, brandissant des offrandes pour obtenir le passage, mais Juju, Yoyo et Dada refusaient toute intrusion et se contentaient de narguer les visiteurs depuis les fenêtres de la grande maison. Les villageois s'inquiétaient pour l'avenir de leurs petits, ils n'avaient jamais vécu ainsi, coupés du monde extérieur... Des affrontements éclataient à tout moment, réprimés par la garde de sécurité qui patrouillait jour et nuit dans les ruelles du village, menaçant et châtiant sans relâche et sans compassion quiconque se trouvait sur leur passage. 

Il vint un moment où les villageois n'en pouvaient plus de vivre ainsi et décidèrent d'agir. Ils unirent leurs forces et se réunirent devant la grande maison pour interpeller les trois petits cochons. Mais forts de leur ascendant entretenu par la peur, et certains de n'avoir rien à craindre, Juju, Yoyo et Dada fermèrent toutes les fenêtres pour ne plus avoir à les entendre. Alors il vint aux villageois une formidable idée pour s'en débarrasser à tout jamais ! Puisqu'ils se refusaient à quitter la grande maison qui, après tout, ne leur appartenait pas, ils les y enfermeraient. Aussitôt dit aussitôt fait, ils ramenèrent des pierres et du mortier et entreprirent de monter des murs devant chaque porte et chaque fenêtre, ne leur laissant qu'une toute petite partie de la belle grille d'entrée de la cour pour respirer. En moins de temps qu'il n'en faut pour vous le raconter les trois petits cochons se retrouvèrent prisonniers, piégés à l'intérieur de la grande maison de pierre blonde qu'ils pensaient leur appartenir. Ils résistèrent un peu, pas très longtemps, car finalement ils n'étaient pas très courageux et ne purent supporter de vivre ainsi enfermés. Alors ils supplièrent les villageois de les laisser partir et ceux-ci les libérèrent et les conduisirent très loin de leur village avant de les perdre dans une immense forêt pour s'assurer qu'ils ne reviendraient plus jamais.

Cette histoire finit bien, les villageois abattirent le mur d'enceinte, rétablirent la cantine dans ses anciennes pratiques, détruisirent l'autel sur lequel trônait l'idole des trois petits cochons, et ouvrirent les portes de leurs maisons à tous les habitants des villages environnants. Pendant près d'un mois une grande fête célébra le départ des trois tyrans et la joie de vivre reprit ses droits. Mais après la fête vint le temps de s'interroger sur l'avenir du village et de décider qui s'installerait dans la grande maison sur la place. Le grand loup rouge et le renard rusé pointèrent le bout de leur museau, quelques nouveaux venus distillèrent leurs fallacieuses promesses, il fallait tout reconstruire et l'avenir s'annonçait incertain... Nul ne sait à ce jour quel fût le choix des villageois, mais il y a fort à parier qu'ils cédèrent à nouveau au chant des sirènes. Le point faible des villageois étant leur fâcheuse propension à donner foi aux beaux parleurs, leur avenir se jouera comme toujours sur un improbable coup de dé. Mais ils seront contents, ils auront joué.

La morale de cette histoire c'est que l'on peut vivre de terribles épreuves et faire de mauvais choix, rien n'indique que l'on ne recommencera pas. Et les trois petits cochons guettent patiemment le bon moment pour revenir.


lundi 5 février 2018

CHAMPAGNE !!!


Champagne ! Mettez vos habits de lumière, ressortez les paillettes, aiguisez vos canines, préparez votre foie, pendant les semaines à venir ce sera fiesta ! Le maire paie sa tournée, on se lâche ! Non ce n'est pas une blague. Certes cela y ressemble, et le visuel de communication pondu par les identitaires de la communication nous ramène gentiment aux années 70, mais c'est très sérieux. Vous remarquerez que j'ai pris la peine d'améliorer ledit visuel pour qu'il transmette un message sans équivoque aux beaucairois et réconforte les patriotes qui ne manqueront pas de se presser dans les salles pour entendre leur idole. Non ce n'est pas Johnny, le pauvre n'est plus, mais avec un blouson de cuir et des lunettes de soleil le maire fera illusion.

Pourquoi cette tournée ? Pourquoi maintenant ? Tout simplement parce que dans un louable souci d'unité notre maire entend rencontrer les beaucairois dans les semaines à venir. Je vous entends d'ici chuchoter des horreurs et dénigrer cette action politicienne du plus bel effet, mauvais esprits que vous êtes ! Accordez-lui un peu de crédit et saisissez cette occasion unique d'apercevoir votre premier magistrat, il se fait rare ces temps-ci... Qui sait ? Peut-être aurez-vous la chance insigne de lui parler en tête à tête, et si vous ne le froissez pas d'emblée (attention c'est un être hyper sensible !) sans doute répondra-t-il à vos questions. Vous en avez tellement ! Et vous verrez, la réponse est tellement plus simple que tout ce que vous pouvez imaginer, car en vérité rien n'est de sa faute. Comment serait-il responsable de quoi que ce soit puisqu'il n'a rien fait ? L'Etat, les méchants opposants, l'horrible présidente de région, la CCBTA, la population d'origine étrangère qui refuse de quitter Beaucaire et qui fait tâche sur sa carte postale Provence Camargue, tout le monde lui en veut et personne ne l'aime...

Courageusement, Julien Sanchez fait front (oui elle est facile !) et s'aventurera donc dans nos quartiers pour opérer un subtil rapprochement avec la population beaucairoise, histoire de se rappeler au bon souvenir de ses potentiels électeurs. Il y a fort à parier que la franchise des échanges sera fortement orientée vers un panégyrique aussi long que répétitif du premier magistrat de notre ville, éloge qu'il se fera à lui-même ainsi qu'il nous y a habitués en conseil municipal à longueur d'année. J'aurais pu intituler ce billet "Julien fait...", mais comme à vrai dire il n'a pas fait grand-chose le sujet manquait par trop de ressort. Lui bien entendu vante ses propres mérites, et s'il faut en toute honnêteté lui en reconnaître quelques-uns ils n'ont aucun rapport avec Beaucaire.

Voyons un peu ! En bientôt quatre ans de mandat, qu'a fait Julien Sanchez concrètement pour notre ville ? Ah oui ! Il a baissé les impôts de quelques centimes d'euros, soit "peanuts" pour les portefeuilles des beaucairois, et il a lancé des études. Il aime bien les études, cela fait sérieux de faire réaliser une étude pour tout et pour rien. Sinon j'ai beau chercher... Il met en avant la réfection des travaux du quai de la Paix qui durent depuis deux ans et sont très loin d'être terminés, d'ailleurs avait-il fait faire une étude pour ce projet ? Parce que au vu du résultat on ne félicitera pas le cabinet qui s'en est chargé ! Il faut dire que son truc à lui c'est l'action sans concertation. Il aime tellement çà, décider tout seul, imposer sa vision (?) de notre ville passée par le prisme déformant du Front National. Il choisit, il tranche, il pique sa crise si quelqu'un ose le contredire ! Et puis monsieur le maire a la folie des grandeurs, il veut laisser son empreinte dans l'histoire de Beaucaire comme l'ont fait certains de ses prédécesseurs, mais n'est pas José Boyer (qui a fait entrer Beaucaire dans le XXème siècle) ou Jean-Marie André (auquel on doit l'aménagement actuel du canal) qui veut. Quoiqu'il ait sans conteste de nombreux points communs avec ce dernier ! Les projets fleurissent, un quartier Sud Canal "majoratif" (ne cherchez pas, c'est un terme comptable) sans commerces et sans services de proximité (il ne faut pas risquer un mixage des populations) un Palais des Congrès, des lotissements d'habitat individuel, un lycée d'enseignement général, la réouverture de l'écluse... Ah non ! C'est vrai que là c'est mort, l'écluse est comblée (merci VNF, une fausse promesse de moins pour les prochaines municipales) avec quelques parasols et trois palmiers nous aurons l'impression de vivre en bord de mer... N'oublions pas les écoles pour lesquels Julien Sanchez n'en finit pas de réaliser des études de réfection qui n'aboutissent jamais à des travaux, les cantines scolaires qui... Ah non, pardon ! Pas les cantines, c'est un sujet qui fâche. Vous l'aurez compris, la liste n'est pas exhaustive.

En cherchant bien j'ai tout de même trouvé deux trois trucs réalisés par le maire. Si, si ! Par exemple :

  • la crèche qu'il prend soin d'installer chaque année dans la mairie (il réfléchit à une nuit du Ramadan en contrepartie) 
  • la vidéo dans laquelle il exprime si délicatement sa position contre le dispositif ELCO
  • la formidable tribune contre les allophones qui est ni plus ni moins qu'une envolée lyrique ponctuée du "Allô ! Non mais allô quoi !" tellement tendance
  • le renforcement des effectifs de notre police municipale qui s'enorgueillit de posséder désormais 2 vélos, 1 chien (pauvre bête !)... 

Et tout le mal qu'il se donne pour punir les dérives coupables des opposants, châtiant à coup de communiqués la liberté d'expression des uns et les choix politiques des autres, brandissant le drapeau et la Marseillaise à tout moment, passant de l'écharpe tricolore à la quête pour SOS Chrétiens d'Orient, endossant chaque fois que nécessaire l'habit qui le fera moine. Ou prédicateur, c'est selon. Quel admirable tempérament que le sien, n'est-ce pas ? Notre maire c'est l'homme orchestre, il sait tout faire !

Alors Julien Sanchez serait-il un paresseux ? Certes non ! Il bosse avec acharnement, mais surtout pour son parti politique pour lequel il se crève à la tâche, payant de sa personne avec abnégation et sacrifiant probablement sa vie personnelle pour porter la bonne parole chaque week-end dans nos belles provinces. De là à imaginer que la SNCF lui aurait octroyé une carte Grand Voyageur Star + (accrochez-vous pour l'obtenir !) il n'y a qu'un pas... A moins que ce ne soit Total qui gratifie ses chauffeurs de tellement de points de fidélité qu'ils pourront bientôt racheter un paquet d'actions du groupe... Oui parce qu'il faut vous dire que notre maire n'a pas son permis de conduire. A trente quatre ans c'est quelque peu handicapant, mais sans doute n'a-t-il jamais pris le temps de s'y consacrer, trop pris par ses engagements politiques depuis son adolescence. Il y a des gens comme çà, qui entrent en politique comme on entre au couvent, la différence c'est que ceux-là s'épargnent de faire vœu de pauvreté en cumulant les mandats et les rémunérations confortables qui vont avec. Nous sommes si peu de choses, il faut bien vivre...

Info de dernière minute
On m'informe qu'on aurait vu un squelette rampant le long du nouveau mur de Berlin, pardon du canal ! Il chercherait désespérément la voie cyclable... #sanscommentaire

Notes
José Boyer (1913-2004) a fait entrer Beaucaire dans le XXème siècle
Sous ses différents mandats (1959-1983) furent réalisés notamment les réseaux d'adduction d'eau (l'eau courante aux étages !) et d'assainissement, plusieurs écoles (la dernière: La Moulinelle, en 1979), les Centres Aérés, l'Ecole Municipale de Musique, la Bibliothèque, la Piscine, la Halle des Sports, la Zone Industrielle Sud...