lundi 30 mars 2015

RODOMONTADES



Hier soir le Front National a sablé le champagne dans le canton de Beaucaire. Le binôme Jean-Pierre Fuster/Sandrine Corbière arborait le grand sourire des jours de fête tout comme les élus municipaux qui piaffaient de joie ! Si Julien Sanchez a fait preuve de plus de retenue il était manifestement heureux de cette victoire, et ma foi on ne pouvait pas lui en vouloir. Car après tout c'est lui qui a mené campagne pour ses candidats et il l'a fait comme les fois précédentes avec brio, acharnement, et une présence sur le terrain qui a beaucoup plu aux habitants du canton.

Cela c'est une particularité du Front National sur laquelle les autres partis politiques feraient bien de prendre exemple s'ils veulent remonter dans les indices de satisfaction du peuple français. Aussi bien sur le plan national que local. On n'amène pas les gens à voter, et à voter pour vous, en traitant une campagne confortablement assis dans son bureau, scotché à ses dossiers en cours et à son ordinateur ! On ne mène pas campagne sans rencontrer les électeurs, sans les écouter, sans se soucier de leurs attentes. S'il est évident que le Front National brandit son programme populiste à tout bout de champ comme unique justificatif il est exact qu'en face aucun parti n'a su contrer cela avec intelligence. Ce n'est pas uniquement en démontrant encore et encore les aberrations dudit programme et en hurlant au loup qu'il était possible d'influer sur l'électorat de base. Lui donner les outils pour jouer les victimes c'était une erreur de débutants en politique à peine croyable ! Même justifiée cette démarche n'était pas et ne sera jamais la bonne. Non cela c'est le rôle des associations antiracistes, des comités de vigilance et des cercles de réflexion citoyenne. Et c'est ce que nous nous sommes employés à faire les uns et les autres avec succès, rencontrant parmi les populations que nous touchions un écho très favorable.


Le rôle des partis politiques est de concevoir un programme qui réponde aux attentes des français, qui propose de vraies solutions à de vrais problèmes et qui soit suffisamment clair pour être compris de tous. Autant dire qu'il y a du pain sur la planche ! A cela doit impérativement s'ajouter une campagne de terrain, une présence locale majeure et suivie (réunions publiques, rencontres/débats) en sus des traditionnels tractages sur les marchés et autres boîtages... La majeure partie des tracts et programmes vont directement à la poubelle, le français lambda ne s'emmerde pas à lire ! Lui il veut parler et qu'on l'écoute, il veut poser des questions et qu'on lui réponde, il veut se sentir concerné ! Il veut boire un coup au bistrot avec les candidats, avec les élus, il veut avoir le sentiment d'exister et de ne pas être un simple numéro sur une carte d'électeur.

Si on examine de près cette désastreuse campagne pour les départementales nous en sommes très très loin ! Autant le dire sans fioritures : les seuls candidats qui ont fait tout cela sont ceux du Front National. Alors certes ils n'ont pas de programme applicable aux problématiques locales, mais le fourre-tout qu'ils servent à leurs électeurs est très bien construit et parle directement à leur porte-monnaie pour ne pas dire à leur cœur ! Déplorable ? Sans aucun doute. Dommageable ? Evidemment. Rentable ? Quand on se penche sur les scores réalisés par les plus improbables d'entre eux on ne peut que se rendre à l'évidence... Alors bien évidemment l'UMP pavoise, le PS fait profil bas (encore que...) et les autres sont quasi inexistants. Nous parviennent dans le paradis affiché de l'extrême-droite les éclats de voix de la Ligue du Sud qui entend bien pourrir la vie de Marion Maréchal Le Pen et de ses acolytes, cela met un peu de baume au cœur mais ne suffit pas à adoucir le choc.

Au vu des rodomontades dont nous gratifient les acteurs politiques majeurs de notre politique nationale, tièdement imités par leurs décideurs locaux qui ne semblent plus croire eux-même à ce qu'ils nous ressassent la seule réponse qui vient à l'esprit a le mérite d'être sincère à défaut d'être politiquement correcte. En gros cela donne un truc très cru du genre : "Allez vous faire foutre ! Fini de nous prendre pour des abrutis ! Vous nous avez mis dans la merde, à vous de la nettoyer pour nous en sortir !" Oui je le sais ce n'est guère délicat... Mais aux grands maux les grands remèdes, et aux grands désastres politiques les grands coups de gueule n'est-ce pas ? Il est sain de temps à autre de donner un coup de pied dans la fourmilière pour déloger les inutiles et y reloger un peu d'espoir.

Quid sur le plan local ? En sus de vivre dans une ville Front National nous voilà tenus d'y ajouter notre canton. La politique intercommunale promet de nous servir de grands moments de solitude... Nous échappons fort heureusement au basculement de notre département trop à droite, mais il vire tout de même de bord et il n'est pas certain que cela favorise les avancées que nous souhaitons, nous habitants lambdas directement concernés par les décisions qui seront prises. Je les entends d'ici les uns comme les autres prêts à se rejeter la faute des erreurs commises et des attentes déçues, continuant à faire le jeu des frustrés de tous bords qui grinceront des dents en se jurant de se venger aux prochaines élections. Neuf mois avant les régionales, mesdames et messieurs les politiques ! Neuf mois pour accoucher d'un vrai programme et faire votre retour sans vous complaire dans une culpabilité non constructive. Il va de soi qu'au Front National on a déjà le programme tout chaud sous la main prêt à être imprimé, diffusé, martelé ! Alors cette fois n'allez pas vous imaginer que vous vous en sortirez mieux en gardant vos bonnes vieilles méthodes. Nous n'en voulons plus. Et nous ne nous laisserons plus abuser.

Que Julien Sanchez ne s'endorme pas non plus sur ses lauriers. Des 10 candidats issus ou proches de sa majorité seuls deux s'en sont sortis avec les honneurs. Il n'y a pas non plus de quoi faire la danse de la victoire, ce serait quelque peu exagéré... Sur un plan purement humain s'il est toujours triste de voir déçues les attentes des perdants il semble évident que le temps est venu pour eux de se remettre en question. Parce que soyons clairs et appelons les choses par leur nom : ils n'ont pas bien fait leur job ! Une fois de plus. Et cela nous saurons nous en souvenir... Alors que les élus de notre municipalité, ceux de la majorité mais aussi les autres, ne s'y trompent pas ! Ceux d'ici le savent, les grands coups de gueule et les coups de pied au cul cela connaît bien les beaucairois ! Ils l'ont fait et ils le referont.

dimanche 22 février 2015

BALS MUSETTE INTERDITS !!!


Quand le maire Front National de Beaucaire décide d'interdire les bals musette du samedi et du dimanche que le Gambetta Kfé organise à la belle saison chaque année sous ses platanes, il pénalise les aînés beaucairois en les privant de l'unique divertissement de ce type que propose notre ville. Lui qui ne cesse de mettre en exergue son action en faveur des seniors risque de dégringoler brutalement de son piédestal ! Nos aînés aiment plus que tout se laisser vivre en musique chaque fin de semaine, choyés par Mohamed Bougrini et son équipe qui leur manifestent gentillesse, chaleur et respect. Pour certains ces après-midi en terrasse et en musique sont leur seule sortie de la semaine, ils y viennent avec des amis, parfois accompagnés de leurs enfants ou petits-enfants. C'est leur plaisir hebdomadaire, un moment de joie précieux qui brise leur solitude et leur fait oublier les vicissitudes de l'âge... Toutes choses dont Julien Sanchez ne tient pas compte dans cette stupide et incompréhensible décision. 

De quoi s'agit-il au juste ? De sécurité ? Ma foi demander à un commerçant de se plier aux normes en vigueur est naturel mais cela n'empêche aucunement d'organiser des festivités. Car il n'y a pas que les bal musette qui sont visé, c'est l'ensemble des divertissements proposés chaque année par le Gambetta Kfé qui sera pénalisé. Pourquoi ? Aucune explication à ce sujet. La mairie s'abrite derrière un courrier bref et d'une grande froideur qui aligne des articles de loi sans réel rapport avec les faits. De tout cela il ressort l'évidence d'une vendetta menée à l'encontre de quiconque ne pense pas comme Julien Sanchez et ses élus. Elus qui sont les premiers depuis des années à apprécier la qualité de la restauration et des divertissements que propose le Gambetta Kfé et qui en seront également privés. Oui mais voilà ! Ce n'est pas la mairie qui organise, et cela leur reste en travers de la gorge. Proposeront-ils un équivalent à ce dont ils nous privent ? Rien n'a filtré à ce sujet mais il est probable que non. 

La démarche de la mairie de Beaucaire serait-elle de briser net les projets du seul commerçant du centre ville qui insuffle un peu de vie dans Beaucaire ? A la lecture des faits on peut raisonnablement le penser. Quand Mohamed Bougrini soumet au service des festivités de la ville son planning établi dès janvier comme il le fait chaque année et qu'il s'entend répondre qu'il faudra revenir le présenter au mois de mai on peut douter de la compétence du dit service ou à tout le moins des consignes données par le maire et qu'il doit mettre en pratique ! Car en mai il est beaucoup trop tard pour réserver des groupes musicaux de qualité et il se trouve que le Gambetta Kfé est réputé justement pour cette qualité musicale qui ravit la majeure partie de la population beaucairoise, toutes générations confondues. Au vu de cette situation on peut s'attendre à voir réduire comme peau de chagrin nos belles soirées d'été, la mairie entendant économiser sur tout et surtout sur ce qui la dérange.

Alors peut-être s'agit-il uniquement de pénaliser un commerçant dont l'indépendance à tous les niveaux dérange ? Mohamed Bougrini fait beaucoup d'efforts pour animer Beaucaire et nous proposer à tous des événements chaleureux et conviviaux qui ont chacun leur clientèle attitrée. Il en va ainsi des bals musettes, des géniales soirées foot qui mixent toute la population beaucairoise dans un même élan de passion sportive, de son incontournable dîner blanc, des soirées salsa qui rassemblent les danseurs, et bien entendu de sa légendaire bodega pendant les estivales ! Que ce soit pour déguster une cuisine savoureuse servie avec le sourire, un simple café au comptoir ou en terrasse, ou encore une glace pendant que les enfants jouent sous les platanes l'accueil sympathique du Gambetta Kfé ne se dément jamais. Le sourire est là, les échanges sont chaleureux et la clientèle se sent bien tout simplement. N'oublions pas que nous parlons de la plus belle terrasse de Beaucaire, un emplacement de choix que la mairie entend peut-être préempté un jour pour y mettre un commerçant de son choix... C'est compter sans l'opiniâtreté et la forte personnalité de Mohamed Bougrini qui n'en est pas une idée près pour aviver en permanence la flamme qui brûle entre lui et les beaucairois. Sa faconde et son énergie font partie du personnage, il renouvelle en permanence l'offre du Gambetta Kfé et nous avons avec lui la certitude de ne jamais nous ennuyer

Il est à noter que d'évidence cette décision occasionnera de sérieuses pertes financières qui pourraient mettre à mal un commerce qui tourne bien. Hors tous les beaucairois savent que très peu nombreux sont les commerces de leur ville qui ne soient pas moribonds. Est-ce ainsi que Julien Sanchez entend dynamiser l'économie de Beaucaire ? On ne saurait trop lui suggérer de suivre quelques cours dans ce domaine pour se mettre au niveau des promesses qu'il a faites aux beaucairois qui ont voté pour lui.

Tout cela nous amène à un inévitable et déplorable constat : la seule erreur de Mohamed Bougrini serait-elle de porter le nom de son père ? C'est de toute évidence quelque chose que la mairie raciste de Beaucaire ne peut pas supporter ! Que certains jalousent sa réussite cela ma foi c'est moche mais c'est humain, qu'on le juge sur ses origines et qu'on lui mette des bâtons dans les roues pour le lasser et s'en débarrasser c'est carrément inique ! Si Julien Sanchez entend nous priver des rares plaisirs que nous avons à Beaucaire il met le doigt dans un engrenage qui ne lui portera pas chance. Entre son insupportable arrogance et la chaleureuse humanité de Mohamed Bougrini le choix des beaucairois est vite fait. Mais l'humanité il est vrai n'est pas au programme du maire de Beaucaire et il nous le prouve une fois de plus.

jeudi 19 février 2015

LES VAUTOURS


A l'heure où se succèdent les événements violents et les troubles les plus divers, le dernier en date s'avère dramatique autant que consternant. La destruction et la profanation de tombes, et ce quelle que soit leur appartenance ou non appartenance religieuse, est l'acte le plus consciemment immoral qui soit. S'attaquer aux symboles de la lignée et de l'enracinement c'est fouler aux pieds l'identité d'autres individus. Et cela s'apparente à un viol. Notre identité est ce que nous sommes, nos racines nous construisent, notre lignée est ce qui nous relie à nos ancêtres. Il y a dans ces actes le plus grand des irrespects et une volonté tout à fait consciente de nuire. De blesser là où cela fait le plus mal : notre histoire familiale. Cela c'est impardonnable.

Nous avons débuté l'année dans une grande confusion, les fondements de nos valeurs républicaines sont attaqués et piétinés par des attaques extérieures, certes, mais pire encore par des attaques intérieures. La désinformation continue déversée par certains sites web instille le poison au sein de notre pays, relayée par des médias complaisants qui y puisent la certitude de faire grimper l'audimat. Le ver est dans le fruit, il a creusé ses tunnels depuis de nombreuses années et fortifie son nid en toute tranquillité, assuré que rien ne viendra enrayer son lent travail de fossoyeur de la République. Si la période difficile que nous vivons contribue à déstabiliser une grande partie de nos concitoyens elle est a contrario propice à une rébellion latente qui prend ses marques et prépare l'avenir. La volonté de combattre le mal qui gangrène notre pays est là, beaucoup d'entre nous relèvent la tête. Mais pas tous. 

Non, certains surfent sur la crise que nous traversons, ils l'utilisent à leur profit et s'en repaissent comme autant de vautours. Guidés par la haine de l'autre, par leurs frustrations, incapables de se projeter dans une vision globale, ambitieux et avides de biens qu'ils estiment leur revenir, ils cultivent à l'excès un individualisme forcené qui flatte leurs egos surdimensionnés. Le JE a remplacé le NOUS depuis si longtemps dans leurs petites vies qu'ils ne se souviennent probablement pas avoir pensé autrement un jour... Sont-ils responsables d'être ce qu'ils sont ? Pas forcément. Peut-on reprocher à un être humain les défauts qui construisent son humanité ? Pas totalement. Peut-on lui en vouloir de cultiver la peur de l'autre parce qu'il se croit en danger ? Certes non. Peut-on lui faire porter le poids de la responsabilité d'années de matraquage raciste, haineux et immoral ? Non, définitivement non.

Les responsables ne sont pas non plus ceux qui diffusent à longueur d'année des messages de haine, qui désinforment et qui se jouent de la vérité pour manipuler les autres. Eux font ce qu'ils estiment être nécessaire pour réaliser leurs ambitions personnelles. Sans se soucier des dommages qu'ils causent sur des générations successives de français qui prennent pour argent comptant la moindre de leurs paroles, et ce en toute bonne foi. Cela c'est le prix à payer, et ils versent leur écot à la course au pouvoir allègrement. Dans toute guerre il y a des victimes innocentes, eux mènent avec pugnacité le combat que d'autres n'ont pas su ou voulu mener.

En 1996, quand le ministère de l'Intérieur choisit d'ignorer la pétition de Charlie Hebdo signée par 173 704 français demandant que soit dissous le parti du Front National qui contrevient ouvertement aux articles 1, 2, 4 , 6 et 7 de la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (préambule à notre Constitution) il ouvre grand la porte à la négation de nos valeurs républicaines. Dans la foulée Jean-Marie Le Pen multipliera les déclarations racistes en demeurant toujours à l'extrême limite de ce que permet la législation, faisant évoluer le Front National du statut de mouvement raciste honteux à celui de parti raciste totalement assumé. Malgré les demandes réitérées des associations antiracistes la classe politique dans une belle unanimité gauche/droite refusera de demander l'interdiction du Front National au motif que conférer à ce parti un statut de "victime" en renforcerait l'impact sur ses électeurs. Baratin politique s'il en est qui nous a conduit directement là où nous en sommes aujourd'hui. A louvoyer pour ne pas victimiser les uns et ménager la susceptibilité des autres les pouvoirs successifs en place se jouent en virtuoses des lois de la République et moquent les fondements de notre société. A les écouter il ne faudrait pas donner au Front National plus d'importance qu'il n'en a, et au nom de la démocratie il convient de laisser ce parti exprimer en toute tranquillité le plus anti démocratique de tous les discours politiques des dernières décennies. 

Il en va de même pour les groupuscules identitaires qui fleurissent un peu partout en France. Quand l'un d'eux va trop loin il est certes dissous, mais c'est un peu l'Hydre de Lerne : vous coupez une tête et il en repousse une centaine ! S'agit-il là encore de laisser s'exprimer le pire au nom de la liberté d'expression ? Les mouvements identitaires violent dans l'expression de leur objet la loi Gayssot du 13 juillet 1990 selon laquelle "Toute discrimination fondée sur l'appartenance ou la non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion est interdite". Loi dont le texte interdit également la contestation de l'existence de crimes contre l'humanité, soit le négationnisme. Hors chaque meeting identitaire se construit précisément autour de thèses négationnistes, islamophobes et antisémites clairement exprimées et longuement exposées par des intervenants spécialisés qui ont pignon sur rue. Il y a de ce fait contradiction entre la loi et les faits. En vertu de quoi tout cela n'est-il pas interdit ? La liberté d'expression a bon dos en France et en son nom on nous gratifie des pires publications et des plus nauséabonds débats télévisés. Il y a de temps à autre les tentatives d'une presse demeurée libre qui sonne l'alerte mais cela n'est pas, et de loin, suffisant. C'est le tocsin que nous sonnerons bientôt si nous n'y prenons pas garde !  

Qui bloque l'assainissement de notre République ? Ceux-là mêmes qui sont censés la préserver. Les racistes et les identitaires creusent des brèches dans un front qui n'a de républicain que le nom et pour lequel personne ne s'engage réellement. Triste République que celle qui ne sait plus définir ses frontières... La crainte de déplaire à un électorat que chacun tente de retourner en sa faveur mène aux pires compromissions, et ceux qui sont morts pour assurer notre liberté doivent se retourner dans leurs tombes, exaspérés et profondément déçus que certains osent parler en leur nom. Car ceux-là n'ont rien de commun avec nos philosophes, nos lettrés, nos soldats, nos résistants, nos bâtisseurs... Et tant d'autres méconnus qui ont chacun porté leur pierre à l'édifice républicain. Tous ces hommes et ces femmes qui ont construit la France et dont les politiques ressortent le souvenir quand cela les arrange. Ils s'en approprient le courage et les phrases choc en toute impunité alors qu'ils seraient bien en peine d'en comprendre toute la portée. Mais qu'importe ! Ils n'en sont pas à cela près...

Belles paroles que nous entendions hier et que l'on nous ressert aujourd'hui soigneusement emballées dans quelques bons sentiments pour les actualiser. Nous prendrait-on pour des abrutis sans cervelle ? La vérité toute nue c'est que la classe politique assoiffée de pouvoir ne flatte que ses ambitions et se contrefiche de ce qu'il adviendra du français lambda, fût-il de son électorat. La vérité toute crue c'est que sous couvert de respectabilité de nombreux politiques utilisent sans scrupules les remous récurrents de l'actualité du Front National pour servir leur propre cause. Si cause il y a, ce qui n'est pas si évident, elle s'est perdue quelque part en route sur le chemin royal de l'accession au trône de notre République. Oui l'image est osée, mais c'est bien de couronnement que rêvent les ténors de la politique, et ce quelle que soit leur appartenance. Se souviennent-ils seulement que derrière eux, comptant sur eux, il y a 60 millions de français qui se contentent eux de rêver d'une vie meilleure ? Ou d'une vie tout simplement...

Dénuder les partis de leurs paillettes et de leurs plumages laisse à voir leur vérité dans son plus simple appareil, et à tous ces politiques qui se servent du peuple français il manque le plus essentiel : des couilles !!! Il y a belle lurette que le Front National les a joyeusement écrabouillées et qu'en sus on les en a remercié. Des fois que cela puisse servir un jour...

mardi 3 février 2015

LE PRIX DES FAUX-CULS


Il faut reconnaître que Claude Bartolone (président de l'Assemblée) n'est pas très crédible avec ses pudeurs de jeune fille avouées in-extrémis alors qu'il était au courant depuis le début du choix des journalistes politiques.  Il n'a pourtant pas de pressions de l'audimat lui ? Si ? Bref ! Il a fait le buzz comme tout bon politique se doit de le faire, il était donc logique que le président d'honneur du Front National nous gratifie d'une réaction à la mesure de ce sursaut d'honneur de dernière minute. Certes Jean-Marie Le Pen ne fait pas dans la dentelle, ou pour respecter la parité aussi bien qu'il le fait devrais-je préciser qu'il ne fait pas dans le velours ? Ces matières nobles vont souffrir de la comparaison, mais enfin ces réactions indignées en chaîne du petit microcosme du parti prêtent à sourire. Evidemment ses comparaisons "génitales" demeurent choquantes, mais elles sont dans l'ordre de la faconde du personnage, bien franchouillardes et à tout le moins très imagées. 

Ce n'est pas tant le fait qu'un maire Front National soit récompensé qui puisse choquer, car après tout s'il fait bien son travail je dirais qu'à  lui autant qu'à un autre on peut décerner un prix. Il faut savoir reconnaître les mérites lorsqu'ils existent. En l'occurrence ce n'est pas le cas. Un admirateur passionné du maire de notre belle cité de Beaucaire, tweetait qu'à son avis Julien Sanchez aurait pu avoir ce prix également. Comme de bien entendu l'auto satisfaction des sympathisants du parti a explosé sur les réseaux sociaux, on aurait pu croire à les lire que c'était à eux personnellement que l'on attribuait ce prix ! J'en aurais presque versé une larme...

Mais là tout de même une question se pose : comment se fait ce choix ? Sur quels critères ? Selon le site du Trombinoscope les récompenses décernées «saluent l’action et le professionnalisme de personnalités politiques qui se sont particulièrement illustrées durant l’année écoulée dans le cadre de leur mandat ou de leur fonction» Bien. Dans ce cas que l'on veuille bien m'expliquer en quoi Steeve Briois s'est illustré depuis sa prise de fonctions ? Serait-ce en expulsant de ses locaux la Ligue des Droits de l'Homme ? Partant du principe qu'appliquer scrupuleusement l'idéologie de son parti place un maire au-dessus des 34000 autres maires méritants de France il est certain que Julien Sanchez aurait tout aussi bien pu postuler ! Mais le jury présidé par Gilles Leclerc et Arlette Chabot entendait frapper fort et souligner l'évidente percée du Front National et sa stratégie d'implantation locale. Julien Sanchez n'est pas local, il a été parachuté, dommage... Beaucaire aurait pu s'enorgueillir d'une énième notoriété douteuse ! 

Pari réussi pour ce jury journalistique qui décerne au Front National un droit d'être ce qu'il est dans toute sa splendeur idéologique haineuse, discriminatoire et antirépublicaine ! Ben oui, maintenant il sera "normal" de faire ce choix politique, je ne dirais pas humain le terme serait antinomique, "normal" d'afficher son racisme et "normal"de vanter la plus petite action antisociale décidée par un maire décidément tellement "normal" lui-même ! Le blanc seing est donné, les conséquences se paieront cher dans les mois à venir et il sera trop tard mesdames et messieurs du jury pour faire amende honorable. 

A tous égards il eût mieux valu vous "boucher le nez" et faire l'impasse sur le Front National... Vous apportez à ce parti ce qu'il attendait le plus, la respectabilité. La vôtre en a pris un sacré coup dans l'aile ! Les citoyens français vont à leur tour vous décerner un prix, celui d'un manque criant d'éthique et de la négation de toute valeur d'impartialité journalistique. Nul doute que vous saurez quoi en faire !






mercredi 28 janvier 2015

TOUS DEHORS !!!


Les familles du centre ville ont répondu présentes à l'appel du CRAJEP (Comité Régional des Associations de Jeunesse et d'Education Populaire) et de la Ligue de l'Enseignement de Beaucaire pour marquer leur soutien au Centre socio-culturel Maison du Vivre Ensemble Ferdinand Buisson qui quittait ce jour les locaux que lui avait attribué la municipalité de Jacques Bourbousson. Cette décision de la nouvelle municipalité Front National de Julien Sanchez fait suite à celle annoncée en mai de se retirer du projet final du Centre et de ne pas lui attribuer la subvention qui était proposée. 

Les beaucairois connaissent bien ces beaux locaux sis au 3, rue Danton qui ont abrité voici quelques décennies une pizzeria très appréciée de la population ! Laissées longtemps à l'abandon ces quatre pièces aux superbes voûtes typiques de la belle architecture beaucairoise ont été entièrement rénovées avec pour seule finalité d'accompagner le projet du Centre socio-culturel. L'implication des intervenants et l'efficacité comme la variété des activités proposées ont pris au fil des mois une place importante dans la vie des familles qui fréquentent le Centre. Mais de cela la municipalité n'a cure ! Dans le courrier fixant un terme à l'occupation de ces locaux il est précisé sans élégance aucune et encore moins de tact qu'à la date de reprise des lieux il faudra que les intervenants du Centre soient TOUS DEHORS !!! On ne saurait trop conseiller au Cabinet du Maire de suivre une formation accélérée pour apprendre à rédiger un courrier avec correction.

Symboliquement nous avons marché tous ensemble jusqu'à la ludothèque de la rue du Vieux Salin dans laquelle le Centre socio-culturel continuera ses activités auprès des familles et surtout des enfants. Lesquels étaient présents et joyeux quoique perturbés par les changements annoncés. Ils se pressaient autour des figures familières du Centre, conscients de vivre une étape importante, et ont fait silence pour écouter les brefs et percutants discours de Maurice Illouz (président de la Ligue de l'Enseignement de Beaucaire) et de Linda Adria (présidente du CRAJEP) Discours chaleureusement applaudis par les personnes présentes réunies dans la cour avant d'être invitées à la visite de la ludothèque réaménagée pour accueillir les activités programmées par le Centre socio-culturel.


Comment expliquer à des enfants qui croquent la vie à belles dents que Julien Sanchez et ses élus ne se soucient pas de leur avenir ? Comment faire admettre à leurs parents que le mot social n'est pas inscrit au programme (?) de la nouvelle municipalité ? Au travers de la mixité sociale et culturelle qui est visée c'est tout bonnement l'enfance que la mairie Front National de Beaucaire pénalise. 

Le vivre ensemble se porte toujours bien à Beaucaire, et quoique la municipalité envisage pour le mettre à mal ce ne sera pas si facile qu'elle peut l'imaginer ! Que Julien Sanchez n'aille pas se fourvoyer en s'acharnant à détruire ce que les associations beaucairoises ont parfois mis des années à construire, ce qui prime dans notre ville c'est l'attachement que nous lui portons et le brassage culturel de ses habitants. Beaucaire a une longue tradition historique d'accueil, ce n'est pas en fermant le Centre socio-culturel que qui que ce soit y mettra un terme.






dimanche 11 janvier 2015

HONTE SUR LA VILLE



Il en est des récupérations politiques comme du tri des ordures ménagères, certains sont plus assidus que d'autres, plus prompts à sauter sur le sac qui pourrait leur échapper ! Ils tournent autour des immondices en guettant avec avidité le petit truc qui leur fera gagner la médaille d'or, vous savez celle que l'on placarde sur sa poitrine à la place des décorations que valent les actes de courage. Parce que bien sûr de courage il n'en est pas question dans cette affaire ! Non, seulement de récupération basique qui permet d'engranger un maximum de voix que l'on manipulera avec adresse, jeu préféré reconnaissons-le de tous les politiques. Seulement voilà, le Front National n'est pas un parti politique comme les autres quoiqu'on en dise ! Arrêtons d'appeler à une unité nationale à laquelle d'évidence il ne peut pas se joindre. Quand on marche en-dehors des clous toute l'année revenir dans le droit chemin n'est pas naturel. Et la liberté d'expression est un putain de caillou dans leur chaussure...

Nous parlons plus particulièrement de liberté de la presse, de liberté d'expression en général, de liberté avec un grand L. Tous concepts étrangers au Front National qui se nourrit des peurs ancestrales, des phobies et des susceptibilités d'une (petite) partie des français. Laquelle finalement est prête à tout avaler du moment qu'on lui fait croire qu'elle obtiendra ce qu'elle souhaite, et les promesses c'est le seul domaine dans lequel le parti bleu blanc rouge excelle. Promesses pour la plupart non tenues mais si douces à l'oreille des désabusés et râleurs en tous genres, garanties d'une vie meilleure pour ceux qui ne supportent aucun partage et se persuadent "qu'avant c'était mieux". Ceux-là n'ont pas du vivre en France, sinon il ne s'aventureraient pas à l'affirmer.

Comment peut-on envisager une seule seconde de partager ne serait-ce que les bribes d'un deuil national avec un parti dont les joyeux lurons de Charlie Hebdo avaient demandé la dissolution en 1996 ? Il faut s'être coupé de toute lecture du moindre organe de presse français pendant ces dernières années pour s'imaginer qu'ils auraient souhaité la présence du Front National lors de l'hommage national qui leur sera rendu demain. Il n'y a pas eu le moindre respect pour la douleur des familles dans la démarche de Marine Le Pen, pas plus que dans celle de ses partisans qui tous ont attisé les tensions en distillant leur haine et leur islamophobie à l'envie sur les réseaux sociaux.  Se poser la question de la présence du Front National c'est tout bonnement une régression de la lutte contre l'extrême-droite. C'est normaliser un parti qui est en contradiction flagrante avec plusieurs des articles de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen qui est le préambule de notre Constitution. Que ce parti n'ait pas été dissous et qu'il occupe à présent une place non négligeable sur la scène de la vie politique française n'en fait pas pour autant un compagnon de marche acceptable. L'union nationale ne doit pas être le prétexte à tout et n'importe quoi ! Que des sympathisants du Front National soient présents comme tout citoyen lambda ne pose aucun problème, que ses dirigeants s'y faufilent comme des coucous dans un nid bâtit par d'autres n'est pas tolérable. 

Alors bien évidemment nous jouons de malchance et c'est Beaucaire qui récolte la palme ! Nous voilà propulsés sous l’œil des médias, priant pour que ceux-ci ne s'embarrassent pas de salamalecs envers Julien Sanchez et ses "invités" et sachent piquer là où cela fait mal. Espérant qu'ils s'intéresseront aux procédés discutables dont use la mairie pour communiquer avec cette affiche au libellé contestable placardée partout dans notre ville. Y compris sur les portes de nos écoles et celle de la Police Municipale. Oublieux semble-t-il du fait que la loi interdit aux unes comme à l'autre d'appeler à des rassemblements politiques. Hors c'en est un. Notre rassemblement à nous était vrai, il était empreint de recueillement et nous a unis dans une même émotion. 

Ce soir nos cœurs saignent... Parce que c'est notre ville que le Front National prend en otage de ses ambitions politiques, notre ville qui va se couvrir de honte ! Ce sont nos voisins et amis qui iront le nez en l'air écouter religieusement la présidente d'un parti qui nous étrangle lentement depuis plus de neuf mois. Neuf mois c'est le temps que dure une grossesse, mais elle amène à son terme une délivrance... Nous nous garderons nos chaînes encore cinq ans.

Marine Le Pen n'est pas Charlie. Elle ne le sera jamais.

#JeSuisCharlie

jeudi 8 janvier 2015

LE SANG DES CRAYONS


Ma plume est triste ce soir... Elle gratte en renâclant, elle hésite à mettre des mots sur l'horreur... Que dire qui n'ait déjà été dit ? Comment écrire quand la colère et la douleur occultent tout raisonnement sensé ? Pour tous ceux qui sont morts aujourd'hui je ne peux me résoudre à juste me lamenter dans mon coin, à verser quelques larmes et à passer à autre chose. Il y a des choses si terribles, si injustes, si barbares, qu'on ne peut décemment pas s'asseoir confortablement dessus en zappant leur réalité. 

La France entière, le monde lui-même, sont en deuil. 10 journalistes et 2 policiers sont morts, 4 journalistes sont grièvement blessés... Un bilan excessivement lourd en punition de quelques dessins qui nous ont fait rire, réfléchir et grandir ! Ecrire, dessiner, pointer du stylo le racisme, les arnaques littéraires, les magouilles en tous genres, les bavures, les politiques, les intégristes de toutes obédiences, c'est un vrai travail d'information et une recherche acharnée de la vérité à laquelle Charlie Hebdo n'a jamais failli. Je suis de cette génération qui a acquis sa maturité politique et citoyenne dans les pages iconoclastes et les dessins irrévérencieux de ce journal, force est de constater que je leur dois, comme à quelques autres figures de la presse française, une éducation enrichie de cet humour impie et très noir qui en fait toute la saveur. 

Je m'attends au pire quand j'entends Marine le Pen éructer des slogans islamophobes alarmistes dans une allocution quasi présidentielle quelque peu déplacée. Allocution abondamment relayée par ses fans ! Il faudrait peut-être que quelqu'un prenne la peine de leur expliquer que dans certaines situations il est bon de savoir se taire. Par respect pour ceux qui sont morts et pour leurs familles qui souffrent. Espérons que Charlie Hebdo fera comme toujours feu de ce petit bois vert pour pondre la Une qui leur clouera le bec. Les nationalistes, les fascistes, les extrémistes de tous bords et bien évidemment les identitaires n'ont pas traîné pour faire oeuvre de récupération ! Les tweets haineux et les appels à la violence inondent les réseaux sociaux. Il est vrai que cet attentat leur déroule le tapis rouge, et patauger dans le sang des victimes ne pose pas de problème à ceux qui n'ont cessé de cracher sur Charlie Hebdo depuis sa création. Avant cela ils le faisaient sur Hara-Kiri, mais qu'importe la cible ? Cracher pour cracher c'est ce qu'ils font le mieux. 

Je suis atterrée quand j'apprends que Julien Sanchez appelle à un rassemblement dimanche. Aura-t-il lieu avant ou après la galette des rois qu'il organise avec Valérie Laupies à Tarascon en présence de Jean-Marie Le Pen ? Comme dans tous mauvais feuilleton nous le saurons demain... Curieusement le voilà qui se pose en défenseur d'une liberté d'expression qu'il foule aux pieds avec délectation, vilipendant avec acharnement la presse locale publiquement à maintes reprises et plus précisément dans le Beaucaire Mag de décembre 2014 et lors du dernier conseil municipal (9 déc. 2014).

Rappelons qu'il ne s'agit pas de confondre cette douteuse initiative commune à toutes les municipalités Front National avec l'appel à manifester dimanche dans toutes les villes de France lancé par les organisations antiracistes de notre république.

Ce soir la France se dresse pour protester contre le pire des attentats, celui qui a cassé net les crayons de courageux lurons, et je me demande si nous écrirons de nouveau d'une plume joyeuse. Jamais plus nous ne lirons Charb, Cabu, Wolinski, Tignous, Honoré, Maris... Avec le sang de leurs crayons s'écroulent nos idéaux. Aujourd'hui j'ai mal à ma liberté d'expression.