Comment parler de cette campagne électorale sans se montrer désagréable envers celles et ceux qui ont le courage de s'y engager ? Le challenge est d'y porter un regard juste, analytique, et factuel. En mettant de côté le pathos qu’induit inévitablement le fait de connaître les deux tiers de celles et ceux qui se présentent. Mais justement, les connaître plus ou moins bien, influe forcément sur le jugement que l’on porte sur la constitution des listes, et bien sûr sur la campagne en elle-même. Cela étant, il y a un fait incontestable. Tout cela est mou. Sans saveur. Et ne fait pas rêver.
Parlons de ce que l’on sait. Les deux listes opposées à celle du maire sortant ont toutes deux de bons programmes. Réalistes, réfléchis, et qui ont pour ambition de tirer Beaucaire vers le haut. Unis Pour Beaucaire, et Beaucaire L’Esprit Libre, ont à cœur de faire revivre la ville. De la débarrasser de la gangue de médiocrité dans laquelle l’ont enfermée douze ans de gestion frontiste. La rigueur, l’ouverture au monde extérieur, et la transparence, sont au cœur de leurs programmes. Retrouver le chemin d’une pratique saine de la démocratie également. Et on ne saurait en attendre plus, ni mieux, de la part de candidats tous deux attachés aux valeurs de la République ! Là où cela cloche, c’est la campagne en elle-même. Les deux listes ont misé sur la communication numérique. Bien. Mais là où UPB partage quotidiennement les éléments de son programme sur les réseaux sociaux, BLEL se limite à de rares visuels diffusés au compte goutte. Touchant inévitablement beaucoup moins de monde, d’autant que lesdits visuels ne sont guère relayés sur les groupes beaucairois Facebook. Tous deux sont présents sur Instagram, mais quasiment inactifs, et aucun ne l’est sur X et TikTok. Pour X, il aurait fallu qu’ils investissent le réseau au minimum début 2025 pour se constituer une communauté de followers. Par contre pour TikTok, sachant que ce réseau est celui sur lequel on peut le plus facilement toucher les jeunes, et les intéresser à l’avenir de leur ville, c’est franchement dommageable de s’en priver ! Et c’est même carrément incompréhensible. UPB tracte sur le marché, BLEL s’y refuse. Un choix qui interpelle, d’autant plus de la part d’un communicant... Nous imaginons que les deux s’adonnent à l’exercice fastidieux, mais nécessaire, du porte à porte.
En face, le maire sortant ne se donne même pas la peine de faire campagne. Il tracte un peu sur le marché, distribue sourires et bisous à ses groupies, et engage ses soutiens à diffuser ses idées par le biais de réunions intimes, type «Tupperware». Nelson Chaudon en fait c’est un commercial. Le VRP du RN local ! Il se vend, et il fait des promos sur son programme fantôme… Pas de réunions publiques. Pas de visuels. Mais évidemment, pour lui qui est, comme son prédécesseur, omniprésent sur la ville et dans les pages du Beaucaire Mag, c’est facile ! Et bien entendu, ses fans se lâchent sans hésitation sur les groupes beaucairois. S’acharnant carrément sur ses opposants. Utilisant pêle-mêle les arguments massue des frontistes. A savoir, l’insulte, le dénigrement, la diffamation, et un racisme totalement décomplexé. Et confondant le débat d’idées, et la critique légitime de son maigre bilan, avec l’expression d’une haine fantasmée. Celle qu’eux-mêmes ressentent envers toutes celles et tous ceux qui ne leur ressemblent pas.
Donc on en est là. Certains échangent des coups virtuels. Les p’tits jeunes du RNJ arrachent les affiches des opposants, et/ou les recouvrent avec celles de Nelson Chaudon, à une allure qui interroge quant à la manière dont ils sont avertis du collage de ses adversaires. Serait-ce par le biais de la vidéo surveillance ? Nous ne saurions l'affirmer, mais la question est posée. Pendant que les opposants, qui n’ont toujours rien compris au danger qui menace notre ville, prennent soin de coller «démocratiquement» en laissant de l’espace aux deux autres listes. On a juste envie de leur rappeler qu’on ne fait de campagne respectueuse de l’autre que lorsque l’autre en question est respectable. Républicain. Or les candidats du Rassemblement National ne sont ni l’un l’autre. Alors bien sûr, on a envie d’y croire. Et on croise les doigts pour eux. Mais être réaliste, dans le concret, c’est bien aussi.
